Les Héritiers du Jedi Gris (spin-off 1)

Chapitre 40 : L’Ancre et le Flux

760 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 30/10/2026 10:55

Acte 2 : Les Ailes de l’Alliance



CHAPITRE 13 : L’Ancre et le Flux

 

​L’infirmerie du Home One avait retrouvé son rythme de croisière. L’urgence s’était dissipée, laissant place à une chorégraphie de gestes maîtrisés et de silences médicaux.

​Ryn était assis sur le bord du lit.

C’était sa première tentative pour tenir debout seul.

Un test.

Une validation de sa propre autonomie.

La douleur irradiait encore dans son flanc, mais son équilibre, autrefois dicté par la Force, redevenait une affaire de muscles et de nerfs.

​Il ajusta lentement sa veste de pilote. Un mouvement banal, mais qu'il exécutait avec une concentration totale.

—  ​Tu triches.

​Un sourire étira les lèvres de Ryn avant même qu’il ne se retourne.

​Syla était appuyée contre le chambranle de la porte, les bras croisés. Son regard parcourait Ryn avec cette précision chirurgicale qui n'appartenait qu'à eux.

—  ​Je teste, répondit-il.

—  Tu mens.

​Leur lien vibra entre eux. Stable. Profond. Mais Ryn sentit une nuance qu'il n'avait pas perçue auparavant : une légère statique. Syla s’approcha, l'observant non pas comme une sœur observe un frère, mais comme une partie d'elle-même qui aurait été endommagée.

—  ​Ça va, affirma-t-elle. Ce n'était pas une question.

—  Oui. Cette fois.

​Elle hocha la tête, mais son regard se durcit imperceptiblement.

—  Tu m’as coupée, Ryn.

​Le mot resta suspendu dans l'air, lourd de conséquences. Pour des jumeaux liés par la Force, le "blackout" est une petite mort.

—  Je sais, murmura-t-il. Je n’ai pas réussi à...

Il s’arrêta. Inutile d'expliquer l'inexplicable. Elle avait ressenti le vide au moment de l'impact.

—  C’est normal, dit-elle.

—  Non, Syla. C’est dangereux.


​Un bruit de pas légers interrompit leur échange. Maera entra. Elle ne portait aucune arme, aucun insigne de la Force, mais sa présence suffit à stabiliser la pièce d'une manière différente.

​Elle nota les réglages des moniteurs, puis posa ses yeux sur Ryn.

—  Tu tiens debout.

—  À peine.

—  C'est suffisant pour un début.

​Elle s'approcha pour vérifier son pansement. Elle le faisait avec une absence de distance qui, étrangement, ne dérangeait pas Ryn. Syla observait la scène, silencieuse. Elle ne jugeait pas, mais elle analysait cette nouvelle fréquence qui interférait avec la leur.

—  ​Tu peux sortir, annonça Maera. Mais doucement. Pas de manœuvres brusques.

—  Je vais essayer d'éviter les explosions, ironisa Ryn.

—  Bonne stratégie, répondit Maera avec l'ombre d'un sourire.

​Elle se tourna ensuite vers Syla. Le contact visuel fut immédiat.

—  Tu es sa sœur. Syla.

—  Oui. Maera, c'est ça ?

​Une compréhension muette passa entre les deux femmes. Syla voyait en Maera l'ancre qui retenait Ryn au monde réel. Maera voyait en Syla le flux qui menaçait de l'emporter.

—  ​Merci, finit par dire Syla.

—  C’est mon travail, répondit la soignante.

—  Pas seulement.


​Une alarme sourde résonna dans les ponts du croiseur. Le signal du mouvement. La Flotte se préparait à sauter en hyperespace. Le temps des soins était terminé ; celui de la guerre reprenait ses droits.

​Syla se redressa, reprenant son masque de commandant.

—  On repart sur le Delphinus.

—  Je sais, dit Ryn.

​Il regarda Maera. Un instant de trop. Un instant qui n'appartenait ni à la mission, ni à Syla, ni à son père.

—  Je... on va rester en contact, finit-il par dire.

​Ce n'était pas une promesse en l'air, c'était une intention. Maera le fixa intensément.

—  Fais en sorte que ce soit possible, Ryn. Reste en vie.

​Elle recula d'un pas, leur laissant l'espace nécessaire. Syla observa ce lien naissant. Ce n'était pas la Force. C'était plus fragile, plus simple, et pourtant, elle sentait que cela possédait une puissance de rupture qu'aucune attaque impériale n'avait jamais eue.

​Ryn fit un pas, puis un autre. Stable.

Ils sortirent dans le couloir, vers le bruit des machines et la tension du combat à venir. Mais derrière lui, dans le silence de l'infirmerie, Ryn laissait quelque chose qu'il n'avait jamais possédé auparavant : une raison d'être qui n'était pas dictée par son sang.

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