Indiana Jones et la lance du destin

Chapitre 55

1607 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 21/07/2026 00:22

La salle dans laquelle ils venaient tous de pénétrer était deux fois plus vaste que la précédente. Des visages étaient gravés dans la pierre, il y en avait des milliers. Au centre de la salle, trois marches menaient à un piédestal sur lequel se trouvait un cercle contenant quatre emplacements de forme différente.

- C’est donc ici que tout s’achève, dit Stratner.

- Je ne pense pas, dit Henry. Le lieu est un peu trop vide pour être un sanctuaire.

- Aucune importance, ce piédestal est la clé qui me donnera accès à tous les pouvoirs suprêmes.

- Il m’étonnerait fort que Pierre l’apôtre révèle véritablement le lieu où la lance doit être placée.

- Alors quel est cet endroit si il n’est pas le sanctuaire ?

- C’est un sanctuaire, mais pas pour la lance.

- Mensonges ! S’exclama Stratner en se dirigeant vers le piédestal. Ces emplacements ont la même forme que les fragments.

Il leva les yeux au plafond et remarqua que des milliers d’étoiles avaient été peintes minutieusement.

- Maintenant reculez tous ! Ordonna Stratner.

Il déplia ensuite le manuscrit arabe et s’en servit avec les étoiles, calculant dans sa tête avec les chiffres inscrits, les coordonnées qui lui donneraient l’heure précise de l’activation.

- Ça ne donne rien !

- Quoi ? Fit Henry intrigué.

- Ce misérable bout de papier ne révèle rien du tout !

- Parce que tu ne sais pas comment t’y prendre, laisse-moi regarder.

Stratner rechigna à confier le manuscrit à son pire ennemi, mais il n’eut guère le choix. Henry réfléchit.

- Si l’on cherche des coordonnées on ne trouve rien, effectivement.

Il réfléchit encore.

- 28 04 19 45 11 16. Ce ne sont pas des coordonnées. C’est une date…le 28 avril 1945 à 11 h 16 minutes.

- Et si l’on associe les chiffres à la position des étoiles indiquées, on obtient grossièrement la constellation de la grande et de la petite ourse avec l’étoile polaire au centre.

- Et alors ? Demanda Stratner.

- Alors c’est clair : le véritable sanctuaire se trouve en Antarctique.

- En Antarctique ?

- Et prenez l’étymologie de l’ancien nom du continent : Antarctide. Anti et Arktos qui signifient littéralement « anti grande et petite ourse ».

- Ces constellations ne se voient que là-bas, dit Henry.

- Mais où en Antarctique ? C’est vaste.

- Si un tel sanctuaire existe là-bas, il ne peut être qu’au centre du continent, là où les vents sont faibles et où les Inlandsis dominent, dit Indiana.

- Ça suffit ! C’est encore une ruse pour m’éloigner, vous ne m’aurez pas encore.

- Vous êtes libre de croire ce que vous voulez.

Stratner jeta les ossements sur le piédestal.

- Tu ne pourra pas voir grand chose, tu n’es pas un sorcier Klaus.

Stratner se concentra, mais il perdit vite son sang-froid.

- Au diable ces maudits ossements !

Il sortit les fragments de la lance et les plaça dans les emplacement prévus.

Le cercle se renfonça alors et tourna sur lui-même. Le mur derrière le piédestal coulissa alors pour révéler une vision de rêve : des monticules d’or et de diamants, de rubis, de saphirs. Des dizaines de milliers de pièces et de bijoux. Les soldats furent ébahis, mais pas Stratner.

- Vous avez de quoi profiter largement de votre retraite chef, dit Valonius en ironisant.

- C’est sans aucun intérêt. Tout cela n’a aucune valeur à mes yeux.

- Vous plaisantez ! Vous avez devant vous la richesse éternelle, un trésor inestimable qui est sûrement bien plus précieux que la lance du destin.

- Tout cela n’est rien en comparaison du pouvoir éternel que m’offrira la lance.

Il y avait une inscription sur le mur de gauche : « Prends ce que je t’offre et repart apaisé ou continue ta quête pour mourir damné ».

- C’est un avertissement de Longinus.

- Et vous croyez que je vais suivre les conseils d’un homme mort depuis près de deux mille ans ? Ce ne sont que des balivernes pour les lâches !

Valonius vit autre chose : des squelettes répartis sur toute la partie droite de la salle, caché par l‘or.

- Venez voir.

- Ce sont des Maoris, dit Indy en voyant leurs bijoux. Ce lieu était bien un sanctuaire, leur sanctuaire pour éviter la guerre, mais pas la mort.

