Les confessions de l'Immortel
Chapitre 20 : Le choc des réalités
389 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 01/10/2026 08:18
La pluie n'avait pas cessé.
Forks semblait vouloir effacer chaque trace laissée sur ses routes.
Bella gara son pick-up à plusieurs rues de la clinique avant de terminer le trajet à pied.
Les mots de Charlie résonnaient encore dans son esprit.
Les secrets ne disparaissent jamais vraiment.
Lorsqu'elle poussa la porte de la bibliothèque privée, quelque chose avait changé.
Les livres renversés étaient toujours là.
Mais plusieurs étagères étaient désormais vides.
Sur le bureau d'acajou reposaient des dossiers soigneusement empilés, une vieille carte des États-Unis et une malle de cuir ouverte.
Carlisle préparait déjà un départ.
Il leva lentement les yeux vers elle.
Les cernes sombres sous son regard rendaient son visage presque irréel.
— Je t'avais demandé de ne plus revenir, Isabella.
Sa voix était calme.
Trop calme.
Bella observa la malle.
— Vous allez partir.
Carlisle baissa un instant les yeux vers les documents.
— J'anticipe.
Le mot résonna lourdement.
— Nous avons toujours anticipé.
Chicago.
Anchorage.
Calgary.
Forks.
Il prononçait ces villes comme d'autres réciteraient les noms de leurs morts.
Bella s'approcha.
— Charlie enquête.
Carlisle demeura immobile.
— Il compare les signatures.
Il ne répondit pas.
— Il sait que quelque chose est impossible.
Le silence se prolongea plusieurs secondes.
Puis Carlisle souffla :
— Charlie Swan est un bon policier.
Ses yeux rencontrèrent enfin ceux de Bella.
— Et c'est précisément ce qui fait de lui un danger.
Il referma lentement la malle.
Le bruit du métal résonna dans toute la bibliothèque.
— Si les soupçons deviennent des preuves...
Il hésita.
— Nous partirons avant qu'il ne soit trop tard.
Bella sentit un vide s'ouvrir sous ses pieds.
— Vous ne pouvez pas disparaître.
Carlisle s'approcha.
Assez près pour sentir la chaleur qui émanait d'elle.
Mais il conserva cette infime distance qu'il s'imposait désormais.
Ses doigts se crispèrent contre le bord du bureau.
— Si je reste...
Sa voix se fit plus basse.
— Je ne mettrai pas seulement mon secret en danger.
Il ferma les yeux un bref instant.
— Je risque de perdre celui que j'ai passé trois siècles à devenir.
Lorsqu'il les rouvrit, ils n'étaient plus ceux d'un vampire.
Ils étaient ceux d'un homme épuisé.
Et Bella comprit que, cette fois, le véritable compte à rebours venait de commencer.