LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)
Chapitre 203 : Les ragots de l'Anbu
Après deux bonnes heures de retrouvailles amoureuses et une douche, je suis au paradis, lovée contre mon Kakashi sous les draps propres que nous venons de mettre. Je profite de l’odeur douce de lessive de mes draps, de son savon, de l’air frais qui entre par la fenêtre entrouverte alors que je suis bien au chaud contre son corps brûlant.
- Tu as des jours de repos ? demande-je.
- Pas vraiment, mais j’ai prévenu Minato que je ne travaillerais pas beaucoup puisque tu es en vacances.
- Il a accepté ?
- Evidemment, il est même très heureux que je ne prenne pas vraiment de jours de congés, car il y a beaucoup de boulot à rattraper après tout ce foin avec Kiri. Il préfère largement que je travaille un petit peu que pas du tout. Tu arriveras à t’occuper sans moi ou il faut vraiment que je ne te quitte pas d’une semelle ?
Je glousse bêtement :
- Ça ira, je trouverai bien de quoi m’occuper pendant tes absences… tu sais quand aura lieu le prochain conseil ?
- Demain matin, alors Shin sera officiellement jônin demain soir je suppose…
- Je n’ai jamais eu de proches qui sont passés jônin, comment ça se passe ? demande-je.
- Et bien, le conseil étudie le dossier et s’il l’accepte, ce qui sera le cas, la promotion est actée. La cérémonie a lieu le soir-même en général, les genin sont chargés de l’organisation de la salle l’après-midi et la soirée est ouverte à n’importe qui voulant célébrer le nouveau grade. En général il y a la famille et les amis, mais aussi tous les représentants officiels de Konoha, le conseil, les représentants de nos secteurs, les services de l’Hokage… Ce sont de gros événements.
Les représentants des secteurs… tout ça me donne envie de creuser un peu pour avoir des informations sur l’histoire d’Hokuto.
- Il y a aura le grand chef des forces spéciales ? demande-je innocemment.
- Evidemment, c’est Minato « le grand chef », répond-il sans comprendre.
Je déploie tout mon self-contrôle pour rester neutre face à l’information, qui me retourne pourtant des pieds à la tête alors que je réalise qu’Hokuto est peut-être bien l’amant de la femme de notre Hokage. Puisque je sens que je ne vais pas réussir longtemps à rester neutre, je préfère mettre l’information de côté et m’assurer que ce soit la seule option :
- Minato est le grand chef, d’accord, mais il n’y a pas une petite hiérarchie parmi eux ? Je ne sais pas, il me semblait que tu dirigeais les forces spéciales à une époque, c’est ce que m’avait dit Nanba alors je ne comprends pas… ?
- Oui, il y a une hiérarchie, oui j’étais à la tête des forces spéciales, mais ça n’est pas un rôle de « grand chef » comme tu dis. Le commandant de l’Anbu ne décide pas des missions, il coordonne juste les forces spéciales pour répondre aux ordres de Minato… C’est Toru qui les dirige maintenant.
- Toru ?! m’exclame-je en me redressant.
Kakashi m’observe comme si j’étais dingue quelques secondes et j’essaie d’avoir l’air naturelle en calmant ma surprise. Que ce soit Toru ou Minato, je trouve ces deux hommes plutôt gentils et calmes… Je n’arrive pas à imaginer que l’un d’eux puisse être plus violent dans l’intimité que prévu, avec une femme qui craint de les quitter… tout ça est très étrange.
- Oui, Toru… ? demande Kakashi avec des yeux interrogateurs.
Je me rallonge contre lui, en tentant toujours d’afficher un air neutre :
- Toru est marié ?
- Non, quelle drôle de question, pourquoi me demandes-tu ça ?
- Je ne sais pas, j’essaie de mieux comprendre les forces spéciales, l’organisation, la hiérarchie… Je ne comprends rien ! me plains-je.
J’utilise ma petite voix boudeuse, une arme redoutable contre Kakashi qui veut toujours me faire plaisir, et il ne tarde pas à me satisfaire :
- Si on parle de hiérarchie globale, il y a Minato, évidemment, et Toru, en tant que commandant. Mais il y a un troisième homme qui peut s’ajouter au tableau, Fumei, qui par son statut obtient une forme de reconnaissance de tous les forces spéciales. Ce n’est pas une hiérarchie directe, c’est son statut dans l’Anbu qui crée un respect des autres, ce qui crée une hiérarchie officieuse. Je ne sais pas si c’est clair ?
