Le Cercle de la Louve

Chapitre 10

Chapitre final

1826 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 31/12/2022 19:46

Peu de temps après, Illyana lança un appel pour qu’un Cercle impromptu ait lieu dans le salon, ce qui fut pratique puisque tous ses camarades s’y trouvaient déjà. Elle leur rapporta rapidement les péripéties de la mission, sans oublier le petit garçon qu’elle et ses coéquipières avaient emmené avec elles.

Au grand soulagement et à la joie quasi indicible de la jeune blonde, ses amis se montrèrent non seulement réceptifs à l’idée d’accueillir un très jeune enfant mais aussi véritablement enthousiastes.

-On va devenir tantines ? s’exclama une Rahne tout excitée.

-Il est déjà ici ? demanda Dani. On peut le voir ?

-Non, il est toujours à l’infirmerie du manoir, répéta Illyana étant donné que ses camarades n’avaient visiblement toujours pas assimilé cette information. Il sera là dans quelques jours. Mais Jean et Scott ont dit qu’ils seraient prêts à devenir ses tuteurs en attendant qu’il grandisse et qu’il intègre l’école. Donc pour l’instant, il va rester ici avec nous.

Amara fut cependant celle qui se montra la plus enjouée par cette nouvelle. Depuis son arrivée, la jeune élève s’était montrée extrêmement timide, très réservée et osait rarement prendre la parole, quel que soit le sujet. Toutefois, à ce moment précis, la jeune blonde sauta pratiquement du canapé en gesticulant avec une passion intense.

-Il faut qu’on le fasse, s’exclama-t-elle. Jean et Scott vont peut-être devenir ses tuteurs mais on doit les épauler. Quand la meute trouve un louveteau abandonné, tous les membres l’adoptent et l’élèvent comme l’un des leurs. C’est notre devoir de faire pareil. Illy, le soir de mon premier Cercle avec vous, tu as dit que nous n’étions qu’une bande d’orphelins et d’enfants trouvés. C’était peut-être vrai, mais plus maintenant. Maintenant, on est une meute. On marche ensemble et on se soutient les uns les autres. C’est notre devoir de prendre soin de cet enfant, à tous. Avec nous, plus jamais il ne se sentira abandonné. Nous non plus, on n’est plus des orphelins. Il fait partie de la famille.

C’était la première fois que tout le monde la voyait aussi motivée, et son énergie s’avéra contagieuse.

-Je suis d’accord, intervint Dani. Ici, ce n’est pas qu’une école. C’est chez nous. J’suis vraiment impatiente de rencontrer Sandeep et de l’inclure dans notre meute de loups.

-Et toi, Sam ? Tu n’es pas d’accord ? demanda Amara, toujours transportée.

Le jeune homme émit un rire :

-Si, bien sûr. Je vois déjà Roberto lui apprendre à jouer au foot. Puis moi, il va falloir que je lui apprenne le baseball.

-Quand est-ce qu'on pourra le voir ? demanda Rahne.

Illyana leva une main protestante.

-Il n’y a encore rien de réglé, les informa-t-elle. Mais maintenant que je sais que vous êtes ok, ça va faciliter la tâche du professeur ; c’est lui qui va s’occuper de tout. Puis notre petit louveteau doit encore rester quelques jours à l’infirmerie. Mais vous pourrez bientôt le rencontrer, c’est promis.

 

* * *

 

Bien évidemment, Illyana ne put tout de même s’empêcher de se téléporter discrètement à l’infirmerie plus tard dans la soirée avec Roberto, profitant de l’absence des infirmières pour tenter de rendre une petite visite au jeune enfant endormi.

Le jeune couple contempla ce si petit garçon qui, dans ce grand lit d’hôpital, paraissait tellement frêle. En dehors de sa poitrine qui se soulevait d’un rythme profond et régulier, son corps était totalement immobile.

-Il est parfait, murmura Roberto.

Illyana lui sourit.

-C’est vrai ? Tu trouves ?

-Absolument, s’exclama le jeune Brésilien qui parlait tout de même à voix basse pour ne pas perturber le sommeil du patient. Il est magnifique. Regarde-le. C’est exactement comme ça que j’imagine nos enfants. Avec ta peau blanche comme la neige et la mienne aussi noire que le charbon, je les vois avec une peau parfaitement mate. Un super mélange.

Il afficha un sourire avant de continuer :

-Dorés à la perfection, comme des viennoiseries.

Illyana le fixa avec des yeux brillants.

-Tu songes sérieusement à avoir des enfants ? Avec moi ?

-Hé, sois pas si étonnée, Illy. Bien sûr que j’y pense. Pourquoi pas ?

Abasourdie, la jeune Russe prit une profonde inspiration :

-Faut croire que… je n’y ai encore jamais réfléchi.

-Tu ne t’es sérieusement jamais demandé si tu voulais avoir des enfants un jour ?

-Peut-être que… mon côté démon n’avait jamais envisagé un truc pareil, confessa-t-elle, et que mon côté humain… n’a pas encore eu le temps d’y penser.

-Ouais, et maintenant, tu pourras te voir en train de materner ce petit garçon, souligna Roberto. Ça ne sera pas aussi laborieux que ça en a l’air.

-Oui, je sais, concilia Illyana.

-Tu croyais que je t’invitais à partager mon lit uniquement parce que tu es blonde et incroyablement sexy ? demanda le jeune homme. Tu pensais que j’avais juste envie de faire l’amour avec toi ?

