MIRACULOUS : Les liens du néant

Chapitre 19 : Chat Blanc

2200 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 08/11/2025 17:43

🐾 POV Adrien


Un sifflement fendit le silence. Un disque de lumière blanche vint s’écraser près de nous. Au bout de l’avenue, une silhouette s’avança.


Chat Blanc.


Son costume d’un blanc éclatant reflétait la lumière aveuglante du Néant. Ses cheveux, pâles comme la neige, semblaient irradier d’une aura glaciale. Ses yeux turquoise, presque luminescents, brillaient d’une intensité inhumaine.

Dans sa main, une sphère d’énergie blanche crépitait, vibrante, comme un soleil miniature prêt à exploser.

Chaque pas qu’il faisait résonnait comme un glas. Derrière lui, la Seine s’effaçait dans un éclat blanc, avalée par le vide.

Son sourire se tordit, fou et douloureux à la fois.


— Ladybug… souffla-t-il, sa voix basse résonnant d’un écho inquiétant.


Ses yeux se rétrécirent.


— Cette fois, tu ne m’échapperas pas.


Le silence éclata en mille morceaux quand Chat Blanc leva la main.

La sphère d’énergie qu’il tenait se dilata, grondante, puis fila vers nous.


— Écarte-toi !


Ladybug me poussa brusquement, nous évitant la sphère de justesse. Elle avança, sur ses gardes, vers mon alter ego tout de blanc vêtu.


— Chaton, s’il te plaît, on n’est pas obligés de se battre… Laisse-moi t’aider.


— M’aider ? Oh, ma Lady, j’ai déjà détruit le monde, tu t’en souviens ? Oui… tu es la seule à le savoir. Tu te rappelles ? À force de ne pas donner sa langue au chat, le secret finit toujours par être révélé. Et c’est de ta faute… Mais si tu me donnes ton Miraculous… alors peut-être… On peut encore réparer.


Chat Blanc tendit un bras, joignant son pouce et son majeur pour créer un nouveau cataclysme.

Je regardais la scène, paralysé. Me voir ainsi… Donc, à un moment, j’avais réellement été akumatisé ? Mon père m’avait akumatisé… Je tremblais d’effroi et de …colère.




🐞 POV Marinette


J’esquivai son attaque de justesse. Je lançai un regard vers Chat Noir : il était pétrifié, sous le choc de se voir ainsi.

Merde…

Il fallait que je réfléchisse, et vite. Heureusement, Chat Blanc ne s’intéressait pas le moins du monde à lui, obnubilé par moi. Je devais saisir cette chance.


— Cela fait quoi, ma Lady, de vivre dans le mensonge ? J’étais prêt à tout pour toi. Tout !


— Oui, jusqu’à me tuer… Chat… Ce jour-là, ta Ladybug n’était plus là… Pourquoi crois-tu que Bunnix m’a fait venir ?


Il fronça les sourcils, hésita un instant, puis recommença à se déplacer, félin, me tournant autour. Mauvais signe.

Je fis de même, marchant en cercle, pour le garder à vue.


— Marinette… ma chère Marinette. Si je n’avais pas été amoureux de toi, je n’aurais pas eu le cœur brisé, et rien de tout cela ne serait arrivé.


— Je n’en suis pas si sûre, Chaton… Ton père a réussi à t’akumatiser une fois, donc cela pourrait se reproduire.


— Alors pourquoi ne pas me donner ton Miraculous ? Laisse-moi faire le vœu, et j’arrangerai tout. Tu n’auras même plus à porter tes fardeaux.


— Jamais. Tu connais le prix à payer. Au grand jamais je ne laisserai qui que ce soit faire un vœu.


— Jamais ? Dois-je te rappeler combien de fois tu as échoué ?


— Si tu parles de ton père, il ne m’a pas laissé le choix. Et vu que tu es le fruit de mon imagination, tu le sais. Tu sais aussi que j’en paye le prix malgré moi. Et quant aux autres… Ils n’ont finalement jamais eu lieu.


— Tout comme je n’ai finalement jamais existé, n’est-ce pas ? Ça t’arrange bien, d’effacer tout ce qui te pose problème…


Je le regardai, effrayée. Pensait-il vraiment que cela m’arrangeait ?


— Tu ne sais pas de quoi tu parles. Tu n’as aucune idée de ce que j’ai dû endurer. Le monde a choisi pour moi. Depuis que je suis devenue Ladybug, je n’ai plus de choix, seulement des devoirs.


— Tout ce que je vois, c’est que tu m’as abandonné. Tu as décidé pour moi… et tu m’as effacé.