- Si, Fumei n’est pas un supérieur en théorie, mais comme il a atteint un certain statut, le reste des forces spéciales est très admiratif et respectueux de sa personne… Ils ont donc tendance à le considérer comme au-dessus d’eux, même si ça ne devrait pas être le cas, c’est ça ?
- Exactement.
- Et ce Fumei, quel est son statut alors ?
- Pour devenir force spéciale, on se fait repérer. C’est Fumei qui se charge des prétendants, il les entraine et les étudie un petit temps avant de décider de proposer leurs candidatures à Minato, qui les accepte ou non. Il propose aussi des entrainements réguliers, il a de l’expérience et ses conseils sont précieux.
- Il est donc plus ou moins vu comme un instructeur ? Comme la personne qui donne la chance d’intégrer cette unité ? Ça doit lui donner une grosse force psychologique sur les autres…
- Tout à fait.
- Comment est-il ce Fumei ? Pourquoi ne l’ai-je jamais rencontré ?
- Il est… stricte. Tu ne l’as jamais rencontré parce qu’il ne fait plus de missions depuis longtemps et se charge uniquement des entrainements et du repérage des nouvelles recrues. Il est plus âgé que moi, il a passé une grande partie de sa vie dans les forces spéciales car il était excellent.
- Il est marié ?
- Oui, encore cette drôle de question, en quoi ça t’intéresse ? s’amuse-t-il.
- Je ne sais pas, les femmes sont curieuses Kakashi…, élude-je. Comment est-elle, sa femme j’entends ?
Il me lance un petit regard qui m’émoustille, car c’est son regard joueur, quand il sait qu’il a de quoi m’intéresser et me faire glousser.
- Des ragots ?! m’excite-je.
- Plus ou moins. Fumei est marié à une femme beaucoup plus jeune que lui, une force spéciale qu’il a entrainé et avec qui il a entamé une relation… Ça a un peu fait scandale, certains parlaient d’abus de pouvoir… Alors ils se sont mariés très rapidement pour faire taire les langues de vipères et prouver que leur relation était sérieuse, pas juste une amourette entre un instructeur et sa jeune recrue… Et ça a marché, ça a fait taire les commérages et ils sont ensemble depuis bientôt dix ans alors…
J’ouvre des yeux immenses en entendant cette histoire, en comprenant que je tiens sans doute l’identité de l’amante d’Hokuto. Tout ça fait sens, mariée trop jeune, à un homme de pouvoir qui l’impressionnait, un homme stricte et influent qu’elle n’ose pas quitter maintenant qu’elle est plus âgée et se rend compte qu’il ne la rend pas heureuse.
- Mon histoire te plait petit démon ! plaisante Kakashi en embrassant mon nez.
- Oui ! C’est fascinant… je ne pensais pas les forces spéciales capables de commérages… Et cette histoire… qu’est-ce que tu en penses toi ?
- Je n’en pense pas grand-chose, ce sont leurs affaires.
- Kakashi…, ronchonne-je.
Je lui lance mes yeux les plus boudeurs et il rit un peu avant d’étayer ses pensées :
- J’en pense que cette fille s’est fait avoir. Son « supérieur » lui a sans doute mis des étoiles plein les yeux à l’époque où elle rêvait de faire partie de l’Anbu, elle le voyait comme un homme d’exception, elle devait se sentir fière de lui plaire… Elle s’est mariée pour éviter le scandale et se retrouve coincée avec un grincheux qui ne rit jamais et qui râle tout le temps.
- C’est terrible… Maintenant qu’elle est mariée, elle ne voudra peut-être pas briser son mariage pour essayer de trouver le bonheur avec un homme meilleur…, geins-je.
- J’ai tout intérêt à rapidement te demander en mariage ! rit-il. Quand tu te rendras compte que je ne suis qu’un ronchon antipathique et ennuyeux, tu seras malheureusement lié à moi jusqu’à ce que la mort nous sépare et tu ne me fileras pas entre les doigts !
Je glousse comme une bécasse de sa plaisanterie et je me perds quelques minutes sur ses lèvres, portée par mon bonheur écrasant, jusqu’à ce qu’il se retrouve à demi au-dessus de moi, pour m’embrasser avec plus d’application. Mais lorsque je croise ses yeux amoureux, un pincement au cœur me ramène à ma préoccupation première : la tristesse d’Hokuto.
- Fumei sera là demain ? A la cérémonie de Shin ? demande-je.
- Bien sûr, être promu jônin est un événement, nous sommes tout de même plutôt rares.