-J’avoue que quand c’est ce qu’on fait, ça me déplaît pas, répondit-elle d’une petite voix.

-Et moi donc, ajouta Roberto. Mais il y a plus que ça. Je te l’ai dit : à chaque fois que je vois ton côté humain, la vraie toi, je vois la femme la plus incroyable qu’il m’ait été donné de connaître. Et là, quand je te vois en train de t’imaginer t’occuper de ce petit, je peux clairement la voir. Illyana la démone ne lui aurait jamais porté secours et se serait encore moins souciée de lui. Tout ça, c’est ta partie humaine qui parle, Illy. Cette partie-là, elle est magnifique et vraiment incroyable. Et c’est de cette personne dont je suis tombé amoureux. C’est aussi avec cette personne que je veux passer le reste de ma vie.

Illyana passa un bras autour de lui et l’étreignit fortement.

-C’est dingue comment tu peux dire de si belles choses, murmura-t-elle. Sincèrement… ça me désagrège.

-Ça te désagrège ? demanda Roberto en fronçant les sourcils d’un air incertain. Et c’est bien ?

-Il y a des moments où tu dis régulièrement des choses qui me transpercent direct la carapace que je me suis forgée, confessa-t-elle. Tes mots me touchent en plein cœur et je me sens tellement… vulnérable. Mais tellement bien. Tellement vivante. Grâce à toi, je ressens des choses que je n’aurais jamais cru éprouver un jour. Vraiment, quand j’suis avec toi, j’ai l’impression que je pourrais… m’envoler. Mais parfois, quand je ressens ça, tu peux pas s’avoir à quel point ça me terrifie.

Roberto sourit.

-Ça, tu vois, ça s’appelle l’amour, le vrai, Illy.

Après un instant d’hésitation, la jeune blonde prit soudain le visage de Roberto entre ses mains et l’embrassa ; elle l’embrassa avec passion, certes, mais aussi avec toute la tendresse, la nostalgie et la gratitude qu’elle désirait lui transmettre.

-Ouah, émit Roberto dans un souffle, sidéré.

-Mon premier « vrai baiser d’amour », enfin… ma première tentative, admit la jeune mutante en affichant une grimace attristée. J’embrasse mal à ce point ?

-Je dirais que c’est… à peu près la meilleure chose qui me soit jamais arrivée, répondit le jeune Brésilien.

Et il l’embrassa en retour.

 

* * *

 

Le lendemain matin, la tempête avait enfin cessé et le soleil hivernal brillait dans un ciel bleu dégagé. Depuis la fenêtre du salon, Hank McCoy contemplait une nouvelle étendue de neige encore intacte.

Jean Grey arriva à sa hauteur et, après un moment d’hésitation, glissa un bras fin autour de sa taille avant de poser sa tête contre son épaule massive.

-Ça ne te fatigue pas de voir constamment du blanc partout ?

-Parfois, admit Hank.

-Si tu veux, je peux déplacer toute cette neige sur la colline, offrit Jean. Que ça arrête de nous déprimer.

-Qu’est-ce qu’on aurait de beau à regarder après ? À part de la boue gelée ? répliqua l'ancien X-Men en affichant un sourire. Je pense que je préfère la neige. Lorsque tu atteins un certain âge, tu commences à réaliser que tu n’auras plus tant d’occasions que ça de pleinement vivre les saisons. Tu ne peux jamais être totalement sûr d’être encore là pour vivre la suivante.

-Tu es d’humeur philosophique ce matin.

-Comme tout professeur qui se respecte, répondit le mutant, impassible.

Jean sourit.

-Je suis reconnaissante pour tout ça, déclara-t-elle. Je suis reconnaissante pour cette vie, pour l’homme qui va bientôt devenir mon mari, pour mes amis, pour mon foyer. Je suis reconnaissante d’avoir des élèves aussi géniaux. Je suis reconnaissante pour cet enfant que je vais adopter. Mais la personne pour qui j’ai le plus de reconnaissance, c’est toi.

Hank la fixa, surpris.

-Moi ?

La jeune femme afficha un sourire d’une tendresse inattendue.

-C’est grâce à ton amour et au pardon que tu m’as accordé que j’ai eu la chance d’avoir cette vie, déclara-t-elle, les yeux brillants. Je ne pourrai jamais te remercier assez.

-Mais tu n’as pas à le faire, Jean.

-Non. Mais j’y tiens quand même.

Elle marqua une pause.

-Raven serait tellement fière de toi, reprit-elle.

-J’aime me dire qu’elle veille sur nous, lui confia Hank. C’est ridicule comme idée, je sais. Mais ça me fait du bien.

-Je suis vraiment désolée pour ce qu’il s’est passé.

-Jean, je ne veux plus jamais que tu ressentes le besoin de t’excuser.

-Je sais, dit-elle avant de soupirer lourdement. C’est seulement que… il y a des moments où j’ai la sensation qu’il faut que tu saches à quel point je me sens coupable, que je te suis toujours autant reconnaissante pour ton amour et pour m’avoir pardonnée, et qu’il y a des moments où… elle me manque. Elle manque cruellement.

Hank drapa un de ses énormes bras autour de l’épaule de ses épaules.

-Ouais. Moi aussi.

Côte à côte, bras dessus bras dessous, les deux amis admirèrent la nouvelle journée d’hiver qui s’annonçait.

Laisser un commentaire ?