Star wars épisode 11: L'équilibre dans la force

Chapitre 11 : Les cendres de Mytus

4442 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 27/03/2026 23:38

Plusieurs jours avaient passé.

Meywine et ses padawans étaient rentrés sur Scarif dans le silence d’un deuil encore trop lourd. Le retour n’avait rien d’un soulagement. L’air marin n’offrait plus aucun réconfort. Le Temple, pourtant familier, semblait vidé de son calme habituel. Les regards étaient fuyants, les voix basses, les gestes mesurés.

Mais ce n’était pas uniquement le chagrin qui pesait sur les lieux.

Le choc de l’attaque de Mytus restait dans toutes les têtes. La planète-prison, bastion de l’autorité Jedi et vitrine de la famille Brightstar, avait été saccagé . Et dans sa chute, elle avait emporté une part de la légitimité de l’Ordre.

L’information s’était propagée à une vitesse effrayante. Holos, éditoriaux, relais privés, réseaux interstellaires : la galaxie entière en avait entendu parler. Mytus n’était pas une prison comme les autres. Sa chute avait valeur de symbole. Et les symboles attirent les soupçons.

Très vite, une rumeur s’était glissée dans les couloirs du Sénat. Puis dans les médias. Puis sur tous les canaux visibles ou non :

et si les Jedi avaient eux-mêmes laissé tomber Mytus ?

Pire : et s’ils l’avaient planifié sa chute ?

Certains accusaient une manœuvre calculée. Un coup monté pour faire pression sur la République, l’obliger à s’engager pleinement dans la guerre contre les Enfants de Korriban. Une opération de manipulation à grande échelle. Officiellement, personne n’osait reprendre cette version. Mais dans les couloirs, on chuchotait. Dans les débats, on laissait entendre. Et dans les systèmes périphériques, on y croyait déjà.

Meywine, elle, n’avait pas eu une nuit complète depuis son retour. Réunions avec la Chancellerie, appels urgents d’Eden Laurine, briefings de crise avec les généraux stellaires : ses journées étaient rythmées par l’agitation et l’inquiétude. Chaque nouvelle alerte exigeait une réponse immédiate.

Elle tenait. Par devoir plus que par force. Parce qu’elle savait que si elle cédait, tout pourrait s’effondrer.

De son côté, Valia était hantée par le message de Zain.


Depuis leur retour, elle n’avait qu’une idée en tête : sauter dans un vaisseau, mettre le cap sur Byss, et découvrir la vérité par elle-même. Mais son statut de padawan la forçait à rester auprès du Grand Maître. Ses devoirs, plus lourds que jamais, l'enchaînaient au Temple.


Sur le chemin du retour, alors que les premiers rapports de Mytus s’accumulaient et que l’ampleur du désastre se dessinait peu à peu, Meywine lui avait fait une promesse : si le message se révélait authentique, elle organiserait une mission de secours. Immédiatement. Elle la savait sincère, mais ce n'était pas suffisant.


Les heures avaient passé. Puis les jours. la crise galactique avait tout englouti. Le cas de Zain était passé au second plan.


Pour Valia, pourtant, le doute n’existait pas. Ce message venait bien de lui. Elle en était certaine. Et il n’avait pas été envoyé par hasard. Son avertissement concernait Mytus. Il avait essayé de les prévenir. Trop tard.


Geki, lui, n’était pas aussi convaincu. Il gardait ses distances, jugeant plus prudent de ne pas se laisser emporter.


Tous deux avaient été envoyés aux infirmeries du Temple pour prêter main-forte au personnel médical débordé. Tandis qu’ils passaient d’un blessé rapatrié depuis Mytus , au milieu des couloirs saturés, Geki saisit un moment de répit pour revenir sur le sujet.


— Ce message… fit-il à mi-voix, le regard étourdi. Et si c’était un piège ? Si le Sith qui est en lui utilisait son nom ?


Valia serra la mâchoire, sans répondre tout de suite. Elle ne voulait pas discuter. Pas maintenant. Pas encore. Pas avec lui.


Mais Geki ne cherchait pas à la provoquer. Il était juste du genre à penser tout haut.

.


Valia ne voulait pas l’admettre, mais les réflexions de Geki faisaient sens.


Au fond, elle savait qu’il avait raison. Et elle était convaincue que le grand maître partageait ce même doute — c’était d’ailleurs pour cela qu’elle leur avait formellement interdit de parler du message à qui que ce soit.


