LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)
Chapitre 232 : Le secret d'Hokuto, la révélation
3809 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 03/05/2026 16:25
Chapitre 232 : Le secret d’Hokuto, la révélation
Point de vue d’Hanako
Je dors sans doute deux petites heures, je n’ai pas la notion du temps, mais dès que mes yeux papillonnent, je m’étire dans tous les sens pour me sortir définitivement du sommeil. Le temps que Minato convoque l’intégralité des forces spéciales, qu’ils se pointent tous dans son bureau les uns après les autres selon ce qu’ils faisaient… j’imagine que ses premiers meilleurs amis ou son amante ne devraient pas tarder cette fois…
Quelques dizaines de minutes plus tard, j’entends effectivement des pas dans le couloir, des pas précipités et mon cœur se serre à m’en étouffer à l’idée de voir les yeux bleus de Kiryoku apparaitre. Mais non, c’est simplement Toru qui entre en défonçant pratiquement la porte, le visage inondé de larmes. Il se jette pratiquement à genoux à côté d’Hokuto, il attrape sa main dans les siennes, qu’il serre en s’étranglant dans ses pleurs et je suis obligée de poser une main sur mes lèvres en détournant la tête pour me retenir de fondre en larmes face à la douleur que je vois sur son visage.
- Est… ce que… Est-ce qu’il… va… bien… ? articule difficilement Toru.
Je prends sur moi pour reposer mes yeux sur lui, pour voir son visage d’ordinaire si rieur et détendu être aussi détruit… Je pleure, mais j’arrive à me calmer suffisamment pour lui expliquer dans les grandes lignes la situation et le rassurer. Il hoche la tête mécaniquement en m’entendant, mais il ne quitte pas Hokuto du regard alors que les larmes dévalent toujours ses joues. C’est une torture de voir Toru comme ça, c’est presque traumatisant, et je commence à me demander comment je vais pouvoir encaisser les visites de Kakashi et Kiryoku s’ils réagissent aussi fort que lui…
Ceci dit, vu ce que j’ai sous les yeux, j’ai bien du mal à croire que quelqu’un pourrait réagir plus mal.
- Il s’en sortira, c’est certain ? Je t’en prie Hanako, dis-moi qu’il s’en sortira, répète-le moi…, murmure Toru de sa voix brisée.
- Il s’en sortira, sans séquelles, c’est sûr et certain Toru, je te le promets, confirme-je en reniflant.
Il hoche la tête et se relève pour lever les mains vers sa tête endormie. Elles tremblent comme des feuilles, elles tremblent tellement qu’il a bien du mal à attraper avec douceur les joues d’Hokuto, mais il y parvient, et il pose finalement un long baiser sur son front en s’asseyant près de lui.
Mon corps analyse la situation avant ma tête, parce que mes jambes se mettent en route toutes seules pour aller fermer la porte de la chambre, et ma tête réalise après coup que je le fais pour les protéger, car mon intuition me souffle que Kiryoku ne viendra pas et que c’est finalement Toru que j’attendais.
Je ferme donc la porte avant de m’appuyer dessus, pour empêcher quiconque d’entrer dans cette pièce et de les surprendre tandis que j’observe Toru embrasser une seconde fois le front d’Hokuto en pleurant.
Je peux me tromper encore une fois, mais je ne vois pas comment je le pourrais…
*
Toru passe les deux heures suivantes dans la pièce avec moi, il reste simplement assis au bord du lit d’Hokuto, à l’observer dormir silencieusement tandis que mes jambes sont verrouillées pour me tenir debout devant la porte.
J’entends finalement de nouveaux pas qui accourent, plus légers, plus rapides, et je devine que c’est Kakashi qui arrive. Je m’écarte donc de la porte, qui s’ouvre avec perte et fracas une seconde après. Toujours dans mon instinct protecteur, je la referme aussi sec, et j’observe Kakashi qui se jette au chevet de notre blessé comme Toru l’a fait plus tôt. Il attrape la deuxième main d’Hokuto pour la serrer, il ne pleure pas, mais je ressens sa peine sans qu’il n’ait à l’exprimer. Puisque je sais qu’il a besoin de soutien, je le rejoins et il m’attrape par la taille pour me serrer contre lui, sans détacher ses yeux d’Hokuto. Nous restons silencieux quelques minutes, puis mon beau démon relève le nez vers notre commandant de l’Anbu :
- Rentre chez toi Toru, douche-toi, mange, repose-toi… Fais tout ce que tu as à faire, je le veillerai en attendant, ordonne-t-il.
