Les Chroniques d'un Jedi - Tome 6 : Ordre 66

Chapitre 10 : Ordre 66

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Dernière mise à jour 01/09/2026 09:10

Chapitre 10 — Ordre 66


Le Delphinus dérivait aux confins de la Bordure Extérieure, pas de combat, pas d’ennemi visible…. Seulement l’attente.

— Toujours rien ? Demanda Jaden, debout près de la baie d’observation.

Vyze ne quitta pas les étoiles des yeux.

— Rien. Depuis la mort de Dooku, il se passe quelque chose d’étrange…

Depuis des jours, les communications étaient fragmentaires. Des messages d’urgence, incohérents. Des appels interrompus. Puis plus rien. Le Conseil ne répondait plus. Le Sénat non plus.

— Ce silence n’est pas normal, dit Jaden. Même pour la guerre.

Vyze hocha lentement la tête.

— La Force est… comme étouffée…Comme si quelqu’un avait tiré un voile dessus.

Il porta une main à sa poitrine, une sensation diffuse, désagréable, qu’il n’arrivait pas à nommer.


Puis cela arriva. Sans avertissement.

Une douleur fulgurante traversa Vyze, violente, brutale, comme si on lui avait arraché quelque chose de l’intérieur. Il tomba à genoux, le souffle coupé.

— Vyze ! Cria Jaden.

Jaden vacilla à son tour, le visage crispé, les mains tremblantes.

— Ils meurent… Vyze… ils meurent tous…

La Force hurlait. Des cris. Des silences soudains.

Des présences qui s’éteignaient par centaines.

— Les Jedi… murmura Vyze, les dents serrées. C’est un massacre.

Une alarme retentit sur la passerelle.

— Amiral ! Cria un officier.

— Les clones… ils prennent le contrôle des sections inférieures !

— Répétez ! Aboya Jaden.

— Les commandants clones déclarent un protocole de sécurité prioritaire. Ils désarment l’équipage ! Ils avancent vers la passerelle ! Ils viennent pour vous !

Le regard de Vyze se durcit.

Jaden pâlit.

— Non… Pas eux.


Les portes de la passerelle s’ouvrirent avant que l’ordre de verouillage ne soit prononcé.

Les clones entrèrent en formation parfaite, armes levées, visières impassibles. Pas une hésitation. Pas un regard de côté. Leurs fusils étaient déjà levés, braqués à hauteur de poitrine.

— Amiral Vyze Polaekys, déclara l’un d’eux d’une voix plate. Au nom de la République, vous êtes en état d’arrestation.

Vyze se releva lentement. Cette voix... c'était celle du Commandant Max. Mais elle était vide. Une voix blanche, plate, désincarnée de tout passif commun.

— Vous servez la République, répondit-il calmement. Et je suis la République.

— Vous êtes déclaré traître à la République !

Le mot tomba comme une sentence automatique. Sans haine. Juste un fait codé.


Le premier tir déchira l'obscurité de la passerelle.

Jaden alluma son sabre dans un éclair bleu.

Presque au même instant, Vyze déploya son bouclier laser noir d'un geste sec. L'appareil pulsa, absorbant la lumière environnante dans un bourdonnement sinistre.

— Dos à dos, dit-il simplement. Ne les regarde pas dans les yeux, Jaden !

Ils combattirent ensemble. Comme au Temple. Comme sur les fronts oubliés de la Bordure Extérieure. Mais cette fois, l'ennemi avait leurs propres visages. Les tirs de blaster ricochaient frénétiquement sur le bouclier noir, transformant la passerelle en une cage de miroirs mortels.


Vyze avançait comme une tempête calculée. Son pistolet laser tonnait à distance, sa lame secrète jaillissait de son gantelet pour perforer les armures à bout portant, tandis que son sabre noir dessinait des arcs de mort. Les clones tombaient, un à un, leurs armures blanches se teintant de noir sous les impacts.

Jaden couvrait ses angles, repoussant, frappant, tenant la ligne.

— Ils ne ressentent rien ! Cria Jaden. Aucune hésitation ! Aucune pitié !

— Ce ne sont plus des soldats, répondit Vyze. Ce sont des ordres incarnés.

Soudain, un tir de côté prit Jaden de vitesse. Le plasma brûla son épaule. Il cria de douleur, fléchissant sur un genou.

— Jaden, reste derrière moi ! Hurla Vyze.

Vyze projeta son corps en avant, élargissant le rayon de son bouclier pour envelopper son ami. La passerelle se transforma en champ de bataille. Fumée, corps, métal brûlé. Le silence n’était rompu que par les respirations haletantes des deux Jedi.


Une violente douleur traversa le bras droit de Vyze. Un tir l'avait cueilli au poignet, ses doigts se décrispèrent par réflexe : son sabre s'échappa et roula sur le sol.

Le dernier clone debout s'avança à travers la fumée. Le Commandant Max.

Son fusil blaster était pointé directement entre les deux yeux de Vyze. Le silence s'abattit brusquement sur la passerelle, lourd, étouffan.

Pendant une fraction de seconde, le canon du fusil trembla. Une infime anomalie dans la puce inhibitrice. Un reste d'humanité qui luttait désespérément contre la programmation de l'Ordre 66.

— Je suis désolé, Maître Jedi, dit-il.

Vyze le regarda droit dans les yeux. C'était sa vraie voix. Celle du frère d'armes. Celle de l'homme qui l’avait sauvé quelques semaines plus tôt.

— Moi aussi, Commandant Max, sincèrement...

Vyze ferma les yeux, Max crispa le doigt sur la gâchette. Le tir partit dans un éclair aveuglant. Vyze ne bougea pas d'un millimètre. D'un mouvement réflexe pur, il leva simplement son bouclier noir.

Le faisceau de plasma frappa la surface sombre, pivota à un angle parfait, et retourna à son expéditeur dans un sifflement aigu. La tir toucha Max en plein plastron. Le clone s'effondra lourdement, sa carcasse métallique heurtant le sol dans un dernier écho sourd.


Le silence retomba. Épais. Toxique. Définitif.

Jaden éteignit son sabre. Ses mains tremblaient.

— Ils étaient avec nous, murmura-t-il. Ils nous faisaient confiance.

Vyze resta immobile, entouré des corps.

— Et nous avons échoué à les voir venir.

Il leva les yeux vers les étoiles.

— L’Ordre est mort, Jaden.

Jaden serra les poings.

— Alors qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

Vyze ferma les yeux.

La Force était meurtrie.

Mais pas éteinte.

— Maintenant… Nous survivons…

Il posa une main sur l’épaule de Jaden.

— Et nous nous souviendrons.

Ils quittèrent la passerelle lentement, laissant derrière eux les clones qu’ils avaient menés, commandés… et tués.

Ce jour-là, Vyze comprit une vérité qu’aucune vision ne lui avait jamais montrée : Il n’y a pas de cicatrice plus profonde que celle laissée par une trahison programmée.

Et rien, jamais, ne les laverait de ce sang, ils en perdirent le sommeil pendant des semaines.


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