Le sorceleur spécial

Chapitre 49 : La dame du Lac et Le conseil des mages

3907 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 09/10/2026 20:04

POV Aiden

Je soupirai en finissant de nettoyer ma lame. Derrière moi, Claire finissait de boire le sang du lapin que j'avais chassé, et, parlant plus facilement maintenant, elle dit : "Alors, on arrive à Toussaint demain ?"

J'acquiesçai, la voyant s'asseoir devant moi sans menottes. Même si je restais méfiant, peut-être n'avais-je plus besoin de continuer à l'attacher elle m'avait au moins prouvé, ces semaines de trajet, qu'elle était un minimum digne de confiance sur le fait qu'elle ne m'attaquerait pas. Le reste ? Aucune confiance. Je dis : "Oui. Qu'est-ce que tu vas faire quand on y sera ?"

Elle s'étira et, passant un doigt sur ses lèvres avant de le porter à sa langue pour boire le reste du sang, dit : "Je te suivrai un peu, avant de sûrement prendre mon propre chemin. Ça ne te dérange pas, sorceleur ?"

Je secouai la tête et dis : "Évite simplement de te faire mettre un contrat sur la tête." Elle sourit, taquine, et dit : "Tu me chasserais, si c'était le cas ?" Je la regardai dans les yeux et dis : "Si tu t'attaques à des innocents, oui, sûrement."

Elle garda son sourire en me fixant et dit : "Dis-moi, sorceleur, crois-tu en la rédemption et à la culpabilité ?"

Je la regardai, un peu surpris, mais voyant son sourire qui attendait ma réponse, je réfléchis et dis ce que j'en pensais : "La rédemption est possible, c'est vrai, si la personne n'est pas vraiment fautive de ses actes si c'est à cause d'un tiers. Pour moi, c'est possible, la rédemption. Mais la culpabilité ? Pour moi, ce n'est pas vraiment excusable, car tu as commis cette action toi-même. Se sentir coupable, pour moi, c'est fuir ses responsabilités. Enfin, c'est ma vision des choses."

Elle se tut quelques secondes, puis soupira en regardant le ciel nocturne : "Mmh, je vois." La regardant, je dis : "C'est pour ta vengeance, pas vrai ?"

Elle ne répondit pas directement à ma question, mais dit plutôt autre chose : "Sorceleur, je compte bien accomplir ma vengeance. Je te le dis, au cas où on se reverrait après notre séparation." Elle me fixa avec un sourire, les yeux légèrement brillants, et ajouta : "J'espère ne pas avoir à me battre contre toi, car j'ai apprécié notre voyage ensemble."

Je la regardai et dis, finissant de nettoyer mon épée courte : "Va dormir." Elle haussa les épaules et alla s'allonger, posant sa tête contre Nocturne une habitude qu'elle avait prise depuis un moment. La voyant s'endormir, je soupirai et décidai d'aller me baigner, marchant vers le lac à proximité.

Déposant mon épée courte et ma dague, retirant mon armure de cuir, j'allais enlever ma chemise pour entrer dans l'eau, mais à ce moment-là je sentis un regard posé sur moi.

Me retournant, je vis une femme marcher tranquillement sur l'eau, vêtue simplement d'une robe blanche mouillée, de longs cheveux d'ébène, des oreilles elfiques, et des yeux bleus comme l'eau. Mais c'était surtout l'intensité de son regard qui me troublait elle m'observait avec douceur, mais aussi avec tristesse.

Me mettant sur mes gardes, je dégainai mon épée courte, mais la femme ne bougea pas. Fronçant les sourcils, je dis : "Qui êtes-vous ?"

La femme sourit doucement et dit, d'une voix enchanteresse qui me fit secouer la tête malgré moi on aurait dit les sirènes des légendes : "Désolée, j'avais oublié que ma voix enchante les mortels. Cela fait si longtemps que je n'ai pas parlé à l'un d'entre eux."