Je m’attendais presque à ce qu’il refuse, mais il hoche la tête et après un dernier regard malheureux, il s’en va, remettant un peu en question mes déductions. Je ne sais plus quoi en penser, je doute tellement de moi et de mon espionnage de pacotille… En tout cas, dès que nous sommes seuls, Kakashi me demande tous les détails, que je lui donne. Il me serre contre lui plus fort, il me remercie de lui avoir sauvé la vie maintenant qu’il sait que c’est grâce à moi et il se rassure surtout quand je lui répète qu’Hokuto s’en sortira sans problème.
Je me dirige vers la fenêtre pour observer les arbres qui s’agitent dehors, et je me décide finalement à poser la question qui me brûle les lèvres :
- Cette femme avec qui Hokuto ne peut pas être… elle n’est pas mariée n’est-ce pas ? Ce n’est pas le problème… ? demande-je.
- Non…, répond doucement Kakashi.
- C’est un homme, c’est ça ?
Il ne répond pas, confirmant finalement mes doutes et les larmes se remettent à couler par dizaines sur mes joues tandis que je fixe toujours l’extérieur. Je suis brisée, littéralement brisée par cette information, de comprendre qu’Hokuto se rend malheureux parce qu’il a eu le malheur de tomber amoureux d’un homme, qu’il a sans doute été agressé par quelqu’un à cause de ça, parce qu’il ne se cache plus autant qu’avant, parce que quelqu’un a dû comprendre le lien entre eux…
Les bras de Kakashi se referment autour de moi pour me réconforter mais je suis inconsolable. Je pleure à chaudes larmes tandis qu’il me berce gentiment, la tête posée contre la mienne et une main sur ma joue pour la caresser.
- Ça va aller mon ange, murmure-t-il.
- Je ne comprends pas…, sanglote-je. Je ne comprends pas qu’on ne puisse pas aimer qui l’on veut…
- Je sais… je sais mon amour…, murmure-t-il avec tristesse.
- Tu penses que c’est pour ça qu’il s’est fait agresser ? demande-je d’une voix tremblante.
- Je pense, oui.
Mes pleurs redoublent et Kakashi me serre un peu plus fort.
- Mais… comment ? Pourquoi… ? Ça ne regarde personne…, articule-je. Mais comment peut-on faire une chose pareille ? Ça me brise le cœur… Hokuto est tellement gentil… et Toru… qui donc aurait pu faire une chose pareille… ?
- Je ne sais pas… mais cette personne n’a plus longtemps à vivre…, répond-il d’une voix sombre.
Je ne dis rien, il est inutile de le contredire dans un moment pareil alors je pose simplement mes mains sur ses bras pour le réconforter moi aussi. Nous nous câlinons un moment avant de retourner près d’Hokuto, où nous nous asseyons pour le veiller longuement.
- Tu ne peux pas entrer dans sa tête ? demande finalement Kakashi.
- Pourquoi donc ?
- Pour y trouver le visage de l’ordure qui l’a agressé…, répond-il d’une voix vibrante de colère.
- Ça ne fonctionne pas comme ça, je ne peux pas me promener dans l’esprit de quelqu’un mon amour… je peux simplement déceler des bribes des pensées conscientes et immédiates… je ne peux même pas voir s’il est en train de rêver, je suis navrée.
- Je m’en doutais… Il se réveillera de toute façon et nous serons fixés, répond-il en hochant la tête.
*
Toru réapparait en fin de journée, propre et changé.
- Merci Hatake, j’ai pu m’organiser, poser des jours, manger, me doucher… les gardes sont devant la porte et je suis là de toute façon… Tu peux rentrer chez toi…
Kakashi hoche la tête et serre furtivement son épaule pour lui signaler son soutien. Je m’apprête à lui souhaiter bon courage, mais il se tourne vers moi :
- C’est toi qui l’as sauvé ? demande-t-il.
- Oui, murmure-je.
Il traverse la pièce en deux enjambées pour me prendre dans ses grands bras et me serrer contre lui :
- Je suis désolé, je n’ai pas pensé à poser la question, je n’ai pas pensé du tout pour être honnête. Mais je te remercie, du fond du cœur tu peux me croire, chuchote-t-il.
Automatiquement, je me remets à pleurer et je le serre de toute ma faible force :
- Je suis navrée pour toi Toru… je te souhaite beaucoup de courage, mais n’oublie pas qu’il ira très bien, il n’y a plus qu’à attendre qu’il se réveille, il sera vite de retour avec toi, murmure-je.
