Le tombeau des Jedi

Chapitre 5 : Partie 1 - Le sabre du Jedi

3340 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 03/05/2026 11:26

 — C’est quoi la suite maintenant ? demanda Finn.

— La suite ? Un vaisseau moins tape-à-l’œil, répondit Kiera. Obi-Wan a éclairé la situation. Je sais où aller, mais je dois y aller seule.

— Qu’est-ce que vous avez tous à vouloir partir seuls ? dit Poe. On est une équipe, on fait les choses ensemble.

— On ne se connaît pas non plus depuis des années, répliqua Kiera. Le truc, c’est que tout ça nous dépasse. Le moins il y aura de personnes impliquées, le mieux ça sera.

— OK et on fait quoi en attendant ? insista Finn.

— C’est une affaire de Jedi. Tout ça a à voir avec la Force et, même si je ne suis pas l’un d’entre eux, j’ai mon rôle à jouer. Ça ne veut pas dire que vous n’allez pas être utile.

— On doit s’occuper des Chevaliers, déclara Poe avec une grimace. Son épaule gauche ne pouvait plus supporter son bras.

— Ils ne pourront pas déduire où je vais cette fois et ils ne doivent pas me suivre.

— On a trop baissé nos défenses après la guerre, au point qu’on a laissé nos ennemis arriver à notre porte et nous prendre en filature, réalisa Finn. Ils sont pas prêts de recommencer. Comment on va les avoir ?

— On y réfléchira quand le moment sera venu, intervint Poe. On arrive.

Le Faucon Millénium se posa au milieu des autres vaisseaux et tout le monde descendit. Pendant que Chewie et les droïdes regardaient ce qu’ils pouvaient réparer du vaisseau, les autres rejoignirent le QG.

— Alors, quelle est la situation ? s’informa Rose en les voyant arriver

— Kiera sait ce que les Chevaliers veulent, mais apparemment, c’est top secret, répondit Poe. Nous, il faut vraiment qu’on les arrêtent avant qu’ils ne l’obtiennent.

— C’est bien tout ça, mais on a un problème, intervint Beaumont.

— Ah oui, lequel ? demanda Poe.

— On est à court de coaxium.

— Comment ça ?! Déjà ?

— À peu de chose près. D’après vous, il faut quelle quantité pour alimenter une flotte impériale de plusieurs centaines de destroyers stellaires comme celle qu’on a détruite sur Exegol ?

— Beaucoup, répondit Finn

— Pire, presque toutes les réserves de la galaxie. Le coaxium, c’est rare. Le Premier Ordre avait la main mise sur toutes les mines qu’il a presque asséchées. Elles ont recommencé à produire mais, pour le moment, il n’y a quasiment rien sur le marché et nos réserves sont à sec.

— Il va falloir s’en procurer avant de partir affronter les Chevaliers.

— Le coaxium ne peut pas aller en priorité à la Résistance ? demanda Kiera

— Quelle Résistance ? On est plus en guerre. Le coaxium va au plus offrant et aux dirigeants de la République de la Concorde, répondit Beaumont.

— On ne peut pas faire une demande spéciale, ou quelque chose dans le genre ?

— C’est déjà fait et on a obtenu ce qu’on voulait. Ils ne nous en donneront plus. Pour eux, notre mission est quasiment finie, puisque la politique a repris son cours.

— Super, maintenant qu’ils n’ont plus vraiment besoin de soldats, ils vous laissent de côté.

— Alors, on fait quoi ?? Demanda Finn. Où qu’on aille, on mettra une éternité. Je sais pas ce que les Chevaliers on comme réserve, mais si on peut par faire la course avec eux, ça va être compliqué…

— Je suppose qu’on n’a pas beaucoup de crédits pour en acheter, fit Kiera.

— En effet.

— On ne peut pas se permettre de perdre tout ce temps. Les Chevaliers suivent peut-être leur propre piste pendant qu’on discute. Il nous faut du coaxium et vite.

— Je peux peut-être vous aider… fit une voix derrière eux.

Tous se retournèrent et reconnurent le contrebandier appuyé contre un mur, son chapeau légèrement baissé sur ses yeux dont le cache-œil avait changé de côté.

— Il s’avère qu’on met actuellement en jeu une grosse quantité de coaxium sur Malastare. Je suis sûr d’avoir assez de carburant pour vous y amener. En échange d’une partie de la cargaison, bien entendu.

— Ils font quoi sur Malastare ? demanda Finn, méfiant. Des paris ?

— Des paris, ah ! s’exclama le contrebandier. Non, la spécialité locale, c’est les courses de podracers.

— Excellant, on s’est déjà fait la main sur Tatooine, dit Kiera.