Gardant ma prise sur mon épée, elle ne s'en offusqua pas et, marchant pieds nus sur l'eau, continua : "Pardonne-moi pour ce moment nocturne, mais je devais venir te voir, Aiden de Cintra."

Pensant qu'elle était peut-être liée au chaos, je fis apparaître une lance de glace au-dessus de ma tête et dis : "Encore un pas, et je l'envoie sur toi." Elle s'arrêta, et son regard blessé me fit légèrement vaciller, mais je maintins ma position. Elle sourit tristement et dit : "Pardonne-moi."

Elle s'inclina doucement et dit : "Je m'appelle Loc'hlaith, mais dans ta langue, ce serait plutôt..." Je l'interrompis, surpris : "La Dame du Lac." Elle me regarda, surprise à son tour mais souriante, et hocha la tête : "Oui. Tu as appris l'elfique ?" Puis, avec mélancolie : "Tu ressembles beaucoup à ta mère, dans des moments comme celui-ci."

Je la regardai, surpris, et désactivai ma magie de glace, tout en gardant ma main sur mon épée courte. "Tu connais mes parents ?" demandai-je, le ton un peu trop pressant. Toussant légèrement, gêné, j'ajoutai : "Excuse-moi pour mon ton, mais c'est important."

Elle secoua la tête, nullement gênée : "Ça ne me dérange pas. Et oui, je connais tes parents." Elle resta immobile, sans doute pour éviter que je pense qu'elle me tendait un piège, et avec des gestes délicats, des images apparurent sur l'eau du lac. En les regardant, je vis une magnifique femme aux cheveux noirs, aux oreilles elfiques et aux yeux bleu glace, portant une couronne, tenant un enfant dans ses bras avec un sourire maternel. Derrière elle se trouvait un homme dont le visage restait brouillé.

Je sentis mon cœur battre face à cette image comme un enfant qui sent ses parents tout proches sans même les voir. Sans hésiter, je reconnus que c'étaient bien mes parents, et tremblant légèrement de la main, je me ressaisis. Regardant Loc'hlaith dissiper ces images, je dis, la voix légèrement tremblante mais de plus en plus assurée à mesure que je parlais : "Comment s'appelaient-ils ?"

Elle me regarda tristement et dit : "J'aurais aimé tout te dire, y compris le nom de ton père et de ta mère, mais à cause d'une faute passée, je suis obligée de ne rien révéler."

Je la regardai, confus, et dis : "Comment ça ?" Elle regarda mon visage avec tristesse et dit : "Je suis ce que tu pourrais appeler un esprit. En tant qu'esprit, j'ai des règles à respecter, de par ma nature, sous peine de répercussions. Et en tant qu'esprit chargé de veiller à la dignité de la royauté, j'étais obligée de ne choisir aucun camp et de rester neutre."

Elle glissa ses mains sur ses épaules, comme pour se réchauffer, et dit : "J'ai aimé ton père. C'est ce qui m'a fait renoncer à ma neutralité, et en conséquence, je n'ai plus le droit de révéler les vérités cachées." Je fus surpris. Mon père était un séducteur ? C'est vraiment ironique ou pas.

Voyant mon air surpris, elle rit et dit : "Ne sois pas surpris. Ton père était extrêmement séduisant, et il donnait ce sentiment de sécurité sans compter que ta mère avait accepté de le partager. Elle est même devenue ma meilleure amie."

Je me frottai le front, exaspéré, et dis : "Super. Donc maintenant je sais que mon père avait deux femmes. C'est vraiment tout ce que je devais savoir ?" Elle rit légèrement devant mon ton exaspéré et dit : "Excuse-moi." Puis elle reprit, plus sérieusement : "Non. Je suis ici car, même si je risque encore une pénalité pour te le dire, je préfère te prévenir : Aiden, si nous ne faisons rien, si tu ne découvres pas la vérité sur la famille royale de Toussaint qui n'a toujours été composée que d'imposteurs le premier vampire risque de se réveiller. Tu le connais déjà : Thúrlas risque de ressusciter."