*
Notre retour à la maison est triste et silencieux. Nous nous douchons et nous mangeons un morceau, mais nous filons rapidement nous terrer sous ma couette pour nous câliner.
- Il faut que nous arrêtions de nous comporter comme s’il était mourant, il ne l’est plus, chuchote-je.
- Tu as raison… je pense que nous sommes tous choqués par ce qu’il s’est passé, nous avons sans doute du mal à intégrer qu’il va bien…, répond-il pensivement.
- C’est pourtant le cas, il se réveillera dans quelques jours… et puis, il est sous bonne garde, il ouvrira les yeux sur Toru… Il sera heureux…
Nous nous observons en souriant enfin et Kakashi embrasse mon front :
- Alors ? Ton enquête aura finalement abouti…, dit-il en me souriant.
- C’est vrai… mais je suis encore étonnée, j’ai du mal à le croire, réponds-je en ouvrant de grands yeux.
- Pourquoi ça ?
- Je n’ai jamais envisagé qu’Hokuto puisse être gay…, réponds-je avec honnêteté.
- Et pourquoi donc ?
- Parce qu’à la soirée d’anniversaire de Toru, le jour où j’ai rencontré Hokuto, il m’a pratiquement dragué et tu l’as envoyé se faire voir avec perte et fracas… Alors pourquoi t’être énervé ? Je ne comprends pas.
- Tout simplement parce que je ne le savais pas à ce moment-là… Après cette soirée, je suis allé voir Hokuto pour m’excuser auprès de lui, il m’a demandé pourquoi j’avais été aussi… susceptible… et c’est la première fois que je lui ai parlé de toi, de nous deux… Je lui ai tout dit, ça m’a fait un bien fou à cette époque où je gardais tout ça pour moi à en devenir dingue. En tout cas, Hokuto a écouté, il a compris et s’est excusé en me garantissant que je n’avais pas de soucis à me faire, qu’il était fou amoureux d’une autre femme.
- D’une autre femme… ? Alors il ne m’avait pas approché pour parfaire son alibi ? Je ne comprends rien.
- Si… En fait, quand Hokuto m’a dit être amoureux d’une femme, j’ai été très étonné et je lui ai dit.
- Comment ça ?
- Je lui ai dit que j’étais très étonné qu’il cible une femme, que j’étais persuadé qu’il était amoureux de Toru.
- Quoi ?! m’exclame-je en me tournant pour le regarder.
- Bien sûr que oui mon ange ! Je ne suis pas aussi mauvais espion que toi ! rit-il. Il était absolument évident pour moi qu’il était amoureux de Toru, je ne pensais même pas que c’était un secret… Tu aurais vu la tête qu’il m’a faite quand je lui ai dit ça sur le ton de la conversation !
- Forcément ! Bon sang Kakashi, tu lui pètes son plus gros secret au nez comme si ce n’était rien ! glousse-je.
- C’est comme ça qu’il a avoué, parce que je l’ai deviné sans même le chercher… Il a vu que je m’en tapais complétement, qu’il aime un homme ou une femme, bordel je n’en avais rien à faire, et c’est ça qui l’a mis suffisamment en confiance pour s’ouvrir à moi.
- Vous avez partagé vos plus gros secrets l’un avec l’autre le même soir, c’est une belle histoire…, gazouille-je en souriant.
- Oui, il était très soulagé d’en parler à quelqu’un, mais aussi inquiet que je l’ai deviné… Je lui ai expliqué que c’était sans doute à cause de détails invisibles que mon cerveau avait captés, puisque c’était surtout une grosse intuition que j’ai pris comme la vérité, mais je n’avais rien vu de concret. Il s’est rassuré, je suis tout de même le meilleur espion du village, alors ce n’est pas parce que j’ai deviné que quelqu’un d’autre le ferait. En tout cas, pas toi mon ange ! se moque-t-il.
- Arrête ! Je n’en reviens pas ! Je les avais sous le nez tous les deux et la seule chose que je faisais était d’essayer de creuser sur ce fameux Fumei ! pouffe-je.
- Tu comprends mieux pourquoi je riais comme un bossu ce soir-là…, réplique-t-il en souriant au souvenir.
