Dernière Lune

Chapitre 15 : LA FIN DU RÈGNE

2003 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 27/07/2025 17:46

Rosalie s’approcha calmement de moi. Elle se plaça devant moi créant un rempart invisible entre Cassara et moi. Sous cette lumière lunaire, elle semblait encore plus belle et plus cruelle que jamais. Derrière elle, le reste de ma famille s’approcha pour entrer dans la clairière. Le bras d’Edward enlaça ma taille et m’aida à me relever. J’étais si heureuse et si soulagée de l’avoir à mes côtés. J’aperçus Esmée qui me lança un regard plein d’amour, Carlisle qui me salua d’un hochement de tête. Tous, nous étions sur nos gardes, mais heureux d’être enfin réunis. Je fus soulagée de voir Jacob en loup, affaiblis, mais présent, accompagné de Seth qui, en grand protecteur, se plaça devant lui. Son regard balayait les lieux, tentant de prédire tous les évènements possibles, pour soulager son Alpha. Et je fus surprise de voir deux loups que je ne connaissais pas. Leurs pelages étaient beaucoup plus sombres que ceux des Quileutes, ils étaient noirs comme la nuit. Et ils paraissaient bien plus féroces. Leurs babines retroussées et leurs hurlements ne laissaient aucun doute sur ce qu’ils ressentaient. Emmett fit le tour, avança très lentement, et prit la main de Rosalie dans la sienne. Il semblait encore plus imposant que d’ordinaire, la rage irradiant de son corps par chaque pore de sa peau. Ils étaient enfin réunis, c’est tout ce que j’avais souhaité depuis le début.

 

« Jaimie est un grand bavard Cassara. Vous ne vous doutez pas de toutes les jolies choses qu’il m’a conté avant qu’Emmett ne lui arrache sa petite tête », dit Rosalie calmement.

 

Cassara grogna légèrement et se ressaisit aussitôt. Elle semblait étudier notre groupe, elle nous comptait mentalement. Avec l’ajout des loups et de quelques nouveaux vampires, nous étions plus nombreux. Edward et les Cullen avaient libéré les vampires emprisonnés avant de me rejoindre. C’est tout naturellement qu’ils avaient choisi de se rallier à nous pour cet affrontement, eux qui étaient en captivité depuis trop longtemps. Je vis même Peter près de Jasper. La fureur illuminait ses traits.

 

« Écoutez-moi tous très attentivement », nous dit Cassara. « Je pense que chacun de vous aimerait rester calme, et vous nous laisserez partir en oubliant toute cette histoire », dit-elle, sur le même ton mystique qu’elle employait quand elle faisait usage de son don. Une nouvelle fois, sa petite litanie tomba à plat. Ses paroles furent accueillies par les grognements des loups, et les sifflements de quelques vampires.

 

« Arrêtez votre cirque Cassara, je veille au grain », dis-je. Je me sentais déjà bien mieux, protégeant tous les membres de notre clan ainsi que tous nos alliés.

 

Alors que nous prenions place et que nous nous formions en bataillon, nous remarquions que les sbires de Cassara firent de même, de manière très subtile. Nous savions à présent que l’affrontement serait inévitable alors, très vite, nous nous étudions du regard, mesurant les forces de chacun. Les scientifiques dans le fond n’étaient pas des combattants. J’estimais que nous aurions rapidement le dessus sur eux. Le vrai problème, c’était les gardes du corps. Ils semblaient entrainés, près à toutes les éventualités. Jasper installa une aura d’assurance autour de nous, nous permettant de nous concentrer sur ce qui allait arriver. Un des gardes du corps de Cassara se déplaça légèrement sur la droite, et une brindille craqua sous sa chaussure. Ce bruit déclencha le combat. Les loups s’élancèrent, hurlants. L’attaque fut brutale, rapide. Jacob et Seth prirent à droite, les deux autres loups dans leur sillage. Jasper, notre maitre d’arme attaqua de front, suivi d’Emmett et Rosalie, et d’Edward et moi. Carlisle, Esmée, Alice et les autres vampires attaquèrent vers le fond de la clairière, créant une barrière invisible. L’objectif était de limiter la bataille sur les lieux, de ne laisser personne franchir la limite que nous avions imposée. Nous ne ferions aucun prisonnier, nous ne laisserions personne s’enfuir.

 

Encore affaiblie par le sang de Jacob dans mon organisme, mes gestes n’étaient pas très assurés. J’avais peur de ralentir mon mari mais Edward et moi formions une très bonne équipe, la tête et les muscles. Nous sommes rapidement arrivés à bout de trois gardes du corps de Cassara quand l’un deux agrippa ma cheville et me fit perdre l’équilibre. En roulant sur le côté, j’aperçu Seth sauté à travers la clairière et atterrir sur le dos d’un vampire qui tentant d’enrouler ses bras autour de Jacob. Au moment de me remettre debout, l’assaillant me jeta sur le sol et m’étrangla de toute sa force. Il tentait visiblement de m’arracher la gorge. Je lui mis un coup genou dans le dos, faisant craquer ses lombaires, et Edward arracha la tête du monstre qui avait tenté de me tuer quelques secondes plus tôt. Je me remis debout rapidement et reprit le combat au côté de ma famille. Tout le monde semblait s’en sortir, mais actuellement, j’avais un objectif. Je cherchai du regard Cassara. Il était devenu évident qu’elle méritait de mourir. Rosalie et moi échangeâmes un regard, et ensemble, nous convergèrent vers elle. Nous étions liés par la même envie, en finir avec le monstre. Cassara s’était légèrement éloignée du combat principal, observant la scène. Même dans une situation comme celle-ci, elle semblait prendre des notes mentales de ce qu’elle observait. Elle était si orgueilleuse qu’elle semblait s’instruire pour l’avenir. Elle tentait de comprendre où elle avait échoué et cherchait une solution pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Quand elle nous vît arriver, elle tenta de partir. Elle prit à gauche et rapidement, profita d’une brèche dans la défense d’Alice pour s’enfuir. Mais Rosalie et moi étions à ses trousses et nous l’encerclèrent non loin de la clairière. Elle faisait face à Rosalie, mais gardait néanmoins un œil sur moi, dans son dos.