— Si je comprends bien, il y a une course sur Malastare dont le premier prix est une énorme réserve de coaxium, reprit Poe, intéressé.

— C’est l’idée, l’ami.

— On peut la voler ? proposa Kiera.

— Malastare fait les plus grandes courses de modules de la galaxie Kiera Seren. Il y a longtemps que voler les prix est devenu impossible, vois-tu ? En revanche, je suis sûre que vous êtes capable de la gagner.

— Donc, il faut qu’on soit au départ.

— On s’est plutôt bien débrouillé, non ? remarqua Finn.

— C’est sûr, quand on est bien motivé… Sauf que c’est une course de professionnels qui s’entraînent toute leur vie.

— De toute manière, on a pas le choix, dit Poe. On peut pas se balader dans la galaxie sans l’hyper-vitesse pour échapper ou poursuivre nos ennemis. Dans combien de temps a lieu la course ?

— Dans deux mois, répondit le contrebandier en souriant. Ça vous laisse le temps de vous inscrire et de trouver des pods pour concourir.

Pendant que Finn, Poe et les autres membres de la Résistance passaient des jours à débattre sur le meilleur moyen d’en finir avec les Chevaliers et chercher qui pourrait leur céder leur place pour la course, Kiera passait du temps dans les livres que Rey étudiait et qui avait appartenu à Luke Skywalker.

Au début de ses recherches, elle avait eu un petit problème inattendu :

— Celle-là, je l’avais pas vue venir. Hormis les annotations de Luke, je ne comprends rien de ce qui est écrit, dit-elle à Blue qui se reposait.

Quelqu’un s’approcha et Kiera leva la tête.

— Salut.

— Tu es Beaumont, c’est ça ?

— Beaumont Kin. J’ai entendu dire que tu t’intéressais aux manuscrits et livres de Luke. J’ai traduit les textes pour Rey, alors, si tu cherches quelque chose de particulier, je peux sûrement t’aider.

— Je ne cherchais rien de spécial. Je me demandais juste où était Rey et comment l’aider.

— Les Chevaliers de Ren cherchent à faire renaître le Premier Ordre. On l’a compris en interrogeant les témoins de leurs interventions sur de nombreuses planètes. Apparemment, ils enlevaient des gens, souvent d’un âge avancé, pour des informations. Rey cherchait ce que c’était quand on a fini par mettre la main sur quelque chose d’intéressant. Il y a un livre sur la connexion et la dissociation avec la Force à la fin duquel un homme a écrit qu’il cherchait une clé pour accéder à une grotte qui renfermait d’importants écrits sur la Force. Tout ce qu’il savait, c’est qu’elle se trouvait sur une planète rocheuse. Elle m’a demandé de ne pas trop en parler.

« C’est sans doute la deuxième clé, pensa Kiera »

— Magnifique, ça lui fait quoi… deux cents planètes à visiter.

— Un peu moins en fait. On est inquiet pour elle, confia Beaumont. Personne ne comprend pourquoi elle a voulu partir seule ni comment elle a pu nous convaincre de la laisser faire.

— La Force sûrement.

— Je ne sais pas… Elle était bouleversée, elle voulait que tout le monde reste loin d’elle en permanence.

— Tu penses qu’elle avait une bonne raison, n’est-ce pas ?

— Elle avait l’air sûre d’elle. Mais elle était différente parfois. Comme si elle n’était plus elle-même.

— Tu penses que c’est vrai ? Que Kylo Ren lui a sauvé la vie ?

— Je vois mal pourquoi elle nous aurait menti. D’autres sont plus sceptiques que moi, mais je connais l’histoire des Jedi et je sais que de telles rédemptions sont possibles.

— Tu sais pour Darth Vador ? demanda Kiera.

— Toi aussi, apparemment, fit Beaumont étonné. Je pensais que ton grand-père n’avait rien dit à sa famille.

— C’est le cas. Mais il nous a laissé un journal, expliqua la jeune femme avant de marquer une pause.

Elle avait toujours senti ce journal comme un poids lourd à porter. Ce qui y était écrit était comme un poison. Il suppliait de pardonner, mais son contenu ne faisait que renforcer la colère douloureuse de Kiera. Il lui avait toujours embrouillé l’esprit, ne sachant jamais si elle était trop dure et injuste envers le coupable ou si elle avait raison de le haïr. Elle décida de partager son contenu avec Beaumont. Il lui semblait être quelqu’un à l’écoute et, pour une fois, elle ne serait plus seule à juger. Elle voulait voir sa réaction.