Le doute m’envahit, ce qui le renforça. Il bondit pour tenter d’attraper mes boucles. Je réussis tant bien que mal à me dégager. Sans mon yo-yo, tout devenait plus compliqué.

Chat Blanc agrippa ma cheville pour me faire tomber, puis se redressa comme un félin et agrandit son bâton, qu’il abattit sur moi.




🐾 POV Adrien


Je n’arrivais pas à bouger, cloué par cette vision : mon alter ego et Ladybug, pris dans une joute verbale… cruelle.

C’était comme si mes plus grandes peurs s’étaient matérialisées devant moi.

Mon double, akumatisé, prêt à en découdre avec ma Lady.


— Plagg… tu savais que j’avais été akumatisé ?


— Ma foi, minou… pas le moins du monde.


— Tu savais pour les vœux ?!


— Minou… Quand la Gardienne ordonne de se taire, nous n’avons d’autre choix que de lui obéir.


Je suffoquais, encore des secrets… encore du poids… Cela ne cesserait donc jamais ? Combien de choses encore pesaient sur les seules épaules de la Gardienne ?

J’avais du mal à savoir si j’étais en colère contre elle ou … Je devais me ressaisir. Marinette… Je devais l’aider.


Une colère profonde surgit en moi. Je fus pris d’une sorte de transe. Quand je vis ma Lady à terre, ce fut trop. Je bondis, brandissant mon bâton pour intercepter le coup.

Nos armes s’entrechoquèrent dans un fracas d’éclairs noirs et blancs.

Le sol se fissurait sous nos pieds, les immeubles s’écroulaient comme du sable.

Je luttais comme un fou, enragé, laissant éclater toute la rage qui m’habitait.


— Tu n’existes pas ! hurla-t-il, les yeux turquoise flamboyant de douleur.


— Je suis bien là, répliquai-je en serrant les dents. Et je ne te laisserai pas la détruire.


— Tu ne peux pas me vaincre… Je suis toi, sans chaînes.


Je plantai mon bâton dans le sol et me redressai, haletant.


— Alors je me battrai contre moi-même.


Il bondit aussitôt, me forçant à lever mon arme pour bloquer son assaut.

Nos coups se répondaient avec une précision chirurgicale, comme deux miroirs brisés.

Son bâton frappait le mien dans une pluie d’étincelles noires et blanches, chaque impact résonnant comme un glas.

Je parais, esquivais, ripostais, mais il connaissait mes mouvements avant que je ne les fasse.

Une griffe d’énergie blanchâtre frôla ma joue ; je ripostai d’un coup sec, l’envoyant valser contre un mur fissuré.

Il se releva aussitôt, le regard incandescent, et nous chargeâmes en même temps, nos silhouettes se brouillant dans un ballet violent.

Nos énergies s’amoncelaient : une orbe noire, une orbe blanche. L’un de nous n’allait pas en ressortir.

Soudain, deux bras m’enlacèrent par la taille.


— S’il te plaît, Chaton… arrête.




🐞 POV Marinette


Le combat résonnait tout autour de moi, chaque choc faisant trembler le monde.

Chat Noir… et Chat Blanc. Deux reflets, deux Adrien. L’un rongé par le désespoir, l’autre consumé par sa colère.

Mon souffle se bloqua à chaque coup. Leur duel n’était pas seulement physique… il était existentiel.

Je m’élançai pour enlacer Chat Noir.


— S’il te plaît, Chaton… arrête.


Il me regarda, incrédule. Ses yeux étaient emplis de colère, contre moi… mais surtout contre lui-même.

Je posai mes mains sur son visage.


— Adrien, ce n’est pas toi. Ce ne sera jamais toi. Tu es et tu resteras toujours Chat Noir.


Je l’embrassai doucement.

Ses bras se relâchèrent, faisant disparaître son Cataclysme chargé à bloc, puis vinrent m’enserrer dans la foulée.




🐾 POV Adrien


Je repris conscience d’un coup, les lèvres de ma Lady me ramenant à moi.

Mon alter ego aurait pu nous attaquer, mais il nous observait.

Ses yeux turquoise vacillaient.


— Pourquoi…


Chat Blanc recula, lâcha son bâton, porta ses mains à son visage et, soudain, ses jambes cédèrent. Il s’effondra.

Ladybug s’approcha doucement et l’enlaça.




🐞 POV Marinette


— Chaton...


— Je ne peux pas… pas encore… Je t’ai déjà perdue une fois… Je ne peux pas…


— Je comprends.


— Marinette, je ne te mérite pas. J’ai causé tellement de torts… J’ai tout détruit… Même toi.


