Le tombeau des Jedi

Chapitre 6 : Partie 1 - Le sabre du Jedi

4569 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 10/05/2026 22:01

— Kiera ! appela Finn.

La jeune femme se retourna.

— Je peux te parler un instant ?

— Bien sûr, répondit-elle en hochant la tête.

Le jeune homme l’invita à l’accompagner à l’écart et ils rejoignirent Poe, qui bricolait sur le Faucon.

— Il y a un problème ? demanda Kiera.

— Non, en fait, on voulait te poser une question, mais ce n’est pas facile, vu que tu disparais dans la forêt dès que tu te réveilles.

— J’ai l’habitude de me lever tôt. Quand ton maître de dit de faire quelque chose au lever du jour, tu le fais.

— Ouais, je vois ce que tu veux dire, dit Finn. Avec Poe, on se posait une question depuis un petit moment et on s’est dit que ça devait être personnel, mais il arrête pas de me tanner pour avoir la réponse.

— C’est pas vrai du tout, dit Poe en jetant des coups d’œil à son ami.

— Oh si c’est vrai, ça fait bientôt deux semaines que tu ne trouves pas le courage de lui demander, répliqua Finn.

— Tu plaisantes ! C’est toi qui me répètes continuellement que, pour faire une bonne équipe, faut pas avoir de secret.

— Bien sûr, j’ai moins honte d’avoir été stormtrooper que toi d’avoir été épicier.

— J’ai pas honte d’avoir été passeur d’épices, fit Poe offusqué. C’est juste qu’a…

— Les gars ! les interrompit Kiera. La question ?

— Pourquoi le contrebandier t’a appelé Kiera Seren ?

La jeune femme marqua un silence. Ils avaient bien le droit de savoir.

— Seren était ma sœur.

Les deux hommes n’osaient plus poser de question.

— Nous ne nous sommes jamais présentés sous le nom de Kenobi. Il y a des années de cela, les Chevaliers de Ren ont débarqué chez nous. Ils étaient à la recherche d’enfants possédant la Force pour remplir leurs rangs. Ils étaient là pour ma sœur, sans savoir son ascendance. À l’époque, ma propre sensibilité à la Force n’était pas très développée et je suis passée entre les mailles du filet. Mais ils ont emmené ma sœur. Je ne l’ai jamais revue. Je me souviens juste qu’un jour, je l’ai sentie partir. Elle est morte ce jour-là, j’en suis sûre. Après son enlèvement, nous avons pris le nom de Seren en son honneur… Mais... tout à fait entre nous… tu étais vraiment passeur d’épices ?

— Pourquoi on en fait tout une affaire !? Écoute, je suis désolé pour ta sœur. Ici, face au Premier Ordre, on a tous perdu quelqu’un, alors… si tu as besoin de parler…

— Tu peux nous demander, termina Finn.

— Merci les amis.

Kiera avait longtemps repensé aux paroles d’Obi-Wan. Les questions qu’il se posait sur Seren, elle se les posait tous les jours depuis des années…

Il était temps qu’elle contacte Kylo Ren.

La jeune femme s’écarta du campement et s’enfonça dans la forêt à l’opposé du terrain d’entraînement. Elle trouva une pierre sur laquelle s’asseoir loin des insectes du sol. Blue resta à quelques mètres, sentant l’humeur de son amie. Kiera s’assit en tailleur et prit le sabre des Kenobi à sa ceinture. Elle le saisit à deux mains et se concentra profondément, espérant se dissimuler aux yeux des fantômes de la Force. Pas question qu’ils interfèrent. Une fois convaincue qu’elle y était parvenue, elle fit glisser sa concentration vers le sabre. Il était silencieux. Elle tâchait de laisser la Force qui en émanait se glisser en elle et créer un lien entre eux. Son environnement se ferma pour laisser place au sabre. Elle se retrouva à nouveau dans le noir. Elle cherchait la silhouette qu’elle avait vue la dernière fois. Devait-elle l’appeler ? Elle se sentait attirée en avant, comme si elle marchait sans le vouloir vers une destination inconnue. Des contours flous se dessinèrent, ranimant la lumière autour d’elle. Cette fois-ci, elle put distinguer son environnement. Elle pouvait voir les étoiles alors que la lumière entourait l’espace et sentait sous ses pieds un sol de pierre lisse. Il semblait ne pas y avoir de limite autour d’elle, mais elle voyait des portes qui semblaient être la limite du vide sur lequel elles reposaient.

