Danse avec moi, loin de cet enfer || Le choix de Toya Todoroki

Chapitre 17 : Vilaine un jour...

3282 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 24/06/2026 18:55

« C'est vrai ?? Votre soirée s'est bien passée ?! Oh, je suis trop contente ! »


Yumei frétille d'enthousiasme sur son lit, installée en tailleur, encore en vêtements de nuit. 

Hum, elle n'en ferait pas un peu trop, là... ?

Assis sur le bureau, ses deux pieds sur la chaise, Dabi joue nerveusement avec quelques unes de ses mèches de cheveux rebelles. Il vient de lui expliquer dans les grandes lignes son tête-à-tête avec le poulet, mais il n'a pas osé lui avouer qu'un mal de crâne persistant lui pourrit la vie depuis son réveil.

« Ouais, bon, te fais pas des films hein... C'est pas comme si on était devenus les meilleurs amis du monde non plus.

— Non, mais c'est un bon début ! Il va t'aider à aller mieux, Tōya, je le pense vraiment. Et on a besoin de mettre un peu d'ordre et de stabilité dans ta tête pour créer un meilleur futur, n'oublie pas.

— Mmh. »


Il laisse retomber son bras sur sa cuisse. À vrai dire, il n'arrive pas à comprendre ce qu'il pense du héros pour le moment. Ce dernier l'agace toujours autant : rien que penser à son insupportable sourire niais lui donne envie de l'envoyer paître définitivement. D'un autre côté, il ne peut ignorer qu'il a passé un bon moment, hier soir...

Ce rapprochement ne ressemble pas à ce qu'il connaît avec Yumei. Elle et lui se sont très vite liés émotionnellement, sur base de leurs traumatismes respectifs et de leur besoin désespéré de trouver un sens à leur vie. Leur lien a évolué vers une relation d'entraide, presque plus familiale qu'amicale.

Avec Hawks, c'est tout à fait différent. Lors de la soirée qu'ils ont passée ensemble la veille, il a pu simplement se relâcher. Sans penser aux choses importantes. Sans avoir toujours besoin de ramener ses idéologies ou ses problèmes de santé mentale sur le tapis. Hier, le héros a été la première personne depuis très longtemps dont il a apprécié la compagnie sans arrière-pensée ou sans imaginer comment le manipuler pour se servir de lui ensuite. Et il constate que cette légèreté lui a fait étrangement du bien.

« Bref, c'était pas trop nul. Mais il m'a dit aussi qu'il ne pourra jamais oublier mes crimes. Ça, ça craint... Et je ne peux pas vraiment lui en vouloir, donc... Une vraie amitié, ça me semble compliqué. Ça n'ira pas plus loin que de boire quelques bières et déconner de temps en temps, je crois...

— Tōya...

— De toute façon, il m'appelle encore Dabi. Ça suffit à maintenir la distance entre nous. »


Yumei lui adresse une moue déçue, qu'il ignore volontairement. Hawks est un héros. Même s'il s'est allié au Front, même s'il partage leurs idéaux de libération des alters et qu'il veut renverser la société établie à leurs côtés, c'est évident qu'il ne cautionnera jamais la violence gratuite et le meurtre d'innocents. Il ne pourra jamais le comprendre...

« Alors pourquoi tu ne lui dis pas ? Pour ton vrai prénom ? »

Un frisson parcourt l'échine du jeune homme. Il y a pensé, mais...

« Hors de question. Tu ne sais pas à quel point cette volaille est un fanboy de mon géniteur. Il fait peut-être semblant, j'en sais rien, mais ça lui ferait trop plaisir. Et de toute façon, c'est trop risqué de...

— D'en parler à un héros ? C'est ton allié, Tōya... En quelle langue il va falloir te le répéter ?

— Je... Je sais pas. »

À la grande surprise de Yumei, il n'essaie pas de contre-argumenter et se contente de baisser la tête piteusement. Elle comprend qu'il doit être confus, et lui suggère simplement de reprogrammer une autre soirée avec l'oiseau dans quelques jours, histoire de réfléchir un peu mieux à ce qu'il attend de cette relation.



