Independence Day : Payback

Chapitre 4 : La bataille pour la Terre

3901 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 31/10/2026 19:51

A la tête de la flotte de diversion, composée de ses 114 chasseurs, Dylan observait, comme tous, l’imposant vaisseau ennemi surgir du néant et approcher lentement vers lui.

— Tenez-vous prêts ! Ordonna-t-il.

Les chasseurs H-8 se mirent en position, formant une ligne de défense entre le vaisseau-mère et la Terre.

— Activez le système de défense orbitale ! 

Les tourelles satellites ceinturant la Terre, qui avaient été reconstruites avec la technologie de la Sphère après l'attaque de 2016, se déployèrent devant la flotte de diversion.

Sans surprise, le vaisseau-mère réagit exactement comme la dernière fois : En déployant le canon à visée multiple positionné à sa proue.

Dylan continua d'observer, impassible.

Le vaisseau-mère cibla tous les satellites de défense face à lui et déclencha le tir.

Un faisceau d'énergie verte destructrice jaillit et se divisa en 12 rayons pour aller frapper, de plein fouet et en un éclair, chacun des canons orbitaux.

Mais, cette fois, ils ne furent pas anéantis.

Ils absorbèrent les flux d'énergie, qui passèrent de vert à bleu, les concentrèrent, en les faisant luire d'un éclat intense et les renvoyèrent droit à leur source.

Chaque tir vint s'écraser contre le bouclier du vaisseau, qui s'illumina de toutes parts et perdit immédiatement en intensité.

Les satellites de défense n’avaient pas été assez puissants pour le détruire en une fois, mais ils l’avaient été suffisamment pour lui adresser un sérieux avertissement.

— C'est le match retour, bande d'enfoirés ! Hurla fièrement Dylan.


Le vaisseau-mère arrêta net sa progression. Son bouclier avait été sérieusement endommagé. Il devait se mettre hors de portée des satellites de défense jusqu’à ce qu’ils aient été mis hors d’état de lui nuire.

À bord des arches et des chasseurs, tout le monde hurlait de joie face à ce tournant décisif prometteur.

Mais la fête tourna court.

Dylan vit des centaines de chasseurs ennemis apparaître à l'horizon.

— On se ressaisit les gars, c'est à nous de jouer ! En avant !

Les pilotes enclenchèrent leurs boosters et se catapultèrent bien au-delà des satellites de défense, afin d'intercepter l'ennemi, qui ouvrit le feu dès qu'ils furent à portée.

L'ultime bataille pour la Terre venait de commencer.

Tirs bleus et verts fusèrent dans toutes les directions. Dylan traversa la nuées d’ennemis devant lui et vira pour les prendre à revers avec ses canons lasers à tirs rapides et multiples qui lui permirent d'en détruire six d'un coup, rien qu'avec une seule salve.

Un peu plus loin, l'un des pilotes, pris en chasse, déploya un leurre : Une toile d'énergie qui vint se coller sur la face avant du chasseur ennemi pour l'aveugler totalement et le faire entrer en collision avec l’un des siens, ce qui fit sourire Dylan. Mais un tir dans son bouclier arrière le replongea brutalement dans la bataille. Il accéléra pour tenter de semer son ennemi qui continuait de tirer pour l'abattre. Heureusement, son bouclier ne céda pas, et il n’était pas prêt de le faire. Dans une manœuvre inattendue, Dylan fit glisser son chasseur pour se retrouver face à son adversaire, ouvrir le feu et le désintégrer.

— Ils apprennent pas ça à l'école de pilotage alien, hein !? 


De l'autre côté de la planète, les arches progressaient vers le point de passage, sévèrement escortées et en file indienne espacée, suivant scrupuleusement l'itinéraire établi par Samantha pour rester hors de portée du vaisseau-mère et des chasseurs ennemis autant que possible.

Tandis que la bataille faisait rage au loin, avec ces milliers d'explosions qui terrifiaient et fascinaient les enfants en même temps, tel un feu d'artifice morbide, la première arche atteignit le trou de ver menant à la planète refuge.

