LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)
Chapitre 202 : Le retour de Kakashi
Point de vue d’Hanako
Alors que je me creuse la tête pour déterminer pourquoi cette relation peut être mal vue, une petite idée se glisse dans ma tête et je préfère poser la question à Hokuto :
- Pourquoi serait-ce mal vu ? Elle fait partie des anciens ? Et si elle est à l’académie, alors effectivement, je ne risque pas de te réadresser la parole, autant être honnête.
Il éclate encore de rire :
- Non, nous avons le même âge, tu peux tout de suite te rassurer ! s’esclaffe-t-il.
- Bon alors à partir de là, je peux tout entendre Hokuto, je t’assure.
Il hoche la tête puis tire longuement sur sa cigarette, l’air pensif, jusqu’à ce qu’il reprenne :
- Elle n’est pas prête à assumer notre couple, elle a sa vie et son travail, ses amis et ses proches… Le tout serait remis en question… Assumer notre amour bouleverserait sa vie, la mienne aussi d’ailleurs mais c’est plus facile de parler en son nom qu’au mien car je suis bien plus inquiet pour elle que pour moi.
- Pourquoi tout serait-il remis en question ?
- Les gens ne comprendraient pas son choix, elle serait mal vu et ça pourrait remettre en cause son travail je crois, nous avons tous les deux des travails très particuliers… Faire partie des forces spéciales est un honneur, les places sont limitées, il n’y a que les meilleurs… Faire un scandale pareil pourrait nous faire perdre nos places, surtout pour elle.
J’hoche la tête doucement alors que la tristesse de la situation commence enfin à se dessiner dans ma tête :
- Elle fait aussi partie des forces spéciales ? demande-je.
- Oui.
- Alors tu fais des missions avec elle, tu la côtoies beaucoup, tu la vois pratiquement tous les jours alors que tu ne peux pas être avec elle ?
- Oui…, souffle-t-il.
- Quelle tristesse…, murmure-je.
Nous échangeons un regard peiné qui le pousse à continuer :
- Je la vois tout le temps mais je ne peux jamais la voir vraiment… Je lui parle souvent de stratégies, de missions et de combats mais je ne peux pas échanger avec elle… Je croise ses yeux aussi torturés que les miens pratiquement tous les jours…
- Tu ne peux jamais passer du temps avec elle ? Vraiment jamais ? demande-je.
Il retrouve enfin le sourire en se perdant dans ses pensées :
- Si… ça arrive… parfois nous craquons, quand notre amour devient trop difficile à gérer, à contenir … Nous nous accordons une soirée, une nuit… Et c’est… beau. Ce sont les meilleurs moments, les moments où je suis moi-même, où je respire… derrière les portes fermées, loin des yeux de Konoha et du jugement…
Les larmes me montent aux yeux alors que je le dévisage. Je comprends tellement ce qu’il me dit, mon histoire avec Kakashi résonne si fort avec la sienne que mon cœur est meurtri pour lui, que je ressens ses émotions, sa tristesse et son désespoir. Il observe ma bouffée d’émotion avec tendresse :
- Tu comprends mieux pourquoi j’adorais écouter les avancées de ta relation avec Hatake ? Pourquoi votre histoire me touche depuis le début, me donne de l’espoir depuis quelques semaines et me fait rêver depuis quelques jours…
- L’amour triomphe toujours Hokuto…, couine-je de ma voix émotive.
- Si seulement.
Je secoue la tête pour évacuer mon émotion et me remettre d’aplomb, parce qu’il est hors de question que je ne fasse pas tout ce qu’il est en mon pouvoir pour aider Hokuto. Je sens de toute façon qu’il est bien plus ouvert, alors j’y vais plus franchement :
- Bon alors quel est le problème ? Si vous vous aimez, pourquoi le regard extérieur pèserait sur vous ? Je sais qu’on risque de beaucoup me juger pour avoir fréquenté Rinko mais sortir désormais avec Kakashi, mais ce n’est pas grand-chose comparé à mon bonheur d’être avec lui, et puis nous faisons front ensemble. Si vous assumiez, vous seriez deux pour affronter les jugements, ce n’est pas négligeable…
- C’est plus compliqué que vous Hanako, fais-moi confiance.
- Mais pourquoi ? Ça me rend dingue de n’en savoir que la moitié ! Je veux t’aider ! m’enflamme-je.
Il ne répond pas, il a l’air aussi frustré que moi de ne pas réussir à me dire les choses alors je me tortille pour mieux me caler dans mon fauteuil en sirotant mon verre de vin pour allumer mes méninges. Hokuto allume compulsivement une troisième cigarette et je lui lance un coup d’œil sévère.