- Oui… je ne suis vraiment pas très douée… J’ai même vu Toru attraper la nuque d’Hokuto pour qu’il arrête de faire la tête bon sang ! J’aurais pu avoir au moins un petit doute… Pfff…
Nous rions tous les deux et je me refais le film de toute les fois où j’ai vu Hokuto et Toru ensemble. Plus j’y réfléchis, plus je souris en me trouvant bête et lorsque j’ai un petit rire, Kakashi m’interroge du regard.
- Maintenant que je le sais, c’est évident… et j’aurais pu le savoir depuis le début dans le fond, soupire-je en souriant toujours.
- Pourquoi ?
- Parce que les forces spéciales s’appellent presque tous par leur nom de famille, rares sont ceux à utiliser les prénoms comme toi ou Nanba… Je suppose que c’est une habitude, presque un sentiment d’appartenance… Ils font même ça avec leurs amis, comme Hokuto appelle Rinko « Yûwaku » ou t’appelle « Hatake »… Même Shin s’appelait Shin, mais est rapidement devenu « Nibai » depuis qu’il traine avec eux, il y a un vrai truc avec ça parmi l’Anbu, je l’ai remarqué.
- Et alors… ? demande-t-il sans comprendre.
- Et alors Hokuto et Toru font partie de ceux qui utilisent le plus les noms de famille, mais ils s’appellent par leurs prénoms. Ils font ça uniquement l’un avec l’autre, ce qui souligne tout de même qu’ils se connaissent dans l’intimité..., dis-je sur un ton évident.
Kakashi a l’air véritablement scié en deux par ma déduction, il hausse les sourcils et hoche finalement la tête lentement :
- J’oscille constamment entre te considérer comme nulle en espionnage ou bonne mon ange… tu repères tout de même de sacrés détails auxquels personne ne fait attention…
- Tu penses ?
- Bien sûr, pour être honnête, je n’avais jamais fait attention à ça et il y a fort à parier que l’Anbu non plus, sinon, quelqu’un leur aurait posé la question… Je me demande même s’ils s’en rendent compte… Tu n’arrives pas encore à tirer des conclusions de ce que tu observes sans le vouloir, mais tu repères visiblement des détails qui ne sautent pas aux yeux de tout le monde…
- Et pourtant, quelqu’un a finalement deviné leur relation, réponds-je d’une voix sombre.
- Oui, mais parce qu’ils ont arrêté d’autant se cacher, nuance-t-il. Ça fait quelques semaines qu’ils sont plus proches, qu’ils passent leur temps ensemble, qu’ils se laissent se regarder avec plus de tendresse… Ça n’a rien à voir. Ils n’en sont pas à se tenir la main et se bécoter dans un coin évidemment, ce ne serait pas professionnel, mais ils arrêtent de se forcer à rester loin l’un de l’autre et c’est ça qui a dû mettre la puce à l’oreille à quelqu’un…
- Je comprends drôlement mieux les informations que m’avait donné Hokuto… Il n’est déjà pas facile d’être gay, encore moins dans les forces spéciales, mais alors bon sang… avec le commandant de l’Anbu…, souffle-je tristement. Il risquait bel et bien sa vie il faut croire… et je comprends mieux qu’il craignait que leur relation ne remette en question le poste de Toru…. Quand on voit ce qui lui est arrivé parce que quelqu’un a compris… Quelle horreur… Tu penses que Toru pourrait perdre sa place ?
- Oui et non. Ça dépend de comment l’Anbu le prendra… Beaucoup de forces spéciales sont arriérés et obsédés par les traditions, l’honneur, les valeurs… et leur relation est assurément à l’encontre de tout ça pour ces abrutis… Mais il y a aussi plein de gens bien qui s’en moqueraient complétement et qui se rendraient surtout compte que ce n’est pas parce que Toru sort avec Hokuto que ça signifie qu’il est moins bon ou méritant… Sérieusement, il mettrait un K.O. à n’importe lequel des membres sous ses ordres… Il n’est pas le chef pour rien !
- Il devrait mettre k.o. les forces spéciales qui l’embêtent là-dessus ! glousse-je.
- Je l’aiderais volontiers, une fois que j’aurai assassiné l’agresseur d’Hokuto, ronchonne-t-il. Tu avais drôlement bien fait de mettre les anciens dans notre poche mon ange, nous risquons d’en avoir vite besoin…
- Calme-toi ninja copieur de malheur, le réprimande-je.
Il éclate d’un petit rire et je lui fais une leçon de morale longue et insistante, pour lui garantir que s’il agresse encore un homme, je lui fais moi-même la tête au carré.