Indiana Jones et la lance du destin

Chapitre 46

891 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 12/07/2026 23:23

Quitter un pays en guerre pour aller dans un autre était une véritable épreuve. Indiana et Sophia avait néanmoins pu résoudre ce problème délicat grâce aux bons services d’un pilote clandestin en escale à Lhassa. Ils avaient donc effectué un long voyage vers l’île de Java et sa capitale : Jakarta, où ils durent sauter en parachute pour atteindre la ville, l’avion ne pouvant atterrir. Suite à cela ils durent marcher dans les rues abandonnées tout en évitant les patrouilles japonaises. Il fallait trouver un refuge, et vite. Ils entrèrent alors dans la première maison ouverte. La seule personne qui l’habitait était un vieil homme. Contre toute attente, il accepta de les héberger pour la nuit. Ils purent ainsi manger et dormir. Le Javanais demanda à ce qu’ils racontent comment ils avaient pû atterrir ici, Indy répondit juste qu’il s’agissait d’une très longue histoire mais le javanais insista, alors il raconta tout, de la quête de la lance à l’ascension de l’Everest. A la fin de son récit, le vieil homme rit et dit :

- Mes pauvres amis, le ciel vous déteste alors que vous ne cherchez qu’à le protéger !

- C’est bien vrai.

- Vous êtes très mal tombés, guerre est partout. Ici catastrophe, obscurité, mort. Troupes se battent sur toutes les îles, centaines de morts chaque jour, survivants affamés et pauvres.

- Vous vivez seul ?

- Maintenant. Autrefois avait famille, femme et trois enfants. Enfants enlevés pour être esclaves, femme tuée sous mes yeux alors qu’elle essayait de s’enfuir.

- N’y a t’il aucun coin en paix ? Demanda Sophia.

- Pas dans ce monde.

- Toutes les îles sont en guerre ?

- Toutes, vous ne pouvez échapper aux japonais.

- Vous avez vu des allemands ?

- Non, j’évite de sortir.

- C’est compréhensible.

Le javanais passa dans la pièce voisine de sa maison miteuse et humide, Indy le suivit. Le vieil homme alluma la radio. Une voix de jeune homme parlait une langue proche du chinois, c’était du Sounda, la langue de la région.

- Qui parle ?

- Un clandestin, chef d’un groupe de rebelles, il nous informe de tous les mouvements ennemis.

Ils écoutèrent un instant, Indy ne comprenait pas grand-chose.

- Je vais traduire, dit le javanais. Dit que japonais sont toujours en offensive, ne cèdent pas. En Europe, Berlin est assiégé.

- Il était temps.

- Führer se cache dans son palais, il attend sa fin, bientôt nous serons victorieux.

- Les russes sont formidables.

- Allemands se trouvent au nord ouest des îles, ils ne cherchent pas les hostilités.

- Non, ils cherchent autre chose. Le site des ossements.

- Il faut le trouver avant eux.

- Et comment ?

- Nous avons un avantage : les idoles du temple de Milarepa.

- Elles nous ont juste menées dans ce pays.

- Mon père possédait une de ces idoles, il l’a achetée à un fabriquant de Sumatra, à Jambi exactement. Il y a des chinois là-bas qui habitent le lieux depuis des siècles.

- C’est la piste la plus logique. Il y a aussi beaucoup de volcans, pourvu que…

- Non.

Leur hôte leur avait offert sa « cuisine » en guise de chambre à coucher, deux matelas avaient été disposés. Le javanais était parti se coucher.

- Je n’ai pas envie de dormir, dit Indy. Toutes ces énigmes dans ma tête me donnent la migraine.

- De quoi as-tu envie alors ?

- De parler.

- De parler.

- De quoi as-tu peur toi ?

- Moi ? Des insectes, du vide.

- Non, plus personnellement.

- …D’être seule.

- Comme moi.

- Un grand aventurier comme toi ne devrait jamais avoir à dire cela.

- Eh bien moi je le dis. Tu sais depuis toutes ces années, il y autre chose que je cherche que de vieilles babioles sans valeur.

- Qu’est ce que c’est ?

- Moi même.

- Tu a trop bu Indy.

- Non, je suis sérieux.

- Indy, promets-moi que nous rentrons à New-York ensemble.

- Tu tiens tellement à moi ?

- A nous.

- Sophia, je…

- Tais-toi.

Elle approcha ses lèvres des siennes, mais il se recula.

- Qu’y a t’il ?

- Je ne peux pas faire ça.

- Pourtant tu a déjà embrassé plus d’une centaine de femmes avant moi non ?

- Oui mais avec toi c’est…différent.

- Pourquoi ?

- Parce que je…

- Dis-le moi Indy.

- Je…

- Dis-le.

- Je t’aime.

Elle sourit et recommença sa tentative, mais il la repoussa à nouveau.

- Je ne veux pas gâcher ta vie.

- Je le sais bien.

- Alors comprends-moi.

- Je te comprends.

Cette fois elle y arriva. Un contact tiède et humide, réveillant toutes les sensations de ces deux corps enflammés. Elle alla sur lui, l’embrassant fougueusement jusqu’à oublier de respirer. Indy vivait là sa plus grande aventure, il le savait, il savait que ces longues minutes qui allaient passer étaient en train de sceller son destin à jamais.  

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