Indiana Jones et la lance du destin
- Tous ces jours passés dans le noir m’ont paru si longs. Stratner me gardait à la cale, au milieu des rats. Jamais auparavant je ne m’étais senti aussi mal, aussi abandonné.
- Que vous a t’il fait ?
- Il ne m’a pas beaucoup frappé, enfin, pas suffisamment pour que je me plaigne. Tout ce qu’il voulait c’était que je lui dise où se trouve le sanctuaire de Longinus.
- Le sanctuaire de Longinus ?
- Oui, j’étais aussi étonné que toi quand j’ai entendu cela.
- Que lui avez-vous dit ?
- Ce que je savais, c’est à dire pas grand-chose. Rien qui ne puisse l’aider suffisamment.
- Mais alors pourquoi vous a t’il encore gardé prisonnier après cela ?
- Il voulait me tuer, mais dès qu’il a appris que tu étais dans les parages, il a trouvé utile de me garder comme appât, et apparemment son idée a bien fonctionné.
- Mais vous êtes en vie.
- Je suppose que tu veux retrouver ce sanctuaire avant Stratner.
- Non, je veux aller chercher Sophia avant.
- Ça alors ! Je ne te reconnais plus ! Cette femme a donc réellement un don ?
- Voyons ces reliques, elles pourront peut être nous éclairer.
Il sortit les reliques de la poche de sa veste de cuir.
- Que pouvez-vous me dire dessus ?
- Le manuscrit contient les coordonnées astrologiques et les indications permettant d’invoquer les esprits de l’au-delà à un moment précis à l’intérieur du sanctuaire de Longinus. Il est aussi dit que quiconque s’en sert sans être sorcier devient esclave de ce manuscrit.
- Très bien, et les ossements ?
- Ils serviront à indiquer qui sera le nouveau maître de la lance.
- Le nouveau ?
- Oui, vois-tu, la lance doit avoir un possesseur pour que son pouvoir soit activé. La clé n’est pas la lance elle-même, mais le manuscrit, il ne peut être utilisé qu’un an exactement après la mort de son ancien propriétaire. Autrement dit, si il s’agissait d’un pharaon, nous sommes plutôt mal en point.
- N’ayez crainte, ce n’était pas un pharaon, mais un africain mort le 28 avril dernier.
- Autrement dit il nous reste cinq jours.
- Alors il ne faut pas tarder.
- Attends une minute fils, je ne te suis plus. Où allons-nous ? Au sanctuaire, ou dans la gueule du loup ?
- Les deux père. Stratner a la lance ne l’oubliez pas, sans elle nous ne pourrons rien faire. Donc nous devrons quoi qu’il arrive, allez lui rendre à nouveau une petite visite de courtoisie. Comme cela nous ferons d’une pierre deux coups.
- Et comment compte tu faire ?
- Il sait où est le sanctuaire désormais, plus ou moins, il suffit que nous arrivions les premiers et nous n’aurons plus qu’à l’attendre pour nous servir.
- Oui, il y a juste un petit problème.
- Quoi ?
- Oui euh… le sanctuaire est situé à l’ouest de la Nouvelle-Zélande, et Stratner va au sud.
- Comment cela se fait il ?
- C’est…c’est moi qui l’ai fait dévier exprès du vrai chemin, je pensais que tu serais heureux d’apprendre que je t’en ai débarrassé pour un long moment.
- Zut ! Mais comment êtes-vous sur que le sanctuaire est vraiment à l’ouest ?
- Pierre l’Apôtre donne les coordonnées dans son testament. Il dit aussi que Longinus s’est exilé pour pardonner ses pêchés auprès du monde. C’est pour cela qu’il aurait voyagé jusqu’ici, et serait mort.
- Mais alors pourquoi ériger un sanctuaire à la gloire de la lance du destin ?
- Je l’ignore.
- Bien. Je dois aussi penser à Sophia, c’est vous qui allez m’aider à la sauver père.
- Moi ? Mais comment ?
- Stratner vous a utilisé contre moi. Moi je vais vous utiliser contre lui.
- Je te demande pardon ?
- Votre passé avec lui nous sera très utile, si vous le mettez en colère, il viendra plus rapidement à nous.
- C’est dangereux de jouer avec les sentiments, fils.
- C’est lui qui a commencé, en me prenant Sophia.
- Elle compte à ce point pour toi ?
- Oui. Elle est tout pour moi.
- Mon dieu ! Te voilà amoureux ! Si je m’y étais attendu !
