LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 234 : Le super moustique

2913 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 06/05/2026 11:55

Chapitre 234 : Le super moustique


Kakashi a été allongé sur un lit dans une chambre vide par mes collègues tandis que Toru est dans celui d’Hokuto, qui veille sur lui en attendant son réveil. Puisque je sais pertinemment que ni l’un ni l’autre ne se réveilleront avant encore un petit moment, je vais d’abord au chevet de Toru pour expliquer à Hokuto ce qu’il vient de se passer avec Tao. Ça me fait tout drôle de le trouver bien réveillé, assis au bout du lit où dort Toru.

-         Quel comble après la semaine qui vient de s’écouler, glousse-je en les désignant.

-         Pourquoi donc ? demande-t-il.

-         Parce que ça fait des jours que c’est Toru qui veille sur toi dans ce lit… C’est normalement avec lui que je discute pendant que tu roupilles…, plaisante-je.

-         Il était là tous les jours ?

-         Evidemment, il a même pris quelques repos pour te veiller nuit et jour au début.

Hokuto détourne la tête en croisant les bras et il me semble bien voir ses joues qui rosissent un peu.

-         C’est… vraiment un bon ami… Mon meilleur ami, ça ne m’étonne pas de lui, se justifie-t-il rapidement en fixant l’extérieur.

-         Mh…, acquiesce-je pensivement.

J’hésite à lui dire que j’ai compris les choses, mais je ne sais pas comment lui dire sans mettre les pieds dans le plat… Je n’ai pas à y réfléchir longtemps, car nous sommes interrompus par Minato qui vient informer Hokuto que Tao a été enfermé dès ce soir.

-          Il sera jugé en urgence demain matin au conseil pour les formes, conclut Minato. Mais nous savons tous que c’est terminé pour lui et qu’il ne verra plus jamais la liberté de près ou de loin… Outre tous ses écarts de conduite par le passé, il a reconnu que sa tentative d’assassinat était préméditée…

-         J’aurais dû m’en douter…, soupire Hokuto. J’ai bien senti qu’il était agité lorsque je l’ai croisé dans la ruelle… Mais je pensais que c’était parce que je connais bien Hatake, que me croiser l’inquiétait juste… Bon sang je n’ai pas envisagé une seule seconde qu’il puisse m’attaquer… qu’il m’ait croisé dans cette ruelle stratégiquement… qu’il m’attendait… Comment n’ai-je pas pu le voir venir… ?

-         Ne soit pas si dur avec toi Hokuto, le rassure Minato. Comment aurais-tu pu imaginer qu’un de tes anciens collègues te ferait une chose pareille ? Tu es excellemment bien formé, mais tu n’es pas encore devin… Qui donc aurait pu le voir venir…

-         Il t’a agressé alors que tu avais le dos tourné…, souffle-je tristement.

-         Dès la seconde où nous nous sommes croisés, qu’il est sorti de mon champ de vision alors que je marchais en toute confiance… Il m’a planté ses deux premiers kunaï stratégiquement, impossible de faire quoi que ce soit tandis qu’il assénait les autres…

-         Il savait bien qu’il avait plutôt intérêt à ne pas rater ses premiers coups, répond sombrement Minato. Sinon, c’était fichu pour lui…

-         Mais il ne les a pas raté l’enfoiré…, soupire Hokuto.

Nous discutons encore un petit moment de tout ça, puis Minato retourne à ses affaires. Un petit blanc tombe puisqu’Hokuto observe Toru qui dort paisiblement, avec un petit sourire amusé aux lèvres :

-         Je crois que je n’avais jamais vu Hatake ni Toru se faire mettre k.o. par qui que ce soit… Il est amusant d’imaginer que je pourrai désormais dire que c’est le cas, et qu’ils se sont fait massacrer en même temps, par un petit machin comme toi… Le commandant et le chef de l’Anbu… Sérieusement choupette ? Enfin, ça ne m’étonne pas entièrement après ce que je t’ai vu faire à Kiri…

-         Je suis pleine de surprises… Profite donc de voir ton chef aussi silencieux, ce n’est pas courant, il m’a fait la tête comme une calebasse ces derniers jours ! plaisante-je.

-         Il parle beaucoup…, confirme Hokuto en le regardant un peu trop tendrement pour être honnête. Il rit beaucoup, il est très vivant, très drôle, très taquin… Il n’arrête jamais.

