Les Héritiers du Jedi Gris (spin-off 1)

Chapitre 41 : La Nuit du Dauphin

1728 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 31/10/2026 14:34

Acte 2 : Les Ailes de l’Alliance



CHAPITRE 14 : La Nuit du Dauphin

 

​Dans le silence absolu de sa chambre de méditation sous la passerelle du Delphinus, Vyze était assis les jambes croisées, les yeux clos. Autour de lui, la Force oscillait comme une mer calme. Soudain, une infime vibration perturba son esprit. Un léger choc métallique, presque imperceptible, fit vibrer la structure du croiseur.

​Vyze ouvrit les yeux et activa son comlink.

—  Jaden. Rapport de situation. Je viens de ressentir une collision sur le flanc inférieur.

Sur la passerelle, Jaden consulta immédiatement les consoles de diagnostic.

—  Rien sur les scanners, Maître. Aucun débris, aucune signature thermique. C'était peut-être un micrométéorite... trop petit pour être repéré par nos capteurs.

​Vyze se leva, une pointe de doute persistant au fond de lui, mais balaya l'idée pour le moment.

—  Bien. Ne perdons pas de temps. Ouvrez le hangar principal. Lancez les nouveaux prototypes de B-Wing fournis par l'Amiral Ackbar. Ryn, Syla et l'escorte des Medjaÿ doivent effectuer leurs essais.


​Quelques minutes plus tard, les chasseurs aux ailes rotatives s'élancèrent dans le vide spatial, laissant le Delphinus étrangement silencieux.

​Soudain, un gémissement mécanique traversé tout le vaisseau. Les grands écrans tactiques de la passerelle clignotèrent, puis s'éteignirent. La lumière fit place à une obscurité totale, à peine brisée par les balises de secours qui s'affaiblirent à leur tour et les étoiles à travers la verrière panoramique.

​Jaden frappa sur son panneau de contrôle inutile.

—  Coupure de l'alimentation principale !

Vyze resta immobile au centre de la passerelle, gardant son calme légendaire.

—  Le générateur secondaire va prendre le relais dans 5... 4... 3... 2... 1...

​Rien. Le noir resta complet. Un silence de mort s'installa, seulement troublé par le sifflement des verrous hydrauliques qui se bloquaient un à un.

—  ​Tout est verrouillé, dit Jaden en dégainant son sabre laser pour s'éclairer de sa lueur bleue. Les comlinks sont tous brouillés. On est coupés du reste du vaisseau. Je vais découper la porte de la passerelle.

Vyze posa une main ferme sur son épaule.

—  Ne perds pas ton temps, c'est un quadruple blindage. Découpons plutôt le mur de cloisonnement. Le blindage y est moins fort.

​Dans les couloirs, l'ambiance bascula dans la frayeur. Les seules sources de lumière étaient les faisceaux étroits des torches de l'équipage et l'éclat des sabres laser.


​À quelques kilomètres de là, à bord de leurs B-Wings, Ryn et Syla ressentirent un coup de poignard dans la Force.

—  Mère..., murmura Syla. Quelque chose s'en prend à elle.

—  On fait demi-tour ! ordonna Ryn via la radio de bord.

​Mais en approchant du Delphinus, ils virent les immenses portes du hangar principal commencer à se refermer lourdement, activées par le protocole de sécurité d'urgence du vaisseau. Les Medjaÿ, volant en formation serrée derrière eux, comprirent le danger.

—  ​Restez dehors ! cria Ryn. On doit passer avant que ça ne se ferme !

​Poussant leurs réacteurs à leur puissance maximale, les jumeaux fondirent sur l'ouverture qui se réduisait à vue d'œil. Pour forcer le passage, Syla verrouilla ses canons laser sur les vérins de sécurité extérieurs et fit feu. L'explosion déchira la porte du hangar, créant une brèche étroite. Les deux B-Wings s'y engouffrèrent dans un hurlement de métal froissé, effectuant un atterrissage d'urgence brutal sur le pont du hangar, juste avant que les cloisons blindées intérieures ne se scellent définitivement, laissant les Medjaÿ bloqués à l'extérieur, impuissants dans le vide spatial.


​Pendant ce temps, Vyze et Jaden progressaient dans les coursives. Ils finirent par rejoindre la salle des machines où Kara, éclairée par une lampe de poche, tentait de réanimer les systèmes informatiques avec l’aide de Rho et Lio.

—  ​Kara ! Quel est le statut ? demanda Jaden.

—  C’est un carnage, répondit-elle. Quelque chose s'est infiltré par les conduits de maintenance. Ce n'est pas une panne, c'est un sabotage total. Le système principal a été grillé de l'intérieur. Et le pire... les capteurs de pression signalent des morts dans les niveaux inférieurs. Des patrouilles ont été décimées sans un seul tir de blaster.

​Un bruit de métal froissé résonna dans le conduit d'aération juste au-dessus d'eux. La chose se déplaçait vite. Et elle se dirigeait vers les quartiers résidentiels.

—  ​Alyna..., souffla Vyze, ses deux sabres laser jaillissant instantanément dans ses mains, illuminant son visage d'une lueur noire et implacable.


​Pendant ce temps, après leur atterrissage brutal dans le hangar obscur, Ryn et Syla sortirent presque simultanément de leurs cockpits, les respirateurs de leurs combinaisons sifflant dans le silence du Delphinus.

Aucune alarme. Aucun technicien.