Merde. Si Thúrlas revient, serai-je assez fort pour le vaincre ? Alors que j'allais demander davantage d'informations, je vis Loc'hlaith se faire enchaîner par des chaînes d'eau qui la tiraient vers le lac. J'allais me précipiter pour l'aider, mais elle cria : "Non ! Ne t'inquiète pas, ce ne sont que les répercussions de ce que je t'ai révélé je ne mourrai pas."

Et avant de disparaître dans l'eau du lac, elle dit : "La femme qui t'accompagne n'a jamais été maudite ! Ce n'est qu'une histoire fausse, inventée par les vampires de Thúrlas, pour éviter que..." Mais je n'entendis pas la fin seul resta le silence de l'eau qui coulait doucement.

M'asseyant dans l'herbe pour réfléchir, je fis le point : j'avais enfin vu le vrai visage de ma mère. En y repensant, un léger sourire m'échappa, mais je secouai la tête, revenant aux paroles de Loc'hlaith. Donc Thúrlas risquait de revenir si je ne faisais rien. Cette Claire dont je me doutais depuis longtemps que ce n'était pas son vrai nom était encore plus importante que je ne le pensais. Devais-je lui en parler ? Et le pire, c'est que la famille royale actuelle de Toussaint n'aurait toujours été composée que d'imposteurs ? Est-ce que ça voulait dire que la véritable famille royale avait été effacée des livres d'histoire ?

Je soupirai et dis à voix haute : "Je suppose que si Geralt était là, il dirait : 'Ainsi va ma vie, hein.' J'en ai marre qu'il ait raison."

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POV Yennefer

Je marchais en direction de la salle du conseil, Triss à mes côtés. Elle me rattrapa par la main, me faisant me tourner vers elle, et dit : "Yen, tu es sûre de vouloir faire ça ? Si tu fais ça, il y a un énorme risque que les royaumes du Nord nous tournent définitivement le dos, et nous considèrent comme hostiles."

Je soupirai, mais répondis fermement : "Et alors ? Tu ne vois pas notre situation, Triss ? Nous sommes obligées d'être fermes ! Francesca et plusieurs mages ont rejoint Nilfgaard, sans compter Fringilla. À cause des actions de Philippa en Rédanie, les rois du Nord nous voient encore plus mal, et la confiance est au plus bas même en Témérie, toi et Keira risquez d'être bannies. Nous devons faire quelque chose."

Elle soupira et, lâchant mon bras, dit : "Mais aller jusqu'à ce choix ? Beaucoup ne te suivront pas, ils veulent..." Mais je l'interrompis, plus fermement : "Triss, je sais très bien que ces idiots et ces idiotes pensent encore qu'on peut continuer les complots inutiles, mais c'est fini. Et si je dois devenir la méchante pour ça, je le ferai."

Triss me regarda et dit : "Pourquoi ?" Je soupirai et, regardant ma main, je pouvais encore sentir le don d'Aiden en moi contrairement à Margarita et Philippa, chez qui il avait disparu, le mien était encore présent. Je dis, avec un sourire fatigué : "Parce qu'Aiden a raison. Je déteste toujours la politique, mais comme tu me l'as déjà dit, il a raison sur un point : nous ne pouvons plus rester passives. Nilfgaard a déjà lancé sa deuxième invasion contre les royaumes du Nord, et les rois du Nord ne nous font quasiment plus confiance."

Je regardai Triss, amusée, et dis : "Alors, peut-être que c'est fou, mais pour notre survie, je ferai ce choix. Triss, comprends-le même toi, tu le sais : Aiden a un pouvoir formidable, et je ne sais même pas jusqu'où il évoluera dans le futur. Sans compter Ciri, qui reviendra, et il ne faut pas oublier Eredin, dont tu m'as parlé, et ce foutu Gaunter."

Je la regardai, assez fatiguée, et croisai les bras. "L'heure n'est plus à la discorde entre mages. Nous devons devenir une troisième faction et connaissant Aiden, il se fera encore entendre."

