Danse avec moi, loin de cet enfer || Le choix de Toya Todoroki

Chapitre 18 : Ça te va bien

3588 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 28/06/2026 10:15

Note : Voici un chapitre que j'ai particulièrement aimé écrire, où notre Tōya commence petit à petit à s'affirmer. J'espère que l'évolution de sa personnalité et de sa relation avec Hawks vous plaira ! Bonne lecture 💕


++++++++++++++++



[La même journée, quelques heures plus tôt]


« Ce soir. Même endroit ? »


Tout juste sorti de réunion, Dabi ne peut réfréner un sourire satisfait à la lecture de ce message. Il est plutôt content que Hawks ait pris l'initiative de le recontacter, parce que jamais de la vie il ne l'aurait fait lui-même. Pas qu'il en ait spécialement honte, mais ça lui fait trop plaisir de laisser le héros ramper vers lui pour lui demander de passer du temps ensemble.

C'est étonnant d'ailleurs... Ce poulet est bien impatient. À peine un jour s'est écoulé depuis leur soirée précédente, et il est déjà en train de programmer la suivante.

« T'es accro à moi ? T'as juste attendu que la gueule de bois soit passée pour en redemander ?, écrit-il en guise de réponse.

Imbécile. J'ai pas été malade. Contrairement à toi.

— T'as skipé le travail hier pour comater dans ton lit. J'ai remarqué. »

Il ajoute juste après son message un emoji qui rit avec deux larmes pour bien agacer son nouvel ami, et il rentre dans sa chambre.


La réponse du héros tarde à venir, Dabi se désintéresse donc de son téléphone. Debout devant son miroir, il se sent soudain l'envie de se débarrasser de son costume de vilain. Depuis son après-midi de shopping virtuel avec Yumei, il est de plus en plus réticent à le porter. Il a continué à le faire par habitude : après tout, il s'agit d'un équipement ininflammable conçu spécialement pour lui. Vu l'instabilité de ses humeurs pour le moment, c'était peut-être plus prudent de le garder tous les jours.

Mais ce soir, il ne devrait pas en avoir besoin. Enfin, normalement...


Il contemple son reflet, songeur. Depuis ce jour où il a demandé à Yumei de l'appeler par son vrai prénom, il a l'impression d'avoir enfin le droit de se découvrir. Petit à petit, il commence à comprendre ses goûts. Ses envies, ses aspirations, ses peurs. À se rendre compte que, derrière le criminel "Dabi", se cache en fait "Tōya", un jeune homme de 24 ans qui n'a jamais eu l'occasion de vivre comme quelqu'un de son âge.

Il se surprend à rêver de pouvoir faire ses propres choix. Choisir sa garde-robe, choisir ses amis, choisir ce qu'il souhaite faire de sa vie. Tout ça n'a jamais été une option pour lui... Et, finalement, ces rendez-vous nocturnes avec Hawks étaient le parfait prétexte pour laisser s'exprimer enfin la nouvelle personne qu'il voudrait devenir.

Alors, pour ce soir, il a envie de s'apprêter. Même s'il n'a pas beaucoup de possibilités à sa disposition, malheureusement. La faute à avoir vécu dans la rue et sans le sou pendant presque sept ans... Il a dû se débrouiller avec le strict minimum, multipliant les petits boulots pas très légaux auprès de Giran pour pouvoir simplement se payer à manger et des chambres d'hôtel pour la nuit.

Outre son costume de vilain qui est un peu plus tape-à-l'œil, les seuls vêtements qu'il possède sont tous noirs ou blancs, discrets, sobres et ont été choisis pour ne pas attirer l'attention sur lui. Pourtant, même dans la dèche, il s'est toujours arrangé pour sélectionner des fringues qui le mettent en valeur. C'est un peu sa fierté personnelle : il a été un sans-abri, oui, mais un sans-abri avec la putain de classe.


Pour ce soir, donc, il décide de sélectionner ses plus beaux vêtements. Ceux qui ont le plus de personnalité à son goût, et qu'il ne porte pratiquement jamais parce qu'ils sont tout sauf pratiques pour ses activités quotidiennes de vilain.