Je vois son bras se contracter une seconde, la seconde où il a failli avoir un geste tendre incontrôlé pour Toru, mais il n’en fait rien et ça me brise le cœur de me dire qu’il se retient alors que ce n’est que moi, encore une fois.

J’ai soudain envie de lui dire des choses, comme avec Nakama. Je viens d’apprendre son plus gros secret et j’ai envie de lui révéler le mien, pour nous mettre sur un pied d’égalité.

-         Si je te dis mon plus gros secret, tu le garderas pour toi ? chuchote-je.

-         Bien sûr…, répond-il en fronçant les sourcils.

Il est très surpris par ma question, peu étonnant en sachant que son plus gros secret dort dans le lit sur lequel nous sommes assis… Si ça peut encore lui donner un indice sur le fait que j’ai très bien compris leur relation, tant mieux. Il m’interroge du regard et je lui explique donc mes capacités, sans l’accord de Minato mais qu’importe, j’ai un confiance aveugle en Hokuto. Il est étonné bien sûr, il pose quelques questions, mais il comprend drôlement mieux ce qu’il s’est passé à Kiri et même tout à l’heure, ce qui finit par le faire rire :

-         C’est grâce à ça que tu fais filer droit Hatake ! s’amuse-t-il.

-         Je ne le fais pas encore filer assez droit à mon goût, grommèle-je.

-         Après ce qu’il vient de se passer, je ne suis pas d’accord ! Et Toru… Ils sont inarrêtables quand ils vrillent… Je n’en reviens pas, je l’embêterai avec ça toute sa vie… Sais-tu quand ils se réveilleront ? Ils ne vont pas devoir rester ici ?

-         Ils ne devraient pas tarder, ça fait bientôt deux heures… Et non, ils vont mettre un peu de temps à sortir de leur torpeur en se réveillant j’imagine, mais ils seront sur leurs pieds et en pleine forme très rapidement… Ne t’en fais pas Hokuto, tu n’auras pas à passer une nuit de plus ici, tu pourras bien rentrer chez toi ce soir ! glousse-je.

-         Tant mieux, je ne veux plus voir ces quatre murs !

Toru remue un peu, le signale qui m’annonce que Kakashi ne va pas tarder à ouvrir les yeux et je saute sur mes pieds.

-         Merci choupette, pour tout, nous n’avons pas eu l’occasion de discuter de tout ce que je te dois avec tout ce cirque… Ma vie, la liberté de Toru, celle d’Hatake… Je ne sais même pas comment te remercier…

-         En acceptant de venir manger chez moi, réponds-je tout de suite. Dans quelques jours, quand tu seras en pleine forme… Je serais ravie de t’avoir à diner et je sais que ça ferait plaisir à Kakashi, encore plus compte-tenu de ce qu’il t’est arrivé…

-         Avec plaisir ma choupette.

-         Et… n’hésite pas à emmener Toru… je serais ravie de le rencontrer plus… officiellement…

Je lui offre mon sourire le plus resplendissant alors qu’il se décompose sous le choc. Je file dans le couloir pour le laisser réfléchir, comprendre une dernière fois que oui, j’ai très bien compris leur relation, qu’il pourra emmener Toru s’il se sent prêt et enfin passer une soirée normale chez des amis avec l’homme de sa vie.

*

Je m’occupe de Kakashi, je caresse son front avec douceur en attendant qu’il se réveille, ce qui ne devrait pas tarder puisque son souffle accélère de façon presque imperceptible à mesure qu’il revient à lui. Il ouvre enfin les yeux doucement, ses beaux yeux doux du Kakashi que je connais, et il fronce les sourcils lorsqu’il me voit penchée au-dessus de lui.

-         Tao a été arrêté, il sera en prison pour le restant de ses jours, l’informe-je tout de suite.

Il intègre l’information pendant quelques secondes dans son esprit embrumé, puis il hoche la tête quand c’est fait et qu’il comprend que tout est terminé. Quelques secondes après, il doit se souvenir de ce qu’il s’est passé, parce qu’il glisse ses yeux sur mon visage en fronçant les sourcils.

-         Mon ange… tu viens de m’attaquer ou j’ai rêvé… ? s’amuse-t-il faiblement.

-         C’était mérité, réponds-je en me penchant pour embrasser son front.

Il rit tout doucement et ses yeux amoureux papillonnent encore :

-         Tu es définitivement un super moustique… mettre hors d’état Toru et moi… il fallait y aller…

Je glousse comme une bécasse, ce qui le fait rire plus vivement mais lui fait visiblement tourner la tête, parce qu’il s’interrompt subitement en devenant blanc comme un linge.