Un homme était assis plus loin, inattentif à sa présence.

Kiera n’avançait plus. Elle était arrivée là où le sabre était attiré. Car il y avait quelque chose d’attractif chez cet homme. Comme s’il cherchait à rejoindre un endroit, mais au lieu d’y aller, il amenait les autres à lui. En tout cas, ceux qui pouvaient le ressentir. Le sabre y était pour quelque chose. Il avait exacerbé cette attraction au point d’amener Kiera avec lui.

L’homme aux cheveux bruns et à la large carrure leva la tête. Il resta un instant immobile, visiblement choqué, avant de se mettre debout et de se précipiter vers Kiera.

— Qui es-tu ? Comment es-tu arrivée ici ?

Kiera ne dit rien, mais son visage trahissait le contrôle qu’elle exerçait sur elle-même pour maintenir son humeur.

— Je connais ton visage. Je t’ai vu, dit Ben Solo en faisant un pas en arrière. Je dois savoir comment tu es venue et comment repartir. Je dois retrouver Rey.

— Je suppose que tu parles de la Rey qui a tué l’Empereur Palpatine, finit par dire Kiera.

— Tu la connais ?

— Pas personnellement, mais j’ai évidemment entendu parler d’elle. Il paraît qu’elle a des ennuis.

— Des ennuis ? Je n’arrive pas à lui parler ! s’exclama Ben en se détournant de Kiera. Comment es-tu venue ici ?

— Je ne suis pas vraiment là. Et toi, tu devrais être mort.

Ben s’arrêta un instant, regardant dans le vide. Il releva la tête vers Kiera :

— C’est pour moi que tu es venue ?

— En effet, j’ai une question à te poser.

— Tu ne m’aideras pas.

— Si tu es coopératif, peut-être.

— Il faut que tu m’aides à joindre Rey, dit-il avec force en faisant un pas en avant vers Kiera.

Cette dernière recula vivement et mit la main au sabre par prudence.

— Tu penses que je vais t’attaquer ?

— C’est dans tes habitudes, non ?

— Je ne suis plus Kylo Ren si c’est là où tu veux en venir.

— Mmmh, le fils prodige, c’est ça ? Je n’y crois pas des masses, répliqua Kiera. Je crois les actes et les choix, ce qu’ils révèlent de nous. Parce que nous sommes nos actes et nos choix.

— J’ai commis… des erreurs, j’en ai conscience, dit Ben avec un regard dur.

— Des « erreurs » ? Massacrer des gens, pour toi, c’est une erreur. Moi, j’appelle ça un crime. La mort était une bonne solution pour échapper à tes responsabilités. Tu aurais dû penser à te la donner avant de lever ton sabre.

Ben ne dit rien. Les poings serrés, il soutenait son regard.

— Maintenant, je vais t’expliquer pourquoi je suis là. Il y a douze ans, un vaisseau-prison s’est posé près du marché où nous nous trouvions avec ma famille. Il en est descendu sept hommes habillés de noir et masqués. Ils étaient venus recruter quelqu’un. Ma sœur, Seren. J’ignore comment ils ont su qu’elle était sensible à la Force, car je doute qu’ils connaissaient son ascendance. Mes parents m’ont ordonné de me cacher et ont tout fait pour défendre ma sœur et les empêcher de l’enlever. Mais que pouvaient-ils faire contre les Chevaliers de Ren ? Ma propre sensibilité à la Force a grandi avec les années. Je sais qu’elle est morte, Kylo. Je l’ai sentie un soir. Je ne m’étais jamais aperçu que je sentais sa présence, jusqu’à ce qu’elle disparaisse.

— Je n’étais pas à la tête des Chevaliers il y a douze ans, se défendit Ben. C’était Ren, le fondateur.

— Tu dois bien avoir une idée du lieu où ils jettent les cadavres de ceux qui s’opposent à eux. Je veux la retrouver, Kylo.

Kiera activa le seul sabre qui l’avait suivi. Le sabre originel émit une lumière vive blanche qui se colora lentement de bleu. Sa lame instable attira le regard de Ben, qui se mit en position de défense et activa son propre sabre à lame rouge.

— Un sabre… il n’y a plus de maître Jedi, mais tu maîtrises la Force.