Vu de l'extérieur, c'était un simple trou noir, sous forme de sphère.


« Évidemment ! », n’avait pas manqué de commenter David, lorsque leur nouvel allié extraterrestre arrondi leur avait annoncé la création de ce raccourci interstellaire vers sa planète, quelques heures après la défaite de la reine, dans la Zone 51. Il s’en était suivi l’élaboration du plan d’évacuation global et la création accélérée des arches, grâce à la technologie de la Sphère combinée à celle des humains qui était, elle même, héritée de celle de leur ennemi commun. 38 arches avaient vu le jour et se mirent à évacuer 1 million de personnes chacune, chaque semaine depuis ces deux dernières années, à des jours et heures aléatoires, afin de minimiser les risques, en cas d’interception impromptue par l’ennemi ou d’accident. Mais il n’y eut ni ennemi, ni accident et 2,7 milliards de Terriens atteignirent la planète refuge. Avec 6 semaines de plus, la totalité de la population restante aurait pu être évacuée. Mais ils n’avaient pas eu ces 6 semaines et 228 millions de personnes étaient restées sur Terre, tandis que les ultimes 38 millions de passagers des arches s’apprêtaient à passer vers la nouvelle Terre, promise par la Sphère.


Le portail interstellaire était semblable à une bulle, flottant dans l’espace sans émettre la moindre lumière. L’objet était totalement invisible de loin et pour tous ceux qui n'en avaient pas les coordonnées exactes.

L'Arche arrivée à son seuil, y entra pour ne plus jamais en ressortir.

« La première Arche est passée ! » annonça la voix synthétique de la conscience collective de la Sphère qui pilotait les vaisseaux, à l'ensemble des passagers, via l'intercom.

Ce qui provoqua cris de joie et applaudissements.


À bord de son chasseur, Jake eut un sourire de soulagement. Un million de survivants supplémentaire.

— Lieutenant, chasseurs ennemis repérés à onze heures !

Il vit au loin une nuée d'appareils approcher. Ils s'étaient détachés du groupe principal pour patrouiller à la recherche de cibles.

— On leur a pas dit que la curiosité est un vilain défaut ? Préparez-vous à les accueillir !

Pour maximiser les chances de survie de tous et éparpiller les forces ennemies, la conscience collective de la Sphère dispersa ses arches dans toutes les directions et calcula un nouvel itinéraire pour chacune, qui rejoindrait celui établi par Samantha, avec un ordre de passage déterminé.

La nuée ennemie se divisa en plusieurs foyers d'attaque qui se dirigèrent vers chacune des arches, dont celle de Jake et son escadrille.

— Donnez-leur tout ce que vous avez ! Ordonna-t-il en pressant sa gâchette de tir pour abattre le premier ennemi à sa portée.


À bord de l'arche présidentielle, les premières secousses consécutives aux tirs perdus, ou volontaires, contre les boucliers, firent hurler de terreur un bon nombre de personnes. Certaines s'étaient recroquevillés au sol et priaient, d'autres étaient suspendues à ce que montraient les écrans de l'extérieur.

Janine Adams était dans les bras de son époux, qui observait également, avec gravité, l'évolution de la situation. Elle qui avait été sur bien des fronts, tout comme lui, était pourtant plus terrorisée que jamais de ne pouvoir être qu'une simple spectatrice impuissante.

David ressentait la même chose, tout en parvenant, miraculeusement, à éviter de le manifester extérieurement. Il fixait l'écran, sa main tenant celle de Catherine, toute aussi impassible. Mais chacun savait précisément ce que ressentait l'autre en cet instant : La peur de la mort, de la fin de l'Humanité, mais aussi l'amour.

Samantha était blottie dans un coin, au sol, Daisy dans ses bras. Chacune consolant l'autre à sa manière.

Félix suivait la bataille avec son casque audio sur les oreilles, tandis que Bobby jouait avec Ginger pour tenter de penser à autre chose, ne serait-ce qu'une minute.

Julius vint s’asseoir auprès de Sam, qui regardait ses frères.

