Kingdom ninja

Chapitre 1 : La dernière nuit des Uchiha

1729 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 18/08/2026 20:48

Chapitre 1 — La dernière nuit des Uchiha

La nuit s'étendait lentement sur la Provence.

Depuis les remparts d'Aix, les dernières lueurs du soleil disparaissaient derrière les collines, laissant la capitale du duché s'envelopper d'une pénombre paisible. Les cloches des églises avaient cessé de sonner depuis plusieurs minutes déjà. Dans les rues, les marchands repliaient leurs étals tandis que les tavernes commençaient à accueillir les derniers voyageurs de la journée.

Tout semblait suivre son cours.

Les habitants ignoraient qu'avant l'aube, leur monde aurait changé.

Au sommet de la ville dominait le palais des Uchiha.

Construit sur un promontoire rocheux, il surveillait la Provence depuis plusieurs siècles. Ses murailles épaisses avaient résisté aux guerres, aux sièges et aux révoltes. Pour beaucoup, elles paraissaient imprenables.

À l'intérieur, la vie suivait son rythme habituel.

Les domestiques terminaient leurs tâches.

Les gardes effectuaient leurs rondes.

Les officiers rejoignaient leurs quartiers.

Rien, en apparence, ne laissait présager qu'une organisation minutieuse était déjà à l'œuvre.

À plusieurs kilomètres de là, une petite caravane avançait lentement sur la route d'Aix.

En tête marchait un marchand connu des gardes des portes de la ville.

Depuis des années, il empruntait le même itinéraire, transportant tissus, épices et marchandises entre plusieurs duchés.

Sa venue n'avait rien d'exceptionnel.

Les sentinelles n'y prêtèrent guère attention.

La caravane pénétra dans la ville.

Personne ne remarqua que plusieurs de ces hommes ne reverraient jamais le lever du soleil sous leur véritable identité.

Pendant ce temps, au palais, le duc Fugaku Uchiha terminait une longue journée de travail.

Son bureau était encore éclairé.

Des cartes militaires recouvraient une grande table de chêne.

À côté reposaient plusieurs rapports concernant les forteresses frontalières, les récoltes de la saison et les comptes du duché.

Fugaku parcourait les derniers documents avec le calme qui le caractérisait.

Depuis plus de vingt ans, il dirigeait la Provence d'une main ferme.

On le disait exigeant. Parfois inflexible. Mais nul ne contestait son sens du devoir.

Chaque décision était prise dans l'intérêt du duché.

Chaque ordre visait à assurer la stabilité de ses terres.

Le pouvoir n'avait jamais été, pour lui, une récompense.

C'était une responsabilité.

Un léger coup fut frappé contre la porte.

— Entrez.

Un officier pénétra dans le bureau.

Il salua respectueusement.

— Monseigneur, les derniers changements de garde se déroulent sans incident.

Fugaku releva brièvement les yeux.

— Très bien.

L'officier hésita un instant.

— Souhaitez-vous un rapport complet avant votre repos ?

Le duc secoua doucement la tête.

— Demain suffira.

— Bien, Monseigneur.

L'homme s'inclina avant de quitter la pièce.

Lorsque la porte se referma, Fugaku reporta son attention sur les documents.

Il ignorait que plusieurs des hommes chargés d'assurer la sécurité du palais avaient déjà été remplacés.

Progressivement.

Sans violence.

Sans éveiller le moindre soupçon.

Chaque changement semblait parfaitement ordinaire.

C'était précisément ce qui rendait le plan si dangereux.

Dans une autre aile du palais, les rondes continuaient.

Les gardes échangeaient quelques mots.

Certains plaisantaient.

D'autres parlaient de leurs familles ou des prochaines fêtes.

La routine rassurante d'une forteresse qui n'avait connu aucun véritable danger depuis longtemps.

Au loin, le vent fit doucement claquer les bannières portant l'éventail des Uchiha.

Le lendemain matin, les premiers rayons du soleil baignaient les jardins du palais.

Comme chaque jour, la forteresse s'animait bien avant l'ouverture des portes de la ville.

Les cuisines étaient déjà en pleine activité.

Les écuyers préparaient les chevaux.

Les secrétaires transportaient des piles de registres d'une salle à l'autre.

Les gardes relevaient leurs camarades après une nuit qui, à leurs yeux, n'avait rien eu d'exceptionnel.

Pour Fugaku Uchiha, cette journée s'annonçait semblable aux précédentes.

Après une courte visite à la salle d'armes, il rejoignit la grande salle du conseil.

Les principaux officiers du duché l'y attendaient déjà.

Autour de la grande table de chêne étaient disposées les cartes de la Provence, les rapports des forteresses frontalières et les comptes des dernières récoltes.

Fugaku salua chacun d'un simple signe de tête avant de prendre place.

— Commençons.

Le chef de garnison fut le premier à présenter son rapport.

Les nouvelles des frontières étaient rassurantes.

Aucune armée étrangère n'avait été signalée.

Les forteresses tenaient leurs positions.

Les routes commerciales restaient ouvertes.

Les échanges avec les duchés voisins se poursuivaient normalement.

Fugaku écoutait sans interrompre.

Chaque information trouvait naturellement sa place dans l'ensemble qu'il construisait depuis des années.

Il ne dirigeait pas uniquement une armée.

Il gouvernait un duché.

Lorsque le dernier rapport fut présenté, plusieurs conseillers commencèrent à ranger leurs documents.

Le duc les retint d'un geste.

— Les changements de garde au palais se sont-ils déroulés normalement ?

Le chef de garnison répondit aussitôt.

— Oui, Monseigneur. Rien à signaler.

Fugaku acquiesça.

La réponse lui paraissait parfaitement logique.