Triss sourit tristement et dit : "Je ne peux pas te faire changer d'avis." Secouant la tête, je dis : "Non. Mais Triss, tu n'es pas obligée de participer. Tu peux continuer à voyager avec Geralt, qui lui-même, à ma grande surprise, essaie de retrouver d'autres sorceleurs à travers le monde."

Triss hocha la tête et dit : "Je pourrais, mais j'ai confiance en lui c'est un grand garçon. Et Yen, c'est toi qui as besoin de plus de soutien que lui. Je préfère rester à tes côtés, d'accord ?" Je souris et l'enlaçai, disant : "Merci." Triss répondit à l'étreinte et dit : "Pas besoin de me remercier. Allons-y, d'accord ?"

Hochant la tête, j'entrai dans la salle du conseil, où se trouvaient les principaux mages encore vivants : Keira, Philippa, Margarita, Triss qui s'assit à sa place habituelle moi-même, prenant la place de Tissaia, Sabrina, Sheala, et Stregobor.

Mais avant même qu'une quelconque discussion puisse commencer, Stregobor frappa la table et dit : "Pourquoi diable devons-nous continuer ce conseil, dites-le-moi ? À cause de la brillante Philippa, si intelligente, nous avons perdu Artorius, perdu Tissaia sans compter les traîtres, hein ?"

Philippa renifla et dit froidement : "Oh, bien sûr, c'est de ma faute. Rappelle-moi ce que TU as fait, Stregobor ? Ah oui, tu es resté planqué parmi les étudiants comme un lâche." Stregobor se leva férocement, faisant tomber sa chaise, et cria : "Salope, tu vas voir si je suis un lâche !" Alors que Philippa et Stregobor allaient en venir aux coups, je claquai des mains, et Stregobor tomba au sol sous l'effet de la gravité, tandis que Philippa parvenait à légèrement se maintenir grâce à sa magie. Je dis froidement : "Ça suffit !"

Stregobor me regarda avec haine, une fois ma magie de gravité dissipée, et dit : "Comment oses-tu, Yennefer ? De quel droit te permets-tu de..."

Mais je rétorquai en me levant moi-même, frappant la table du conseil, la brisant légèrement ma colère avait laissé filtrer un peu trop de magie et je dis, en criant, à Stregobor mais aussi aux autres magiciennes : "Comment j'ose ?! Comment j'ose ?! J'ose parce que je suis la seule personne ici à avoir les putains de couilles, comme un homme, pour dire franchement quel est le vrai problème !"

Mes mots firent taire Stregobor, surpris tout comme les autres magiciennes, encore plus surprises. Je continuai à dire la vérité, sans détour : "Quand est-ce que vous allez arrêter de vous imaginer qu'aux yeux du monde, nous sommes encore supérieures ? À cause de Philippa, la Rédanie nous voit comme des ennemies !" Philippa se rassit mais ne dit rien, même face aux regards des autres mages, et je continuai : "Triss et Keira sont à deux doigts d'être exclues de la cour de Témérie, et je ne parle même pas de Sabrina, qui a failli être brûlée vive si elle n'avait pas réussi à convaincre ce foutu roi Henselt qu'elle était encore utile pour ses foutues guerres ! Et je ne parle même pas de Nilfgaard, de Francesca et de Fringilla, qui sont, comme nous toutes ici, des magiciennes d'exception, et qui trouvent que Nilfgaard offre bien plus d'attrait et de confiance que ce foutu conseil qui se bouffe entre lui depuis des années !"

Un silence suivit, où seule ma respiration, encore haletante après ces paroles, se faisait entendre. Margarita parla doucement : "Yen, je vois très bien ce que tu veux dire. Que souhaites-tu qu'on fasse, alors ?"

Keira posa son verre et dit, plus sarcastique : "En effet, comment veux-tu qu'on fasse ? Comme tu l'as dit, grâce à la brillante Philippa, je risque de perdre Foltest et son conseil, avec Triss."