- Ça finira par te tuer, maugrée-je.
Il rit simplement et j’observe mon verre alors qu’un silence tombe. Il est confortable, comme si nous nous perdions en même temps dans nos pensées sur le sujet et je commence mon enquête malgré ma petite ivresse. Le jugement semble être le plus gros problème dans cette histoire, au point de peut-être leur faire perdre leur travail… Ça me parait aberrant mais soit. Qu’est-ce qui pourrait les déshonorer à ce point ? Je sais que les habitants de Konoha ont tendance à placer l’honneur au-dessus de tout et je me doute qu’il est important de ne pas faire de vagues lorsque nous sommes dans les forces spéciales… mais tout de même.
Je réfléchis ensuite à ma propre histoire, je me base sur mon vécu et ce qui est honteux dans ma relation, pour en arriver à la conclusion qu’elle doit être avec quelqu’un. Peut-être avec un ami d’Hokuto, mais si tel était le cas, alors je ne vois pas pourquoi son histoire serait pire que la mienne… C’est donc pire que ça.
Je réfléchis depuis quelques minutes lorsque la réponse me saute aux yeux grâce à mon transfert avec mon histoire avec Rinko. Quand je pense à tout ce qui a facilité mon couple avec Kakashi, tout ce qui penchait en faveur de notre amour : mon histoire avec Rinko était récente et peu sérieuse. Je me suis éloigné de lui dès mon premier baiser avec Kakashi, j’ai même arrêté notre drôle de relation en le fuyant avant de le quitter rapidement… Et tout ça était déjà drôlement limite.
- Elle est mariée ? demande-je d’une voix blanche.
Il me jette simplement un petit coup d’œil sans répondre et je pose mes doigts sur mes lèvres alors que les idées jaillissent dans ma tête :
- Elle est mariée à un homme des forces spéciales… à un homme haut placé dans les forces spéciales…, chuchote-je. Si vous assumez votre amour, alors toutes les forces spéciales ou presque vous jugeront… Vous ne vous feriez pas virer, vous imaginez que vous démissionneriez à cause de la pression et du jugement…
Je fais le lien avec ce qu’il m’a dit plus tôt et je continue :
- Et avant même d’en arriver là, il faudrait assumer votre relation, assumer de briser son mariage pour te choisir toi à la place… assumer les regards sur vous, les jugements, le déshonneur…
Il ne répond toujours pas mais mon esprit continue de fuser alors que je réalise qu’il m’a parlé de risques, de danger pour sa vie. Mon cœur est meurtri alors que je conclus :
- Son mari ne laisserait pas les choses se faire si facilement ? Il pourrait être violent, s’en prendre à vous deux ? Vous vous sentez forcés à rester dans cette situation à cause du danger et de la pression que ça représente…
Ma voix s’éteint, je réalise qu’il y a effectivement bien pire que mon pauvre petit triangle à moi, alors que je suis désormais en couple avec Kakashi et amie avec Rinko… Je ne sais pas de quoi je me plains, je me ficherais des claques.
- Je ne confirme ni n’infirme rien de ce que tu dis. Mais comme j’essaie de te le dire depuis un moment Hanako, mon histoire est très compliquée.
Je me laisse être triste quelques minutes, un silence douloureux s’installe désormais.
- Je vais aller me coucher ma choupette, dit-il finalement.
J’hoche la tête et nous nous levons, toujours pensifs. Alors qu’il me raccompagne jusqu’à sa porte, il parle tout de même :
- Je sais que je ne t’ai pas dit grand-chose, mais merci Hanako, ça m’a fait du bien de t’en parler un peu… Ça change d’Hatake, qui me dit simplement qu’il sera là pour moi et que je suis un dégonflé.
Je lui offre un petit sourire :
- Je ne te juge pas, je ne te dirai pas que tu es un dégonflé… mais ça me rend malheureuse pour toi… Et je… je …
- Tu ? demande-t-il.
