Le Poids de nos Erreurs

Chapitre 27

2513 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 10/12/2017 15:25

La vigile regardait d’un air ennuyée le bâtiment en face. Cela faisait pas mal de temps qu’elle montait la garde et cet horaire, juste avant le jour, était le pire. Heureusement, son tour était bientôt fini. La femme se demandait si elle irait dormir en rentrant ou…


Un puissant rugissement de moteur mit fin à ses réflexions. Alarmée, la vigile regarda en direction du bruit, tout en approchant la main de son holster.


Elle vit une masse métallique, de forme humanoïde et brandissant un énorme marteau, qui fonçait droit dans sa direction. Pris de panique, la femme sortit son revolver et tira. L’arme était de bonne qualité. Mais le calibre était tout simplement trop faible pour transpercer une armure de croisé. Que ses deux collègues proches l’imitent ne changea rien à cela.


Un peu avant l’impact, Reinhard détourna sa charge, évitant d’écraser la vigile. A la place, son épaule rentra en plein dans la porte du bâtiment, faisant voler celle-ci en éclat. C’était un spectacle impressionnant, qui fixa l’attention des trois gardes. Au point qu’ils ne virent pas le flash bleuté, juste derrière le colosse.


- Cette bataille vous dépasse ! s’exclama le vétéran, parlant anglais avec un fort accent allemand. Partez maintenant, je n’ai nulle querelle envers vous !


- Ne bougez pas ! cria un des vigiles en brandissant son arme. Vous êtes en état d’arrestation !


Reinhard saisit le pistolet des mains de l’homme et le broya d’une de ses mains armurés. Puis un bruit de tir se fit entendre.


Un drone venait de sortir d’une pièce près de la porte. Ce n’était pas un modèle humanoïde. Il s'agissait d’un rectangle, d’environ un mètre carré de diamètre et de cinquante centimètres de haut, d’où dépassait une mitrailleuse lourde et un capteur, le tout avançant grâce à des chenilles. La machine fit feu sur le croisé.


Mais là encore, l’armure était trop résistante. Nullement gêné, Reinhard abatis son marteau sur le drone, écrabouillant la machine en un coup. À cette vue, les vigiles décidèrent que, finalement, il valait mieux écouter le vétéran et s’enfuirent.


- Trente ans après et tu charges toujours seul comme un idiot, dit Torbjörn en arrivant, accompagné de Mei.


- J’avance normalement, ce sont tes jambes qui sont trop courtes !


- Attentions ! cria Mei. D’autres drones !


Prêt au combat, le trio se retourna pour faire face à cette nouvelle vague de machines.


***


- Ooooooh, gémit Bianca. Lorsque on est réveillé à cinq heure du matin, c’est rarement pour une bonne nouvelle.


Elle se trouvait dans son lit tandis qu’un de ses officier tapait contre la porte de sa chambre en criant “Commandante ! Réveillez-vous commandante !”.


- Qu’est-ce qui se passe ? demanda la mercenaire.


- Overwatch nous attaque !


- Et merde… J’arrive !


Bianca s’habilla en quatrième vitesse avant de sortir en courant. Quelques secondes plus tard et elle se trouvait dans une salle de commande, remplis d’écran de caméra et de tableau de bord qu’observait de nombreux assistants. Sur plusieurs écrans, on pouvait voir Mei, Reinhard et Torbjörn avancer dans le bâtiment, les carcasses d’une demi-douzaine de drone derrière eux.


- Bon déjà, arrêter d’envoyer des drones, dit Bianca. Ça sert à rien et ces machins coûte deux milles euros par unité. Ensuite, débuter l’évacuation de la base.


- Vous êtes sur commandante ? demanda un des officier.


- Oui. La police et l’armée italienne seront bientôt là et j’ai pas envie qu’elles voient certains de nos truc ici. Eeeeh...l’escouade 4 à finit l'entraînement avec leurs nouveaux joujous ?


- Oui commandante.


- Parfait. Envoyez les contres ces trois-là, avec deux autres escouades. L’objectif est de gagner du temps.


- A vos ordres.


- Aller, j’ai plus qu’à m’équiper aussi. Pff...ils pourraient attaquer à une heure décente quand même...


***


- J’ai dit, à l’ouest, déclara Widowmaker d’une voix glaciale, parlant dans son communicateur.


- Oui et bien y’avait pas de couloir vers l’ouest alors je fais ce que je peux ! répondit Tracer.


Profitant de l’intrusion de Reinhard, Lena s’était glissée dans le bâtiment, utilisant toute la puissance de son chrono-accélérateur pour éviter d’être repérée. Les caméras n’avaient dû apercevoir qu’un flash bleuté. Dès que Lena ne voyait plus de caméra, elle faisait une pause pour recharger l’énergie de sa machine.


- Sud-ouest maintenant, dit Widowmaker.


La snipeuse devait la guider vers l’emplacement de son mouchard. Sa position surélevée et sa visière lui permettait de suivre à distance l’évolution de Tracer.