— Où est ma sœur, Kylo ? Qu’est-ce que vous avez fait d’elle ?!

— J’ai tué Ren ! Je n’étais pas là quand ta sœur a été enlevée ! s’énerva Ben.

— Tu étais leur leader, tu connais leurs pratiques ! Où est-ce que les Chevaliers résidaient, où est-ce que vous formiez vos héritiers ?! Où est-ce que vous vous débarrassez des corps de ceux qui refusent de se plier à vos immondes actes barbares ?!!

Kiera se laissa emporter par la colère et attaqua Ben avec le sabre ancestral dont la lame était devenue couleur de sang. Elle le frappa droit devant et Ben para aisément le coup. Il répliqua sans atteindre Kiera qui abaissa sa lame, le forçant à reculer, surprit que la jeune femme sache se battre. Kiera toujours sous le coup de l’émotion, s’avança et frappa horizontalement dans un grand arc de cercle. Ben para et asséna un coup que Kiera évita de très peu. La lame la frôla au point qu’elle en sentit la chaleur. Kiera fit un pas de côté, envoya sa lame percuter celle de Ben, éleva la sienne et frappa de toutes ses forces.

Le dernier choc libéra une onde qui projeta les combattants au sol. Kiera se releva sur les coudes, légèrement sonnée. Ben était déjà sur pied.

— Je ne veux pas me battre.

— Ça te pose problème maintenant ? répliqua Kiera en se levant.

Le sabre dans sa main était brûlant et émettait des étincelles inquiétantes. Elle ne devait pas l’utiliser au risque qu’il lui explose dans la main.

Ben s’arrêta un instant. Kiera reprit son souffle.

— Alors ? Où est-ce que je peux trouver ma sœur ?

— Je n’y suis allé qu’une fois, lorsque je les ai rejoints. Les Chevaliers étaient basés à Varnak jusqu’à ce que Snoke… Palpatine, nous fasse transférer sur le Supremacy. C’est le seul endroit auquel je pense.

— Et bah voilà. Il suffisait de te motiver un peu, rétorqua Kiera en désactivant le sabre dangereusement instable.

— Tu as cédé à la colère. Ce n’est pas la voie du Jedi.

— Tu me fais la morale !? S’exclama Kiera. Tu n’es pas sérieux ?

— Je suis le mieux placé pour savoir où elle mène.

— Super, maintenant, si ça ne te dérange pas, j’ai une course à gagner. Je te laisse avec ton sabre sith et tout le poids de la culpabilité qu’il charrie avec lui. Il doit être sacrément lourd à porter.

— Attends ! J’ai besoin de ton aide.

— Pourquoi accepterais-je de faire quoique ce soit pour toi ?

— Parce qu’il ne s’agit pas que de moi. Il s’agit aussi de Rey.

— Je ne sais pas où elle est.

— Je peux sentir sa présence, je sais qu’elle est en vie. Mais le côté obscur l’entoure. J’en reconnaîtrais la marque n’importe où.

— Alors, toi aussi, tu penses qu’elle a basculé.

— Non. Rey n’aurait jamais basculé. Je dois l’aider.

Kiera resta silencieuse un moment, puis prit une grande inspiration.

— Tu n’es pas mort, n’est-ce pas ?

— Ma mère m’a amené ici. Elle a maintenu son esprit dans son corps pour intercepter le mien le moment venu. Je ne sais pas où je suis. Mais si tu as pu venir, je dois pouvoir repartir.

Kiera ne savait pas quoi penser. Si elle suivait son cœur, elle le laissait pourrir ici. Si elle écoutait son cerveau, elle l’aidait. Si Rey l’avait bel et bien ramené vers la lumière, il pourrait faire de même avec elle. Quelque chose d’énorme se tramait derrière tous ces événements et Kiera n’en comprenait pas la moitié. Elle se passerait bien de se battre avec une Palpatine formée par un Skywalker et passée au côté obscur. Mais hors de question de lui dire l’importance du sabre.

— Soit. Je veux bien essayer de te ramener dans notre... dimension. Ça ne veut pas dire qu’on aura réglé nos comptes.

Ben acquiesça et rejoignit Kiera.

— Prends ma main et de l’autre, saisis ce sabre.

Ben s’exécuta, intrigué par l’arme. Kiera se laissa partir au loin, happée par sa propre dimension. Elle s’aperçut tout de suite que la présence de Ben avait disparu. Il ne pouvait pas la suivre.