Ce silence était une décision lourde, mais réfléchie. Car si la famille Solaris apprenait ne serait-ce que l’existence de cet appel à l’aide, elle exigerait immédiatement une mission de sauvetage. Et dans le chaos actuel, une telle initiative ne ferait qu’aggraver une situation déjà hors de contrôle.


Valia le comprenait. Mais l’acceptation ne rendait pas l’attente plus supportable.

Maître Dolna, l’Ugnaught membre du Conseil Jedi, supervisait l’infirmerie depuis leur retour. Ce jour-là, Valia et Geki, placés sous ses ordres, passaient parmi les rangées de civières pour prendre des nouvelles des Chevaliers Brightstar blessés lors de l’attaque de Mytus.


Alors qu’ils progressaient en silence, Valia crut reconnaître, allongé sur un des lits, un visage usé par l’âge, marqué par la fatigue. Son cœur manqua un battement : elle aurait juré voir Haris Brightstar, le père du Grand Maître.


Troublée par cette impression, elle détourna le regard une seconde trop tard… et heurta de plein fouet un homme qui passait en sens inverse.


L’individu, corpulent, ne sembla pas vraiment souffrir du choc, mais poussa un petit cri en reculant vivement. Les cornes de la jeune Zeltronne l’avaient piqué au niveau du torse.


— Par les soleils de Scarif ! Vous piquez, vous savez ! lâcha-t-il en se frottant l’endroit du contact, les yeux écarquillés.


Valia, confuse, recula à son tour.


— Je suis désolée, je… je ne regardais pas où j’allais, murmura-t-elle.


Geki, un peu plus loin, s’approcha aussitôt, les bras croisés et le regard amusé.


— Excusez-la, dit-il en s’adressant à l’homme avec un sourire simple . C’est un peu sa signature, de rentrer dans les gens. Vous vous en sortez bien moi, l’année dernière, j’ai reçu ses cornes en pleine tête. J’ai eu le tournis pendant deux jours.


L’homme leva les mains avec un petit sourire.


— Ce n’est rien… De toute façon, après ce que j’ai vécu lors de l’attaque de la prison.


Valia le fixa un instant, intriguée. Elle le balaya discrètement du regard.


Il portait bien l’armure dorée des Brightstar, cette armure que seuls les geôliers d’élite de Mytus avaient le droit d’arborer. Pourtant… quelque chose clochait. Sa silhouette n’avait rien de celle d’un Chevalier


Un visage joufflu, presque bonhomme, des joues rouges comme s’il venait de courir ou de rire un peu trop fort. Aucun des traits fermés et austères qui faisaient la renommée — et la crainte — des Brightstar. Rien de la gravité habituelle des geôliers réputés pour garder les pires criminels de la galaxie.

Alors que l’homme s’éloignait dans l’infirmerie, Valia fit un pas vers lui :


— Pardon… je peux vous poser une question ?


Geki lui lança un regard interrogateur, surpris de la voir retenir un inconnu. Il ne comprenait pas pourquoi elle voulait le déranger.


L’homme s’arrêta, se retourna avec un demi-sourire, puis les désigna d’un doigt :


— Bien sûr. Mais avant que tu me poses ta question, des présentations s’imposent. Parce que moi, je sais très bien qui vous êtes. Tous les deux. Les padawans de ma cousine… Meywine.


— Cousine Meywine ?! répétèrent Valia et Geki en chœur, aussi surpris qu’incrédules.


— Eh oui. Bon, j’oublie qu’on est plus sur Mytus. Ici je dois l'appeler Grand Maître Meywine, j’imagine… fit-il avec une moue faussement solennelle. Mais oui, je suis un peu ce qui se passe ici, sur Scarif. Et je sais que vous êtes Valia Laurine et Geki Keshin, les apprentis du Grand Maître en personne.


Les deux padawans échangèrent un regard, intrigués.


— Moi, c’est Joran Brightstar. Chevalier gardien de Mytus… ou du moins, de ce qu’il en reste. Enchanté de faire votre connaissance.

Les yeux verts de Valia s’écarquillèrent. Il lui fallut plusieurs secondes pour assimiler ce qu’elle venait d’entendre. C’était donc bien un chevalier Brightstar qui se tenait devant elle. Et pas n’importe lequel. Pour appeler le Grand Maître par son prénom, il devait appartenir au cercle très restreint de sa famille.


