La dernière disciple d'Inu no Taishō
Le chemin forestier dessinait entre les arbres une bande de terre claire. Une lumière douce filtrait entre les branches et éclairait les fougères.
Au milieu de cette clarté mouvante, quelque chose fendait l'air.
Un jeune yōkai au teint hâlé se jetait tout entier dans l'attaque. Une fourrure brune était accrochée à sa taille. Ses yeux bleus ne quittaient pas leur cible.
Ses cheveux noirs, attachés en queue haute, fouettaient son dos à chacun de ses mouvements.
Rien chez lui n'était retenu : tout partait d'un seul élan, comme un prédateur lancé à pleine course.
Autour du chemin, sa troupe observait, tendue, prête à intervenir sans jamais gêner leur chef. Leurs loups tournaient, bas sur leurs pattes, montrant les crocs.
La créature qu'ils combataient n'avait rien d'humain. Son corps était une masse compacte, presque sphérique, soutenue par plusieurs membres courts et trop nombreux. Et au centre, incrusté dans cette chair informe, un unique œil énorme pivotait sans cesse dans son orbite.
Il n'y avait pas de visage. Juste cet œil.
La chose émit un grondement sourd et projeta vers Kōga une excroissance épaisse, semblable à un bras mal formé.
Kōga ricana.
- T'es ridicule.
Il ne ralentit pas.
Il passa sous l'attaque, pivota et frappa du talon avec une violence sèche. Une fissure traversa aussitôt le corps du yōkai, du sommet jusqu'à sa base.
L'œil se dilata brutalement.
Puis il se tendit.
Sa surface se déforma, gonfla, comme incapable de contenir ce qui s'y accumulait.
Puis la membrane céda dans un bruit humide.
La créature ne saigna pas.
Elle s'ouvrit.
Comme si elle avait toujours été faite pour éclater.
Plusieurs formes plus petites en sortirent, chacune portant le même œil central. Elles roulèrent sur le chemin, se redressèrent presque aussitôt et détalèrent entre les arbres.
Kōga grogna, les crocs serrés.
Il inspira brièvement, renifla les pistes qui s'éparpillaient.
- On se divise ! Suivez-les !
Les loups partirent en premier. Kōga disparut dans la seconde suivante, avalé par sa propre vitesse.
Ginta et Hakkaku suivirent l'une des créatures avec trois loups gris.
Ils couraient vite, mais sans la violence de Kōga. Leur allure était plus régulière, plus prudente.
Le regard de Ginta sautait d'un arbre à l'autre.
- Cette attaque était bizarre... Ça sent le piège.
Hakkaku ne répondit pas tout de suite. Sa silhouette restait tendue jusque dans sa manière de courir. Une chaîne métallique était accrochée en écharpe à son épaule, et ses cheveux blancs se dressaient en une sorte de crête.
- Peut-être, finit-il par dire. Mais on a rien depuis des semaines.
Il jeta un regard au sol.
- Si c'est lié à Naraku, on peut pas ignorer ça.
Ginta grimaça, mais accéléra tout de même.
Ils suivirent la piste longtemps.
La créature ne laissait derrière elle qu'une odeur irrégulière, tantôt nette, tantôt presque effacée, comme si elle se fondait dans la forêt pour mieux leur échapper.
Par moments, les loups s'arrêtaient, reniflaient le sol, repartaient dans une autre direction. Le chemin se perdit entre les racines, les talus, les fourrés trop serrés.
Le temps s'étira.
Le souffle de Ginta devint plus lourd. Hakkaku parlait moins.
Même les loups ralentissaient parfois, oreilles basses, museau tendu vers l'avant.
Puis ils se figèrent.
L'odeur était là.
Le monstre surgit d'un amas de racines, plus petit que le premier, mais tout aussi difforme. Son œil unique s'ouvrit en grand. Sa peau se contracta comme si elle hésitait à se diviser encore.
- Là !
La créature bondit.
Les loups attaquèrent.
Le combat fut bref. En quelques secondes, la créature fut immobilisée, puis broyée sous les crocs.
Ginta souffla.
