LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 213 : Le seigneur du feu

3523 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 27/03/2026 11:07

Chapitre 213 : Le seigneur du feu


Le trajet jusqu’au seigneur du feu nous prend toute une journée, et nous campons aux abords de la ville cette nuit. Je suis le seul jônin, avec une petite dizaine de chûnin et Kiyowa, qui m’a démontré son sérieux toute la journée alors que nous révisions tout un tas de connaissances techniques. Nous sommes en train de manger et je fais un petit topo pour mes ninjas :

-         Nous récupérons le seigneur demain matin. Le trajet avec lui durera toute la journée, tâchez de bien dormir, nous risquons de nous battre, ça arrive chaque fois qu’il se déplace. Une fois qu’il sera bien arrivé à destination, nous dormirons sur place avant de rentrer à Konoha. C’est un autre groupe qui se chargera de le ramener chez lui dans deux semaines.

Tout le monde acquiesce avec sérieux et dès que nous finissons de manger, les uns et les autres partent se coucher. Lorsque je rejoins Kiyowa dans ma tente, je la trouve en train de lire et je l’imite en m’installant dans mon sac de couchage. Nous lisons un petit moment dans un silence de mort, absorbés par nos lectures, ne sentant ni l’un ni l’autre le besoin de parler par « politesse ». Encore une fois, elle n’est vraiment pas chiante à emmener en mission et j’adore sa compagnie, même quand nous ne parlons pas.

Lorsque je vois que minuit approche, j’ai tout même l’impulsion paternelle de vouloir qu’elle se repose, alors j’éteins la lampe en me disant que je pourrai toujours lire avec mon sharingan.

-         Allez, au lit, annonce-je.

-         Oui, oui…, marmonne-t-elle.

Lorsque je tourne la tête vers elle, je la découvre en train de lire, byakugan activé.

-         Non mais tu te moques de moi ?! m’exclame-je en riant à moitié.

Elle rougit des pieds à la tête mais finit par en rire elle aussi :

-         J’avais oublié que vous pouviez me voir dans la nuit ! s’explique-t-elle honteusement.

-         Parce que tu fais ça souvent avec Gaï ?! m’exclame-je.

Elle me donne envie de mourir de rire, je ne peux pas croire qu’elle fasse croire à Gaï qu’elle se couche en même temps qu’eux pour finalement lire tranquillement toute la nuit.

-         Evidemment, en plus avec lui, il faut se coucher très tôt pour entretenir notre « jeunesse éternelle » ! pouffe-t-elle.

-         Il est minuit Kiyowa, j’estime que c’est une heure assez tardive pour que nous dormions, il y aura des combats demain, souligne-je en lui lançant un regard désapprobateur.

-         Oui je sais, je voulais juste finir mon chapitre Kakashi senseï…, s’excuse-t-elle.

-         Finis-le. Mais après tu dors, ordonne-je en me couchant et en fermant les yeux pour lui donner l’exemple.

-         Merci ! C’est vraiment trop cool les missions avec vous, chuchote-t-elle en affichant un immense sourire.  

Je lève les yeux au ciel alors qu’un sourire fend mon visage en deux, puisque je suis toujours touché et terriblement heureux lorsqu’elle me fait des réflexions de ce genre. Ça fait déjà quelques temps que j’ai arrêté de m’empêcher de m’attacher à elle, elle n’est pas ma genin c’est vrai, mais je ne pourrai jamais lutter contre cet amour quasi-paternel que je ressens pour elle.

*

Nous récupérons le pompeux seigneur du feu, qui comme à son habitude voyage dans une petite maisonnette que six hommes portent. Il emmène très heureusement de nombreux gardes avec lui, et il se relaieront au fur et à mesure de la journée. J’ai de la peine pour eux, ce ne sont pas des ninjas et je n’imagine même pas comme la tâche doit être épuisante pour eux, simplement pour que Monseigneur évite de marcher. M’enfin, ce n’est pas mon problème et ces hommes se sentent sans doute honorer de le faire puisqu’ils refusent que nous les aidions...