Elle ravala sa surprise, se racla discrètement la gorge en se remémorant sa question.


— Qu’est-il arrivé à Maître Haris ? Le Grand Maître ne nous a pas dit qu’il était ici...


Joran pencha légèrement la tête.


— Comme tout le personnel de la prison, il a été transféré ici pour recevoir des soins. Oncle Haris va bien. Il se repose. Il a été blessé pendant l’attaque, mais rien de grave. Plus de peur que de mal. Pas de fractures. D’ailleurs, il... il se repose parce qu’il a une réunion importante avec le Conseil cet après-midi.


À la fin de sa phrase, Joran marqua une pause, réalisant qu’il venait probablement d’en dire un peu trop. Le ton de sa voix changea, comme s’il regrettait d’avoir laissé filer cette dernière information à voix haute.

— Une réunion cet après-midi ? Pauvre Grand Maître... Pas de répit pour elle, commenta Geki, presque admiratif.

Mais Valia ne réagit pas. Elle avait les yeux fixés sur Joran, songeuse, hésitant à poser la question qui la hantait.

— Qu’est-ce qui s’est vraiment passé pendant l’attaque ? demanda-t-elle finalement, la voix plus basse, presque retenue.

Elle s’attendait à voir Joran se refermer ou esquiver. Mais au contraire, il sourit, comme s’il n’attendait que l'occasion de rencontrer son histoire.

— Tout s’est passé très vite. La première explosion a détruit les incinérateurs de Solamir. Résultat : plus de Nul-Force pour contenir les prisonniers. Ensuite, une deuxième détonation a frappé le cœur de la prison — les quartiers centraux. Les cellules se sont ouvertes les unes après les autres… et les détenus se sont déchaînés.

Son regard se perdit un instant, comme s’il revivait la scène.

— Ils étaient assoiffés de sang. Mais ce n’était pas le pire. Le pire, c’est quand les Sith sont arrivés. Là, tout a basculé. Les enfants de Korriban. On a combattu comme on a pu… Moi, j’ai foncé vers le bureau de mon oncle avec Coleman. On l’a trouvé inconscient.

Il marqua une pause, ses traits se durcirent.

— On a dû forcer un passage jusqu’au bunker de secours. C’était fou.

Le cœur de Valia rata un battement.

Il venait de dire Coleman, comme dans Coleman Katarn.

Depuis l’annonce de l’attaque, Valia avait tout fait pour obtenir des nouvelles. En vain. Son nom n’apparaissait nulle part. Ni parmi les évadés. Ni dans la liste des prisonniers repris. Ni même parmi les morts.

Un vide troublant. Inexplicable.

Elle avait bien tenté d’en parler à Meywine, mais, comme pour le message de Zain, elle n’avait jamais trouvé le bon moment. Le Grand Maître était absorbée par les urgences, emportée par les priorités d’une crise qui dépassait chacun d’eux. Valia n’avait pas insisté. Pas encore.

Mais maintenant, elle le tenait. Coleman Katarn avait survécu. Et Joran venait de le confirmer sans même s’en rendre compte.

Valia s'agrippa a la gorge de Joran. Ses yeux se posèrent sur lui, plus perçants, plus tendus.

— Coleman Katarn était avec vous ? Il a survécu à l’attaque ?

Joran sembla réaliser trop tard ce qu’il avait laissé échapper.

Il hésita, rattrapa maladroitement :

— Oui... enfin, je veux dire, on l’a vu... au début. Après, on a été séparés dans l’évacuation. Il… Il a peut-être réussi à sortir. Il faudrait demander au Grand Maître. C’est elle qui a supervisé le transfert des prisonniers encore détenu par nos forces.

— Non. J’ai vérifié la liste des prisonniers. Il n’en fait pas partie, répliqua Valia, la gorge serrée, son regard planté dans celui de Joran.

Joran détourna les yeux. Son enthousiasme s'était évaporé. Il ne souriait plus. Il fuyait. Son corps se refermait, et son regard glissa vers le sol, comme s’il espérait s’y fondre. Il ne semblait plus du tout passionné par l’idée de partager le moindre souvenir.

Un silence tendu s’installa.

Mais Valia ne bougeait pas. Elle le fixait toujours, droite, déterminée, à deux doigts de l’empoigner de nouveau. Et c’est alors qu’une main douce, mais ferme, se posa sur son épaule.

Elle se retourna, brusquement.

Haris Brightstar se tenait là.

