Les Chroniques d'un Jedi - Tome 6 : Ordre 66
Chapitre 11 — L’Empire naissant
L’hologramme s’éleva au centre de la passerelle du Delphinus.
Le Sénat de Coruscant apparut, bondé, figé dans une tension presque irréelle. Puis la voix résonna.
— Afin d’assurer la sécurité et la stabilité de la République…
Vyze sentit aussitôt où cela menait.
— …la République sera réorganisée en un Premier Empire galactique !
Des applaudissements éclatèrent. Trop forts. Trop rapides.
— Pour une société sûre…
Jaden détourna le regard.
— Ils applaudissent leur propre prison, murmura-t-il.
Sur l’estrade, Palpatine, l’Empereur, souriait. Défiguré, affaibli en apparence… mais plus puissant que jamais dans la Force. Vyze le sentit, nettement. Une présence vaste, écrasante, parfaitement assumée.
L’hologramme s’éteignit.
Le silence tomba sur la passerelle.
— Il a gagné, dit Jaden. Tout ce que tu craignais…
— Non, répondit Vyze. Il a révélé son jeu.
Il se tourna vers l’équipage réduit, ceux qui avaient survécu, ceux qui savaient se taire.
— Cap sur Coruscant.
Jaden le fixa, incrédule.
— Tu es fou ! C’est lui qui a donné l’ordre !
— Justement.
Le Delphinus entra seul dans l’orbite de Coruscant.
Aucun tir. Aucune interception. Comme si on l’attendait.
Dans la salle d’audience impériale, la pénombre dominait. Les colonnes semblaient absorber la lumière. Au centre, sur son trône, l’Empereur Palpatine observait Vyze avec un intérêt ouvertement malsain.
— Amiral Vyze Polaekys, dit-il lentement. Le survivant.
Vyze s’inclina juste assez.
— Majesté.
Palpatine sourit.
— Vous avez détruit des flottes entières. Commandé une super-arme. Et survécu à l’Ordre 66.
Il pencha légèrement la tête.
— D’autres auraient fui.
— Fuir, répondit Vyze, c’est laisser ses ennemis écrire l’histoire.
Un éclat de rire sec s’échappa de l’Empereur.
— Vous avez toujours eu… une relation particulière avec la Force.
L’air se fit plus lourd.
Vyze laissa volontairement filtrer une part de lui-même… La colère contenue… La douleur.
Les cicatrices laissées par l’éclair et le sang. Le côté obscur répondit, pas pleinement, juste assez.
Palpatine ferma un instant les yeux, savourant.
— Vous n’êtes pas un Jedi, dit-il. Pas vraiment.
— Et je ne serai jamais un Sith, répondit Vyze. Je sers la galaxie. À ma manière.
Le sourire de l’Empereur s’élargit.
— Voilà pourquoi vous m’intéressez.
Il se leva lentement.
— L’Empire a besoin d’hommes capables de faire ce que les Jedi refusaient. D’alliés… pragmatiques.
Il s’approcha.
— Mais la loyauté doit être prouvée.
Un geste de la main.
Un hologramme apparut : un visage familier, fatigué, mais toujours empreint de sérénité : Un Jedi.
— Ramenez-moi sa tête, dit Palpatine d’une voix douce. Et l’Empire vous ouvrira toutes ses portes.
Le silence pesa. Jaden serra les poings.
Vyze fixa l’image.
Longtemps.
Puis il leva les yeux vers l’Empereur.
— Très bien !
Palpatine sourit, pleinement cette fois.
— Je savais que nous nous comprendrions.
Dans le couloir menant au hangar, Jaden rattrapa Vyze.
— Vyze, dis-moi que tu ne comptes pas…
Vyze s’arrêta.
— Je compte survivre, dit-il calmement. Protéger Alyna… Protéger nos enfants à naître…
Il posa une main sur l’épaule de Jaden.
— Et pour ça, je dois marcher dans l’ombre. Encore un peu.
Jaden hocha la tête, la gorge nouée.
— Alors je marcherai avec toi !