— J'aimerais tellement être comme eux, dit-elle. Aussi insouciante.

— Mais ils sont comme toi, lui répondit Julius. Ils le montrent juste différemment.

— Et si j'avais commis une erreur d'itinéraire ? Si je nous avais tous condamnés en fait ?

— Tu nous as tous sauvés, Samantha. Tout comme tu as sauvé ta famille. Ça va aller.

— Est-ce qu'on va s'en sortir ? Demanda Daisy.

— Quoi qu'il arrive, nous sommes ensemble, lui répondit Julius, d’un ton apaisant qui les réconforta.

Une nouvelle secousse fit sursauter tout le monde à bord.

Patricia abattit le chasseur qui était parvenu à tirer sur l'arche et fit le tour pour s'occuper des autres qui l'avaient également approchée de trop près.

Plus loin, une autre arche venait d’entrer dans le passage interstellaire. Les chasseurs qui l'escortaient partirent en direction de l'escadrille de Jake.

— Escadrille Delta, ici le Lieutenant Karpov de l'escadrille Upsilon, nous venons vous assister. Arrivée sur vous dans deux minutes.

— Bienvenue à la fête, Lieutenant ! Prenez un siège et installez-vous.

Jake esquiva un tir et partit en vrille pour abattre un autre ennemi. Il redressa et vit, devant lui, tous les chasseurs éparpillés dans la bataille. Il eut alors une idée.

— Lieutenant Karpov, attendez ! Gardez votre position et préparez-vous à les recevoir, on vous les amène !

— Euh... à vos ordres.

— Rockwell, Deveraux et Juntao, vous éliminez ceux qui traînent autour de l'arche. Les autres, vous les attirez vers l'escadrille Upsilon et vous vous arrêterez net à mon ordre. C'est compris ?

— Cinq sur cinq, Lieutenant ! Répondit Patricia, sans chercher à en comprendre davantage, se fiant à son homme.

Chacun se chargea d'énerver suffisamment les chasseurs ennemis pour les convaincre de les pourchasser, les entraînant loin de l'arche et droit vers l'escadrille alliée.

— Vous êtes tous prêts ? Demanda Jake.

— Prêts ! Répondirent les pilotes de l’escadron.

— MAINTENANT !

L'escadrille de Jake s'arrêta brusquement. Les chasseurs ennemis les dépassèrent, certains rebondissant contre les boucliers des H8 au passage et se retrouvant projetés contre les leurs pour exploser de concert. Tous les autres se firent éliminer immédiatement par l'escadrille Upsilon postée devant eux.

Voyant qu’il ne restait plus aucune cible en vue, les pilotes hurlèrent de joie. Jake reçut une transmission de Juntao :

— On les a eus, Lieutenant ! On les a eus ! L’arche est sécurisée !

— Bien joué ! Bien joué à tous !

Patricia vola près de lui et lui adressa un sourire éclatant, qu’il lui rendit aussitôt.

Ils avaient remporté leur bataille.


Pendant ce temps, les arches traversaient le passage interstellaire, les unes après les autres, à un rythme régulier. Elles venaient de toutes les directions, escortées de leurs escadrilles qui les défendraient jusqu’au dernier pilote vivant. Dès qu’une arche franchissait le trou de ver, son escadrille venait en renfort à une autre, augmentant ainsi la force de défense disponible par vaisseau. Ainsi, les nuées d’ennemis furent terrassées de plus en plus aisément et rapidement, malgré les pertes inéluctables des chasseurs alliés qui restaient, heureusement, bien moins nombreuses que celles de l’ennemi qui n’avait pas la technologie améliorée de la Sphère, pensée exprès pour les dominer au combat.


Dylan abattit un nouveau chasseur. Il se faufilait à travers le labyrinthe mortel de lasers qui pleuvait de tous les côtés.

Autour de lui, il vit les ennemis exploser les uns après les autres, mais aussi ses hommes. Il ignorait combien il en restait dans chaque camp. Il espérait juste pouvoir tenir assez longtemps pour que les arches passent et que la mission soit accomplie.