Affaibli, amaigri, le visage tiré, mais debout. Majestueux, malgré les cernes et la fatigue. Son port droit trahissait encore l’autorité du chef de prison qu’il avait été.

— Jeune Valia… Quel plaisir de te revoir, dit-il avec chaleur.

Surprise, presque coupable, elle recula d’un pas, s’inclinant aussitôt, imitée par Geki.

— Oncle Haris ! Vous devriez rester allongé, protesta Joran en se précipitant vers lui, inquiet, comme si l’ancien gardien allait s’effondrer à tout instant.

— Je suis blessé, pas mort, grogna Haris, une lueur amusée dans les yeux. Et je n’allais pas rester dans mon lit alors que j’entendais mes visiteurs débattre avec tant d’ardeur.

Maître Haris… Je suis contente que vous alliez mieux, balbutia Valia, un peu déstabilisée.

Mais avant qu’elle ne puisse aller plus loin, le patriarche leva doucement la main.

— Tu veux savoir ce qui est arrivé à Coleman, n’est-ce pas ? dit-il avec une lucidité tranquille, les yeux posés sur elle.

Valia hocha timidement la tête, incapable de formuler sa question.

— Eh bien… il nous a fait du Coleman, répondit Haris avec un soupir mêlé d’un vieux sourire. Il a profité du chaos pour se faire la belle.

— Mon neveux ici présent n'a rien vu venir. Il lui a volé un vaisseau en douce, reprit Haris. Et il est parti. Comme un fantôme dans la nuit.

À côté, Joran, , détourna le regard, visiblement gêné, mais avec une petite pointe de fierté dans le rictus de ses lèvres.

Il y eut un silence.

Valia était soulagée de savoir que son ancien maître n'était plus emprisonné. Malgré l’année écoulée, elle ne pouvait s’empêcher de toujours porter le poids de la disparition de Zain… et de la punition infligée à Katarn.

Mais une question s’imposa rapidement à son esprit.

Avant même qu’elle puisse la formuler, Haris, comme s’il lisait dans ses pensées, la devança une nouvelle fois.

— Il ne figure pas dans la liste des évadés, car nous préférons que nos chevaliers, les rangers de la république et les chasseurs de primes se concentrent sur les pires des pires , expliqua-t-il d’une voix calme.

Il marqua une pause, pesant ses mots.

— Pour l’instant, Coleman est insignifiant. Il ne représente pas une menace ni pour nous… ni pour la République.

C’est pour cela que le Grand Maître a décidé de laisser couler. Jusqu’à ce que les choses se calment.

— C’est stupide de sa part de s’enfuir… Il ne lui restait que quatre ans. Maintenant, il risque une peine encore plus lourde, commenta nonchalamment Geki.

Valia, exaspérée, s’apprêta à le reprendre mais, comme à chaque fois, Haris la devança.

— Je suis d’accord avec toi, jeune padawan, répondit le patriarche d’un ton mesuré. Surtout que je l’avais vu la veille de l’attaque… et il ne semblait pas particulièrement intéressé par l’idée de quitter Mytus.

Il soupira, puis ajouta, plus grave :

— Mais ce qui est fait… est fait. Et il devra en payer les conséquences. C’est toujours la même histoire avec Coleman. Pour chaque bonne chose qu’il accomplit… il en gâche une autre.

Il marqua un temps, le regard voilé.

— Il aurait pu bénéficier d’une remise de peine, pour le courage dont il a fait preuve pendant l’attaque. Mais il a préféré ne pas nous faire confiance, ne pas croire que nous verrions sa valeur… et il a suivi sa propre voie. Une fois de plus.

— Ah oui, pour le coup… le courage, il n’en a pas manqué, le Coleman ! lança Joran, retrouvant soudain sa gaieté. Vous ne l’avez pas vu, mon oncle, vous étiez déjà évanoui… mais il a terrassé un Sith, comme ça, en deux coups !

Il accompagna ses mots d’un geste brusque des bras, mimant un duel invisible, avant de continuer, tout fier :

— Et les prisonniers… j’en parle même pas. À la fin, ils avaient compris à qui ils avaient affaire. Certains s’enfuyaient presque rien qu’en le voyant arriver !

Haris esquissa un petit sourire, indulgent.

— Je sais, je sais… Tu me l’as déjà raconté , Joran, dit-il avec bienveillance, mais visiblement fatigué.

