Indiana Jones et la lance du destin
Les Célèbes, également appelées Sulawesi) étaient un ensemble de petites îles de forme particulière composées principalement d’une chaîne de volcans dont le plus haut, le Rantekombola, était aussi le plus dangereux. La présence ennemie s’était regroupée dans la partie sud de l’île. Indiana et Sophia accostèrent donc au nord pour mieux redescendre dans la discrétion. Ils marchèrent à travers la forêt et la savane jusqu’à apercevoir une chaîne de volcans devant eux.
- Je déteste les volcans.
- C’est la nature Indy.
- Et ça aussi ? Dit-il en désignant ce qu’il y avait en-dessous.
Une base d’opérations avec une cinquantaine de soldats uniquement allemands cette fois. Indy repéra un homme sortir de la base avec cinq hommes, son éternel adversaire.
- Stratner. Encore et toujours lui.
Il s’éloignait vers le volcan.
- Il part à la chasse.
- Il a trouvé une piste, il est meilleur que toi, et pourtant il est plus vieux.
- Ce n’est pas une question d’âge tu le sais bien.
- Bien alors prouve le contraire. Tu peux profiter de son absence pour aller chercher ton père.
- Il vaudrait mieux que je trouve ce que Stratner convoite avant cela, ainsi nous aurions l‘avantage.
- D‘accord, moi je vais chercher ton père.
- C’est trop dangereux.
- N’ai pas peur, je ne vais pas me perdre dans le noir.
- Tu sais très bien ce que je veux dire.
- Comme tu le dis si bien, « fais-moi confiance ».
- …D’accord. Vas-y. Mais fais très attention.
- Je n’ai plus quatre ans Indy, et tu n’es pas mon père.
- Heureusement.
Indy se dirigea donc seul vers le volcan. La montagne de feu était plongée dans un sommeil agité, la gravir serait difficile mais Indy se dit intérieurement qu’après l’Everest, un simple volcan serait peu de choses.
Stratner avait pris une avance négligeable mais relativement peu importante dans la mesure où il devrait encore trouver le passage menant à ce qu’il cherchait. Indy rit en imaginant le vieil homme grimper cet enfer triangulaire en se brûlant les fesses çà chaque mètre. Mais il rigolait moins en voyant ce qu’il devait lui-même parcourir.
Il se sentait bien seul, l’absence de Sophia le mettait mal à l’aise, sans elle il ne pouvait ni plaisanter, ni partager ses connaissances, ni ressentir des émotions. Sans elle, il était bien peu de choses.
« Allons Indiana, ressaisis-toi, ce n’est pas une femme qui va réussir à te transformer en bout de chiffon ! Il y en a eu d’autres avant, il y en aura d’autres après ».
En gravissant le volcan, il perdit rapidement la trace de Stratner, mais il n’y avait aucune chance que le vieil imbécile soit déjà au sommet.
Au départ l’ascension fut facile, il suffisait de prendre appui sur la roche. Mais plus Indy montait plus cela devenait pénible et insupportable à cause de la chaleur de lieux.
Il sentait la roche brûlante sous ses doigts meurtris en sueur, l’air de souffre était suffoquant. Il s’essuya le visage et continua avec courage. Il monta encore, et dérapa, mais se raccrocha in extremis à la paroi rocheuse. Il gravit encore une dizaine de mètres, il n’en pouvait plus, l’eau et l’oxygène faisaient cruellement défaut. Il s’arrêta, se mit sur le dos et ferma les yeux un instant, pensant à Sophia et à son père, ses deux seules motivations pour continuer cette aventure insensée qui ne l’avait jamais autant fait douter de lui. Il tendit le bras et se hissa un peu plus haut, son père l’attendait en bas, avec Sophia, il les retrouverait dans une heure tout au plus. Et lui ramènerait les ossements. La fin de cette terrible péripétie approcherait enfin.
Il fit un effort, monta encore.
Il vit le sommet et tendit le bras pour l’atteindre.
Mais il chuta.
Il se rattrapa à plusieurs endroits mais jamais fermement, sa chute s’arrêta une vingtaine de mètres plus bas sur les cailloux d’un minuscule promontoire naturel. Il était sonné et endolori mais il parvint à se relever.
La plate-forme céda alors sous son poids, il retomba de plus belle encore sept mètres avant de véritablement achever sa course dans un nouveau lit de cailloux à la base du volcan. Il assista alors à un étrange phénomène : les cailloux flottaient ! Il les toucha, ils étaient collés les uns aux autres. Cela lui donna un mauvais pressentiment et il décida de se lever en vitesse pour déguerpir de cet endroit. Ses jambes se prirent alors dans les cailloux comme de la glue, il fut lentement tiré vers le bas et se sentit comme plongé lentement dans de l’eau glacée, ce qui était plutôt anormal pour un volcan ! Bien sûr il chercha quelque chose pour s’agripper. Il vit une branche et lanca son fouet vers elle. Il tira pour se sortir de ces cailloux mouvants, hélas la pression de traction était telle qu’il pouvait à peine résister. Il vit alors avec horreur le fouet se détacher lentement, la branche se casser en deux, et lui disparaître.