- J'aime pas ces trucs.
Hakkaku s'accroupit et renifla l'air.
Son expression changea.
- Attends...
Les loups s'étaient figés.
Tous regardaient dans la même direction.
Ginta leva lentement les yeux.
Une silhouette vêtue d'un kimono violet avançait entre les troncs. Elle marchait d'un pas régulier, sans être ralentie par les racines ou les broussailles. Sa posture, noble et inflexible, évoquait moins une bête que l'assurance d'un grand seigneur.
- Qui c'est... ?
Hakkaku fronça les sourcils.
- Une louve... ?
Puis ils distinguèrent les marques bleues qui descendaient le long de ses joues, la pâleur de son visage, la précision de ses traits.
Ginta déglutit.
- Non... c'est pas juste une louve...
Hakkaku murmura :
- Une daiyōkai...
Un frisson parcourut la meute. Quelques loups reculèrent instinctivement.
Ginta inspira, hésitant.
- Elle sent un peu... Naraku...
Le silence se tendit aussitôt.
- On fait quoi ? On appelle Kōga ?
Hakkaku n'eut pas le temps de répondre.
Mayoiga s'arrêta.
Puis elle tourna légèrement la tête vers eux.
Ginta recula d'un pas.
- Elle nous a vus...
Les grognements montèrent, incertains, instables.
Et soudain.
Une rafale brutale arracha les feuilles aux branches, souleva la poussière, fit vibrer le sol.
Kōga surgit.
Il fendit l'espace en un éclair et attaqua sans ralentir.
Son pied frappa en ligne directe vers le flanc de Mayoiga.
Elle bougea à peine.
Son corps se déplaça d'un demi-pas, précis, presque invisible. Le coup passa là où elle se trouvait un instant plus tôt.
Le souffle de l'impact souleva son kimono sans l'atteindre.
Kōga pivota immédiatement, déjà prêt à enchaîner.
Son regard s'accrocha au sien.
- Cette odeur... grinça-t-il. Pas tout à fait celle de la fille au vent... mais assez proche pour me donner envie de te broyer !
Le vent retomba.
Entre eux, plus rien ne bougeait.
Kōga ne rompit pas sa garde. Ses jambes restèrent fléchies, prêtes à repartir.
Mayoiga ne fit pas un geste vers son arme.
Son regard glissa brièvement sur lui.
Elle sentait la Perle.
Pas un fragment unique, mais plusieurs, sans parvenir à les situer précisément. Une présence diffuse, vibrante, mêlée à son odeur de loup.
Kōga plissa les yeux.
- Alors ? grogna-t-il. Tu attends quoi ?
Mayoiga soutint son regard.
- Je ne cherche pas à me battre.
Kōga la fixa longuement.
Il n'aimait ni le calme de sa voix, ni la manière dont elle se tenait droite, immobile, comme si rien autour d'elle ne pouvait l'atteindre. Mais précisément à cause de cela, il ne se jeta pas sur elle.
Il avait déjà été piégé une fois.
Une situation trop simple. Une cible trop évidente.
- Te fous pas de moi, lâcha-t-il. Naraku adore se cacher derrière les apparences. Il t'envoie, tu parles calmement, je baisse ma garde... et ensuite ?
- Ensuite, répondit-elle, tu serais déjà mort si c'était ce que je voulais.
Un grondement parcourut la meute.
Plusieurs loups firent un pas en avant, crocs découverts.
Kōga, lui, ne bougea pas. Son regard resta fixé au sien.
- Tu te crois si forte que ça ?
- Ce n'est pas la question.
Kōga montra les crocs.
- J'peux pas blairer les louves dans ton genre. Toujours à toiser les autres... et toujours bonnes à finir crevées, seules, sans personne autour.
Mayoiga ne cilla pas.
- Tu ne parles ainsi que parce que tu n'es qu'un yōkai de second rang. Tu ne survis qu'en t'abritant derrière ta meute.
Un mouvement parcourut immédiatement les loups.
Deux d'entre eux s'avancèrent d'un pas, montrant leurs crocs.
Le visage de Kōga s'était durci.