J’ai réparti mes hommes autour de nous, en formation éclatée dans les bois alentours, afin qu’ils soient en première ligne en cas de combat. Je suis avec Kiyowa, un peu en avant du convoi et je la briefe :

-         Je veux que tous tes sens soient constamment en alerte. Je te préviens Kiyowa, si je sens une embuscade, je ne te le dirai pas. C’est ta responsabilité. Dans quelques semaines, tu seras sans doute chûnin. Il faut que tes camarades puissent compter sur toi, et avec ton byakugan, crois-moi, ils se reposeront entièrement sur toi pour toute la détection d’ennemis. 

Elle me lance un petit regard, légèrement craintif, avant d’activer son byakugan.

-         Je ne veux pas voir de crainte dans tes yeux ! la rabroue-je. Tu en es largement capable mais si tu doutes de toi, tu ne seras pas efficace. Je ne combattrai pas non plus avec toi, je surveillerai tes combats seulement alors ne compte pas sur mon aide, j’attends de toi que tu sois efficace, organisée et réfléchie.

Elle hoche la tête avec sérieux mais je la connais, je vois qu’elle appréhende un peu.

-         Kiyowa, si je te vois douter de toi ou de tes capacités à un seul moment, une seule petite seconde, je te jure que je te désinscrirai de l’examen des chûnin.

Malgré le cirque qu’elle m’a fait, je me doutais bien que cet examen lui tenait à cœur et je ne suis donc pas étonné de la voir me regarder avec horreur :

-         Vous êtes effectivement beaucoup plus exigeant que Gaï senseï ! couine-t-elle.

-         Je te l’avais dit. Et j’attends beaucoup de toi parce que je pense que tu pourras m’égaler un jour, ne l’oublie pas, dis-je en lui lançant un regard appuyé.  

Elle se raccroche à mes yeux, elle y lit ma sincérité, ma confiance totale en elle et ses capacités, ce qui la motive forcément :

-         Je ne vous décevrai pas Kakashi senseï, répond-elle en se concentrant à fond, plongeant son regard déterminé sur les bois autour de nous.

Très bien. C’est exactement ça que je voulais voir. Le moment où elle reprend du poil de la bête, le moment où elle passe d’une gamine inquiète à une combattante excellente. Il est vraiment malheureux de devoir lui donner aussi régulièrement confiance en elle alors qu’elle pourrait anéantir une bonne partie de nos chûnin actuels… mais c’est comme tout, sa confiance viendra avec le temps.

*

A la mi-journée, je sens des ennemis cachés à un kilomètre devant nous et je reste muet comme une carpe, en attendant patiemment qu’elle les détecte. Elle ne met pas bien longtemps :

-         Embuscade, souffle-t-elle doucement.

-         Très bien. Viens avec moi.

Je fais un signe à un de mes ninjas pour lui indiquer de ralentir le convoi et je m’élance en avant avec Kiyowa, filant à travers les bois comme deux boulets de canon.

-         Nous ne les prévenons pas ? demande-t-elle.

-         Et non ma grande, c’est toi qui te charges de nos adversaires, annonce-je.

-         Toute seule ?!

-         Toute seule.

Elle déglutit et je lui lance un regard sévère en voyant revenir son hésitation :

-         Je ne suis pas du genre à me répéter Kiyowa, gronde-je.

-         Alors stop.

Elle freine des quatre fers et je l’imite, surpris. Je crains une seconde qu’elle n’abandonne, mais pas du tout, elle se concentre.

-         Ce n’est pas comme ça que je procéderais, dit-elle.

-         Je te suis Kiyowa, je ne suis là que pour observer, fais comme tu le sens.  

Elle se lance alors à toute vitesse sur la droite pour les contourner. Je les sens, mais je ne les vois pas, elle a l’avantage de savoir comment ils sont placés et je suis incroyablement fier d’elle. C’est vrai que j’ai l’habitude d’attaquer la plupart de mes ennemis de front, sans réfléchir, parce que je sais que je les aurai sans le moindre doute, et j’ai induis Kiyowa sur cette voie en leur fonçant dessus. Je suis très fier qu’elle ait osé me contrer pour faire les choses à sa manière, le simple fait qu’elle ait réfléchi différemment est excellent.

Nous approchons de nos adversaires, elle leur fonce dessus sans émettre le moindre bruit et lorsque nous sommes tout proches, je me perche sur une branche pour observer son combat. Ils sont une quinzaine de brigands mais puisque ce ne sont pas des ninjas, elle devrait très facilement s’en sortir et je ne suis pas inquiet.