 

« Ce que vous faites, c’est mal Cassara. Vous tuez, vous torturez des gens, toute espèce confondue », lui dit Rosalie.

 

« C’est faux Rosalie. Je ne fais jamais de mal aux humains », lui répondit-elle froidement.

 

« C’est normal, vous les enviez trop pour cela », lui dis-je calmement.

 

Au loin, le combat semblait se calmer. Nous ne savions pas qui était les vainqueurs. Mais nous ne devions pas perdre de temps. Si certains alliés de Cassara étaient encore en vie, ils ne tarderaient pas à venir lui prêter main forte. Il fallait profiter de l’avantage stratégique. Rosalie semblait d’accord avec moi et sa position changea de manière imperceptible. Elle fléchit légèrement ses genoux, semblant prête à bondir. Je m’apprêtai à en faire de même.

 

« Mesdames, à nous trois, nous pourrions faire des merveilles », nous dit Cassara, tentant surement de gagner du temps. « Imaginez ce que j’ai déjà pu réaliser grâce à mes recherches. Nous pourrions être invincibles »

 

« D’ailleurs, en parlant de vos recherches, laissez-moi tenter ma propre expérience » dit Rosalie, au moment où elle sortit de sa poche une poudre violette. Cassara sourit de toutes ses dents, au moment où Rosalie lui souffla une grande quantité d’Aconit au visage.

 

Cassara tituba légèrement et porta aussitôt ses mains à sa gorge. Elle fut prise qu’une importante quinte de toux, et la peur se lut sur son visage.

 

« Pas si immunisée que ça, finalement » dit Rosalie en souriant, au moment où elle bondit sur elle.

 

Entrainée par leur élan, elles atterrirent à mes pieds. Cassara tenta rapidement de se redresser et de s’enfuir, mais à deux, nous étions plus fortes. Rosalie la maintint fermement au sol, pendant que je tenais ses bras au-dessus de sa tête pour l’immobiliser. Agrippant son visage de sa main gauche, Rosalie déversa une grande quantité de liquide brunâtre à la même odeur âpre dans le fond de la gorge de Cassara. Celle-ci se débatta de toutes ses forces, tentant de s’enfuir de la prise de Rosalie. Ses étranges yeux orange prirent une teinte encore plus incandescente. Affaiblie par autant d’aconit dans l’organisme, elle semblait perdre le peu de forces qui lui restait. Son regard balayait le paysage, cherchant de l’aide, qui ne viendrait jamais. Rosalie se redressa, laissant Cassara ramper sur le sol dans la direction opposée. Calmement, nous observions Cassara dans une position de faiblesse inédite, voyant la peur dans son regard, son envie de s’en sortir.

 

« Vous m’avez enlevée, arrachée aux miens. Vous les avez mis en danger et vous tentez de les tuer. Vous avez même tenté de me faire croire que je voulais me retourner contre eux. » énonça Rosalie, faisant un point sur la situation.

 

« Mais malgré toutes les choses horribles que vous avez faites dans votre vie, Cassara, votre crime le plus abominable restera à jamais votre manque de style », dit-elle dans un rire.

 

« Note à moi-même : ne jamais sous-estimer les variables indomptables », dit Cassara, difficilement

 

Je crue entendre Cassara s’étouffait dans un rire quand Rosalie sauta sur elle pour lui arracher la tête. Cette décapitation sonore fut le dernier bruit que nous entendîmes pendant plusieurs secondes. Le combat était terminé.

 

Rosalie laissa tomber la tête de Cassara et me prit dans ses bras. Notre étreinte dura le temps que chacune réalise que nous étions saines, sauves et réunies. Nous nous observâmes longuement, sans avoir besoin de parler. Nous étions heureuses à cet instant précis. Quelques minutes plus tard, Carlisle nous retrouva enlacées, et nous pris la main. Il nous sourit et cela me rassura. Nous étions arrivés au bout de cette épreuve, ensemble. Il attrapa le corps de Cassara et le traina jusque dans la clairière. Il le jeta au feu qui consumait déjà le corps des alliés du monstre. Je fis rapidement le tour des lieux et vit que nous étions tous en vie. Edward m’embrassa longuement, rassuré. Jacob et Seth étaient là également, en hommes et discutaient avec deux autres indiens. J’appris rapidement qu’ils appartenaient à la tribu des Makas et avaient été enlevés avec quatre de leurs frères. Ils étaient les seuls survivants. Alice agrippa le cou de Rosalie, elle semblait soulagée et enfin apaisée. Rosalie la remercia longuement, la rassura.

Nous nous posâmes quelques minutes pour apprécier le fait que cette horreur était terminée. Je réalisai à peine de Cassara n’était plus. Plus jamais, elle ne ferait du mal aux autres. Plus jamais elle ne torturerait ma famille. J’avais été utile dans cette bataille, malgré moi. J’avais pu gagner assez de temps pour permettre à ma famille de se coordonner. Rosalie était en vie. Nous n’avions pas pu sauver tout le monde à temps, mais nous étions là, et le serions encore demain. Edward s’approcha de moi, me pris la main et embrassa mes phalanges. Doucement, il m’aida à me relever et plongea son regard dans le mien.

 

« Rentrons à la maison, Renesmée nous attend », me dit-il.


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