Il repéra une formation ennemie qui se dirigeait droit sur les satellites de défense.

— Là, à trois heures ! Ils se dirigent vers les canons orbitaux. Repoussez-les ! 

Dylan vira de bord pour les intercepter. Il accéléra pour les approcher par derrière et ouvrit le feu, abattant l'ennemi le plus proche devant lui.

Les autres arrivèrent au niveau des satellites, mais ne purent ouvrir le feu.

Une escadrille de H-8 avait surgi devant eux pour les éliminer avec leurs redoutables canons à tirs multiples.

— Bien joué les gars ! Leur lança Dylan.

Tous partirent, ensuite, s'occuper des chasseurs restants.

Quelques minutes plus tard, ils réalisèrent qu'ils les avaient tous eus. L'euphorie s'empara des pilotes. Dylan n'arrivait pas à y croire. Il ne restait plus que le vaisseau-mère, vulnérable, et eux.

Il s’autorisa à rire en regardant l'unique cible restante.

— Terminons le travail ! Dit-il, plus déterminé que jamais.

Il vit alors le vaisseau-mère, loin devant lui, s'estomper et disparaître, remplacé par des milliers de points noirs qui grouillaient dans tous les sens.


L'ennemi venait d'envoyer sa seconde vague.


L'arche présidentielle arrivait enfin en vue du passage interstellaire.

— Eh ben, c'est pas trop tôt ! Fit Jake. OK tout le monde, préparez-vous à rompre la formation au signal.

Les chasseurs entouraient l'arche de chaque côté.

À bord, la voie synthétique lança un compte à rebours.

« Passage dans 10 secondes... 9... 8...7... ».

David était suspendu aux secondes qui défilaient, Catherine dans ses bras.

« 6... 5... ».

Joshua Adams se tenait à la passerelle devant lui et détourna son regard du compte à rebours pour échanger un regard, plein d’espoir et d’amour, avec sa femme.

« 4... 3... ».

Julius était au sol, les enfants Blackwell et Ginger, rassemblés avec lui.

« 2... 1... »

Le signal avait été donné. Les 25 chasseurs d'escorte de tête rompirent la formation et rejoignirent les 25 à l’arrière. Puis, les 40 autres, de chaque côté, firent de même. Enfin, l'arche entra dans le portail d'énergie gravitationnelle, jusqu'à en disparaître totalement.

— On en a fini ici, les gars ! Annonça Jake, fièrement.

En retour, il reçut immédiatement une transmission de Dylan.

« À toutes les forces de défense, ici le commandant Hiller de la flotte de diversion. Nous sommes débordés ! Ils arrivent sur vous ! Tenez bon ! Bonne chance à tous. »

Jake ne mit pas longtemps à réfléchir.

— Tout le monde avec moi. On va les appuyer.

— On doit escorter les arches restantes, Jake, lui rappela Patricia. C'est la priorité absolue !

— Tu veux abandonner Dylan ?

Elle se tut.

— J’emmène les escadrilles Alpha, Delta, Oméga, Tau et Sigma avec moi. Toi et les autres, escortez l'arche suivante, ordonna t-il.

Elle acquiesça de la tête.

— A vos ordres, Lieutenant, se résolut-elle. Vous avez entendu, escadrilles ?

« Affirmatif », répondirent les voix dans son casque.

Il la regarda quelques secondes, sans rien dire, puis communiqua aux autres :

— Alors en avant !

Il enclencha son booster pour disparaître au loin, avec les autres chasseurs.

Patricia appréhendait terriblement la situation, mais elle devait tenir jusqu'au bout.

— Arche Exodus 23, nous venons vous appuyer. Arrivée sur vous dans une minute.


Dylan était secoué de partout. Ils étaient trop nombreux. Même avec la technologie renforcée de la Sphère, son chasseur ne tiendrait plus longtemps.

Les autres pilotes se faisaient décimer.

La nouvelle reine du vaisseau-mère les avait sous-estimés, mais avait vite rectifié son erreur en envoyant toutes ses forces dans la bataille.