- Et Hokuto ? demande-je.
- Pourquoi ?
- Pour savoir… J’ai diné avec lui hier soir… Nous nous sommes rapprochés, nous avons beaucoup discuté… je serais ravie de le voir demain.
- Je pourrai l’inviter pour toi s’il n’y a que ça… Mais il y aura sans doute Rinko et une partie de sa bande, et puis Shin, et moi… Je veux dire, tu ne seras pas toute seule… tu peux même inviter tes collègues…
- Invite Hokuto, j’aimerais beaucoup l’y voir.
Il fronce les sourcils en se rallongeant à côté de moi, ses beaux yeux suspicieux toujours vrillés sur mon air le plus innocent que je maintiens en place. Je suis une bonne gardienne de secrets, certes, mais Kakashi est dans la confidence lui aussi… alors sans en dire trop, je tâte le terrain :
- Hokuto s’est confié à moi, il m’a raconté ses problèmes amoureux.
- Vraiment ?! s’étonne-t-il.
Je vois qu’il est sincèrement très étonné, comme s’il n’en revenait pas, alors j’essaie de la jouer intelligente pour lui tirer les vers du nez :
- Oui… Quelle tristesse… devoir cacher son amour comme ça … ne pas pouvoir être heureux… Tout ça à cause du jugement … Qu’est-ce que tu en penses toi… ?
Il m’analyse silencieusement pendant quelques secondes, son visage ne trahit rien, et je réalise à quel point mon cher et tendre est doué pour rester impassible. Plus nous nous dévisageons, plus je réalise qu’il n’existe pas un seul monde où j’arriverais à leurrer Kakashi pour qu’il me donne des informations sans le vouloir…
J’aurais sans doute même mieux fait de le supplier à genoux de me révéler l’identité de cette femme, j’aurais eu plus de chance qu’il me le dise plutôt qu’en essayant vicieusement de lui tirer l’information en jouant celle qui sait tout.
Il hausse un sourcil en m’observant, je rougis automatiquement, gros aveu de culpabilité, et il éclate de rire :
- Démon ! Tu n’es quand même pas en train d’essayer de me tromper ?! s’exclame-t-il.
Je rougis un peu plus alors qu’il est plié en deux et je me redresse en tailleur pour pointer un doigt accusateur sur lui :
- Bien sûr que si, puisque tu ne veux rien me dire ! Je suis ta petite-amie maintenant Kakashi ! Tu peux tout me dire, tu dois tout me dire ! Les couples partagent tous les petits secrets qu’ils gardent ! tente-je.
- Pas question, et si je devais te raconter tous les secrets que je connais, nous serions morts avant que je n’arrive au bout ! rit-il. Je fais littéralement partie des services secrets !
- Pas tes secrets défense ! râle-je. Mais les petits ragots sur nos amis, c’est presque un devoir conjugal que de me les raconter !
- Mais nous ne sommes pas mariés il me semble…, souligne-t-il en affichant un sourire jusqu’aux oreilles.
- Je te déteste ! ronchonne-je en croisant les bras sous la frustration.
- Bouder ne marchera pas, ma petite oursonne grognonne… Hokuto me fait confiance, je ne le trahirai pas, pas même pour tes magnifiques yeux.
- Mais il m’en a parlé ! Je suis dans le secret moi aussi ! me récrie-je.
- Tu ne sais visiblement pas tout puisque tu viens me tirer des informations, réplique-t-il en essayant de me rallonger contre lui.
- Je sais juste les grandes lignes, admets-je en me laissant aller contre son torse.
Je lui relate plus ou moins ma conversation avec Hokuto et il m’écoute sans rien laisser paraitre, alors que je donne tout pour essayer de repérer sur son visage une quelconque émotion au moment où je lui révèle que je sais qu’elle fait partie des forces spéciales et qu’elle est mariée avec un « supérieur ». Alors même que nous venons d’aborder le sujet de Minato et de Fumei, Kakashi n’a pourtant pas la moindre expression qui le trahisse ou qui me prouve que j’ai visé juste avec ces deux-là et c’est rageant.
Hokuto ne m’a pas clairement dit que la femme qu’il aime était marié à un supérieur après tout… Cette enquête me rend dingue mais je suis bien déterminée à la résoudre dans les jours qui arrivent puisque je suis en vacances et que j’ai tout mon temps pour la mener. Avec en prime une petite fête demain soir où tout ce beau monde sera réuni et où je pourrai analyser le comportement des uns et des autres.