Philippa rétorqua, sarcastique : "Ça ne te fera pas plus de mal tu prends déjà d'autres formes." Keira la regarda froidement. Philippa n'insista pas, mais un simple regard de ma part suffit à la faire taire sans doute parce qu'elle sentait que mes propos étaient vrais. Sabrina prit la parole et dit : "Honnêtement, j'aimerais bien quitter Kaedwen. Ce fou me fait suivre par ses gardes vingt-quatre heures sur vingt-quatre même dans ma salle de bain."

Je soupirai en redressant ma chaise et dis : "Sabrina, tu n'es plus obligée d'y aller." Philippa fronça les sourcils et dit : "Si nous faisons ça, nous..." mais je rétorquai froidement : "Nous perdons une position politique, et alors ? Tu ne crois pas qu'on devrait plutôt garder nos mages près de nous, Philippa ? Ou peut-être que tu trouves que nous ne sommes pas encore assez peu nombreuses ? Donc non, je me fous de cette position politique. Si Sabrina veut revenir ici parce qu'elle sent qu'elle est en danger de mort, alors qu'elle revienne ! Depuis quand le conseil privilégie-t-il le pouvoir politique ? Dois-je vous rappeler qu'à ses débuts, ce conseil a été fondé par Tissaia, certes pour la politique, mais aussi pour la sécurité de nos mages !"

Philippa se tut à ce moment-là et, buvant une gorgée, dit : "Alors, c'est quoi, ton brillant plan ?" Fermant les yeux, me massant le front, je vis Triss me regarder avec un sourire d'encouragement, Margarita aussi. Croisant les mains sur la table, je regardai toutes les mages présentes et dis : "Nous devons devenir une troisième faction."

Sheala, qui n'avait rien dit depuis le début, sourit avec amusement et dit : "Une troisième faction ? Comment comptes-tu faire ? Tu vas crier au monde que nous, les mages, allons devenir une troisième faction, et d'un coup le monde nous respectera ?"

Je secouai la tête et dis, sarcastique : "Bien sûr, Sheala, je suis sûre que si tu te mettais nue, les hommes accepteraient tout de suite la troisième faction." Sheala renifla, amusée, et je continuai, plus sérieusement : "Non. Pour l'instant, nous restons discrètes. Triss et Keira, continuez d'essayer de montrer que Foltest peut encore nous faire confiance, mais dès que vous sentez un danger de mort, n'hésitez plus et rentrez à l'académie la vie des mages est désormais notre priorité." Je regardai Sheala et dis : "Continue de rester à Kovir. Même si je sais que tu es froide envers le roi de Kovir et que tu détestes la politique, nous avons au moins besoin d'un plan B, au cas où." Sheala haussa les épaules et dit : "Très bien. De toute façon, ça ne change rien à mes habitudes."

Je regardai Margarita et dis : "Margarita, continue d'enseigner aux étudiants et étudiantes avec Lydia. Même si je ne l'apprécie pas particulièrement, il faudra leur enseigner l'habitude d'être constamment menacés la paix des mages n'est plus d'actualité."

Margarita hocha la tête, et je regardai enfin Philippa, qui continuait à me fixer froidement. Je dis : "Philippa, même si on se hait, je te demande, pour le bien des mages, de rester sans faire de foutus complots. Nous ne pouvons plus nous permettre la discorde nous sommes trop peu nombreuses, et nous avons trop peu d'alliées."

Philippa rétorqua froidement : "Tu as raison, mais vas-tu continuer à être aussi passive ? Comme tu l'as dit, nous devons tenir ensemble, mais qu'allons-nous faire rester comme des escargots dans leur coquille ?"

Je secouai la tête et regardai Triss, qui hocha la sienne. Triss prit la parole et dit : "Non. À vrai dire, le renforcement est nécessaire pour l'instant, mais un danger est plus proche que nous ne le croyons." Puis elle expliqua au conseil le danger que représentait Eredin, et malgré le risque nous en avions discuté : il fallait parler du chaos.