— Merci, Maître Haris, de m’avoir rassurée au sujet de Maître Katarn, dit Valia avec gratitude. Je sens que, là où il est, il œuvre encore pour le bien du Nouvel Ordre. Il ne peut pas s’en empêcher, je suis sûre qu’il cherche un moyen de nous aider à combattre les Enfants de Korriban.

Haris la regarda avec une douceur mélancolique.

— Ta foi en lui est remarquable, mon enfant. Peut-être que… si j’avais su lui montrer la mienne mieux que je ne l’ai fait, il serait encore parmi nous. . C’est là la malédiction d’un maître… vivre avec les échecs de ses élèves.

Il marqua une pause, comme si ses mots pesaient plus lourd qu’il ne le laissait paraître. Puis il redressa les épaules et reprit :

— Je dois y aller. La réunion avec le Conseil va bientôt débuter. Que la Force soit avec vous, mes enfants.

— Et avec vous, Maître, répondirent Geki et Valia d’une même voix, tandis que Haris s’était déjà retourné, soutenu par Joran pour avancer lentement dans le couloir.

Après une dure journée de labeur. Valia et Geki se posèrent assis au sol, adossés contre le mur froid d’un couloir isolé Leurs bras pendaient, lourds de fatigue, et leurs visages portaient les traces d’heures passées à veiller, soigner, écouter, courir. Ils ne parlaient pas, laissant le silence s’installer entre eux. L’infirmerie était derrière eux, enfin calme.

Puis Valia décida de briser ce silence. Elle sortit son communicateur, jeta un coup d’œil à Geki, puis relança le message.

La voix de Zain s’éleva dans le silence.

Brouillée. Faible. Tremblante. Mais c’était bien lui.

"Valia… c’est Zain, j’ai retrouvé mon corps. Je ne sais pas comment. Ils ont dit que c’était parce que j’étais éveillé durant l’ascension des Sith. Je ne sais pas où je suis, ni où se trouve cette base des Enfants de Korriban où je suis prisonnier. Mais je ne vais pas y rester longtemps. Ils vont m’emmener sur Byss. Darth Nihilius veut finir ce qu’il a commencé."

Ces mots transpercèrent Valia comme des poignards. Son cœur se serra, étouffé par l’angoisse. Mais au milieu de la douleur… il y avait une lueur. Une étincelle d’espoir. Zain était vivant. Il luttait. Et quelque part, il attendait qu’on vienne le chercher.

— Tu es toujours persuadée que c’est Zain ? demanda Geki, les yeux clos.Fatigué de sa journée de labeur.

— Je le sais, répondit Valia d’un ton assuré. Il est en vie. Il est seul. Et il m’appelle à l’aide. Si je l’ignore… je ne me le pardonnerai jamais.

Geki ouvrit un œil, un air de simplé se lisant sur son visage.

— Tu comptes faire quoi ? Voler un vaisseau comme Katarn ? Disparaître dans l’hyperespace et défier les ordres du grand maître ?

Il esquissa un petit rire… qui s’interrompit net en croisant le regard sérieux de Valia. Un silence tendu s’installa. Il comprit à cet instant qu’elle envisageait réellement cette option.

Alors qu'il cherchait ses mots pour la confronter , il s’interrompit à net, cette fois pour une autre raison. Il venait, de sentir une chose : une présence. Discrète, mais bien réelle. En un regard il compris que Valia l'avait aussi détecté.

Instinctivement, tous deux se redressèrent. La jeune Zeltronne rangea son communicateur, puis ils se levèrent sans un mot. Ils commencèrent à marcher d’un pas rapide, le bruit de leurs bottes brisant l’illusion du silence.

LÀ, au détour d’un couloir, Valia s’immobilisa.

— Continue, lui souffla-t-elle.

— Quoi ?

— Fais-moi confiance.

Geki hocha la tête et poursuivit seul. Valia, elle, se dissimula dans l’ombre d’un renfoncement.

Quelques secondes plus tard, une silhouette passa. Discrète. Précise.

Valia surgit comme une flèche et plaqua l’individu contre le mur. Elle l’immobilisa avec une maîtrise parfaite.

La jeune fille qu’elle tenait ne broncha pas. Elle la regardait droit dans les yeux.

Elle avait les cheveux courts, asymétrique, presque sculptée, qui encadrait son visage aux traits durs et déterminé. Ce qui troubla Valia, ce fut le tatouage faciale. Une ligne ribales rouges qui couvraient son nez et coupait son visage en deux.