Seulement le craquement métallique de la coque qui refroidissait autour d’eux.

—  Trop silencieux, murmura Syla.

Ryn activa la lampe fixée à son avant-bras. Le faisceau révéla des traces sombres sur le pont du hangar : Du sang.

Puis un bruit sec résonna derrière eux.

CLANG.

Les deux jumeaux se retournèrent au même instant.

Quelque chose venait de traverser le plafond technique.

Un droïde impérial tomba entre eux dans une pluie d’étincelles, ses membres insectoïdes se dépliant avec une rapidité inhumaine.

Ryn eut juste le temps de pousser sa sœur.

La lame vibro-énergétique traversa l’endroit exact où se trouvait sa gorge une fraction de seconde plus tôt.

—  Bouge !

Le droïde attaqua immédiatement de nouveau comme un prédateur.

Syla sentit alors quelque chose de pire que la peur : l’absence totale d’émotion dans la machine.

Aucune haine. Aucune colère. Aucune hésitation.

Seulement la mission.

Ryn tira son blaster à bout portant. Les tirs frappèrent le châssis noir sans ralentir la créature, qui bondit contre une cloison avant de disparaître dans les conduits supérieurs avec une vitesse terrifiante.

Le silence retomba brutalement.

Les deux jumeaux restèrent immobiles quelques secondes.

Puis Syla murmura :

—  Il nous testait.

Ryn regardait l’obscurité au plafond.

—  Non… il cherchait quelqu’un d’autre.

Et à cet instant précis, tous deux ressentirent la même chose dans la Force.

Le danger. Pas pour eux… Pour leur mère.


Plus loin dans les coursives menant aux quartiers résidentiels étaient plongées dans une obscurité presque totale. Les deux jumeaux progressaient rapidement, éclairés seulement par leurs lampes portatives et les rares balises de secours encore actives.

Puis une odeur métallique envahit l’air.

Ryn ralentit immédiatement.

—  Tu sens ça ?

Syla acquiesça sans répondre.

Le réfectoire principal apparaissait quelques mètres plus loin, ses portes bloquées à moitié ouvertes par une panne hydraulique. Ryn força le passage avec la Force dans un grincement de métal.

La lumière de leurs torches balaya lentement la salle.

Le silence devint soudain insupportable.

Des plateaux-repas jonchaient encore les tables. Des tasses renversées flottaient dans une fine couche d’eau provenant des systèmes anti-incendie endommagés.

Et partout… des corps.

Des techniciens. Des pilotes. Des membres d’équipage.

Aucun tir visible. Aucune explosion.

Seulement des blessures nettes. Précises. Chirurgicales.

Comme si quelque chose avait traversé la pièce en quelques secondes.

Syla resta figée.

Elle connaissait presque tous ces visages.

Des gens qui l’avaient vue grandir sur le Delphinus. Des mécaniciens qui lui avaient appris à démonter un moteur. Des soldats qui plaisantaient encore avec elle quelques heures plus tôt.

Ryn s’agenouilla près d’un officier de pont.

—  Ce n’était pas une attaque… murmura-t-il.

Syla sentit alors la peur monter dans leur lien.

Pas la peur de mourir.

La peur d’être arrivés trop tard.

Un bruit résonna soudain dans les conduits au-dessus d’eux.

Les deux jumeaux levèrent immédiatement leurs armes vers le plafond noir.

Mais il n’y avait déjà plus rien.

Seulement le frottement métallique d’une présence qui continuait d’avancer quelque part dans le vaisseau.

Vers les quartiers résidentiels… Vers Alyna.


​Dans ses appartements, Alyna reculait lentement, une torche à la main. Face à elle, la silhouette d'un droïde d'infiltration impérial de dernière génération, profilé comme un insecte de métal noir, avançait sans un bruit. Ses membres se terminaient par des lames vibrantes encore rouges du sang des gardes à la porte.

​Le droïde leva sa griffe pour frapper. Alyna ferma les yeux.

​SLACH !

​Dans un double arc de cercle noir, Vyze surgit de l'obscurité. Ses deux sabres laser tranchèrent net les multiples bras du droïde au niveau des épaules dans une gerbe d'étincelles. Le châssis de la machine s'effondra lourdement sur le sol métallique.

​Privé de ses armes, le droïde commença à convulser, ses circuits endommagés provoquant un court-circuit majeur. Ses haut-parleurs grésillèrent, répétant en boucle une suite de chiffres et un mot saccadé :

—  Directive... 6... Direct...ive... 6...

​Jaden arriva en courant, essoufflé, son sabre bleu à la main. Il observa la machine qui s'agitait frénétiquement au sol.

—  C’est malin... maintenant il est complètement buggé. On n'en tirera rien.

​Vyze ne cilla pas. D'un mouvement sec du poignet, il fit jaillir la lame secrète noire dissimulée dans sa brassière en cuir. Dans un geste d'une précision chirurgicale, il sectionna la tête du droïde et la lança directement dans les mains de Jaden.

—  ​Tout ce qui nous intéresse, c'est sa puce mémorielle, dit Vyze calmement. L'Empire veut toujours me faire payer ma trahison. Ce droïde était une balise de reconnaissance et d'exécution.

​Alyna se jeta dans ses bras, tremblante, alors que Ryn et Syla, venaient rejoindre leur mère à travers les coursives sombres. Le danger était écarté pour cette nuit, mais le message de l'Empire était clair : le Delphinus n'était plus un sanctuaire invincible.

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