Il se déshabille et enfile un pantalon noir serré, troué sur un genou et duquel pend une chaîne métallique au niveau de la taille. Il choisit ensuite un t-shirt à manches courtes blanc avec un motif de flammes noires (oui, il assume complètement ce choix douteux), un peu plus large que ceux qu'il porte d'habitude, et qu'il glisse dans son pantalon sous son épaisse ceinture. Il accroche un collier à son cou, enfile tous les bracelets qu'il possède, échange les bijoux sur ses oreilles pour une alternative dorée, et tente maladroitement de dompter ses cheveux abîmés par la teinture bon marché qu'il applique dessus chaque semaine. Enfin, la touche finale : il enfile ses épaisses bottes montantes à semelle compensée, qui lui feront passer un très mauvais moment quand il devra redescendre la montagne tout à l'heure.

Mais il assume. Même si ça doit le faire souffrir, c'est clairement lui qui sera le plus stylé ce soir.

Quand il a terminé, il contemple un moment le résultat de son impulsion de coquetterie. Il réalise aussitôt qu'il se trouve ridicule. Il s'apprête juste à aller boire des bières avec un mec qu'il n'est pas sûr d'apprécier pour faire plaisir à sa meilleure amie. Alors, pourquoi son apparence lui importe-t-elle autant ? Et surtout... pourquoi son reflet le dérange-t-il à ce point ?


Pour la première fois depuis très longtemps, il se sent honteux des cicatrices qui le défigurent et recouvrent la majeure partie de ses bras. Il songe même à retourner se changer pour se camoufler sous son épais sweat à capuche.

Ridicule... Il est tellement ridicule...


Mais il se détourne en soupirant. Il se rappelle soudain qu'il a laissé sa conversation avec le dindon en suspens, et constate qu'il a effectivement plusieurs notifications en attente.

« Je vais faire comme si je n'avais pas lu tes derniers messages désobligeants. Et je repose donc ma question : ce soir, même endroit ? »

Puis un second message quelques minutes plus tard :

« Ouah, bonjour le vent. »

Et un troisième :

« Je suppose que ça veut dire non ? »

Dabi pousse un nouveau soupir. Lui qui pensait manquer de patience, ça n'a l'air de rien comparé à cette espèce d'emplumé hyperactif. Il se contente d'un « ok. » sobre, jette un dernier coup d'œil à son miroir avant de pousser un grognement agacé et de quitter sa chambre pour aller manger.

Il emporte quand même le sweat à capuche, juste au cas où.




Comme l'avant-veille, Hawks le rejoint directement au lieu de rendez-vous, muni du même pack de bières que la dernière fois et de plusieurs bouteilles d'eau. Son choix reste osé, compte tenu de la gueule de bois qu'il s'est tapée la veille. Le héros arbore un sourire triomphant au moment d'atterrir : cette fois, il est arrivé une minute en avance, juste pour empêcher son camarade de lui faire un reproche.

« Hello, Dabi ! »

Le noiraud ne dit rien, déjà agacé par son attitude. Il se détourne sans même le saluer, son pull sous le bras, pour s'approcher du bord du ravin afin d'aller s'installer. Quand il réalise que le héros ne le suit pas, il se tourne vers lui, intrigué. L'oiseau est figé sur place et semble le toiser de haut en bas, une expression indéchiffrable sur le visage. Ah... il a probablement remarqué le changement de look. Par contre, c'est quoi cette tête d'abruti ?

« Tu comptes rester planté là jusqu'au lever du soleil, ou... ?

— N... Non. »

Le héros s'approche de lui d'un pas hésitant. Il rajoute, arrivant à sa hauteur :

« Tu t'es apprêté. »

Merci, Capitaine Obvious.

« Et toi pas, lâche-t-il sèchement, faisant référence à l'habituelle tenue héroïque de son camarade.

— Eh oh, je reviens du travail, moi. »


Dabi hausse les épaules et s'installe comme la dernière fois, les jambes dans le vide. Hawks fait de même et lui tend sa bière. Au moment de l'ouvrir, ce dernier rajoute :

« Ça te va bien. »

Grand silence. Cette réflexion inattendue paralyse complètement Dabi, qui n'a aucune idée de comment réagir. Ce qui est stupide : c'est lui qui a fait un effort pour bien s'habiller, alors pourquoi prend-il si mal les compliments ? À côté de lui, le piaf se met à boire une longue gorgée pour faire passer sa propre gêne.

« Hum. »

Il change vite de sujet avant de perdre ses moyens.

« Et donc, tu ne peux déjà plus te passer de ma présence ?