Nous échangeons un regard, un regard amical et complice qui me donne le courage de lui dire ce que j’en pense :
- Depuis que j’ai compris ta situation, au moins une partie je suppose, je réfléchis à tout ça… Et peu importe le sens dans lequel je retourne la chose, j’en arrive à une seule conclusion Hokuto… Tu devrais assumer, vous devriez assumer votre amour. Je sais qu’on se connait peu toi et moi, mais je ne supporte pas de me dire que tu te rends malheureux pour ça… L’honneur, le jugement, les regards des habitants… tout ça n’a pas d’importance pour te permettre de vivre ta belle histoire d’amour. Tu ne seras pas seul, vous ne serez pas seuls… Vous aurez toujours au moins Kakashi et moi… Je me fiche des forces spéciales, je me fiche de tout le monde ! Rien n’est plus important que d’être avec la personne qu’on aime, c’est avec elle que nous finissons notre vie, que nous dormons chaque nuit et nous réveillons chaque matin… Tu ne peux pas imaginer le nombre de fois où j’ai prié secrètement pour que Kakashi aille contre son amitié avec Rinko pour me choisir moi… Le nombre de nuits blanches à me dire que je ne comprenais pas pourquoi il ne réalisait pas que c’est avec moi qu’il ferait sa vie, que je serais sa famille… J’ai déjà rêvé que nous partions tous les deux une nuit, sans nous retourner, pour refaire notre vie dans un autre pays… Tout ça pour quoi ? Simplement pour fuir le jugement ? Les difficultés ? Ce n’est pas à nous de nous rendre malheureux ou de fuir Hokuto, de nous cacher ou d’avoir honte… Son mari ne peut pas lui en vouloir à moins d’être un sombre con. Si ce n’est pas lui l’homme de sa vie alors ce n’est pas lui, personne ne devrait avoir le droit de juger deux personnes qui s’aiment, c’est la vie. Le seul conseil que je peux te donner après ce soir est que tu devrais tout faire pour être avec l’amour de ta vie, tout risquer pour atteindre le bonheur absolu, tout en sachant que vous ne serez jamais seuls puisque Kakashi et moi serons là pour vous et je ne doute pas que d’autres personnes le seront aussi. Vous êtes ceux qui doutez le plus, qui cachez tout ça sans même laisser une chance à vos proches de vous prouver qu’ils vous aiment et vous soutiennent dans vos choix. Vous vous bornez à ce que vous pensez au lieu de vous jeter à l’eau et de découvrir à quel point tout ça serait peut-être beaucoup plus simple et plus magnifique que dans tous vos rêves les plus fous.
Il a les larmes aux yeux, à deux doigts de déborder, et son visage est si modifié par son émotion vive que je décide de le laisser là-dessus, pour qu’il puisse se décharger et pleurer si c’est ce dont il a envie, sans se sentir gêné par ma présence. J’embrasse donc sa joue longuement alors qu’il me serre contre lui d’un bras avec force, puis je file dans le couloir.
*
Le lendemain, il est bientôt vingt et une heure, je suis aux portes du village et je ne tiens pas en place. Kakashi m’a envoyé un message pour me prévenir qu’il partait de Kiri ce matin, je l’ai reçu dans l’après-midi et j’ai estimé son temps de trajet pour savoir l’heure approximative de son retour. J’ai tourné un peu en rond chez moi mais j’ai fini par sortir pour l’attendre aux portes du village, trop impatiente de le revoir et de continuer cette petite vie à deux que nous avons enfin commencé récemment. Les gardes sur le mur du village me lancent des petits regards sans commenter, ils doivent se demander ce que je fiche là toute seule dans la nuit.
Et enfin, enfin, les premiers ninjas sortent des bois sombres. Je le repère évidemment tout de suite en première ligne et je me précipite à sa rencontre, survolant la petite bande d’herbe qui sépare le village de la forêt. Ils sont tous très surpris mais je les ignore alors que je file comme le vent, droit sur Kakashi et sur ses bras qui commencent à légèrement s’entrouvrir pour me réceptionner. Dès que j’arrive à quelques mètres, je bondis pour me jeter dedans en sachant pertinemment qu’il va me rattraper et j’ai enfin le bonheur de refermer mes bras autour de sa nuque alors qu’il me serre contre lui en riant doucement :
- Mais qu’est-ce que tu fais là ?! demande-t-il joyeusement.
- Je ne supportais pas de t’attendre une minute de plus à la maison ! geins-je en le serrant de toutes mes forces.
Le reste des ninjas ne s’est pas arrêté et nous nous retrouvons donc en tête à tête, à nous serrer devant les portes du village comme si nous ne nous étions pas vus depuis des semaines. Après quelques baisers, il prend ma main et nous mène tranquillement en direction de chez moi en m’écoutant avec un sourire aux lèvres lui raconter à quel point il m’a manqué. J’en fais des tonnes, j’agite mes mains avec passion pour lui faire comprendre comme il était difficile de m’occuper aujourd’hui, de dormir sans lui, de me lever sans câlin… J’en fais trop, simplement pour le voir rire de ce que je lui raconte, j’invente la moitié des drames que je lui relate pour intensifier mon discours et il joue le jeu en me plaignant et en posant des baisers sur mon front à chaque nouvelle catastrophe qui est supposée m’être arrivée aujourd’hui. C’est juste si bon d’être avec lui comme ça, de passer des moments aussi légers et rieurs que ceux-ci, de partir dans des histoire abracadabrantes simplement pour nous faire glousser alors que nous savons que c’est n’importe quoi. L’amour rend bête, mais définitivement très heureux.