On dirait une petite tornade noire et blanche. Elle se glisse et se faufile à la vitesse de l’éclair entre eux, distribuant des coups absolument chirurgicaux et je ne peux pas retenir mon sourire en la voyant se battre comme ça. Leur répartie est minable puisque ce sont des civils, mais j’apprécie de voir qu’elle prend la situation au sérieux malgré tout puisqu’elle couvre ses arrières et étudie les alentours en se battant.

J’entends alors sur ma droite des bruits plus furtifs qui nous foncent dessus, des ninjas cette fois, sans doute des mercenaires payés par les brigands pour les aider en cas de problème. Ils sont silencieux et très rapides, ils arrivent comme des oiseaux de proies alors que Kiyowa termine ses ennemis sans montrer aucun signe qui prouverait qu’elle les a repéré. Ça me parait tout de même difficile à croire, puisque ma petite protégée est excellente, mais elle termine son dernier brigand et se tourne face à moi pour me regarder avec un sourire fier aux lèvres. Je commence à paniquer de la voir plantée au milieu de la clairière, comme si le combat était fini alors que les ninjas se rapprochent d’elle. Les mercenaires sont souvent des ninjas hors-pair, Kiyowa risque de se faire arracher la tête dans moins d’une seconde si elle reste plantée comme ça à me regarder. Mais j’avais dit que je n’interviendrais pas… Je suis déchiré entre ma peur panique pour ma pupille et ma confiance en ses capacités à réagir au dernier moment.

Le temps s’étire, tout mon corps se tend alors que je fixe ma protégée et que les pires scénarios envahissent ma tête. Je ne peux pas ne pas intervenir. Ma main saute dans ma sacoche pour attraper un kunaï au moment où je bande mes muscles pour sauter la rejoindre mais elle me fait un petit clin d’œil qui m’arrête net.

La scène qui suit me ravit au-delà de tout.

Au moment précis où tous les mercenaires lui sautent dessus en la prenant pour une genin incompétente, elle bondit du sol en l’air à la vitesse de l’éclair, les laissant tous plantés là, sous ses pieds. Je la regarde, concentrée à l’extrême, se contorsionner pour envoyer une pluie de shuriken sur les ninjas qui réalisent seulement qu’elle n’est plus là. Elle en tue un sur le coup mais blesse la plupart avant d’activer une technique pour leur retomber dessus avec virulence.

-         Excellent !! crie-je en me jetant dans la mêlée.

Nous nous battons à deux, je m’applique surtout à tenir à distance une bonne partie de nos assaillants pour la laisser gérer les autres. Je ne voulais pas intervenir mais je n’avais pas prévu que nous tombions sur des mercenaires avec un niveau aussi pointu, je n’aurais jamais laissé un chûnin de Konoha les affronter seuls sans l’aider, puisque ça aurait été prendre des risques inutiles, alors il est évident que j’aide ma genin.

Je la regarde se débattre à toute vitesse, son corps à corps est impeccable, on sent la patte de Gaï et du taijutsu. Ses yeux l’empêchent également de se faire surprendre par derrière et elle tournoie encore et encore, ses kunaï tintant à droite et à gauche avec précision. Elle utilise des techniques aussi, très bien réalisées, dans la fluidité la plus totale, elle choisit bien ses moments, ne prend pas de risques, elle applique tout ce que je lui ai déjà dit de faire. Elle se sert de son environnement pour le mettre à son avantage et est en mouvement perpétuel, elle est excellente bon sang.

Nous les finissons rapidement et je me dirige vers elle en secouant la tête, complétement impressionné :

-         C’était excellent Kiyowa, vraiment excellent, je n’ai même pas de commentaires à faire !

-         Vous avez failli intervenir senseï…, me taquine-t-elle immédiatement.

-         Mais non, j’allais te laisser te faire tuer ! mens-je.

-         Vous mentez ! Je vous ai vu saisir un kunaï pour voler à mon secours avant qu’ils n’arrivent ! C’est bien pour ça que je vous ai fait un clin d’œil ! glousse-t-elle.

-         Ton byakugan est défectueux, je n’ai rien fait de tel, réplique-je en levant le nez.

-         Je gérais la situation… mais vous avez eu la trouille pour moi senseï ! Alors que vous aviez dit que vous n’interviendriez pas ! pouffe-t-elle.