Depuis des années, ces rotations s'effectuaient avec la même régularité.

Il n'existait aucune raison particulière de les remettre en question.

La réunion s'acheva peu après.

Les officiers quittèrent progressivement la salle.

Fugaku demeura quelques instants devant la grande carte de la Provence.

Son regard parcourut les principales villes, les routes commerciales et les forteresses.

Chaque symbole représentait des centaines d'hommes placés sous sa responsabilité.

Un léger sourire apparut sur son visage.

Malgré les difficultés, la Provence demeurait stable.

C'était tout ce qu'il avait toujours recherché.

En quittant la salle du conseil, il croisa plusieurs gardes dans les couloirs.

Tous s'inclinèrent avec respect.

Le duc répondit d'un simple signe de tête avant de poursuivre son chemin.

Rien, dans leurs attitudes, ne semblait différent.

Et pourtant...

Parmi eux se trouvaient déjà des hommes qui ne servaient plus réellement les Uchiha.

Ils avaient remplacé leurs prédécesseurs progressivement.

Sans provoquer le moindre soupçon.

Sans qu'aucun ordre inhabituel ne soit nécessaire.

Le plan de Zaku avançait exactement comme prévu.

À l'autre extrémité du palais, Zaku supervisait discrètement ses propres affaires.

Depuis des années, il avait gagné la confiance du duché.

Son efficacité n'était plus à démontrer.

Lorsqu'un problème apparaissait, il trouvait presque toujours une solution.

Ses absences n'inquiétaient personne.

Elles faisaient partie de son quotidien.

Aux yeux de tous, il accomplissait simplement les nombreuses missions que nécessitait la bonne administration de la Provence.

Personne n'imaginait qu'en cette journée ordinaire, chacune de ses démarches préparait en réalité la chute de la maison Uchiha.

Le soir venu, la ville retrouva son calme.

Fugaku retourna dans son bureau.

Il n'avait aucune raison de croire que cette journée serait différente des autres.

Les portes étaient gardées.

Les officiers étaient à leur poste.

Les hommes de la garde royale protégeaient toujours le palais.

Tout semblait en ordre.

Puis, dans la cour proche de la porte du palais, quelque chose changea.

Quelques hommes se déplacèrent.

Puis d'autres.

Les premiers cris éclatèrent.

Fugaku releva brusquement la tête.

Un bruit de métal résonna dans les couloirs.

Il ouvrit la porte de son bureau.

Dans le couloir, ses gardes étaient déjà engagés dans un combat.

Fugaku comprit immédiatement qu'il ne s'agissait pas d'une simple altercation.

Le palais était attaqué.

Il saisit son sabre et sortit pour rejoindre ses hommes.

Les communications avaient déjà été brisées.

Les messagers qui auraient dû prévenir les différents officiers avaient été interceptés.

Les salles de commandement étaient prises.

Les principaux officiers loyaux étaient morts ou capturés.

Les couloirs avaient été verrouillés.

Fugaku ne reçut aucun rapport.

Il n'en eut pas besoin.

Ce qu'il voyait devant lui suffisait.

Les hommes de la garnison et les mercenaires avançaient ensemble.

Face à eux, les gardes royaux tenaient encore leur position.

Ils n'étaient qu'une dizaine.

Mais ils représentaient la dernière ligne de défense du duc.

Ils se battirent jusqu'au bout.

L'un tomba.

Puis un autre.

Aucun ne recula.

Fugaku combattit à leurs côtés.

Les premiers assaillants furent repoussés.

Mais ils furent rapidement remplacés par de nouveaux hommes.

Puis par des hommes mieux équipés.

Les gardes royaux comprirent qu'ils étaient submergés.

Pourtant, ils continuèrent à se battre.

Le dernier d'entre eux finit par tomber.

Fugaku resta seul.

Les hommes d'élite de Zaku formèrent alors un cercle autour de lui.

Fugaku continua de combattre.

Même seul, il abattit encore plusieurs adversaires.

Mais le nombre finit par avoir raison de lui.

Une lame entailla son flanc.

Une autre frappa son bras.

Puis un coup violent atteignit son genou.

Fugaku vacilla et tomba à genoux.

Il tenta de se relever.

Son genou céda.

Les hommes d'élite croisèrent leurs lames devant lui.

Une autre frappe fit tomber son sabre.

L'arme glissa sur les dalles.

Un homme la repoussa du pied.

Fugaku resta à genoux, désarmé.

Les assaillants reculèrent.

Un passage s'ouvrit.

Des applaudissements lents résonnèrent dans le couloir.

Zaku apparut.

Il regarda Fugaku puis les corps autour de lui.

— Impressionnant...

Il applaudit une dernière fois.

— Vous êtes véritablement digne de votre réputation... et de votre rang de duc.

Fugaku, à bout de forces, leva les yeux vers lui.

— Itachi... mènera nos armées... il vengera ma mort... et la trahison de tes alliés...

Zaku s'approcha lentement.

— Tu crois encore cela... ?

Il marqua une pause.

— Selon toi... qui m'a aidé à rendre tout cela possible ?

Fugaku comprit immédiatement.

Aucun cri.

Aucune colère.

Simplement un regard.

Le plus grand choc de toute sa vie.

Zaku le tua.

Le corps de Fugaku s'immobilisa.

Personne ne parla.

Zaku donna ses ordres.

Les survivants furent arrêtés.

Les blessés reçurent des soins.

Les morts furent identifiés.

Les gardes royaux reçurent les honneurs militaires.

À l'aube, les anciennes bannières des Uchiha furent descendues.

De nouvelles bannières furent hissées au-dessus du palais.

Dans les rues d'Aix, les habitants observèrent en silence.

La Provence avait changé de maître.


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