* * *



Le lendemain, Yumei a passé la majeure partie de la journée seule. Sans s'être concertés, tous ses nouveaux amis se sont retrouvés accaparés par leurs devoirs en même temps. Remis de sa gueule de bois de la veille qui lui a fait sécher le travail, Hawks est reparti à ses obligations de héros. Quant au reste de l'ex-Alliance, une longue série de réunions les a maintenus occupés jusqu'au soir. 

L'opportunité d'avoir un moment à elle a d'abord enthousiasmé la jeune femme. Introvertie de nature, elle est toujours enchantée quand on lui laisse l'occasion de se ressourcer. Mais depuis qu'elle a intégré le Front, la solitude prolongée lui pèse. Livrée à elle-même, elle a un peu trop de temps pour penser, et elle peine à empêcher ses démons de la rattraper.


Le soir venu, les démons en question ont définitivement réussi à se libérer de leurs chaînes. Incapable de calmer sa tête malade et fatiguée, Yumei a soigneusement esquivé le souper pour se réfugier dans son lit, gênée à l'idée de manger au milieu des vilains dans cet état.

Quelques heures plus tard, après un énorme effort mental, elle a quand même fini par se lever. Elle ressent maintenant le besoin de prendre l'air, si possible en compagnie de quelqu'un à qui se confier et qui pourrait la comprendre. Malheureusement pour elle, elle n'a réussi à croiser ni Hawks ni Tōya dans les couloirs, et aucun des deux ne répond quand elle toque à la porte de leurs chambres. Pas de chance... Que peuvent-ils bien faire tous les deux ce soir ?

Elle songe un instant à aller trouver Himiko ou Twice, mais elle ne se sent pas encore assez à l'aise avec eux pour leur demander de la réconforter. Elle se résigne donc, et se dirige seule vers le jardin. Sortir de la résidence est déjà un bon début et l'aidera peut-être à remettre un peu d'ordre dans ses pensées.

Elle s'installe sur un banc, face à la lune qui la surplombe de sa lumière accusatrice. C'est étrange... Elle adorait observer l'astre, avant. Elle s'est toujours sentie attirée par l'ambiance nocturne, le calme, le silence, et la lune a été sa compagne pendant de nombreuses veilles solitaires. Mais ce soir, c'est différent. Elle a l'impression d'être face à une inconnue, une ennemie. Une façon particulière de réaliser qu'elle a changé, qu'elle n'est plus la Yumei innocente d'autrefois.

Qu'elle vit aujourd'hui avec des vilains...


Elle baisse la tête. Téléphone en main, elle hésite depuis de longues minutes à appeler Tōya pour qu'il vienne lui tenir compagnie. Il doit avoir de bonnes raisons de ne pas donner signe de vie : elle décide donc plutôt de lui écrire un message. Elle lui envoie simplement un « Hey ! Tu fais quoi ? », puis elle attend.

Pourquoi a-t-elle le cafard, ce soir ? Malgré qu'elle passe des nuits correctes et qu'elle se nourrisse bien depuis qu'elle vit au Manoir, elle se sent profondément épuisée. Mentalement. Son alter l'a toujours fatiguée, mais c'est pire ces derniers temps.

À force de voir des futurs alternatifs, d'être témoin direct du chamboulement qu'une simple décision peut causer dans une vie, elle a appris à surinterpréter tout ce qui lui arrive. Chaque mot qu'elle prononce, chaque pas qu'elle effectue, chaque choix qu'elle fait est porteur de sens, susceptible de la faire bifurquer vers une autre destinée. Vivre en pensant ainsi est fatigant, incroyablement fatigant.

Ça l'était déjà avant. Mais depuis qu'elle a pris Tōya sous son aile avec la ferme intention de lui créer un futur positif, elle réalise qu'elle a du mal à supporter cette charge mentale. Pourtant, elle est tellement déterminée à le sauver, et Twice aussi. Pas juste parce qu'elle en a fait la promesse à Tōya et qu'elle y tient plus qu'à sa propre vie, dont elle ne se soucie plus beaucoup : elle ressent aussi un besoin désespéré de faire la paix avec son alter. Et de ne plus penser systématiquement aux visages épouvantés des personnes sur qui elle l'a utilisé...

