MIRACULOUS : Les liens du néant
Chapitre 14 : Les ombres qui se rapprochent
952 mots, Catégorie: G
Dernière mise à jour 03/10/2025 23:31
🐞 POV Marinette
Les ruines s’étendaient autour de moi, grises et froides. Rien ne me parut rassurant.
Je courais, mais mes pas s’enfonçaient comme dans des sables mouvants.
Et puis je l’entendis.
Une voix que je connaissais trop bien.
— Un p’tit chat sur le toit, se languit de sa Lady… Marinette…
Je me retournai. Chat Noir.
Son sourire, son regard… mais quelque chose clochait. Ses pupilles brillaient d’une lumière malsaine. Pas comme celui que j’avais croisé auparavant…
— Tu crois encore que je suis réel ? ricana-t-il. Je ne suis qu’un mirage. Deux alliances suffisent à me réduire au néant.
Je reculai, le cœur battant.
— Non… tais-toi !
Il avança, son ombre s’étirant comme une griffure dans le décor.
— Tu aimes un mensonge. Tu n’as jamais eu que ça.
Je plaquai mes mains sur mes oreilles.
— Tu n’es pas lui !
Mais la voix du Néant résonna, glaciale :
« Même ton précieux Chat Noir n’est qu’une illusion. Comme moi. »
Je tombai à genoux, les larmes me brouillant la vue. Je n’arrivais plus à discerner le vrai du faux. J’aimais une illusion ?
Et malgré tout, une partie de moi voulait croire que ce n’était pas le cas.
🦊 POV Alya
La péniche vibrait de musique et de rires. C’était notre refuge, pour mes amis et moi. On y avait passé une bonne partie de notre été.
Nino jonglait avec la playlist, Sabrina riait déjà aux éclats, tandis que Zoé filmait des bribes de l’après-midi pour en faire une petite vidéo souvenir.
Rose et Juleka chantaient à tue-tête, bras dessus bras dessous, le karaoké lancé, et tout le monde riait de leur complicité.
Tout semblait léger. Presque parfait.
Sauf lui.
Adrien, assis un peu en retrait, fixait la Seine comme si elle pouvait lui répondre. Je l’observais à la dérobée, guettant ses réactions.
Quelque chose clochait…
Marinette n’avait pas l’habitude de me laisser sans nouvelles trop longtemps, même si on était fâchées. Mon intuition journalistique me disait que le grand blond en savait bien plus qu’il ne voulait l’admettre…
Je gardais mes écouteurs autour du cou et passai une oreillette. Je m’étais envoyé le mémo vocal de Marinette sur mon portable pour le conserver.
« Alya… je sais que tu doutes de moi… mais malgré tout, je veux que tu restes mon amie. »
Je n’arrivais pas à cesser de l’écouter.
Je me décidai à m’approcher de mon ami.
— Hé… ça va ?
Il sursauta légèrement, sortant de sa contemplation.
— Oui, oui… juste un peu fatigué.
Je le fixai, suspicieuse… Je n’arrivais pas à me sortir de la tête qu’il était au courant de quelque chose…
— Adrien, tu… tu sais quelque chose, pas vrai ? Sur Marinette.
Son regard s’assombrit, et il détourna les yeux, observant nos amis en pleine action.
— Je… je ne crois pas que ce soit une bonne idée d’en parler maintenant.
Avant que je puisse insister, il se leva, prétextant devoir rentrer.
Je le regardai s’éloigner, le cœur serré.
Il savait quelque chose. J’en étais sûre. Mon instinct ne me trompait pas.
Alors je pris une décision : je le surveillerais.
🐾 POV Adrien
Je marchai vite, presque en courant, pour m’éloigner du groupe.
Je n’en pouvais plus des regards insistants d’Alya, des sourires forcés de Nino, des rires joyeux qui sonnaient faux à mes oreilles.
Un mal de crâne tambourinant ne me lâchait pas ; j’étais complètement perdu, ne sachant quoi faire…
Les mots de Marinette résonnaient :
« Son existence dépendait de deux alliances… »
Quand j’arrivai au Manoir, le silence m’accueillit. Je refermai la porte derrière moi, le souffle court.
Je montai les escaliers deux à deux, le cœur battant trop vite.
À chaque retour, mes pas me ramenaient au même endroit. Mon esprit embrumé ne parvenait à se concentrer que quand j’étais auprès d’elle — alors même qu’elle était la cause de mes tourments.
Je poussai la porte avec précaution.
Marinette reposait là, fragile et belle, le souffle régulier, l’aura pâle palpitant comme une veilleuse.
Sur la table de nuit, le carnet rose à pois attendait, fermé — mais je n’avais pas besoin de l’ouvrir pour sentir ses mots me serrer la poitrine.
— Alors c’est vrai, fit une voix calme.
Je sursautai. Félix était assis sur une chaise près du lit, les doigts croisés, la posture d’un veilleur… ou d’un juge. Dans son calme habituel, vêtu en costume noir et gris, il planta ses yeux verts dans les miens.
— Tu as lu ses mots, dit-il sans agressivité en pointant le journal. Elle a eu un sacré culot de le faire par écrit… Elle a écrit ce que toi tu refuses d’admettre.
Je serrai la mâchoire.
— Qu’est-ce que tu fais ici ?
Il haussa à peine les épaules.
— Ce que personne n’ose faire : regarder la vérité en face.
📖 POV Global
Au même instant, trois vérités s’esquissèrent dans l’ombre.
Dans les ruines, Marinette vacillait face à l’illusion du Néant qui prenait les traits de Chat Noir.
Sur la péniche, Alya comprenait enfin qu’Adrien cachait un secret et jurait de le surveiller.
Et au Manoir, Adrien retrouvait Félix, déjà installé auprès de Marinette, prêt à confronter son cousin.
Les masques tombaient, les vérités se rapprochaient.
Rien ne pourrait désormais empêcher l’affrontement.