Kiera resta un instant assise sur le rocher, perplexe. Tout se mélangeait dans sa tête et elle avait du mal à s’y retrouver. Elle sauta finalement par terre et entreprit de dégager le sol près de la pierre pour laisser apparaître la terre. Elle saisit un bâton et s’accroupit. Le Vulptex s’approcha, intrigué par les signes que son amie traçait au sol.

— Bon, voici la situation, Blue. Palpatine n’était pas mort et il crée le Premier Ordre. Il prend avec lui les Chevalier de Ren, dont Kylo. Rey, avec l’aide de Luke et de la Résistance, s’oppose à eux. Lors du dernier affrontement, Palpatine est tué, Rey meurt, Kylo la sauve puis meurt. Leia empêche son fils de totalement mourir et l’emmène dans une autre dimension. Maintenant, les survivants des Chevaliers cherchent à restaurer le Premier Ordre avec un artefact. Rey a changé et est partie les devancer. Notre travail, Blue, est de : anéantir les Chevaliers avant qu’ils réussissent à retrouver l’artefact et aider Rey à détruire le côté obscur si elle ne l’a pas rejoint. Pour cela, il nous faut : du carburant et un sabre. Ça me semble plus clair maintenant, pas toi ?

Blue émit un glapissement joyeux qui fit sourire Kiera.

— Il me reste une dernière chose à faire.

La jeune femme retourna vers les installations et demanda tout simplement qui pourrait lui retirer son implant d’esclave. Elle se saisit d’un pot en métal et broya l’engin avec force et satisfaction. Elle ne put s’empêcher de penser à sa mère. Elle devait être épuisée à essayer de tout gérer. Kamma avait plusieurs dizaines d’esclaves travaillant à l’usine, pas une mince affaire d’éviter le chaos.

— Allons voir où en sont les autres, dit Kiera à Blue.

Les autres avaient avancé dans leur organisation de la course :

— Si ça continu comme ça, il va nous en rester juste assez pour sortir de l’atmosphère de Malastare, fit remarquer Kiera.

— On a pas vraiment le choix, répliqua Finn.

— On a deux podracers, des mécanos-droïdes et même des gars pour surveiller les appareils dans le hangar, déclara Poe

— Qui pilote ? demanda Kiera en sachant que c’était la question qui allait faire débat.

— Eh bien, commença Poe, je suis clairement l’un des meilleurs pilotes de la Résistance, donc…

— Je suis tout à fait d’accord, répliqua Kiera. Sais-tu pourquoi il n’y a pas d’humain dans les courses de podracers ?

— Je ne me suis jamais posé la question.

— Eh bien, c’est le bon moment.

— Très rares sont les humains à posséder les réflexes nécessaires pour espérer gagner, répondit C-3PO. Ils doivent en effet se mesurer à des espèces aux facultés de réaction supérieures à celles de l’être humain, tel que les Dugs. Savez-vous d’ailleurs que Malastare est occ…

— Merci, 3PO, l’interrompit Poe. Où est-ce que tu veux en venir ?

— Si Anakin a remporté la course de Tatooine comme nous l’a dit 3PO, c’est probablement grâce à sa sensibilité à la Force. Ce qui veut dire que c’est Finn et moi qui piloterons.

— Quoi ? s’exclama Finn. Tu crois que…

— Bien sûr, Finn. Et tu le sais aussi, n’est-ce pas ? La Force t’a laissé un sabre, ton intuition est puissante. Je t’ai observé anticiper les actions. Tu es sensible à la Force, j’en suis persuadée. Et on va avoir besoin d’elle pour remporter cette course. Tu dois piloter avec moi.

— Je me sens tout à fait mis de côté d’un coup, dit Poe.

— Si cela peut vous rassurer, Messire, intervint C-3PO, je comprends tout à fait ce que vous ressentez.

— Encore une fois, merci.

— Oh, mais de rien, dit le droïde en inclinant la tête.

— Soit. Admettons que je sois d’accord, il va falloir s’assurer qu’on puisse ramener cette cargaison sans se faire amarrer par tous les vaisseaux de la galaxie.