- Fais attention à ce que tu dis.
Mais Mayoiga poursuivit, plus froide encore :
- Tu te crois puissant... mais tout ce que je vois, c'est un être qui dépend de fragments de la Perle pour se battre.
Le silence retomba, plus tendu.
Le vent passa dans l'herbe et souleva la poussière autour de leurs jambes.
Kōga fit un pas vers elle.
- Alors c'est ça ? Tu es venue pour mes fragments ?
Mayoiga entrouvrit les lèvres.
- Je n'en ai pas besoin. Ceux qui ont recours à ce genre de pouvoir cherchent toujours à compenser quelque chose.
Les mots tombèrent d'eux-mêmes.
Un bref éclat de tension passa dans le regard des loups.
Kōga eut un rire sec.
- Compenser ?
Il avança encore.
- Qu'est-ce que tu racontes ? Tu crois que je porte ces éclats pour me rassurer ?
Son regard se fit plus dur.
- Je les ai pris. Je les ai arrachés à des démons plus forts que moi. Et avec eux, je protège les miens.
Il désigna les loups d'un mouvement bref.
- Eux.
Certains relevèrent la tête, d'autres montrèrent les crocs.
- J'ai une meute. Et j'ai pas l'intention de les regarder crever juste pour me prouver quoi que ce soit.
Il planta son regard dans le sien.
- À quoi ça sert d'être puissant si c'est pour ne garder que toi à la fin ?
Cette fois, Mayoiga ne répondit pas.
Les paroles de Kōga n'avaient rien de neuf. D'autres, avant lui, avaient parlé ainsi. Pas avec ses mots. Pas avec sa rudesse. Mais l'idée, elle, lui avait déjà barré la route.
Protéger les siens.
Le regard de Mayoiga resta fixé sur lui, mais ce n'était déjà plus lui qu'elle voyait.
Elle revit Sesshōmaru.
L'instant où il avait cessé de se retenir, lorsqu'elle avait menacé Rin. Dans ce déchaînement même, sa puissance lui était apparue plus absolue que jamais.
Il ne s'était pas battu pour prouver quoi que ce soit.
Il avait simplement agi.
Puis une autre image s'imposa, plus ancienne.
Inu no Taishō face à Ryūkotsusei.
Le moment précis où sa main s'était refermée sur Tessaiga.
Jusqu'alors, il n'avait pas bougé.
Mais lorsque les terres derrière lui avaient été menacées, quelque chose avait changé.
Ce n'était pas une montée de puissance.
C'était une décision.
Et dans cette décision, sa force lui était apparue plus écrasante encore que dans le combat lui-même.
Une pensée se forma.
Peut-être qu'elle n'avait jamais su regarder la puissance au bon endroit.
Peut-être que ce qu'elle avait rejeté comme faiblesse, n'était-
Elle coupa net.
Le refus fut immédiat.
Car derrière ces images, une autre attendait déjà.
La vallée éventrée.
Le sang sur le bras d'Inu no Taishō.
Puis la façon dont elle avait, elle seule, choisit de provoquer Ryūkotsusei.
Mayoiga se raidit.
Non.
La négation jaillit en elle avec une violence sèche.
Il n'était pas mort à cause d'elle.
Il était mort parce qu'il avait choisi une humaine. Parce qu'il avait laissé entrer une faiblesse là où rien n'aurait dû entamer sa puissance.
C'était cela.
Il le fallait.
La conclusion s'imposa avec une netteté presque rassurante.
Protéger était une faiblesse.
Son regard se durcit légèrement.
Tout le reste se replia autour de cette évidence.
Sa voix tomba, froide, sans éclat.
- Ridicule. Un simple mouvement vers ta meute et tu montres les crocs. Tu réagis, tu ne maîtrises rien.
Le grondement qui monta de la meute fut immédiat.
Plusieurs loups firent un pas en avant.
- Ça suffit ! lança l'un d'eux.
Mais Kōga leva la main sans quitter Mayoiga des yeux.
- Personne n'intervient.
Puis, plus bas, les crocs serrés :
- Elle est à moi.