Comme ce souvenir, qui la hante à nouveau régulièrement depuis quelques jours. Un souvenir lointain pourtant, mais qui l'a marquée à vie. Deux yeux bleus enfoncés dans leurs orbites, écarquillés, une bouche crispée. Cet homme à la musculature imposante, dénué de son habituel sourire résistant à toute épreuve, qui se décompose face à elle.

Même le Symbole de la Paix. Même All Might lui a renvoyé ce visage après avoir goûté à son alter. La même expression qu'a affichée Tōya quand elle l'a rencontré. Elle pince ses lèvres, blessée par tous ces souvenirs douloureux. Elle ne se rappelle pas avoir sauvé une seule personne à l'aide de ses dons. Au contraire, elle a plutôt mené la vie dure à tout un tas de gens...


J'aurais tant aimé avoir un pouvoir qui donne le sourire, moi aussi. Comme All Might. Comme Hawks. Tōya a raison. Mon alter est un alter de vilaine...


Cette mission de sauver Tōya va bien au-delà de sa volonté d'aider le jeune homme. Si elle parvient à le remettre sur le droit chemin, elle se prouvera enfin à elle-même qu'elle est capable de faire le bien. Le souci, c'est qu'elle est de plus en plus perdue. Son ami évolue, certes, mais il est encore persuadé qu'il emmènera Yumei dans le monde de chaos dont il rêve auprès du Front. Et elle constate qu'elle n'arrive plus à se mentir à elle-même, désormais. Elle ne partage pas ses idéaux. Si elle doit sauver Tōya, elle voudra le ramener auprès des héros.

Et elle ne sait pas si elle parviendra un jour à l'en convaincre...

Malgré l'absence de notification, elle déverrouille son téléphone pour vérifier que le noiraud n'a pas répondu à son message. Rien.


C'est alors qu'elle se fige.


Un couteau sous sa gorge.

Une personne derrière elle, de l'autre côté du banc sur lequel elle est assise, qui est arrivée dans un silence tel qu'elle n'a pas du tout senti sa présence.

Un souffle chaud dans sa nuque.


« À qui tu écris toute seule dans le noir, Yumy ? »

Himiko ?

Malgré avoir reconnu la voix de son amie, Yumei ne peut empêcher son cœur de tambouriner dans sa poitrine. Elle ne comprend pas ce qu'il se passe, et même si elle doute qu'Himiko ait vraiment l'intention de l'agresser, elle préfère ne pas la brusquer avant d'avoir compris exactement pourquoi elle la menace avec son arme. Elle ne bouge pas, répond simplement à sa question, le souffle court.

« À Dabi. Je ne contacte personne de l'extérieur. Je te le promets...

— "À Dabi", uh. »

La lame glisse contre sa peau sans la pénétrer, puis s'éloigne. L'adolescente fait le tour du banc pour apparaître dans le champ de vision de Yumei. Son visage est fermé, froid : tout le contraire de la petite blonde souriante que la jeune femme a appris à côtoyer depuis un peu plus d'une semaine. Elle semble... avoir quelque chose à lui reprocher ?

« Et tu vas encore dire qu'il n'y a rien entre vous ?

— Ce n'est pas ce que tu crois, Himiko...

— C'est quoi, alors ? Tu penses que j'ai pas remarqué comment vous vous souriez ? »


Elle marque une légère pause pour calmer ses émotions, et reprend, la voix pleine d'accusation.

« Si t'es pas amoureuse, Yumy... alors c'est quoi ? Tu veux le changer, c'est ça ? T'essaies de le rendre "normal" ?! »

Yumei déglutit. Elle est impressionnée par la capacité de déduction de l'adolescente, et elle commence doucement à comprendre où cette dernière veut en venir. Pourtant, elle préfère feindre l'ignorance.