— Alors, sans aller jusque-là... Crois-le ou non, personne n'est prêt à m'accorder de son temps, ici. À part Twice. Mais je ne suis pas sûr d'avoir envie de passer une soirée en tête-à-tête avec lui, ça m'a l'air plutôt fatiguant... Enfin bref. Ça me change de me sentir un peu inclus.

— Et Yumei ?

— Je lui aurais bien proposé, mais... Elle m'a dit que tu étais enthousiaste qu'on remette ça, alors j'ai plutôt pensé à toi. »

Il en était sûr. Depuis le début, cette petite peste joue l'entremetteuse dans leurs dos. Il serre les dents, agacé : il va avoir une petite discussion avec elle, demain...


« Enthousiaste ? Pfft, laisse-moi rire. »

Hawks lui donne un petit coup d'épaule amical.

« Allons. Je sais que tu tiens à ton image de bad boy. Mais est-ce qu'on peut laisser tomber nos fiertés deux secondes et admettre que notre dernière soirée était plutôt cool ? En tout cas, perso, ça me plaît d'apprendre à te connaître. »

Dabi meurt d'envie de l'envoyer bouler, de le contredire, de se moquer de lui. Mais curieusement, aucun poison ne parvient à sortir de sa langue de vipère. À la place, il se contente de tourner distraitement son doigt autour du goulot de sa bouteille, perdu dans ses pensées. Après un instant de réflexion, les mots finissent par sortir tout seuls.

« Pourquoi tu t'intéresses à moi ? Je veux dire. À part pour faire plaisir à Yumei. »

Il garde les yeux résolument fixés sur sa bouteille, un peu honteux de cette question. Mais depuis sa séance devant le miroir tout à l'heure, cette dernière le taraude et il ne parvient pas à la chasser de son esprit. Qu'est-ce qui peut bien donner envie aux autres de s'attacher à lui ? Il est instable, perdu, constamment sur le qui-vive et incapable de communiquer sans se rendre désagréable. Sans parler de sa gueule de ravagé qui lui donne l'allure d'un déguisement d'Halloween tous les jours de sa vie. Et pour couronner le tout, il a du sang sur les mains et une colère ingérable envers son enfoiré de père qui l'a rendu coupable d'un tas de délits. Yumei est bien gentille de vouloir le changer... Mais, même avec toute la meilleure volonté du monde, il ne voit pas comment quelqu'un peut sincèrement vouloir apprendre à le connaître.

« Eh bien, crois-le ou non... se risque l'oiseau. Au début, Yumei m'a demandé de faire un effort pour te laisser une chance, c'est vrai. Mais je vois bien que tu changes. Et j'aime plutôt bien la personne que je découvre au-delà du criminel. Alors... Ouaip... »

Il évite soigneusement son regard, contemplant le magnifique paysage face à lui, les joues légèrement rosées. Il n'a même pas l'excuse de l'alcool, il vient seulement de commencer à boire.

« En fait, nous deux aussi... On se ressemble beaucoup plus que tu ne le crois. »


Dabi relève la tête vers son interlocuteur, étonné. Pourtant, à première vue, tout semble les opposer. L'un est un héros, l'autre un vilain. L'un est toujours optimiste, souriant, drôle, l'autre est négatif, sombre et pinçant. Les deux rêvent d'une société plus juste, mais l'un par l'entraide et la recherche de compromis, l'autre par le chaos et la destruction des héros. À quoi fait-il référence, alors ? À leur humour douteux ? À leur obsession maladive pour leurs propres objectifs ? Ou à leur incapacité à être des vingtenaires normaux menant une vie normale dans un putain de monde normal ?

« Tss. T'es vraiment insupportable. »

Dabi vide le reste de sa bière d'une traite. Tous ces mots gentils l'ont franchement énervé, et il a besoin de sa dose de négativité au risque d'avoir envie de fuir la scène à toute jambe. Les moments émotionnels, il les réserve pour Yumei et il les trouve déjà bien assez embarrassants comme ça.

« Je te retourne le compliment. »

Le poulet se met à ricaner, et Dabi doit se retenir très fort de tirer sur les plumes de ses ailes pour le faire taire. Ils boivent un peu d'eau puis décapsulent leur bière suivante, entrechoquant leurs bouteilles, et se remettent à discuter de tout et de rien en observant les nuages passer devant la lune.