- Père, elle est en danger de mort !
- Non, je ne pense pas, Stratner l’a gardée pour une bonne raison.
Indy réfléchit.
- Mais oui…son don. Valonius l’a vue s’en servir…elle seule peut activer le pouvoir de la lance.
- Seigneur ! Alors il faut la récupérer à tout prix !
- Pas si vite père, le moindre faux pas peut nous être fatal désormais.
- Mais nous avons l’avantage !
- Personne n’a l’avantage tant qu’il n’est pas dans le sanctuaire avec les reliques et Sophia.
- Mais le temps est notre allié.
- Je vois mal en quoi.
- Plus Stratner sera ralenti, plus la guerre finira vite, Hitler vit ses derniers jours, il suffit de résister encore un peu.
- Vous voulez que l’on se cache ?
- C’est une solution.
- Je ne jouerai pas au poltron en laissant Sophia aux mains de Stratner ! Les russes sont dans Berlin depuis plus d’un mois et ils n’ont toujours pas tué Hitler.
- Pourtant la fin de la guerre est imminente.
- Cette guerre ne se terminera que lorsque la lance aura été détruite, ou activée. Le sort de toute l’humanité réside en elle désormais.
- Mais Stratner est seul maintenant.
- Et cela ne fait qu’empirer les choses, il se croit déjà le maître du monde.
- Eh bien qu’il reste dans ses rêves et nous laisse en paix.
- Peut être que Kurt pourra nous aider.
- Kurt est…
- Avec Stratner, je le sais bien, mais il se trouve dans une période de doute, et c’est une occasion à ne pas lâcher.
- Tu pense toujours qu’il peut changer de camp.
- Aucun destin n’est scellé, personne ne naît méchant.
- Mais comment l’approcher ?
- Il nous trouvera en même temps que Stratner.
- Ils ne nous trouveront jamais nous n’allons pas au même endroit.
- Si ils nous ont trouvé dans tous les autres pays du monde ils nous trouveront bien sur celui-ci. Et puis, Kurt est en train de changer, il redevient ce qu’il est vraiment.
- Indiana, tout ce qu’il veut c’est la lance, sa corruption l’a complètement perdu.
- A cause de Stratner.
- A cause de toi. C’est à toi qu’il en veut.
- Nous faisons tous des erreurs. C’est humain. A ce propos, Stratner m’a raconté que vous l’aviez humilié dans le passé.
- Oui, il faisait référence à ce vol dont je t’ai parlé. Avant cela il était un élève brillant et respecté, tout allait bien pour lui, et puis il a commis ce crime abominable. Le premier est devenu dernier, un rebut de l’humanité. Par ma faute.
- C’est lui qui a volé, vous avez fait ce que tout le monde aurait fait.
- Quand il a été renvoyé, il errait seul dans la rue, et un homme l’a agressé pour lui voler le peu d’argent qu’il possédait. Il s’est battu, a pris le revolver de son adversaire et l’a tué, c’est depuis qu’il a basculé dans la folie. A cause de moi.
- Seigneur.
- C’est pour cela que je ne veux pas que la même chose se produise avec Kurt, c’est un homme de bien, n’en fais pas une victime.
- Bien sûr que non, je veux l’aider.
- Il y a eu autre chose. Un soir, alors que j’étais seul avec Anna, avant que tu ne vienne au monde, Stratner s’est introduit dans la maison avec son arme pour me tuer Anna et moi. Je l’ai affronté et j’ai réussi à le terrasser. Mais quand la police est arrivée pour l’arrêter il a fui, je ne l’ai jamais revu depuis. Ni moi, ni personne d’autre.
- Vous avez du avoir peur.
- Pas pour moi, pour Anna. Sa vie valait bien plus que la mienne.
- Non père, vous étiez pareils.
- Dit-moi. Veux-tu épouser Sophia ?
- Eh bien…
- Çà alors ! Tu hésite ! J’ai l’impression d’être revenu cinquante ans en arrière, à l’époque où j’ai rencontré Anna.
- Comment était-ce ?
- Humide.
- Humide ?
- Je marchais dans la rue, elle marchait devant moi sans que je la remarque, elle a glissée, je l’ai rattrapée et voilà ! Tout est allé si vite ensuite.
- C’était plus simple pour vous que pour moi.
- Il te suffit d’être patient. Mais pas trop, je tiens à être grand-père.
- Vous êtes déjà bien assez vieux.
- Quoi ?
- Non, rien.
- Non Junior, répète ce que tu viens de dire.
- Non.