— La cargaison sera escortée jusqu’à mon vaisseau, puis jusqu’à la limite de l’atmosphère de Malastare où nous n’aurons plus qu’à passer en hypervitesse, expliqua le contrebandier. Je m’inquiéterai plutôt pour l’arrivée sur cette planète qui pourrait être… mouvementée.

— Quand on saura que des membres de la Résistance ont gagné le prix, ils vont tous venir ici. On est sur une base de stationnement, fit remarquer Rose. Son équipement de défense est limité.

— Vous pourriez utiliser les vaisseaux, fit remarquer Kiera. Ils n’ont pas besoin de l’hypervitesse s’ils restent en stationnement ici.

— On pourrait les sortir au dernier moment, proposa Finn. Vous préparez tout et à l’instant où on débarque, vous sortez de la jungle et mitraillez tous ceux qui nous attendent.

— Surprendre ceux qui essaient de vous surprendre… réfléchit Poe. Trop risquer d’approcher le vaisseau avec la cargaison. Il serait trop exposé.

— On a pas besoin de coaxium pour envoyer des vaisseaux sur une planète voisine, dit Beaumont, qui venait d’entrer dans la salle de commandement. On peut faire débarquer un vaisseau vide sur notre planète qui servira de leurre. D’autres se seront réparti la cargaison et resteront à l’abri.

— Vous voulez vous servir de mon vaisseau comme appât ? Hors de question, protesta le contrebandier. Sauf si, en retour, vous m’offrez l’un des vôtres…

Il y eut un bref échange de regard et tous acquiescèrent. Il n’y avait plus qu’à attendre.

Kiera voulait aller se reposer un peu. Elle s’apprêtait à sortir du QG quand elle entendit un bruit de métal à ses pieds. Elle se retourna et vit un morceau argenté sur le sol. Il était tombé du sabre de Leia. Ce dernier commençait d’ailleurs à s’écrouler en pièces. Kiera essayait de rattraper les morceaux, mais ils lui filaient entre les doigts comme s’ils n’étaient déjà plus là. En suspension dans l’air, le dernier élément à chuter fut le cristal. Il percuta le sol en résonnant. Une puissante lumière s’en échappa qui éblouit tout le monde. Quand Kiera rouvrit les yeux et regarda à ses pieds, le sabre avait disparu.

— Qu’est-ce qui vient de se passer ? demanda Poe, qui ne savait pas ce qui avait provoqué la lumière.

Kiera jeta un coup d’œil à Finn, qui regardait le sabre d’Anakin toujours à sa ceinture. Le sabre de Leia avait rejoint le tombeau.

— Disons qu’on a un petit problème qu’il va falloir rapidement régler.

— Ouais, un tout petit problème, renchérit Finn.

Kiera quitta le centre de commandement et se mit à marcher dans la forêt. Il ne se passa pas longtemps avant qu’Obi-Wan ne se montre.

— Le temps à patienter pour aller sur Malastare doit être mis à profit. Il est temps d’aller sur Mygeeto.

— Pas avant d’avoir gagné la course de podracers.

— Le contrebandier a bien plus de coaxium qu’il ne le laisse voir. S’il te donne un peu de sa réserve et que tu rassembles ce qu’il y a dans les vaisseaux, tu pourras faire l’aller-retour. Emporte des vêtements chauds.

— Finn doit venir avec nous.

— Le sabre est l’arme des Jedi et fait partie de l’entraînement qu’ils reçoivent. Pour être honnête, je pensais que le sabre d’Anakin partirait avec celui de sa fille.

— Il doit lui rester une dernière mission, mais Finn ne peut pas rester en arrière, Obi-Wan. Tant pis s’il fait les choses dans le désordre. On est au milieu d’une bataille et rien ne se fait selon les règles dans une guerre.

Le maître réfléchit un instant :

— Effectivement, tu as raison. Je suis bien placé pour savoir que rien ne se passe comme prévu et que savoir s’adapter fait partie des qualités d’un bon chevalier. Cependant, il ne maîtrise pas la Force, ce qui veut dire qu’il aura besoin d’aide, de quelqu’un qui le guide pour trouver son cristal. Voici ce que nous allons faire : tu l’emmènes s’il parvient à te convaincre.

— Me convaincre de quoi ?

— Qu’il veut devenir un Jedi.

— Ça me va.

Kiera repartit vers les bâtiments et rejoignit Finn.

— Je peux te parler un instant ?