« Je ne vois pas de quoi tu parles. On est juste amis, lui et moi. Autant que vous l'êtes, vous aussi.

— Dabi n'a jamais passé autant de temps en tête à tête avec le reste de l'Alliance. Il a toujours été un peu à l'écart. Il s'est jamais vraiment intéressé, et on fonctionnait très bien comme ça.

— Tu es jalouse ?

— Non. »

L'adolescente fait tourner distraitement la lame de son couteau entre ses doigts, comme s'il s'agissait d'un jouet et non d'une réelle arme. Yumei n'arrive pas du tout à la cerner. Est-elle en colère ? Déçue ? Méfiante ? C'est parfois tellement difficile de comprendre ce qu'il se passe dans sa tête...

« Dabi peut faire comme il veut. Je l'aime et je l'aimerai encore, tant qu'il est avec l'Alliance et qu'il nous aide à renverser la société. Par contre... »

Sans crier gare, elle se penche soudain par-dessus Yumei, son visage effleurant pratiquement le sien.

« Toi, Yumy. T'es qui ? Tu te prends pour qui ?! Quand tu souris joyeusement à Dabi... Est-ce que tu l'aimes comme moi ? Est-ce que t'aimerais devenir lui, le comprendre ? Ou t'es juste une pauvre fille normale qui aimerait le ramener à la société, loin des vilains ?! »

Les joues de Yumei s'empourprent alors qu'elle essaie tant bien que mal de reculer un peu son visage de celui d'Himiko, coincée par le dossier du banc. Elle comprend enfin ce qui préoccupe son amie.

« Je... Je suis votre alliée, Himiko...

— Mais tu nous aimes pas. »


Yumei s'apprête à protester, mais la blonde ne lui en laisse pas le temps. Elle s'éloigne enfin d'elle, commençant à faire les cent pas autour du banc, le couteau tournoyant toujours entre ses doigts habiles.

« Quand tu nous regardes, tu vois ceux qui ont pas eu de chance. Quand tu nous souris, tu espères qu'on voit le monde comme toi. T'as jamais cherché à nous comprendre pour de vrai.

— C'est... C'est faux...

— Tu as peur de nous, Yumy.

— C'est faux !

— Alors, réponds à ma question ! Sans mentir ! »

La voix d'Himiko est montée d'un cran, et elle dirige à présent la lame de son couteau en direction du visage de Yumei.

« Quand t'as planté Kugo et qu'il se vidait de son sang. Est-ce que t'as senti ton cœur battre plus fort ? Est-ce que t'as senti que c'était ça, ta place ? Est-ce que tu t'es dit que t'aimerais recommencer, parce que tu t'es enfin sentie libre ??

— Je... »

Yumei ne parvient pas à continuer sa phrase. Ses yeux s'élargissent. Elle comprend : malgré toute la souffrance que lui a fait endurer Kugo. Malgré s'être enfin libérée de son emprise. Elle regrette toujours de l'avoir poignardé, et au fond d'elle, elle est soulagée qu'il ne soit pas mort.


Elle n'est pas une vilaine.

Elle ne parvient pas à penser à sa liberté en priorité.

Elle est définitivement une héroïne qui s'est donné pour mission de sauver les vilains.


L'absence de réponse de Yumei provoque immédiatement une réaction de dégoût mêlé de déception chez son amie. L'adolescente est certainement arrivée à la même conclusion qu'elle. Elle serre les dents, les joues rougies par l'émotion.

« Je veux pas être sauvée, Yumei !! T'as rien à faire avec l'Alliance !

— Himiko... !

— Toi aussi tu nous trouves bizarres ! Toi aussi tu penses qu'on est des détraqués ! Tu dis que tu rêves d'un monde où on pourrait vivre comme on est vraiment, mais tu mens !!

— Calme-toi, Himiko ! Ce n'est pas ce que tu...

— Regarde-moi ! »

Yumei est prise de court par la réaction vive de l'adolescente, qui l'a attrapée à la gorge, approchant à nouveau son visage du sien. Leurs yeux se mêlent, le regard qu'elle lui renvoie est en colère, mais également teinté de déception et de désespoir.