L'alcool coule dans leurs gorges, les bières se vident, et au plus la nuit avance, au plus leurs langues se délient et leurs conversations deviennent profondes. Malgré leurs esprits qui s'embrument, les deux hommes parviennent à conserver leurs secrets respectifs : Hawks ne mentionne jamais son rôle d'agent double, et Dabi son lien avec la famille Todoroki. Par contre, ils abordent assez librement d'autres sujets, même étonnamment privés. Après tout, avoir un ami à qui se confier est encore une découverte pour tous les deux. Ce n'est donc pas si étonnant qu'ils développent aussi naturellement ce lien de familiarité entre eux.

« Alors, lance soudainement le héros, très sérieux, chancelant dangereusement au bord du précipice sans que ça ne semble l'inquiéter. Maintenant qu'on a passé le stade des querelles, puis celui des premiers échanges gênants. Est-ce que c'est pas le moment parfait pour aborder le sujet de nos relations intimes ?! »

Dabi affiche une expression démotivée. Même saoul, il est encore assez lucide pour savoir que ce genre de discussion va forcément devenir désagréable.

« Pas envie.

— Alleeez. Je suis sûr que tu as plein de trucs croustillants à raconter, en plus. T'as ta petite popularité au sein du Front, mon gars !

— Ah ouais ? Et qu'est-ce que t'en sais ? »

L'emplumé agite ses deux ailes dans son dos, un grand sourire niais sur les lèvres, pour lui rappeler que son alter lui permet d'avoir des oreilles indiscrètes partout. Le vilain doit faire preuve d'un self-control absolu pour ne pas lui balancer une boule de feu dans la figure.

« Ça m'intéresse pas, de toute façon.

— Mmmh ? C'est dommage ! Pourtant, il y en a plus d'une qui serait ravie de tomber dans les bras du mystérieux Dabi. Yumei fait des jalouses.

— Il n'y a rien entre Yumei et moi !, s'emporte le vilain, agacé par ces sous-entendus incessants. Et puis en plus... »

Il ne termine pas sa phrase, mordillant le goulot de sa bouteille pour tenter en vain d'évacuer son agacement.

« En plus quoi ? », insiste le pigeon, dont l'alcool commence sérieusement à délier un peu trop la langue.

« En plus je t'emmerde.

— Oh. Je m'attendais pas à celle-là. »


Dabi soupire, et Hawks perd son sourire un instant, réalisant enfin qu'il devient un peu lourd.

« Désolé. Si tu n'as pas envie de parler de ça, on peut changer de sujet de conv...

— En plus, je suis pas intéressé par les filles. »

Un silence s'installe entre eux. Dabi détourne les yeux, alors que Hawks lui adresse un regard franchement surpris.

« Ah bon. Tu as déjà eu des histoires ?

— Quelques fois... Jamais rien de sérieux. Et toujours avec des mecs. »

Il garde la tête résolument tournée dans l'autre sens pour que le héros ne puisse pas entrevoir la gêne qui empourpre ses joues. Ce dernier termine sa bière, la pose à côté de lui, puis lui adresse un sourire rayonnant.

« Tu vois ! C'est pas si terrible de parler de ça ! Maintenant on se connaît encore mieux !

— Y a vraiment que les casse-couilles dans ton genre qui aiment ce genre de sujet, ronchonne le vilain.

— Peut-être, mais ça ne fait de mal à personne et on le prend très à cœur ! »

Dabi se tourne enfin vers lui, le toisant d'un air blasé.

« Quand t'es bourré, t'es vraiment la définition parfaite de l'imbécile heureux, toi... »

L'oiseau laisse échapper un piaillement incontrôlé de protestation, et le vilain en profite pour relancer :

« Bon. J'ai répondu, c'est à ton tour. Vu le nombre de fans que t'as, j'imagine que les prétendantes doivent se bousculer pour finir dans ton pieu. »


Hawks fait mine de réfléchir, alors qu'il connaît très bien la réponse. Sa façon faussement insouciante de réagir face à des questions difficiles est franchement exaspérante.

« Touché. J'ai beaucoup de prétendants. Pas que des filles, d'ailleurs. »

Le vilain lève un sourcil. Évidemment que c'est le cas. On parle du Numéro 2 des héros, l'un des hommes les plus célèbres du Japon. Jeune et beau garçon (ça le tue de l'admettre), il doit avoir le monde à ses pieds.

