Indiana Jones et la lance du destin
- Sais-tu au moins ce qui nous attend en Antarctique, Junior ?
- Oui, de la glace et du froid.
- Pas seulement cela, tu oublie l’altitude, le blizzard et le relief qui est le plus accidenté du monde.
- Ce sera une nouvelle expérience, je commençais à me lasser des terrains plats.
- Et la température est inférieure jusqu’à cent trente degrés au centre du continent.
- Et si le sanctuaire n’était pas exactement au centre.
- J’espère qu’il y est, plus on avance vers le centre moins il y a de vent.
- Il suffit donc de franchir ce bouclier atmosphérique.
- Exactement. Peu d’explorateurs ont réussi à atteindre le centre depuis que le continent a été repéré.
- Durant l’Antiquité si je me souviens bien ?
- Certains disent à la Renaissance.
- Non, les géographes de la Renaissance n’ont fait que reprendre les cartes grecques. Quoi qu’il en soit, le continent se nommait à l’époque « Terra Australis Nondum Cognita » autrement dit…
- La terre australienne non connue. Les premiers explorateurs à y être allé étaient français, il y eut d’abord Bouvier en 1739.
- Il n’a jamais atteint le continent, mais il a accosté sur une île voisine.
- Ensuite il y a eu Kerguelen de Tremarec en 1772.
- Et le grand gagnant, James Cook, deux ans plus tard.
- Et en 1899, Borchgrevink a dirigé la première expédition à avoir hiverné sur le continent.
- Oui, la période où les explorateurs utilisaient l’excuse scientifique pour jouer aux héros, cela a coûté la vie à beaucoup d’entre eux.
- La dernière exploration date de 1939, devine par qui.
- Les nazis ?
- Bingo ! Ils sont maîtres du continent depuis six ans mais n’ont jamais mis pied à terre, la seule chose qui les intéressent est le pétrole. Personne n’a pu se rendre sur le continent depuis.
- Sauf nous.
- Ah oui, la faune et la flore seront des éléments à ne pas négliger.
- Je ne vois pas ce que peuvent nous apporter les algues et les manchots.
- Tu focalise trop, il y a sur le continent des plantes médicinales très rares ainsi que de animaux encore non recensés, nous pourrions être les premiers à les identifier.
- Mais nous n’allons pas là-bas pour braconner.
La tuyauterie s’agita bruyamment.
- Oh saloperie, fit Indiana.
Il se leva et donna un grand coup qui fit taire le bruit.
- Je ne supporte pas de rester enfermé dans cette boite à sardines, continua t’il.
- Nous ne pouvons guère aller ailleurs de toutes manières.
- Dès que possible, il faudra s’emparer de la lance et des reliques.
- Et de Sophia.
A ce nom Indy se radoucit.
- Tout repose sur elle à présent, dit Henry.
- Si j’avais pû empêcher de la mêler à cela.
- Tu n’y pouvais rien, c’est son cœur qui a parlé.
Il y eut un silence de méditation que Henry brisa en quelques secondes.
- Je me demande pourquoi Longinus s ’est exilé si loin.
- Rappelez-vous ses mémoires : il allait au paradis terrestre.
- Ce n’est pas du tout l’image que je m’en faisais.
- Il voulait se retirer de la civilisation.
- Il a vécu quatre années sur le continent. Quatre années. Je suis sur que nous ne tiendrons pas cinq minutes.
- Allons, la technologie a bien évoluée depuis, nous ne voyageons plus habillé avec une simple tunique.
- La seule chose qui nous gardera en vie sera la foi Indiana. Elle t’a sauvée pour l’Arche. Elle m’a sauvée pour le Grâal. Elle nous sauvera pour la lance du destin.
- Je l’espère.
- Aie confiance.
La porte de la cale s’ouvrit, Sophia entra. Immédiatement elle alla se jeter dans les bras d’Indy. Stratner entra à son tour.
- Tous mes amis sont là, je devrais prendre une photographie.
- Si vous pensez que je vais vous laisser me manipuler…commença Sophia.
- Vous n’aurez pas le choix ma chère, j’en suis désolé. Et puis ce n’est pas vraiment vous qui m’intéressez, c’est votre don incroyable.
- Vous n’aurez rien du tout
- Une chose me trouble l’esprit, interrompit Henry. Pourquoi sommes-nous toujours en vie ? Je sais que je ne devrais pas poser cette question mais comme je m’ennuie tellement.
- Parce que je vous trouve distrayants tous les deux.
- Distrayants ? Après tout les dégâts que nous t’avons causé ?
- Vous m’avez aidé à concrétiser mes rêves ! Et pour cela, je vous laisserai assister à ma divinisation. Mais si vous voulez partir avant, la sortie est par le lance-torpilles.
- Comment avez-vous pu devenir aussi timbré ? Dit Indy.
- Vous voulez être le premier à partir docteur Jones ?
- Excuse Junior, par moments il ne se contrôle plus, tout le portrait de son père.
- Depuis ma mise à la porte, tout ce que je voulais, c’était le pouvoir. Pour écraser tous ces imbéciles écervelés marchant dans les rues. J’ai été à la bibliothèque et j’y ai trouvé un livre écrit par un explorateur nommé Jonathan Ravencroft qui parlait de la lance du destin. J’ai alors eu une vision : moi tenant la lance et régnant sur le monde.
Il me fallait cette lance, même si je devais retourner le monde pour l’avoir. Je suis ensuite retourné clandestinement en Allemagne. Je me suis alors engagé dans les rangs des SS et j’ai gravi les échelons un à un jusqu’à me rapprocher du führer en personne. Je lui ai parlé de la lance et lui aussi la désirait. Alors il m’a envoyé à sa recherche. Je croyais l’avoir trouvée en 1938, avec les ossement set le manuscrit. Jusqu’à ce que vous veniez me prouver le contraire. Mais aujourd’hui, je suis victorieux.
- Pas encore, dit Henry.
On frappa à la porte, Valonius entra.
- Nous sommes arrivés.
- Excellent. Suivez-moi au sas, nous allons mettre les combinaisons qui nous protégeront du froid extrême qui règne dehors.
Ils traversèrent le sous-marin jusqu’à une petite salle où les attendaient les uniformes en question.
- Ils étaient destinés à l’armée pour mieux les faire combattre en Russie, mais les circonstances des évènements en ont décidé autrement.
- Je vais devoir me déshabiller, dit Sophia.
- Très bien.
Tout le monde se détourna.
- Indy ?
- Oui ? Dit-il sans changer son regard.
- Sois gentil et tiens moi ça.
Il tendit le bras pour attraper le pull, en vain.
- Tu peux te tourner je ne vais pas te manger.
Il obéit, son père lui lança un regard courroucé. Il la vit entièrement nue pendant quelques secondes.
- C’est chaud là-dedans. Comment tu me trouve ?
- Parfaite ma chère, dit Stratner avant Indy. Maintenant allons-y.
Il ouvrit l’écoutille de surface, une brise glacée s’engouffra.
- Bienvenue en Antarctique, dit Indy en rehaussant son col.