« J'aime le sang ! J'aime quand mes humains préférés saignent ! C'est comme ça qu'ils sont les plus beaux à mes yeux ! J'ai aucun remords à le faire couler, parce que j'ai des pulsions à cause de mon alter ! Est-ce que tu voudrais de quelqu'un comme moi dans ton monde idéal ?! »

Yumei ne répond pas. Elle sait qu'il n'y a pas de bonne réponse à cette question. Si elle disait oui, Himiko la traiterait de menteuse, et avec un non, elle confirmerait immédiatement ses craintes. C'est vrai, son amie vu juste. Elle aimerait pouvoir la sauver. L'ex-journaliste croit sincèrement que la meilleure alternative est de lui trouver le soutien nécessaire pour la réinsérer dans la société. Mais elle ne peut pas dire ça en tant que membre du Front. Et elle ne peut pas assumer non plus d'encourager Himiko à continuer à tuer librement.

Il n'y a aucune solution viable à cette situation impossible.

Mais elle peut encore trouver un compromis...


Quelques larmes commencent à couler au coin des yeux de la jeune blonde alors qu'elle resserre sa poigne sur le cou de Yumei. Cette dernière lui attrape doucement la main pour la faire lâcher prise, et lui répond enfin, la voix ferme et sûre d'elle.

« Tu as raison, Himiko. J'ai parfois peur de vous. »

L'adolescente pousse un sifflement agacé, reculant d'un pas.

« Mais je veux vraiment vous offrir un meilleur avenir. Pas seulement à Dabi. Je cherche encore comment, et je t'ai peut-être blessée avec ma maladresse, je m'en excuse...

— Je peux pas vivre "normalement" ! Si tu penses ça...

— Ce n'est pas ce que j'allais dire. »

Elle plonge à nouveau son regard dans celui de la jeune fille.

« Tu aimes le sang, au point de ne pas pouvoir vivre sans le faire couler ? Alors je t'autorise à prendre le mien. Si c'est volontaire, tu n'auras plus besoin de tuer des innocents pour te sentir vivante. »

Himiko se met à rire de façon incontrôlée.

« Oh, vraiment ? Comme t'es généreuse, Yumy ! Mais je suis une vilaine, au cas où t'aurais oublié ! Ça me fait rien de buter des gens ! Pourquoi j'aurais besoin de ton autorisation ?!

— Parce que tu cherches à être acceptée. Tu es terrifiée à l'idée d'être seule. C'est ce que tu m'as dit la dernière fois qu'on s'est vues. »

Les yeux d'Himiko s'écarquillent. Yumei continue :

« Écoute. Notre rêve d'un monde libre, on peut y arriver sans avoir besoin de tuer. Beaucoup de membres du Front ne sont pas des meurtriers. Regarde Hawks, regarde-moi : on est avec vous, et pourtant, on partage les mêmes idéaux ! Si tu nous fais confiance, je crois sincèrement que tu trouveras ta place, sans avoir besoin de planter les autres pour assouvir ta soif de sang...

— Yumy... »

L'adolescente tremble, elle semble complètement perdue. D'un geste silencieux, Yumei lui tend la main pour l'inviter à venir s'asseoir à côté d'elle.

« Je me battrai pour que tu puisses toujours être toi-même, Himiko Toga. Je te le promets. »


La blonde ne répond pas.

Elle aura encore besoin de temps pour encaisser et digérer toute cette discussion. En attendant, elle ne saisit pas la main tendue de la jeune femme, mais elle vient tout de même prendre place à côté d'elle, silencieuse et très perturbée.

Elles échangent quelques mots et scellent leur accord. Puis, elles restent comme ça encore un moment, côte à côte sur leur banc, une seringue dans le bras de Yumei pour permettre à Himiko de s'abreuver de sang en cas de pulsions incontrôlable.


Ce soir, Yumei a compris. Elle se battra pour un monde plus juste aux côtés des vilains.


Mais elle le fera à sa manière. Que ça leur plaise, ou non.

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