Cette dernière prit un couloir à droite, puis un autre qui montait. Heureusement, son entraînement de pilote faisait qu’elle gardait en tête les points cardinaux, même quand elle bougeait aussi rapidement.


- Et j’y suis ! s’exclama-t-elle. Objectif atteint capitaine.


“L’objectif” était une vaste cour intérieure dans lequel se trouvait nombre d’appareil aériens et de camions, tous très modernes. Un groupe de personne faisait des aller et retour depuis une porte proche, chargeant du matériel dans les transports.


- Ils sont en train d’évacuer, ajouta Tracer. Comme vous le pensiez cap.


- Parfait, répondit Ana. Il n’y a plus qu’à attendre que Gérard passe par là et tu pourras l’exfiltrer.


- Ahya capitaine !


- Traduction ? demanda narquoisement Widowmaker.


- Ça veut dire oui !


- Ignore là, conseilla Angela.


- Silence ! tonna Ana. Reinhard, quel est ton statut ?


- Nous progressons sans difficulté, capitaine. Attendez ! De nouveaux ennemis approchent !


***


Trois escouades de mercenaires étaient arrivées face au trio. Toutes portaient des armures de métal lisses. Deux escouades avaient des armes à énergie classique, agrémenté de deux canons lourds. Mais les derniers portaient des espèces de lourd gantelets métalliques, largement plus massif que celui de Widowmaker.


Torbjörn tira vers un de ses nouveaux arrivants. Un bouclier d’énergie sortit alors du gantelet, bloquant l’attaque de l’ingénieur. Puis la défense se rétracta aussitôt et une décharge d’énergie partie du brassard vers les membres d’Overwatch, rapidement bloqué par la barrière de Reinhard.


- Des projecteurs d’énergies modulable, commenta Torbjörn. Pas mal du tout.


Les membres de cette escouade chargèrent vers les agents d’Overwatch, tandis que leurs collègues bombardaient le bouclier de Reinhard.


Torbjörn tenta d’installer sa tourelle, mais il n'en eu pas le temps : un mercenaire fit une roulade pour passer à travers le champ de force de Reinhard et généra une lame d’énergie avec son gantelet, qui coupa la machine en deux.


Mei avait tiré deux pics de glace, tous les deux bloqué par des boucliers d’énergie. Mais désormais, elle utilisa son arme pour diffuser un large spray glacé sur le mercenaire qui menaçait Torbjörn. Celui-ci vit ses mouvements progressivement ralentis, avant d’être totalement immobilisé.


Mais les agents ne purent exploiter ce succès. Les autres mercenaires attaquaient Reinhard au corps à corps, forçant le croisé à abaisser son bouclier pour se défendre. Cela exposa tout le monde au feu des deux autres escouades.


Torbjörn subit un tir direct sur son bras métallique, qui y laissa une méchante tache noirâtre, tandis que Mei vit sa jambe effleurer par une décharge. Elle créa en toute hâte un mur de glace les séparant des tireurs.


Reinhard lui, riait aux éclats en balançant de large coup de marteau.


- Enfin des adversaires à ma mesure ! cria le croisé.


Un des mercenaires esquiva son attaque et une autre la bloqua avec un bouclier d’énergie. Mais un troisième fut trop lent et se retrouva projeté contre un mur. Celui qui avait esquivé porta une taillade avec une lame énergétique et Reinhard grogna de douleur. Il riposta d’un coup d’estoc qui fit tomber son adversaire.


Une décharge d’énergie le toucha alors de plein fouet, le faisant chanceler. Une mercenaire en profita pour porter un coup de lame, qui déstabilisa encore plus le colosse. Sa riposte fut bloquée par un bouclier. Son adversaire fit disparaître le bouclier et créa une lame à la place. Elle arqua ses jambes, prête à se fendre pour transpercer Reinhard...quand elle se prit un coup de marteau par derrière.


- Tu vois, cria Torbjörn. Quand je te disais que la taille du marteau n’avait pas d’importance !


Deux autres adversaires avaient été gelés par Mei, accordant aux agents un bref répit. Mais le mur de glace présentait de multiple fissure.


- Installes vite ta tourelle au lieu d’essayer de prouver quelque chose ! cria Reinhard.


L’ingénieur sortie les pièces détachés, avant de s'interrompre brusquement en levant la tête, une lueur de surprise sur le visage.


- Désoler Torbjörn, dit Bianca. Tu devras nous montrer tes talents d’ingénieur une autre fois.


***


Lena était toujours à son poste d’observation. Les mercenaires et leurs robots porteurs avaient arrêté de charger leurs transports et ces derniers décollèrent aussitôt. Ni trace de Gérard ou d’une cache de donnée. Il n’y avait plus qu’à espérer qu’ils n’avaient pas tout chargé...


- Toi aussi Tracer ! s’exclama Bianca. Bigre, je suis flattée.


L’anglaise se retourna en une demi-seconde, faisant face à la mercenaire qui était apparu derrière elle.


- Salut mon chou. Pas très sympa de pas avoir envoyé de message pendant six ans.