Il bondit.
Son corps fendit l'air avec une violence sèche, sa jambe frappant droit vers son flanc.
Mayoiga bougea à peine.
Elle déplaça son corps d'un demi-pas.
Le coup passa, effleura son kimono et fracassa la terre dans un éclat de pierre.
Kōga pivota aussitôt.
- Tch !
Il repartit.
Mayoiga l'observait toujours, immobile.
- Ce combat est inutile.
Il attaqua plus bas, plus vite.
Elle recula d'un pas, puis d'un autre, sans rompre sa ligne.
Le sol éclata sous ses appuis. La poussière se souleva autour d'eux.
- Kōga !
Cette fois, Ginta s'élança.
Il se plaça entre eux, les bras écartés.
- Arrête ça !
Hakkaku surgit à son tour, venant se poster à ses côtés, haletant.
- Tu vois bien qu'elle ne cherche pas à se battre !
Kōga gronda, les muscles encore tendus.
- Poussez-vous.
- Non !
Ginta serra les dents.
- C'est exactement ce que Naraku voudrait ! Que tu fonces sans réfléchir !
Le regard de Kōga vacilla un instant, sans quitter Mayoiga.
Elle, n'avait pas bougé.
- Regarde-la, reprit Ginta plus bas. Elle recule depuis tout à l'heure... mais elle n'a jamais attaqué.
Un silence bref se creusa.
Le vent passa entre eux.
Kōga inspira brusquement, les crocs toujours serrés.
Puis il cracha sur le côté.
- ...Tch.
Ses épaules retombèrent légèrement, sans se détendre complètement.
Mais il ne bougea plus.
Ginta et Hakkaku échangèrent un regard rapide, sans relâcher leur vigilance.
Mayoiga les observa un instant, puis détourna simplement le regard.
- Enfin.
Sa voix avait retrouvé son égalité froide.
Elle se déporta légèrement et contourna le groupe sans chercher à prolonger l'affrontement. Personne ne tenta de l'arrêter.
Elle quitta sans bruit le cercle formé par la meute, s'enfonçant entre les troncs.
Derrière, les voix reprirent, plus basses, plus tendues. Kōga continuait de maugréer sans vraiment chercher à se faire entendre, tandis que les loups tournaient encore, nerveux, incapables de retrouver un véritable calme.
Mayoiga n'y prêta pas attention.
Ou plutôt, elle s'apprêtait à ne plus y prêter attention.
Quelque chose se glissa alors dans l'air.
Elle ralentit.
Ce n'était pas encore une présence nette, mais une rupture dans l'odeur familière de la forêt.
Son regard se releva légèrement à mesure que l'odeur se précisait.
Elle y distingua la terre retournée, le métal corrodé, et autre chose encore, plus ancien, des restes longtemps enfouis...
Derrière elle, les loups s'étaient tus.
Le changement avait été presque instantané : les grondements s'étaient éteints, les mouvements inutiles avaient cessé, et seule demeurait une tension sourde, contenue.
Mayoiga s'arrêta.
Son regard glissa entre les troncs, jusqu'aux trouées du feuillage où le ciel apparaissait par fragments.
Un silence étrange s'était installé.
Puis, elle entendit brusquement un des yōkais s'exclamer.
- Kōga, regarde !
La voix de Kōga, plus basse, plus dure qu'un instant plus tôt répondit :
- ...Des squelettes.
Mayoiga se retourna.
Entre les branches, d'abord confusément, puis avec une netteté de plus en plus inquiétante, une masse se dessinait dans le ciel.
Des silhouettes disloquées avançaient, suspendues à une force invisible qui les portait au-dessus des arbres.
Ils n'avançaient pas seuls.
Plus haut, Kagura fendait l'air sur sa plume géante.
Mayoiga suivit son mouvement des yeux.
Puis son regard redescendit.
Et s'arrêta.
Entre les troncs, à quelques pas d'elle, une présence se tenait déjà là.
Comme si elle n'avait jamais eu à apparaître.
Drapé de fourrure blanche, le contour d'un homme se découpait nettement dans l'ombre de la forêt.