Je grommèle dans ma barbe, puisque je ne peux guère me défendre sur ce coup et elle rit un peu plus en sous-entendant que je suis une vraie mère poule, puisqu’elle sait bien qu’elle m’agace quand elle dit ça. Je lui fonce dessus pour la fiche par terre et elle se défend en riant, évitant mon attaque avec brio, ce qui ne manque pas de m’impressionner un peu plus. Après une petite lutte de quelques secondes, j’arrive évidemment à la mettre par terre alors qu’elle rit toujours et nos camarades nous rattrapent.

Nous menons le seigneur du feu à bon port à la nuit tombée, et je passe ma soirée à vanter Kiyowa, qui n’en finit plus de rougir de plaisir alors que les chûnin la félicitent. Nous passons la soirée autour d’un feu, à les écouter lui relater leurs propres examens chûnin, pour qu’elle sache bien à quoi s’attendre et qu’elle se rassure en discutant avec eux, qui doutaient tout autant qu’elle avant de le passer et qui l’ont pourtant réussi.

Lorsque nous nous retrouvons dans la tente le soir, elle ne lit pas et préfère se coucher sur le flanc face à moi, les mains posées sous sa tête pour m’observer. Elle me demande alors de lui raconter mon examen chûnin, ce que je fais, et nous dévions finalement sur d’autres sujets lorsqu’elle me pose plus de questions. Je lui raconte ma sélection pour les renseignements en détails, les atouts qu’on cherche là-bas, les entrainements spécifiques qui ont suivi, les missions qu’on effectue lorsqu’on devient espion.

Nous en avions déjà discuté tous les deux, puisque j’ai toujours pensé qu’elle devrait prendre cette voie, mais c’est la première fois qu’elle me pose autant de questions, qu’elle creuse la chose à ce point. Je me demande si c’est parce qu’elle sait qu’elle sera bientôt chûnin et que cette voie pourrait vite s’offrir à elle s’il elle décidait de s’y lancer. Tard dans la soirée, elle me pose subitement des questions sur Jiraya et Naruto, voulant en apprendre un peu plus sur leur apprentissage à deux. J’essaie d’avoir l’air le plus naturel possible en lui répondant, mais j’imagine qu’elle me pose la question parce qu’elle envisage de me le demander, ce qui me touche plus que de raison.

La situation devient plus claire un bon quart d’heure après la fin de notre conversation. Nous sommes allongés dans le noir, à regarder le plafond de la tente en attendant de nous endormir lorsqu’elle reprend la parole, et que j’estime qu’elle essaie de prendre la température :

-         Si vous étiez mon Maitre par exemple… je pourrais apprendre à invoquer des ninken… ? demande-t-elle.

-         Oui…, réponds-je timidement.

-         Mais vous n’avez jamais eu d’élèves… enfin, pas de chûnin… si ? demande-t-elle aussi timidement que moi.

-         Non… Mais on ne me l’a jamais demandé il faut dire…

Nous nous ressemblons tellement elle et moi que je ne suis pas étonné que cet échange aussi important se fasse dans le noir, sans même que nous nous regardions.

-         Et si quelqu’un vous le demandait, vous pensez que vous accepteriez… ? J’ai du mal à vous imaginer avoir un apprenti avec vous constamment… j’ai le sentiment que ça vous gênerait… Après tout, vous ne prenez plus de genin alors…, chuchote-t-elle.

-         Ça dépend de qui me le demande… si c’était un chûnin avec qui je m’entends bien, que je n’ai pas de mal à prendre avec moi en mission, avec qui le contact est facile… je suppose que j’accepterais…

Un petit blanc plane entre nous, quelques minutes, et dès que j’entends son cœur accélérer légèrement, ma gorge se noue un peu sous l’émotion.

-         Et si je vous le demandais ? ose-t-elle finalement.

-         Si tu me le demandais, j’accepterais.

Encore un petit silence, où je devine que nous sourions tous les deux et je ne peux pas m’empêcher de casser un peu le moment d’émotion pour nous remettre à l’aise :

-         Il faudrait déjà que tu réussisses ton examen…, grommèle-je.

-         Oui… Je le réussirai, et quand je serai chûnin, je vous le demanderai, conclut-elle d’une voix heureuse.

Nous arrêtons notre discussion là-dessus et je m’endors avec mon sourire heureux aux lèvres.

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