-         La vache… j’ai une nausée… je ne suis même pas encore capable de bouger mes membres, commente-t-il.

-         Il faut dire que je t’ai secoué, confirme-je en souriant avec malice.

-         Vraiment ?

-         Je viens de te mettre dans le coma deux heures, annonce-je en réprimant un rire diabolique.

Il hausse les sourcils, l’air d’à peine y croire, mais son état minable lui donne sans doute toutes les raisons de le faire.

-         J’ai intérêt à filer droit…, plaisante-t-il encore.

-         Oh oui… un caleçon hors du panier à linge et je t’assomme une semaine, glousse-je.

-         Je ne suis pas assez sonné pour prendre ta menace au sérieux puisque je sais très bien que je ne laisse jamais trainer mes habits sales, démon…, réplique-t-il en souriant.

-          Ça t’arrive à de rares occasions, souligne-je.

-         Oui, lorsque c’est toi qui me les enlèves pour les jeter un peu partout, répond-il en refermant les yeux et en attrapant ma main.

Il la cale sur son cœur pour la serrer entre les siennes tout en se laissant tranquillement revenir à lui, et je me penche pour embrasser chastement ses lèvres.

-         Tao est vraiment en prison ? Tu ne dis pas ça pour me retenir ici ? demande-t-il tout de même.  

-         Oui, vraiment, c’est terminé, confirme-je. Minato est passé l’annoncer à Hokuto il y a un petit quart d’heure, il sera jugé demain matin par le conseil mais ne sortira plus jamais de sa geôle.

Il hoche la tête avant de me tirer jusqu’à lui pour m’installer sur son flanc dans le lit, et je me fais un plaisir de me lover sur son torse en réfléchissant au bel avenir qui s’annonce maintenant que le sombre dossier de Tao est définitivement refermé.

*

J’accueille Hokuto avec le sourire pour sa dernière petite visite de contrôle à l’hôpital. Il est sorti depuis quelques jours et j’ai insisté pour qu’il repasse une dernière fois maintenant qu’il a repris sa vie normale, bien qu’il ne travaille pas encore. Cette visite est parfaitement inutile mais je sais bien que c’est surtout moi que je rassure après mon traumatisme de l’avoir eu mort entre les mains. En tout cas, il va très bien et je peux officiellement lui annoncer qu’il n’aura pas besoin d’autres contrôles. Alors que je termine d’écrire ses constantes dans son dossier et mon petit compte-rendu, il reste bien silencieux, ce qui m’interpelle.

-         Ça va ? demande-je en reposant mes documents et en me levant.

-         Très bien… je me demandais… tu… ça vous dirait de venir manger à la maison ? demande-t-il timidement.

Il marche sur des œufs fragiles et délicats, il prend visiblement la température suite à mon invitation d’il y a quelques jours, où j’ai mentionné notre repas tous les quatre.

-         Bien sûr ! rayonne-je. Mais nous pouvons faire ça chez moi, ça t’évitera d’avoir à tout préparer.

-         Ça me va bien, je suis en pleine forme Hanako, et je tourne un peu en rond après autant de repos, je me ferai un plaisir de vous recevoir… Vous êtes disponibles ce soir ?

-         Bien sûr, et nous ne travaillons pas demain, confirme-je.

Il hoche la tête tandis que nous nous dirigeons vers la porte, je vois bien qu’il est encore hésitant et je me doute bien du pourquoi.

-         Toru sera là ? demande-je naturellement.

-         Je ne sais pas…, répond-il prudemment.

Je lui lance un regard et ça me fait mal au cœur de le voir aussi peu à l’aise. Je crois qu’il est temps de lui donner un dernier coup de pouce pour le rassurer :

-         Et bien je serais ravie qu’il soit là, ravie de le revoir, ravie de passer une soirée avec vous deux…, insiste-je.

-         Je lui proposerai peut-être…

Je lève les yeux au ciel en ouvrant la porte de la salle d’examen et nous sortons.

-         J’apporterai le dessert. Je ne suis pas aussi bonne que toi en cuisine mais je me défends en pâtisserie.

-         Mais non, je vous invite, je fais tout, réplique-t-il.

-         Hors de question, j’apporterai le dessert, pour nous quatre, souligne-je encore une fois.

Il me lance un dernier regard pensif avant de me remercier et de partir, l’esprit tournant sans doute à plein régime après le nombre de petits appels de phares que lui ai fait quant à sa relation avec Toru.

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