Le masque de singe bleuté dissimulait la majeure partie de son visage, mais laissait apparaître une bouche fine, parfaitement dessinée, et la ligne nette de son menton.
- Alors ? dit Naraku d'une voix douce. As-tu apprécié la liberté que je t'ai laissée ?
La main de Mayoiga se posa sur la garde de Tōkijin.
Aussitôt, quelque chose se referma en elle.
Ce ne fut pas une douleur. Mais cette prise silencieuse, venue de l'intérieur. Ses muscles se figèrent avant même qu'elle ait pu tirer. Son bras resta suspendu, tendu vers l'épée, mais vidé de toute force.
Seul son visage échappait encore à cette emprise. Son regard, lui, ne quitta pas le masque.
Naraku baissa lentement les yeux vers Tōkijin.
- Je vois que tu l'as gardée.
Le vent passa entre eux sans troubler sa silhouette.
- Elle m'est utile pour l'instant, dit-elle enfin. L'arme importe peu. Ce qui compte, c'est ma volonté de te détruire.
- Ta volonté ?
Le sourire sous le masque s'accentua à peine.
- Tu t'y accroches encore comme à quelque chose qui t'appartiendrait.
Un silence très léger glissa entre eux.
- Mais tu n'as toujours pas compris ce qu'elle est devenue.
Sa voix resta douce.
- Tu es faite d'un fragment de moi. Ce que tu appelles ta volonté... n'est déjà plus qu'une forme de la mienne.
Ses doigts restèrent figés sur la garde.
Naraku releva légèrement la tête.
Au loins, le cliquetis des squelettes devenaient plus audibles.
- Comme elle, reprit-il. Vous vous ressemblez plus que tu ne voudrais l'admettre.
Le regard de Mayoiga se durcit.
- Tu te trompes.
- Vraiment ? demanda-t-il doucement. Pourtant... elle aussi a toujours espéré qu'il existerait une issue.
Comme si elle pouvait se détacher de ce dont elle est faite.
Il tourna légèrement la tête vers le ciel.
- Elle veut son cœur.
Sa bouche esquissa presque un sourire.
- Je vais le lui rendre.
Il y eut silence.
- Tant qu'elle en était privée, poursuivit-il, elle n'était qu'un outil commode. Réparable. Remplaçable.
Il s'avança d'un pas.
- Mais lorsqu'elle l'aura retrouvé...
Il releva les yeux vers elle.
- ...elle deviendra enfin vulnérable.
Le vent se chargea encore.
Au loin, le souffle de Kagura s'abattait déjà sur la meute.
- Libre, si c'est ainsi que vous aimez nommer cela.
Sa voix se fit presque plus douce.
- Et mortelle.
Mayoiga ne répondit pas.
Puis, très légèrement, quelque chose céda.
Ce ne fut pas dans son regard.
Ce fut dans son corps.
Une tension se rompit, presque imperceptible.
Ses doigts frémirent sur la garde de Tōkijin, comme s'ils retrouvaient lentement le chemin du mouvement à travers une résistance encore présente.
Naraku l'observa sans réagir.
- Regarde, Mayoiga.
Un court silence s'étira entre eux, chargé du vent et des bruits lointains.
- C'est ainsi que finit ce qui veut s'arracher à moi.
Les doigts de Mayoiga se refermèrent.
Cette fois, complètement.
Le mouvement était revenu.
Ou peut-être avait-il cessé d'être empêché.
Elle tira.
Le geste fut brutal, arraché.
La lame quitta le fourreau dans un éclair dense et fendit l'air droit devant elle.
Naraku fut tranché de part en part.
Sa silhouette vacilla.
Puis se déchira sans résistance.
La fourrure blanche s'effondra sur elle-même. Le masque bascula dans les feuilles. Au centre, là où son corps aurait dû tomber, il ne resta qu'un petit talisman grossier : un morceau de bois noué de ficelles noircies.
Mayoiga demeura immobile, Tōkijin encore levée.
Au-delà des arbres, la silhouette de Kagura chutait déjà vers les loups.
Mayoiga abaissa sa lame.