L'Origine de la Force Grise (Préquelle)

Chapitre 4 : Deux pistes

1075 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 24/07/2026 14:15

Chapitre 4 — Deux pistes


Le voyage fut annoncé comme une mission diplomatique.

Officiellement, Sheev Palpatine souhaitait ouvrir de nouveaux accords commerciaux avec plusieurs mondes périphériques, parmi lesquels Dathomir. Une planète lointaine, peu influente au Sénat, mais riche en ressources rares et en routes commerciales oubliées.

Pour la plupart des assistants de bureau, cette visite paraissait étrange.

Pour Teren, elle n’avait aucun sens économique.

Pour Liora, elle avait surtout le goût de ces décisions déjà prises avant d’être annoncées.

Palpatine insista pourtant pour qu’elle fasse partie de la délégation. Officiellement, pour son expérience des échanges protocolaires avec les cultures isolées.

Elle accepta.

Refuser aurait attiré l’attention. Et depuis plusieurs semaines, elle préférait éviter cela.

Le voyage fut long. Le vaisseau diplomatique de Naboo glissait dans l’hyperespace avec la douceur luxueuse des appareils de prestige, ses couloirs feutrés, ses salons clairs, ses baies ouvertes sur le bleu mouvant des étoiles étirées.

Liora voyageait peu depuis sa grossesse. Les trajets lui pesaient davantage. Elle dormait mal. Les rêves continuaient.

Depuis le rituel sous Theed, même si elle ignorait toujours ce qui s’était réellement passé, l’enfant semblait plus présent. Il bougeait sans logique. Pas seulement quand elle parlait ou marchait. Plutôt lorsqu’un événement allait survenir, comme une tension dans l’air qu’il percevait avant elle.

À bord, elle croisa Palpatine deux fois.

Toujours poli. Toujours attentif.

Mais chaque fois qu’il s’arrêtait pour lui parler, l’enfant devenait parfaitement immobile.

Comme s’il écoutait.

Elle n’en parla pas à Teren, resté sur Naboo pour superviser les archives sénatoriales.

Elle ne voulait pas entendre ses explications rationnelles. Pas cette fois.

Quand le vaisseau sortit de l’hyperespace, Dathomir apparut comme une blessure sombre suspendue dans le vide.

Une planète de brumes rouges, de roches déchirées et de forêts noires. Rien des paysages paisibles de Naboo. Ici, même la lumière semblait malade.

La délégation descendit sur une plateforme de pierre naturelle battue par un vent sec.

Le comité d’accueil était réduit : quelques représentants locaux, deux guerrières silencieuses, et une femme drapée de tissus sombres, la peau marquée de symboles anciens.

Elle ne fut pas présentée.

Mais dès qu’elle posa les yeux sur Liora, cette dernière sentit le froid lui remonter le long du dos.

À distance, sur un promontoire rocheux dominant la zone d’atterrissage, deux silhouettes observaient la scène.

Dark Plagueis restait à moitié dissimulé sous sa capuche. À ses côtés, Palpatine gardait les mains croisées derrière le dos.

Leur véritable objectif n’était pas la délégation.

Plus bas, parmi les falaises et les campements éloignés, vivait l’enfant que Plagueis était venu voir : Maul.

Jeune encore. Sauvage. Brûlant d’une colère brute. Un potentiel rare.

Plagueis percevait sa présence comme une lame dans l’obscurité.

Mais ce jour-là, une autre vibration restait en arrière-plan. Plus faible. Diffuse. La résonance née à Theed.

Il espérait l’isoler. Suivre sa trace. Comprendre ce qui avait émergé de leur rituel.

Plus tard dans l’après-midi, tandis que les discussions officielles se poursuivaient près des tentes de réception, Liora s’éloigna.

Elle avait besoin d’air.

Le vent de Dathomir sentait la terre chaude, la poussière et quelque chose de plus ancien, presque métallique. Elle marcha jusqu’à une crête basse d’où l’on voyait les plaines rouges onduler jusqu’à l’horizon.

Elle n’entendit pas l’autre femme approcher.

—   Il t’écoute déjà.

Liora sursauta.

La sorcière Kharis-Zal se tenait à quelques pas, immobile. Son visage était plus âgé qu’elle ne l’avait cru. Ses yeux jaunes semblaient voir à travers la peau.

Liora porta instinctivement la main à son ventre.

—   Je ne comprends pas.

La femme s’approcha, mais ne la toucha pas.

Son regard resta fixé sur le ventre arrondi.

Longtemps… Trop longtemps.

Puis elle murmura, comme si elle parlait à autre chose qu’à Liora :

—   Celui-ci n’a pas été appelé.

Liora sentit l’enfant bouger. Une seule impulsion. Douce.

La sorcière plissa légèrement les yeux.

Et poursuivit :

—   Il a entendu.

Le vent s’arrêta… Ou peut-être fut-ce seulement son impression.

La femme leva lentement une main, paume ouverte, sans jamais toucher Liora.

L’air vibra autour d’elles, comme une onde dans l’eau. Invisible. Presque imperceptible. Mais Liora sentit quelque chose glisser autour de son ventre, comme un voile frais qu’on poserait sur une braise.

Puis plus rien.

La sorcière abaissa la main.

Son expression demeura neutre. Ni peur. Ni surprise.

Seulement un constat.

—   Pourquoi me dites-vous cela ? demanda Liora, la voix plus basse qu’elle ne l’aurait voulu.

La femme détourna déjà les yeux.

—   Parce que certains naissent du choix.

Elle regarda au loin, vers les falaises.

—   Et d’autres du passage.

Puis elle repartit sans un mot de plus.

Liora resta seule, incapable de bouger.

À cet instant précis, sur le promontoire rocheux, Plagueis fronça légèrement les sourcils.

La résonance venait de disparaître. Pas affaiblie… Éteinte. Comme si quelqu’un avait refermé une porte qu’il suivait depuis des semaines.

Il ferma les yeux, étendit sa perception plus loin, plus profondément.

Rien.

Le fil s’était dissous.

Palpatine remarqua le changement.

—   Vous la perdez.

Plagueis ne répondit pas immédiatement.

Son regard balaya les plaines, les camps, les silhouettes mouvantes en contrebas. Il percevait toujours Maul. Son potentiel éclatant, violent, brut.

Mais l’autre présence… plus rien.

Comme si elle n’avait jamais existé.

Ses lèvres s’écartèrent enfin.

—   Impossible.

Pour la première fois, une ombre traversa son calme.

En contrebas, Liora revint vers le camp diplomatique, troublée mais incapable d’expliquer ce qu’elle venait de vivre.

Le soleil rouge de Dathomir déclinait.

Et au loin, un enfant aux yeux jaunes observait déjà la délégation depuis les falaises, sans savoir que, sur une autre planète, un autre destin grandissait au même instant.

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