— Ouais, j’aimerais bien savoir ce qu’il s’est passé exactement, répondit le jeune homme pendant qu’ils s’éloignaient.

— Le sabre de Leia est parti rejoindre son maître.

— Comment ça ? Il est devenu sabre fantôme ?

— Non, pas vraiment. Écoute, c’est maintenant que tu dois regarder dans ton cœur pour savoir ce que tu veux. Le sabre d’Anakin va bientôt faire le même chemin et tu te retrouveras avec seulement un blaster. Sauf si tu choisis la voie des Jedi.

— La voie des Jedi ? Tu veux dire…

— Tu en as vécu assez pour savoir ce que ça implique et ce que tu peux faire lorsque tu maîtrises la Force. Je ne te le demanderai qu’une fois parce que je veux que ta réponse soit absolue. Tu as le droit de me dire que tu veux, mais que tu ne te sens pas prêt, peu importe. Mais il faut que toi et moi nous sachions avant que le soleil se lève demain matin, car je pars avec ou sans toi. Finn, est-ce que tu veux devenir un Jedi ?

Kiera savait qu’il ne pourrait probablement pas répondre dans la seconde. Elle posa une main amicale sur son épaule et le laissa chercher au fond de lui.

Pendant que Finn essayait de comprendre ce qu’il ressentait, la jeune femme rejoint le centre de commandement pour parler à l’équipe et demander un aller-retour de coaxium dans un petit vaisseau. Le contrebandier fut un peu surpris qu’elle lui parle de sa large réserve alors qu’il n’avait rien dit, mais accepta aisément de l’aider s’il recevait la contrepartie après la course. Les autres lui firent confiance et commencèrent tout de suite à faire les transferts de carburant pour une nacelle de transport.

Rose contacta une amie Muun, espèce installée sur Mygeeto, pour lui obtenir un laissez-passer. Elles avaient fait connaissance lorsque Rose et sa sœur avaient quitté leur planète natale en tant que réfugiées et elle devait un service à la jeune femme.

Après avoir aidé aux transferts, Kiera obtint des vêtements plus chaud en prévision du climat glacial dont lui parla Rose. Elle tâcha de faire comprendre à Blue qu’il allait se geler les oreilles s’il venait, mais elle n’avait en vérité aucune idée de l’impact du froid sur un pelage de cristal. Beaumont lui apprit que la température ne faisait singulièrement aucune différence sur leurs systèmes vitaux. Blue fut autorisé à venir, pour autant qu’il attendait la permission.

Kiera alla déposer ses affaires pour le voyage dans le vaisseau et fut surprise de voir Finn devant l’entrée.

— Ça a été plus rapide que je le pensais, fit Kiera.

— Y a des réponses qu’on connaît, mais qu’on a peur d’affronter. Comment ça s’appelle ?

— Quoi ?

— Un apprenti Jedi.

— Un padawan. Ça te tente ?

— On est obligé de porter ce nom ? demanda Finn, feignant d’être moins sûr.

— Vu qu’à part Rey, tous les Jedi sont morts, que l’Ordre a été détruit et que les seuls à pouvoir nous faire la leçon sont des fantômes… je dirai que non.

— Alors, où est-ce qu’on va ?

— Mygeeto. Planète gelée, dirigée par la finance, abîmée par les guerres et infestée de vers géants, d’après Beaumont.

— C’est une sorte de mise à l’épreuve, c’est ça ?

— Non, juste une planète où on va galérer pour avoir ce qu’on veut.

— Et ce qu’on veut, ça vaut le coup.

— Ooooh oui.

Les deux camarades dirent au revoir à leurs amis et montèrent immédiatement dans le vaisseau.

— Vous êtes déjà prêts ? fit Obi-Wan, surgi de nulle part.

— Oh, c’est pas vrai ! dit Finn surprit. Vous m’avez super peur…

— Pardonne-moi mon garçon, mais nous devons partir. Voici les coordonnées précises pour Mygeeto. Je vous guiderai une fois sur place.

— C’est parti. Au fait, je suis ravi de faire votre connaissance, maître Kenobi, dit Finn en se retournant vers le fantôme. Je m’appelle Finn.

— Ravi de faire ta connaissance, Finn. Je te serrerai bien la main, mais…

— Ouais, je vois le problème.

— Je vous retrouve là-bas, dit Obi-Wan. Et Finn… bienvenu parmi nous.


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