Il y eut un flash bleuté et Tracer fut derrière Bianca, tirant de ses deux pistolets.


- Et d’avoir fait exploser cette bombe ! ajouta l’anglaise.


Bianca fit une roulade pour éviter les tirs, avant de répliquer. Mais Tracer s’était déjà re-téléportée. L’anglaise entendis alors un fort grincement derrière. Elle se retourna. Avant de jurer.


Une porte du hangar venait de s’ouvrir, laissant apparaître un char de combat léger. L’appareil semblait à la pointe de la technologie, avec des armes énergétiques, un blindage en alliage moderne et sans doute un bouclier.


- J’aurais aimé rester et discuter du bon vieux temps, dit Bianca. Mais il y a d’autre personne que je dois voir. Mais t’inquiètes pas, cette machine te gardera occupé. Amuse-toi bien !


La mercenaire disparut alors, tandis que le char avançait dans un bruit de chenille parfaitement huilé.


- Cap, commença Tracer. Je vais avoir besoin de renfort !


***


Ana regarda le ciel avec inquiétude. Quelques transports venaient de décoller du complexe pour partir elle ne savait où.


- Plusieurs habitants ont signalé aux autorités des bruits de combat, lui dit Etienne via son communicateur.


- La police municipale a envoyé une patrouille enquêter, ajouta aussitôt Athéna. Ils seront là dans trois minutes et vingt secondes.


Et une source d’inquiétude supplémentaire. Ana n’aimait vraiment pas les opérations à l’aveugle. Mais ce n’est pas comme s’ils avaient eu d’autres choix.


- Cap, je vais avoir besoin de renfort ! lui dit Lena.


- Quelle est ta situation ?


- Toute seule contre un tank ! Et un costaud !


- Winston, Angela, allez l’aider !


Ana avait espéré que la fluette Tracer ne serait pas repéré par leurs ennemis. C’est pour cela qu’elle n’avait pas envoyé Winston, alors qu’il aurait pu aisément sauter vers le cœur du complexe ennemi. Mais maintenant, au diable la discrétion.


- Dois-je donc rester immobile à observer d’autres se battre ? demanda froidement Widowmaker.


- J’ai besoin de vos capacités d’observations.


- Ou vous me tenez éloigné du combat.


- Oh, allez donc les aider si ça vous amuse !


Voir sa stratégie remît en question par une subordonnée exaspérait au plus haut point la militaire qu’était Ana. Mais elle savait très bien qu’il était inutile d’espérer autre chose de Widowmaker.


- Reinhard, reprit l’égyptienne. Quel est ton statut ?


- L’ennemi ne tiendra pas long.…Torbjörn ! Que t’arrive-t-il ?! Quoi...mais...harg !


Ana étouffa un juron et se mit à courir vers la position du croisé.


***


- Tu es juste une illusion, dit Torbjörn à Bianca, en se remettant à installer ses pièces détachées.


La mercenaire appuya sur un bouton de son fusil et Torbjörn se prit une onde de choc qui l’envoya valser au loin.


- Mais une partie de ton cerveau pense que c’est vrai. Donc...je te conseille de ne pas m’ignorer.


- Torbjörn, que t’arrive-t-il ?! cria Reinhard.


Bianca se matérialisa alors à côté de lui, le faisant pousser un “Quoi...mais…” suivit d’un “harg” quand la mercenaire lui tira sur le flanc.


- Eeeeh...les amis, qu’est-ce qui se passe, demanda Mei ?


Elle était en train de voir Torbjörn bouger comme s’il se relevait, alors qu’il était debout, tandis que Reinhard avait poussé un cri de douleur, sans avoir pris de coup apparent.


Plus inquiétant, son mur de glace venait de s’effondrer, laissant voir la douzaine de mercenaire qui leur faisait face. Ils se mirent immédiatement à tirer et une décharge atteignit Mei au ventre. Paniquée, elle se mit en stase, s’entourant de glace protectrice, tandis que ses deux alliés affrontaient un ennemi imaginaire.


***


Bianca ouvrit les yeux.


Elle se trouvait de nouveau dans la salle de contrôle. Sauf que cette fois, elle portait son armure habituelle. Mais le casque était différent. Son design était plus lisse et moins militaire avec une apparence qui faisait beaucoup plus moderne. Ce nouvel accessoire était complété par un petit écran tactile, posé juste devant elle, recouvert de symbole incompréhensible.


La mercenaire suait à grosse goûte. Ses adversaires l’ignoraient, mais il lui était très fatigant de créer deux illusions en même temps. Trois était totalement hors de sa portée, ce qui avait épargné Mei.


Sur les écrans des caméras, elle pouvait voir Ana qui courait vers ses agents, tandis que Winston, Angela et Widowmaker se dirigeaient vers Tracer.


- Pfff...ok, les diversions ont fonctionné, dit-elle à ses officier. Évacuer le prisonnier et la cache de données par les souterrains. Avec un peu de chance, ils ne les verront même pas passer.

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