« Mais ça ne veut pas dire que j'ai multiplié les expériences, si tu te poses vraiment la question. L'air de rien, c'est délicat en tant que célébrité, de m'assurer de ne pas abuser de ma position d'autorité. Sans compter le risque de rumeurs... À côté de ça, celle entre toi et Yumei, c'est gentil. »

Dabi ne peut s'empêcher de répondre par un "pfft" dédaigneux. Problèmes de riche... Décidément, ils ne sont vraiment pas du même monde. Le gars a littéralement tout pour lui : argent, gloire, beauté, n'importe qui rêverait de pouvoir tomber dans ses bras, et il parvient quand même à se lamenter. Le noiraud remarque une pointe de colère commencer à grossir dans sa poitrine.

Hawks comprend ce qu'il est en train de penser, et lui adresse un sourire embarrassé.

« Désolé, Dabi. C'est vrai, je suis pas trop en position de me plaindre. De toute façon, avec mon travail, je n'ai pas le temps de penser à tout ça. Et pour être tout à fait honnête... Je préfère garder mon énergie pour la personne qui partagera ma vie, quand je l'aurai trouvée... »


Un silence coule entre eux. Puis, sans un mot et sans prévenir, Dabi se lève brusquement de sa place au bord de la falaise. Il enfile son sweat large, rabat sa capuche sur sa tête et fourre ses mains dans ses poches, se détournant du jeune héros qui reste planté là sans comprendre, le visage abasourdi.

« Mais ? Qu'est-ce qui te prend ? »

Le vilain reste debout à quelques mètres, dos tourné, les épaules affaissées en signe d'abattement. Hawks se sert de ses ailes pour se relever et vole doucement pour venir se placer face à son camarade.

« J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?

— Nan, t'inquiète. C'est moi. »

Le héros tente de capter son regard. Quand il parvient finalement à croiser les yeux du jeune homme, il constate que ce dernier a l'air à la fois énervé et... dépité ? A-t-il l'alcool triste ? Ou est-ce en rapport avec la discussion qu'ils viennent d'avoir ?

« Si ça peut te rassurer, Dabi...

— Arrête. »


Hawks s'interrompt aussitôt, comprenant de moins en moins ce qu'il se passe dans la tête du manieur de flammes. Il n'ose pas continuer, attendant qu'on lui en donne l'autorisation. Finalement, le vilain ne tient plus et lui lâche d'un coup tout ce qui lui pèse sur le cœur.

« Arrête avec ce nom, bordel. Et arrête avec tes discours pleins d'espoir et de positivité. Ça commence vraiment à me gaver ! Contrairement à toi, je te rappelle que j'ai plus le droit de vivre une vie normale ou heureuse ! Moi, je pourrai jamais trouver la personne qui partagera ma vie... C'est trop tard, "Dabi" a tout gâché ! Et de toute façon, vu comme mon putain de corps part en lambeaux, je crèverai avant d'avoir eu le temps de découvrir le nouveau monde pour lequel on se bat. Alors excuse-moi d'avoir du mal à discuter de relations et d'avenir avec toi, monsieur le mec populaire qui cherche son âme sœur ! Je pense que c'est le bon moment pour te rappeler qu'on est pas égaux, toi et moi ! »

L'oiseau a l'air franchement mal à l'aise. Il danse maladroitement sur ses deux pieds, les ailes affaissées dans son dos, ne sachant visiblement plus où se mettre.

« Arrête avec ce nom ? Et je suis supposé t'appeler comment, alors ? », répond-il simplement, malgré la multitude de questions qui foisonnent dans son esprit.

Le vilain serre les dents. Tant pis, Yumei a encore une fois raison. S'il veut vraiment inclure le piaf dans sa tentative de guérison, même s'il a franchement du mal à croire qu'il pourra arriver à quoi que ce soit de positif, il n'a plus le choix. Cependant, la simple idée de devoir se livrer à Hawks pour espérer aller mieux le met hors de lui.

Il hausse la voix un peu malgré lui, pointant son torse du bout de ses deux mains.


« T'as qu'à m'appeler Tōya, c'est un magnifique, putain de prénom ! Oh, ça te surprend ?! Et ouais : Tōya Todoroki n'est pas mort, il est même incroyablement bien vivant ! Et il t'emmerde ! »

Laisser un commentaire ?