L'alarme du H-8 se déclencha. Ses boucliers étaient à 9%. Dylan vit d'autres ennemis arriver de tous les côtés. Il était cerné. Foutu.

Les chasseurs ennemis explosèrent alors en un feu d'artifice inattendu, duquel émergea Jake et son escadron de 45 chasseurs.

— Besoin d'aide, mon pote ?

— Jake !

— Tu me remercieras plus tard. On doit bouger !


De son côté, Patricia et son escadron de 85 chasseurs, atteignirent l'arche suivante. Une des trois dernières.

C'était le chaos. Les forces de défense étaient complètement dépassées. Patricia encaissa des tirs continus. Les pilotes autour d'elle tombaient comme des mouches.

Puis, l'impensable arriva.

L'arche la plus éloignée explosa.

Patricia se figea.

Quelques secondes plus tard, l'arche positionnée une centaine de kilomètres au-dessus de celle qu’elle défendait, explosa, à son tour dans une lumière aveuglante, semblable à celle d’une supernova.

Patricia n’arrivait plus à respirer, comme si elle avait été poignardée en plein cœur.

Jake vit l’immense double explosion lumineuse, depuis sa position.

— PATTY !!! Hurla t-il

Dylan l’entendit dans son casque, regarda vers lui et comprit en voyant, lui aussi, l’éclat de lumière intense qui illuminait une partie de l’espace, près de la planète.

Jake engagea toute la puissance de ses moteurs pour se rendre sur place.

Réalisant qu’il avait désormais plus de chances de sauver ses amis que la flotte qui se faisait massacrer, Dylan le suivit et lança son dernier ordre à tout le monde :

— Ici le Commandant Dylan Hiller, j’ordonne le repli général !


Avec les chasseurs restants de son escadron, Patricia tentait de retenir, coûte que coûte l’ennemi en surnombre, tandis que l'arche, devant elle, pénétrait dans le passage.

Mais ils furent tous débordés, de tous les côtés et ne purent empêcher des chasseurs ennemis d’approcher l’arche par l’arrière et ouvrir le feu dessus, sans discontinuer, jusqu’à ce que le bouclier du vaisseau rende l’âme. D’autres chasseurs plongèrent alors sur l’arche pour s’y écraser, déclenchant explosions et incendies. Patricia ne put entendre les millions de cris de ceux qui se trouvaient piégés à l’intérieur, mais elle vit l’arche, ravagée par les flammes, disparaître à travers le passage interstellaire, sans aucun espoir d’atteindre sa destination entière.

Les chasseurs ennemis tentèrent de pénétrer le trou de ver, à leur tour, mais ils rebondirent contre l’entrée du passage et furent aussitôt désintégré par la violence du choc. En dehors des arches et des chasseurs portant l’identifiant de la Sphère, nul ne pouvait passer.

Patricia se retrouva isolée avec seulement une poignée d’alliés à ses côtés, face à une escadrille hostile, bien déterminée à en finir avec eux.

C’est alors qu’un déluge de tirs lasers vint arroser et détruire les chasseurs qui leur arrivaient dessus. Elle tourna la tête et vit tout un escadron en approche. Le pilote qui lui avait sauvé la mise la salua avant de passer par le trou de ver, suivi des siens.

Elle comprit que l’ordre de repli avait été donné. Il fallait partir. Mais pas question de partir seule.

Elle entendit alors, dans son casque, la seule voix qu’elle voulait entendre à cet instant précis.

— Patty !

— Jake !

— Tu es vivante ! J’ai eu si peur !

Dylan arriva à son tour.

— Content de te revoir, Patty. Allez, venez, on se tire d’ici.

Les chasseurs restants fuirent vers le trou de ver, aussi vite que possible.


Débarrassés d’eux, les nuées s'attaquèrent alors aux satellites de défense, faisant feu et s’écrasant contre eux en kamikazes, les réduisant à néant, les uns après les autres.


Alors qu’ils s’apprêtaient à passer à leur tour, vers la planète refuge, Dylan, Jake et Patricia virent leur attention détournée en un point précis : Le vaisseau-mère s’était remis en marche et avançait de nouveau vers la Terre.