Je lui avais bien évidemment préparé un petit plat, et nous le mangeons en tête à tête pendant qu’il me raconte ce qu’il s’est passé à Kiri, à savoir qu’il a dû simplement aller s’occuper du nouveau chef des perturbateurs et de ses hommes. A l’entendre, c’était très simple et ce type lui a même raconté tout le plan de Mizuki avant de mourir, alors j’ai au moins la certitude que plus personne ne s’intéressera à moi là-bas. C’est un tel soulagement que j’en soupire bruyamment et il attrape ma main posée sur la table :
- Tu pensais vraiment que je te laisserais risquer quoi que ce soit mon petit ange ? Je ne risquais pas de quitter le pays de l’eau sans être certain que plus un seul de ces perturbateurs ne soient en vie et que ton secret n’ait pas été divulgué à d’autres.
Je lui souris bêtement, toujours conquise par l’énergie qu’il déploie toujours pour me faire sentir en sécurité.
- La Mizukage est toujours au courant en revanche…, m’inquiète-je.
- La Mizukage ! ricane-t-il. Dire que nous l’avons dans la poche est un euphémisme, cette femme ne jure que par nous… Je suis allé la voir avant de partir, en tête à tête, et je me suis assuré qu’elle n’en parlerait à personne.
- Comment as-tu fait ?
- Je lui ai dit que j’étais heureux de l’alliance solide qui s’était installé entre Konoha et Kiri, elle m’a répondu qu’elle était enchantée elle aussi, et plus que reconnaissante envers toi et moi, puisque nous lui avons sauvé la vie et permis de reprendre son village bien aimé, que j’étais chanceux d’avoir une si bonne médecin comme compagne et toi chanceuse d’avoir un guerrier aussi redoutable comme protecteur. Je lui ai répondu que c’était naturel de la sauver pour nous, et que j’étais effectivement bien conscient de la chance que j’avais d’être avec toi, que le guerrier redoutable que je suis ne reculerait devant rien pour te protéger et te savoir en sécurité sans que tes capacités ne soient dévoilées à qui que ce soit. J’ai lourdement insisté sur le fait que je serais prêt à mettre à feu et à sang n’importe quel village pour toi, à assassiner n’importe quel kage et à torturer n’importe quelle connaissance.
Je m’appuie dans mon dossier alors que le sang quitte mon visage :
- Kakashi… tu as pratiquement menacé la Mizukage…, souffle-je.
- Oh ça va, elle ne l’a pas mal pris. Elle en a ri, elle a dit qu’elle me croyait sur parole et qu’elle ne risquait pas de se frotter à moi après ce qu’elle avait vu ces derniers jours… Que ton secret sera très bien gardé et qu’elle sera éternellement heureuse de nous compter comme ses alliés et amis. Nous sommes les bienvenus à Kiri en tout temps, ses invités personnels ! conclut-il joyeusement.
- Je ne risque pas de remettre les pieds là-bas de mon plein gré, marmonne-je.
- Tu n’es pas tentée par des petites vacances sur les îles ? s’amuse-t-il en se penchant vers moi au-dessus de la table.
Je glousse en me redressant pour l’y rejoindre et nous nous embrassons plusieurs fois avec douceur en enlaçant nos doigts, complétement désintéressés par la fin de notre repas.
- Je ne veux plus jamais voir ces îles de malheur, ni mettre un pied sur un bateau, chuchote-je en souriant.
- Pas même si je te tiens dans mes bras toute la traversée ?
- Mh… pourquoi pas finalement…, minaude-je.
- Je peux même te garder dans mes bras tout le séjour, pas que pour la traversée…, ajoute-t-il. Te serrer dans mes bras, t’embrasser…
Ses yeux sont de plus en plus sombres et je vibre déjà :
- Alors explique-moi donc pourquoi nous irions jusque sur cette île pour nous coller l’un à l’autre alors que nous pouvons le faire ici ?
- Je peux me serrer contre toi ici aussi ? Sans raison particulière ? me charme-t-il d’une voix douce.
- Toute la soirée Kakashi, toute la nuit, toute la vie même…
Il lâche l’une de mes mains pour attraper ma nuque et me tirer contre lui avec férocité. Il m’embrasse agressivement, jusqu’à ce que ça ne suffise plus et qu’il m’attrape directement d’un geste rapide. Je couine avec euphorie alors que tout devient flou autour de moi et que je me retrouve dans le lit en un clignement d’yeux, alors qu’il est déjà allongé sur moi à replonger sur mes lèvres avec passion.