Valia fronça les sourcils, hésitante.

Elle scruta ses yeux noir sombre, profond comme l’ombre d’une nuit sans lune.

Et puis elle comprit. Elle l'a reconnu .

— Keyanna… ? murmura-t-elle, à peine audible.


********************************

De l'autre côté de la galaxie. Zain était enchaîné sur une couchette froide et rigide, au fond d’une des cellules du croiseur de Darth Qamra. Le vaisseau glissait silencieusement vers Biss, comme une bête affamée vers sa tanière, et lui, prisonnier, n’avait plus que le silence et ses pensées pour compagnons.


Il ne cessait de se repasser les derniers instants avant de quitter la base des enfants de Korriban. Ce message, envoyé en hâte à Valia. L’avait-elle reçu ? Et si oui… qu’avait-elle fait ? A-t-elle tenté de convaincre le Nouvel Ordre de lui venir en aide, ou avaient-ils simplement décidé que ce n'était qu'un piège que Darth Nihilus leur tendait. ?


Il en doutait. Il doutait de tout. De sa propre valeur. De sa survie. De l’avenir.


Epuisé, le corps meurtri par les entraves de ses geôliers et l’esprit en lambeaux, il ferma les yeux. Juste pour un instant. Il n’espérait même plus dormir vraiment.


Et pourtant, quelque chose bascula.


Le monde autour de lui changea.

Il ne savait pas s’il rêvait ou s’il dérivait au bord d’un souvenir qui n’était pas le sien. Le monde autour de lui était flou, saturé d’une lumière pâle, comme si le passé lui-même hésitait à se souvenir. Mais lentement, les formes prirent corps. Le Temple Jedi de Coruscant apparut autour de lui, pas l'épave qu'il connaissait. Mais du temps où c'était un bastion majestueux, imposant de la force. Une salle d'entraînement s’ouvrit devant lui comme une cicatrice oubliée.


Il le vit.


Le garçon.


Dooku.


Il se tenait droit, sabre d’entraînement encore fumant, au centre d’un cercle d’enfants. Son adversaire plus grand que lui venait de tomber à genoux, le souffle court, mais déjà, tous les regards s’étaient tournés vers le vainqueur. Il était jeune, mais quelque chose en lui était taillé dans le marbre. Une prestance rare. Glacée. Irréprochable. Il savait qu’il était observé. Et il aimait cela.


Zain, comprit qu’il ne faisait que regarder. Il n’était qu’un témoin. Une ombre. Mais l’intensité de l’instant le brûlait. Ce n’était pas une fiction. C’était un souvenir. Un souvenir profond, ancien, ancré dans la Force.


Quelqu’un s’approcha du cercle.


Petit.vert, Vouté. Sa canne tapait doucement le sol comme un battement de cœur ancien. Le fameux Yoda, grand maître de l'ordre Jedi. Il s’arrêta devant Dooku. L’enfant ne plia pas. Il soutint le regard du Maître avec cette arrogance froide que Zain reconnaissait maintenant dans chaque geste.


Yoda plissa les yeux.


> « Fier, tu es, jeune Dooku. Fort aussi. Mais sagesse… sagesse, encore à cultiver tu dois. »


Le silence tomba. Tous les initiés retenaient leur souffle.


Zain sentit le cœur du garçon battre. Pas d’émotion. Non. Du désir. Un feu froid. Il voulait être choisi. Il le voulait plus que tout.


Yoda tourna lentement le dos. Marcha de quelques pas. Puis s’arrêta.


> « Mon padawan, peut-être, tu deviendras. Si le chemin, tu choisis. »


Et il s’éloigna sans un mot de plus.


Dooku resta debout. Seul. Raide. Figé dans le centre de l’arène. Il ne souriait pas. Il ne pleurait pas. Mais en lui, quelque chose venait de se sceller. Une fracture fine. Invisible.


Zain comprit, malgré lui, ce que ce souvenir représentait. Il n’était pas simplement témoin d’un moment d’histoire. Il ressentait le poids que Dooku portait. Le début de tout. Le choix. L’obsession de puissance. Le besoin d’être reconnu. Et peut-être… le germe de la chute.

Il se réveilla en sursaut. Encore enfermé. Encore seul.


Mais quelque chose en lui avait changé.


Comme si une autre mémoire, étrangère et brûlante, avait laissé sa trace dans son âme.

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