Son étouffement ne dura pas longtemps. Il fut rejeté contre un sol dur…et glacé. En ouvrant les yeux il se rendit compte qu’il était tombé contre une pierre entièrement congelée. Il regarda autour de lui et se rendit compte que tout était congelé autour de lui. Il se trouvait dans une sorte de grotte de glace située elle-même sous un volcan.
Il se releva et fit deux pas en avant. En pivotant sur le côté il vit des formes prises dans la glace. En s’approchant de plus près il distingua clairement des animaux, des animaux préhistoriques, les ancêtres des félins et d’autres mammifères primitifs. La lumière passait à travers leurs tombes de glace lui conférant un teint bleu pâle. Indy regarda chaque animal avec à la fois de la pitié et de la fascination. Son regard passa sur chacune des tombes, et se fixa sur la cinquième. Aucun animal à l’intérieur mais un être humain, un homme de la préhistoire vêtu de peaux de bêtes, de longs cheveux bruns et des yeux bleus remplis de peur.
Mais que s’était-il passé ici ?
Indy suivit la galerie de glace située au fond de la « salle funéraire ». Bientôt il se figea et recula dans l’ombre, il avait vu des silhouettes et entendu des voix.
- Cessez de trembler comme des vers de terre !
Stratner venait d’apparaître, Indy eut une irrésistible envie de lui bondir dessus pour l’étrangler, mais il parvint à garder son calme.
- Que de chemin pour des os ! Qin Shi Huangdi aurait pu être un petit peu plus prévoyant !
Le sol trembla brusquement, les soldats paniquèrent.
- Du calme ! Ce n’est qu’un vulgaire tremblement de terre ! Le volcan est actif, nous avons intérêt à nous dépêcher pour vite sortir de là. J’ai le don pour choisir les mauvais moments, ma chance est damnée !
Indy suivit le groupe jusqu’à ce qu’il s’arrête devant une immense porte construite en cranes humains, c’était horrible. Il y avait deux emplacements distincts de chaque côté, des réceptacles pour quelque chose de précis.
- Milarepa avait du goût.
- On dynamite ?
- Surtout pas malheureux ! Tu veux te faire engloutir par la lave ? Non, il y a sûrement un autre moyen.
Il y avait deux traces dorées au-dessus des réceptacles. Indy sut immédiatement de quoi il s’agissait. Alors il s’avança.
- Je peux peut-être aider.
Les soldats se retournèrent et le mirent en joue.
- Ne tirez pas ! Ordonna Stratner. Que voulez-vous Jones avant que je ne donne l’ordre de vous renvoyer là où vous auriez du être depuis le Pérou.
- Vous avez besoin d’une clef apparemment.
- Sans blagues !
- J’ai ce qu’il vous faut.
- Alors faites. Mais pas de coup fourré.
Indy se dirigea vers les réceptacles et plaça les idoles dans les emplacements correspondants. Y et Z, Indy sut ce que les deux lettres signifiaient dans un tel lieu : Ying Zheng, le nom original de Qin Shi Huangdi avant qu’il ne devienne empereur.
Mais rien ne se passa.
- Alors ? S’impatienta Stratner.
Les idoles pivotèrent, chacune vers l’autre. De la poussière tomba et les deux battants de la porte de crânes se débloquèrent, ouvrant ainsi le passage vers une grande salle bondée de stalactites et de squelettes de glace. Au centre de quatre petites tranchées de glace réunis en X se trouvait un petit piédestal en étoile de glace avec un coffret posé dessus.
Stratner s’approcha du coffret, la serrure était gelée, impossible de la débloquer. Il dégaina son pistolet automatique et tira une balle qui rebondit dans toute la salle.
- Il y a d’autres manières Klaus, dit Indy.
Alors il entreprit de cogner contre la serrure avec la crosse de l’arme. La serrure finit par céder, il ouvrit le coffret et regarda à l’intérieur.
Il s’y trouvait sept ossements de longueur variante et dont la blancheur avait déteinte à cause du temps. Stratner referma le coffret et sourit en le caressant.
- Une fois de plus je gagne Jones.
Le piédestal de glace sembla alors fondre, l’eau se répandit rapidement dans les quatre tranchées croisées pour aller se perdre dans les parois de la salle.
Il y eut alors un tremblement, bien plus violent que le précédent.
Les stalactites dégringolèrent. Tout le monde prit la fuite, Indy jugea bon de faire de même. La paroi de glace fondait à toute vitesse, elle se vaporisait même.
Il courut dans la galerie et revint vite à la salle funéraire. Il y eut une déflagration qui le projeta à terre, Stratner avait déclenché une explosion. Indy se releva lentement. Il entendit un bruit sourd au loin. Il se retourna vers la galerie et vit un fleuve de lave écarlate se diriger droit vers lui à une vitesse impressionnante. Sans attendre il bondit dans la brèche crée par Stratner, ce qui le ramena dehors. La lave s’écrasa contre la paroi et jaillit de la brèche. Indy courut se mettre hors de portée. La vapeur dégagée par la fonte des glaces et la suie avait crée un brouillard d’une profondeur surnaturelle, il ne pouvait rien voir mais il pouvait entendre les trentaines de cliquetis autour de lui. Il était encerclé par des soldats, Stratner s’avança.
- Vous êtes décidément plus coriace que les dix plaies d’Égypte réunies.
- Trop d’honneur.