Indiana Jones et la lance du destin
La montagne blanche et fière se dressait au milieu de l’espace brumeux. Indy la contemplait à travers le hublot, il aurait tellement voulu se trouver à son sommet en cet instant rien que pour admirer le superbe paysage péruvien qu’il n’avait pas revu depuis neuf années et qui lui avait tellement manqué.
Ah le Pérou ! La dernière fois qu’il y avait mis les pieds, c’était pour trouver une idole en or perdue au fin fond d’un temple situé dans la jungle. Après avoir échappé à des piques, des flèches empoisonnées et à une boule de roche géante, il avait enfin son précieux trésor. Mais il lui avait échappé quelques instants plus tard pour aller dans les mains de son pire ennemi de l’époque : Bellocq. Mais tout cela était loin maintenant, Bellocq était mort en ouvrant l’Arche d’Alliance, un ennemi de moins, mais juste un de moins, Indy semblait les collectionner.
Il y eut tant d’autres aventures depuis : l’œil du destin, le Grâal, les tablettes de Bouddha, l’Atlantide, le disque des dieux, la toison d’or…
Et toutes ces femmes qui l’avait quitté à la fin de chaque aventure…Indy se frottait sa cicatrice au menton en repensant à Marion, Elsa, Sophia et toutes les autres.
A présent il était à nouveau seul et à nouveau en quête d’un trésor.
Le ronronnement des moteurs de l’avion le laissait pensif face au paysage montagnard masqué. Quels nouveaux périples l’attendrait une fois au sol ? Qu’allait-il donc bien pouvoir encore lui arriver ?
Pour réponse il croisa les doigts en espérant de toutes ses forces que cette fois au moins, il ne fasse vraiment que de l’archéologie et rien d‘autre.
- Belle vue hein ? Dit une voix à côté de lui.
Il tourna la tête.
C’était un jeune homme d’une trentaine d’années aux cheveux blonds et aux yeux bleus, il était d’origine allemande mais il s’était réfugié aux Etats-Unis peu après la fin de la première guerre mondiale. Il s’appelait Kurt Valonius, il accompagnait Indy dans son aventure. Kurt avait été autrefois son élève, son meilleur élève, il était à présent un archéologue. Dès que Indy eut à nouveau entendu parler de lui, ils alla le retrouver pour lui proposer de l’accompagner dans son voyage, Kurt avait accepté tout de suite.
- Oui, ce serait mieux si elle n’était pas si cachée.
Kurt s’asseya à côté d’Indy et lui remit un carnet.
- Tenez, votre journal, très intéressant.
- Merci. Qu’à tu demandé à cette femme là-bas ? Demanda Indy en montrant une jeune péruvienne du regard.
- Je testais juste mon espagnol professeur.
- Tu m’en dira tant, dit Indy avec un sourire.
- Vous n’êtes pas fatigué après toutes ces heures de vol ?
- Jamais un scientifique reste toujours éveillé.
- Alors d’où venait ces ronflements tout à l’heure ?
- De ton imagination, surement.
Kurt rit et regarda au dehors, la brume disparaissait enfin, laissant apparaître la surface.
- Regardez, nous arrivons.
L’avion amorce sa descente vers le paysage péruvien à demi-ensoleillé, les jungles s’étendaient à perte de vue, il y avait aussi un tas d’habitations modestes regroupées, elles formaient Lima, la capitale. La piste d’atterrissage se dessina, l’appareil trembla brutalement avant de toucher le sol et de continuer son chemin en roulant avant de s’arrêter définitivement.
Les portes de soute s’ouvrirent et les passagers quittèrent l’avion, Indy fit de même, non sans adresser son habituel sourire charmeur à l’hôtesse, qui fonctionnait toujours.
L’air était chaud et sec, un faible vent soufflait.
Indy et Kurt n’avaient aucun bagage, il trouverait tout ce dont ils auraient besoin sur place.
Ils traversèrent l’aéroport avant de sortir dans les rues de la capitale.
- Dire que Père voulait venir, dit Indy.
- Pourquoi ne l’a t’il pas fait ?
- Marcus avait besoin de lui pour dater des statues antiques, il n’a pas pu refuser, un rat de bibliothèque, je l’ai toujours dit.
Ils marchaient tranquillement dans la rue.
- Quel est le programme ? Demanda Kurt.
- D’abord, trouver un endroit où passer la nuit, ensuite, trouver un guide et des porteurs et enfin, aller à la rencontre de l’idole des Mayatena.
- Elle a quoi de particulier déjà ?
- Cette idole était le trésor le plus précieux des Mayatena, qui étaient…
- Un peuple Maya qui fut exilé de sa tribu pour sa pratique de la magie noire. En 1438, Ils trouvèrent refuge à Cuzco où ils devinrent des Incas, après quoi leur meneur, Capac Yupanqui, gagna les faveurs du Sepa Inca de l’époque, Viracocha. Quand celui-ci dut fuir la cité à cause de la guerre qui avait embrasé les tribus, Yupanqui se fit passer pour son fils et prit sa place sous le nom de Pachacutec, le réformateur du monde. Durant son règne, l’Empire Inca fut considérablement agrandi mais le peuple vivait dans la terreur, Pachacutec fut renversé de force et chassé de Cuzco. Avec l’aide de quelques fidèles il créa une pyramide secrète où il s’enferma jusqu’à sa mort, emportant avec lui une idole faite de cristal, d’or et de diamants, inestimable. Cette idole avait été façonnée par ses fidèles à sa demande avec les ressources volées au Incas. Cette idole était l’unique obsession de Pachacutec dans ses derniers jours, elle l’a mené à sa perte car ses fidèles convoitaient aussi le précieux objet, Pachacutec s’enferma dans son tombeau et se sacrifia, pour sauver son âme et surtout, protéger l’idole de tout étranger malveillant. L’idole serait donc aujourd’hui avec lui dans sa tombe, protégée par de nombreux pièges dont personne ne serait revenu vivant.
Indy resta estomaqué.
- Là tu m’impressionne.
- Tout était dans votre journal professeur, une seule chose m’interroge, si personne n’a pu revenir en vie de ce tombeau, comment la légende à t’elle pû prendre forme ?
- Pachacutec avait un grand prêtre qui était son plus fidèle ami, à sa mort, ce prêtre réussit à s’enfuir du tombeau grâce aux conseils de son maître, il se réfugia dans une cité Inca où il pû en toute quiétude rédiger un manuscrit avec toutes les informations sur la pyramide.
- Ca explique tout.
Une Ford T noire les devança et s’arrêta. La vitre arrière droite s’abaissa. Un visage blanc en sortit, les yeux cachés derrière des lunettes noires, l’homme portait aussi un chapeau noir.
- Professeur Jones ? Demanda t’il avec un fort accent allemand.
- Ca dépend pour quoi.
- Quelqu’un veut vous voir.
- Vraiment ? Qui ?
- Quelqu’un, montez.
La porte s’ouvrit.
- Je n’ai pas pour habitude de me précipiter dans la première voiture venue.
- J’insiste professeur, dit l’homme en pointant une arme sur lui.
- Bien, après tout pourquoi pas.
- Votre ami vient aussi.
- Très gentil de votre part.
Ils montèrent dans le véhicule et virent deux autres hommes. Le chef hurla un ordre au chauffeur et le véhicule avança lentement vers sa mystérieuse destination.