Désormais sans résistance et entouré de ses milliers de chasseurs, l'immense vaisseau spatial, plus gros encore que la lune, se positionna au-dessus de la Terre et déploya ses pieds d'ancrage, chacun faisant la taille d'une ville capitale entière.


A la surface, les humains qui n'avaient pas encore été tués par l'entrée du vaisseau dans l'atmosphère à cause de sa gravité imposante, qui soulevait toute chose sur terre ou en mer avant de les faire retomber violemment, fuirent chercher, en vain, un refuge; ou restèrent le regarder assombrir le ciel à jamais, paralysés de terreur.

Lorsque le vaisseau-mère fut en place, son rayon central d’énergie plasma verdâtre s'activa immédiatement au-dessus du large trou béant menant au noyau qu'il avait quasiment fini de forer la dernière fois.

Moins de dix secondes plus tard seulement, son œuvre fut pleinement achevée.

Une immense décharge d'énergie destructrice fut alors tirée depuis le vaisseau-mère jusqu'au noyau par l’imposant faisceau vert ininterrompu, entraînant, à contact, une explosion de matière cataclysmique.

La planète entière fut prise de séismes et de tsunamis d’une magnitude dépassant toutes les échelles de mesures connues. Tous les volcans se réveillèrent en même temps, projetant une quantité inédite de lave, blocs de roche et gaz qui éliminèrent, instantanément, toute vie autour d’eux. Les pyramides de Gizeh, la Tour Eiffel, la Maison Blanche et tous les autres monuments qui n’avaient pas encore été totalement détruits, le furent définitivement cette fois, en s’effondrant lourdement, à cause des secousses telluriques démesurées. Puis ce fut toute la surface du globe qui se fissura et s’effondra de partout, entraînant les derniers Terriens dans le néant.

Pendant ce temps, le vaisseau-mère aspirait pleinement toute l'énergie dégagée du noyau détruit, par le faisceau en son centre, jusqu’à en arracher la moitié de la croûte terrestre qui jaillit violemment dans l’espace.

Quand son œuvre fut achevée et qu’il ne resta plus rien à prendre, ses volumineux pieds d'ancrage se rétractèrent et, lentement, il se retira vers l'immensité de l'espace, ayant enfin accompli son but et obtenu sa revanche contre l'Humanité.


La Terre, elle, se désintégrait rapidement. Plus de la moitié de sa surface n'était plus qu'un vaste cratère béant exposant son cœur vide, dont le noyau avait été totalement absorbé par le vaisseau-mère qui en utiliserait l'énergie pour se renforcer, ainsi que sa technologie.

Le reste de la planète morte se craquelait de partout et se décomposait à toute vitesse.

Il ne resta bientôt de la planète bleue, abritant neuf millions d’espèces vivantes, qu'un milliard de débris qui se dispersèrent lentement aux quatre coins de l'espace, sous le regard impuissant et anéanti des trois derniers pilotes présents.


— Jake, on doit y aller.

Jake entendait à peine la voix de Dylan dans son esprit. Son regard ne quittait pas l'endroit où se tenait encore, il y a quelques minutes seulement, sa planète natale.

— Jake ! Répéta Dylan, plus intensément, pour le faire réagir.

Jake sursauta dans son cockpit.

— Ouais, répondit-il simplement, toujours secoué.

Patricia le vit passer devant elle, et croisa son regard. Rien ni personne ne pourrait le consoler aujourd'hui. Tout comme elle, Dylan et tous les autres survivants qui allaient apprendre la nouvelle dans quelques secondes.

Elle le suivit dans le passage, après un ultime regard au reste de la Terre qui lui mit les larmes aux yeux.

Dylan regarda à son tour les débris terrestres s’éparpiller lentement et comprit pourquoi Jake n'arrivait pas à se détacher de cette vision apocalyptique.

Ils le paieraient. Ils devaient le payer.

Il enclencha ses moteurs et quitta, à jamais, notre système solaire.




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