Je vis dans les yeux de Philippa une lueur discrète ; je savais qu'en évoquant le chaos, elle allait comprendre à quel point Aiden était spécial après tout, elle avait elle-même senti qu'il était l'antithèse du chaos. Quant à Margarita ? Je n'avais pas de souci à me faire. Après l'explication de Triss, je dis : "Comme l'a dit Triss, un danger plus mortel encore approche. Attention, je ne dis pas que nous devons devenir les sauveurs du monde, mais nous devons rester proches de ceux qui ont réellement un avantage contre eux."

Philippa rétorqua : "Avec Aiden, pas vrai ?" Je vis Triss la regarder en fronçant les sourcils, mais j'acquiesçai et dis : "En effet. Avec lui."

Stregobor, largement plus calme désormais, dit : "Aiden de Cintra, hein ? J'en ai entendu parler, mais est-ce vraiment ça, ton plan d'avenir ?" Mais avant que je puisse répondre, Philippa prit la parole : "Ce n'est pas bête. Avoir Aiden comme allié est la meilleure chose pour nous que ce soit au niveau du pouvoir, que j'ai moi-même senti physiquement. Il est l'un des rares à avoir affronté ce Gaunter en un contre un, même si j'étais présente pour l'aider c'était quasiment un simple soutien plutôt qu'une véritable aide. Et surtout, il n'avait que quinze ans à ce moment-là."

Les autres furent surpris, moi aussi je n'en avais jamais entendu parler. Voyant le visage de Triss, elle-même n'était pas au courant. Philippa me regarda et dit : "C'est ça, ton plan, Yen ? Attendre qu'Aiden nous aide ?" Je ne dis rien sur le moment, puis finalement j'acquiesçai et dis : "Oui. Même si ça peut blesser la fierté de beaucoup de gens ici, nous sommes obligées de faire des concessions. Et même si je n'aime pas utiliser les relations personnelles, je sais que si moi ou Triss sommes en danger, Aiden n'hésitera pas à venir nous aider. Ça nous donne une puissance non négligeable après tout, il a vaincu Vilgefortz, et comme tu l'as dit toi-même, il a affronté Gaunter alors qu'il était jeune, et nous a tous donné le pouvoir de le tenir en respect."

Philippa se rassit plus confortablement dans son fauteuil, bras croisés, et dit : "Je vois... mais serons-nous soumises à ses ordres ? Je ne..." mais Triss rétorqua, plus froidement que je ne l'aurais cru, et dit : "Aiden n'est pas comme ça, et..." mais je l'interrompis : "Triss, tu ne peux pas dire ça, tu n'es pas objective." Triss me regarda, surprise, et Philippa aussi. Je regardai les autres mages et dis : "Je ne peux rien promettre, mais je ferai tout pour que notre alliance avec Aiden se fasse d'égal à égal, et non en tant que servantes."

Puis, pour les convaincre davantage, je tapotai la table et dis : "Et n'oublions pas que, pour la première fois depuis des années et Triss peut le confirmer les sorceleurs de l'École du Loup, et peut-être à l'avenir ceux d'autres écoles, se rallient sous Aiden. Donc je pense que tout le monde ici présent comprend que nous ne devons pas laisser passer cette opportunité. C'est pour ça que ce conseil a lieu. Je ne voterai pas, puisque c'est moi qui ai proposé cela mais pour celles qui lèvent la main, cela signifie qu'elles acceptent que nous devenions une troisième faction, en alliance directe avec Aiden, les sorceleurs, et leurs futures autres alliées."

À ce moment-là, le silence se fit, puis Triss leva la main en premier, suivie de Margarita, et à ma grande surprise, de Philippa. Keira ne leva pas la main, mais dit : "Je reste neutre je ne le connais pas, mais je suivrai la décision du conseil." Sabrina leva la main. Stregobor secoua la tête en disant : "Je vote non. Nous devrions rester comme avant." Enfin, Sheala leva la sienne. Hochant la tête, je dis : "Le vote a été effectué, et le résultat est que nous nous allions à Aiden de Cintra et aux sorceleurs, et devenons une troisième faction dans ce monde."

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