- Et ça qu’est-ce que c’est ? Dit Kurt en ramassant un livre épais de couleur marron près d’un squelette masculin. Il l’ouvrit et parcourut brièvement les pages jaunies par le temps.

- C’est écrit en latin, l’encre est remarquablement bien conservée, l’écriture est parfaitement lisible, c’est incroyable.

- De quoi s’agit-il ? Demanda Stratner.

Kurt alla à la première page.

- Ca alors, vous n’allez pas le croire, il s’agit de mémoires de Longinus.

Stratner prit immédiatement le livre, tel un rapace.

- Très intéressant. Tiens Jones, fais-nous l’honneur de nous le lire.

- Il y a des centaines de pages.

- Raconte-nous juste les détails les plus importants.

- Très bien.


Il était raconté que Longinus, après avoir percé le flanc du Christ, avait ouvert une blessure dont le monde ne cicatriserait jamais. Juste après son acte, le fer de lance couvert de sang s’illumina d’une lueur bleutée. Le ciel devint alors noir comme une nuit sans lune. Les plus grands maux s’abattirent alors sur la Terre. Il y eut des tourbillons de feu, des murs d’eau, des effondrements de terre. Les éclairs frappaient les romains un à un, les consumant. Longinus se mit à genoux et invoqua Dieu de le pardonner de son geste, levant la lance au ciel. Un éclair la frappa mais Longinus fut sauf. Le fer de lance se scinda en quatre fragments. Quant aux puissances infernales, elles s’en retournèrent dans le néant et la lumière revint.

Dieu avait choisi de pardonner.

Plus tard, l’apôtre Jean nomma rapporta cet évènement dans son évangile, le nommant « apocalypse », tout en étant sur que ce qui venait de se produire se reproduirait.

Pierre fit de Longinus un saint pour s’être fait pardonner par Dieu en personne.

Quant à la lance du destin il fut ordonné de ne jamais rien révéler sur son pouvoir. Mais que fallait-il en faire ? La cacher ou la détruire. La seconde solution fut la première envisagée mais tous découvrirent avec stupeur que la sainte lance était totalement indestructible par la main des hommes. Il fut donc décidé de cacher les fragments, Longinus se proposa d’accomplir cette mission. Il partit donc de Jérusalem pour mettre en sûreté chacun des deux fragments qu’il avait emporté avec lui. Les deux autres allèrent à Rome avec Pierre devenu pape. Lorsque Longinus eut atteint la Germanie, il fut pris en embuscade par les soldats du roi. Les deux fragments lui furent dérobés et il fut constitué prisonnier et exilé en Asie. Dans sa geôle il se lia d’amitié avec un grand sorcier ayant volé pour survivre, le pauvre homme ne pouvait pas se servir de sa magie sous peine de mort immédiate, il avait déjà la main coupée. Longinus, en temps que saint chrétien, lui pardonna ses pêchés. Ils parvinrent tous deux à s’évader. Une fois en sûreté dans les hautes montagnes tibétaines, le sorcier rédigea sur un manuscrit des inscriptions magiques ayant pour effet de dire en permanence où se trouvait Longinus. Tant que son ami serait en vie, il serait en vie. Et il garderait jusque dans la tombe le secret de la lance.

En quittant l’Asie, Longinus fit la connaissance d’un peuple persécuté et désirant de fuir vers la liberté. Il les invita à le suivre jusqu’à La Nouvelle-Zélande où il leur offrit la terre sauvage tout en les pardonnant de leurs pêchés. Les Maoris fondèrent alors un sanctuaire en honneur à Longinus avant qu’il ne parte en leur disant qu’il allait au paradis terrestre : l’Antarctique. Quand il l’atteignit il était déjà très âgé et en fin de vie. Cela ne l’empêcha pas de fonder un sanctuaire avec les fidèles Maoris qu’ils l’avait accompagné jusque là. Le sanctuaire fut érigé là où tous les points terrestres convergent : au centre. La dernière volonté de Longinus avant de mourir fut la fabrication de milliers de lances à l’image de celle qu’il avait enfoncée dans la côte du Christ. Il s’éteignit au milieu de toutes ces fausses lances. Ses fidèles emportèrent par la suite ces lances sur les autres continents, d’autres choisirent de rester sur le continent de glace pour veiller sur le sanctuaire.

Les derniers mots de Saint Longuin furent :

« Prenez garde au pêché qui fera de vous les corrupteurs du monde pour réveiller l’apocalypse…aimez-vous les uns des autres ».


Henry referma l’ouvrage.

- C’était très instructif Jones. Maintenant repartons, le sous-marin nous attend. J’espère que vous avez prévu des vêtements chauds.


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