— Il a écrit la première page quand le comportement d’Anakin a commencé à changer et à l’inquiéter, commença-t-elle. Il hésitait à en parler, alors il a préféré l’écrire. C’était juste des mots, de choses que disait Anakin. Il trouvait qu’il était trop proche du Chancelier Palpatine et n’aimait pas l’influence qu’il avait sur lui, l’animosité qu’il avait parfois envers le conseil des Jedi. Mon grand-père doutait de son enseignement et s’inquiétait pour Anakin et l’instabilité de la République. Il a écrit ce qu’il avait sur le cœur après leur combat sur Mustafar. Il était brisé. Je me souviens avoir pleuré la première fois que je l’ai lu. La dernière partie du journal nous est dédié. Il y explique sa rencontre avec Anakin, la mort de son maître et comment il a pris le jeune garçon sous son aile. Le nombre de fois où Anakin lui a sauvé la vie, l’amitié qu’ils partageaient. La relation interdite d’Anakin avec la sénatrice Amidala sur laquelle il a fermé les yeux et les raisons pour lesquelles son padawan a basculé dans le côté obscur. Je crois que mon grand-père voulait qu’on sache qui était derrière Darth Vador. Je crois... qu’il voulait qu’on les pardonne tous les deux. Anakin pour les crimes du Sith qu’il est devenu, et lui, pour avoir dû se battre à mort contre celui qu’il considérait comme un frère et avoir échoué à le ramener dans la lumière.

— Obi-Wan était un grand Maître Jedi. Tout comme son disciple. Je comprends son sentiment de culpabilité, mais que pouvait-il faire contre l’Empereur Palpatine ?

— Il n’était que Chancelier à l’époque. C’était déjà trop. Obi-Wan a expliqué que la République était déjà corrompue et que les Jedi n’avaient rien vu venir. L’Ordre 66 a été d’une cruauté sans limites. Si mon maître n’avait pas été envoyé aux archives chercher des documents, elle n’aurait pas pu échapper au massacre. Malgré tout ce qui est écrit dans le journal, je n’arrive pas à pardonner Anakin. Je comprends, mais je ne peux pas pardonner.

— Tu as un maître Jedi ?

Zut, il changeait de sujet.

— Pas vraiment… Elle était apprentie au moment de l’attaque du temple. Elle m’a enseigné tout ce qu’elle savait dès qu’elle a réalisé que ma famille était sensible à la Force.

— Tes parents ont laissé faire ? Ça ne les a pas effrayés que tu suives cette voie ?

— Ma mère est plutôt enthousiaste. Mon père est mort avant dans une bataille quand j’étais jeune.

— Je suis désolé.

— On a surmonté ça à notre manière et la vie continue, dit Kiera en se levant, préférant fuir la conversation. Bon, si ça ne te dérange pas, je vais aller m’entraîner un peu pour ne pas perdre la main. Pour la première fois, j’ai l’occasion de pratiquer avec un vrai sabre, je ne vais pas m’en priver !

Beaumont se leva à son tour et regarda autour de lui. Il finit par se saisir d’un petit robot rond et rouge.

— Tiens, dit Beaumont en le lui tendant, tu peux utiliser ça, si tu veux. Rey s’en servait pour travailler le sabre.

— Merci, je vais en prendre un autre et les essayer tout de suite.

Kiera s’éloigna un peu du camp pour avoir plus d’espace et être tranquille. Blue s’en alla explorer un peu les environs.

— Voyons voir ce que ça vaut.

La jeune femme trouva le bouton d’allumage et une des petites sphères s’éleva dans les aires et se mit à parler :

« Début de la session. »

Kiera fut prise au dépourvu et le robot lui envoya une décharge qu’elle évita de justesse.

— OK, je vois. T’es du genre pressé.

Elle sortit immédiatement le sabre de Leia et l’activa avant de se faire à nouveau tirer dessus. Elle para les tirs les uns après les autres et la sphère accéléra le rythme et l’amplitude de ses déplacements, mais Kiera avait des années d’entraînement avec son maître et la petite boule de métal ne parvint pas à prendre le dessus.

« Je suis plutôt impressionné, fit une voix venue de nulle part. »

— Ne me déconcentre pas, Obi-Wan, fit Kiera en fermant les yeux.

Elle prit une grande inspiration pour se détendre et se focaliser. Jusque-là, son seul vrai combat avait été contre les Tusken. Elle augmenta le niveau de difficulté de l’entraînement en activant la deuxième sphère.

Elle se concentra et se fia à la Force comme lui avait appris son maître. Utiliser la Force pour anticiper, c’était un peu comme de faire un choix qui nous paraît évident sans raison. On choisit d’aller à gauche plutôt qu’à droite, de faire un pas en avant plutôt qu’en arrière. Le tout associé à une vision fulgurante et précise de ce qui va arriver. En une fraction de seconde, vous avez fait le bon geste. Si vous maîtrisez assez la Force.