Sa voix se brisa.


— Ne dis pas ça, Chaton… Si je n’étais pas retournée signer… mon cadeau… tu n’en serais pas là aujourd’hui.


— Alors tu sais ?


— Oui. Même si Bunnix a fait du bon travail, j’ai fini par comprendre. Puis la gomme… Il faut croire que même les Lucky Charm aiment se jouer de moi parfois.


— Est-ce qu’au moins la vie sans moi te rend plus heureuse ?


Je le regardai, bouleversée. Mes larmes coulèrent.


— Ma vie sans toi ? Mais regarde, Chaton. Tu es toujours là. Avec moi.


Je désignai son alter ego noir, qui s’approcha, grave.

Les deux se toisèrent un instant.




🐾 POV Adrien


Je regardais ma Lady échanger avec l’autre moi. Mon esprit était encore embrouillé par toutes mes émotions. J’avançais doucement vers eux pour me joindre à cette conversation irréelle.


— Comment en es-tu arrivé là ?


— Je… J’ai été faible. Papillon a pris le dessus. Je ne pouvais pas résister… c’était comme si j’avais été…


— Incapable de lui désobéir.


Nous prononçâmes cette phrase en chœur.

Nous nous observâmes, comprenant mutuellement la douleur de l’autre.

Je gravai son image dans ma mémoire. Dans une autre temporalité, j’avais cédé. Je voyais dans ses yeux toute l’infinie douleur qui le consumait. Je n’oublierai jamais cette version de moi-même.

Ladybug se dégagea de Chat Blanc. Il la fixa de nouveau.


— Es-tu seulement heureuse, ma Lady ?


Ma Lady baissa la tête. Mon cœur se brisa.


— Être « heureuse » est un bien grand mot, Chat. Être Ladybug et Gardienne est bien plus lourd que je ne l’avais imaginé. Mais Marinette fait de son mieux pour l’être.

Ma partenaire m’agrippa la main en prononçant ces mots. Cela m’apaisa en un sens.


Il leva une main tremblante la posant sur la joue de celle qu’il avait aimé. Je ressentais sa peine et sa déchirure.


— Tu traverses le temps et les dimensions pour tout réparer, gardant en toi le poids du secret d’existences à jamais oubliées … Tu répares le monde… mais qui panse tes plaies, qui te répare, toi ?


Ladybug écarquilla les yeux à ses mots, puis prit un regard triste et déterminé à la fois


— Tu sais Chat… je suis remplie d’incertitudes, J’ai commis beaucoup d'erreurs… Je pourrai toujours me poser mille questions, cela ne changera pas ce que demain me réserve. Cependant… Je n’ai jamais été aussi …vivante… que depuis que je suis Ladybug… Je continuerai à tomber, à me relever, à faire face à l’orage… Et puis… je sais que j’ai un Chat prêt à tout pour moi.


Ma lady redressa sa tête pour finir sa phrase en me regardant droit dans les yeux, pressant encore plus sa main sur la mienne, agrippant mon petit doigt avec le sien.

Soudain, Chat Blanc m’attrapa par le col. Son corps luisait étrangement.

Il approcha son visage du mien et parla d’une voix dure.


— Chat Noir, tu as intérêt à protéger notre Lady. Sinon, je te promets de te hanter jusqu’à la fin de tes jours.


Je pris d’abord un air surpris. Puis, fermant les yeux, je les rouvris pour lui lancer mon regard le plus déterminé.


— Je te le promets.


Il m’adressa un petit sourire de satisfaction. Son corps se fragmenta, se dissolvant en poussière blanche.

Je tendis la main, mais mes doigts ne rencontrèrent que le vide.

Ses yeux turquoise se posèrent une dernière fois sur Ladybug.


— Je t’aimerai toujours, Marinette Dupain-Cheng… même si je ne suis qu’une ombre.


Il disparut en éclats.




🐞 POV Marinette


Le monde vibra. Les ruines blanches tremblèrent. Le silence retomba comme un linceul.

À mes côtés, Chat Noir restait figé, la main tendue vers le néant.

Je posai doucement mes doigts sur les siens.


— Ce n’était pas toi, tu le sais?


Ses yeux s’embuèrent.


— Non … murmura-t-il. C’était bien moi, en partie.



📖 POV global



Chat Blanc avait disparu, laissant derrière lui un Paris toujours figé dans le blanc.

Ladybug et Chat Noir, épuisés, se retrouvèrent seuls dans ce monde instable.

Mais quelque chose avait changé : pour la première fois, Ladybug regarda Chat Noir sans douter de sa réalité.


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