Kiera avait du mal à percevoir les deux indices de la Force : le choix et la vision. Bien souvent, elle allait dans la bonne direction, mais manquait un peu de précision. Elle commença à se prendre quelques tirs.

« La douleur te déconcentre »

— Ça serait plus facile si tu arrêtais de parler.

Kiera continua à parer les coups.

« Souviens-toi de ce que je t’ai dit. Tu ne peux pas voir ce qu’il y a autour de toi si tu ne prends pas conscience que la Force est présente partout, pas seulement en toi. »

Kiera désactiva les robots à distance en utilisant son pouvoir.

— D’accord, aide-moi.

— Ravi que tu le demandes, jeune padawan, dit Obi-Wan avec un sourire. Assieds-toi.

Il se plaça en tailleur sur le sol et invita Kiera à faire de même.

— La Force unit tout ce qui existe dans cet univers et maintient la galaxie en équilibre, commença-t-il. Ta sensibilité à la Force te permet de la ressentir plus profondément, de la comprendre et de voir autre chose en elle qu’un simple flux. C’est plus qu’une rivière ou un fleuve, c’est quelque chose qui touche le matériel et l’immatériel dans le temps et l’espace et qui peut nous venir en aide sous diverses formes. Maintenant, je veux que tu fasses le silence en toi.

Kiera s’y appliqua. Elle ferma les yeux et tâcha de faire abstraction de son environnement, des bruits, des ressentis.

— Maintenant, reprit Obi-Wan, laisse la Force filtrer ton esprit et faire le lien avec tout ce que tu viens de rejeter.

Kiera eut l’impression d’être submergée par une vague de sensations et d’informations très intenses. Comme si tout son environnement lui parlait et lui montrait des choses par centaine en quelques secondes. Elle avait l’impression de mieux respirer, de mieux vivre. Elle finit par apercevoir un visage flou sur lequel elle se concentra. Tout autour était nébuleux, flou et silencieux. Le visage prit place sur le corps d’une femme qui avança vers elle, un sabre rouge à la main qu’elle leva pour la frapper.

Kiera se relava brusquement et recula avant de trébucher.

— Qu’est-ce que tu as vu ? demanda précipitamment Obi-Wan.

— C’était Rey, j’en suis sûre. Elle avait un sabre sith et m’a attaqué.

— Elle t’a attaqué ? Tu es sûre que c’était dirigé contre toi ?

— Oui, j’en suis sûre !

— Rassis-toi et dis-moi exactement ce que tu as vu.

— Elle me regardait, dit Kiera en prenant place. Et puis, elle s’est avancée en souriant avant de brandir un sabre à lame rouge. Je suis sûre qu’elle m’a vu, Obi-Wan.

— Une bonne maîtrise de la Force peut te permettre de voir très loin. Loin dans l’espace, loin dans le temps, loin dans la réalité et même, y intervenir. Cependant, je ne crois pas que Rey ait cette maîtrise. C’est peut-être une interprétation de la réalité que tu as vue.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Tu as pu la contacter, mais ne pas percevoir la réalité et voir quelque chose qui l’illustrerait. Comme si on essayait de te faire passer un message.

— Tu veux dire que Rey a basculé du côté obscur ? Et que la Force me l’aurait montrée ?

— La Force, ou Rey elle-même.

— Beaumont m’a dit qu’elle avait changé après Exegol.

— J’ai déjà vu des gens perdre l’esprit lorsqu’on leur enlève ceux qui leur sont le plus proches. Le lien qui unissait Rey et Ben était exceptionnel, cela a pu lui faire beaucoup de mal lorsque la mort les a séparés. Mais de là à basculer, j’ai des doutes.

Kiera repensa à ce qu’elle avait vu via le sabre des Kenobi. Elle ne savait pas si c’était réel, mais il fallait le vérifier au plus vite.

— Si Rey est passée du côté obscur de la Force, elle ne doit pas trouver les clés. Elle pourrait l’utiliser pour restaurer le Premier Ordre. Mais pourquoi garder les autres loin d’elle et m’avertir de son changement de camp ? Ça n’a pas de sens.

— Non, en effet.

La jeune femme se releva, estimant que c’était assez pour aujourd’hui. Obi-Wan se leva à son tour.

— Kiera… qu’est-il arrivé à Seren ? Je l’ai sentie partir.

— Désolée, je ne sais pas comment elle est morte, mais je sais qui est responsable, répondit sèchement Kiera avant de diriger vers les bâtiments.

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