Trafic de drogue

Chapitre 8 : La fin

Chapitre final

1745 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 26/09/2026 05:39

Le lendemain, ils signent les documents de sortie de l'hôpital. Danny les accompagne au poste de police. En pénétrant dans les locaux, des souvenirs d’enfance liés à John remontent soudain à la surface d'Arielle. Elle s'arrête un instant et contemple du regard l'endroit où se trouvait autrefois le bureau de John. Steve, qui connaît lui aussi pertinemment son emplacement, jette un coup d’œil mélancolique avant de la prendre doucement par l’épaule.


« Allez, viens. On n’a pas beaucoup de temps. »


Elle le regarde, prend une inspiration, puis emboîte le pas.


Ils arrivent dans la salle d'observation derrière la vitre sans tain. De l'autre côté, elle voit Bryan, l'air toujours aussi sournois, n'ayant l'air d'avoir peur de rien.


« Tu n’es pas obligée, tu le sais ? la rappelle Steve.

- Je le veux. »


Ils sortent du couloir pour faire entrer Arielle dans la salle d'interrogatoire. Steve ne reste pas à ses côtés : Bryan est fermement menotté à la table. Arielle sait qu’elle doit rester près de la porte, tandis que Steve et Danny vont tout suivre depuis la pièce adjacente derrière la vitre teintée.


« Arielle ! Tu n’es pas morte... lance Bryan en la voyant. J’ai entendu dire que tu avais fait tomber tout le réseau.

- Oui.

- Tu sais que tu es une fille morte, maintenant ? lui hurle-t-il soudainement dessus. »


Prise d'un réflexe de terreur, la gamine recule d'un pas contre la porte. De derrière la vitre, Steve veut immédiatement se ruer dans la pièce, mais Danny le retient fermement par le bras.


« Elle va gérer, Steve. Laisse-la faire. »


Arielle rassemble son courage et affronte le regard de son bourreau :


« Pourquoi tu es venu me chercher ? Je n’avais que cinq ans à cette époque...

- Et il a fallu attendre que cette pourriture de flic crève pour enfin t’atteindre ! s’énerve Bryan.

- C’était un flic bien ! Et il a voulu t’aider, toi aussi !

- Les flics ne sont que des merdes qui nous empêchent de faire notre business !

- Tu m’as touchée ! Je n’avais même pas encore neuf ans ! Je ne savais même pas ce que c’était que ce truc !

- Ouais, je sais, réplique Bryan avec un cynisme monstrueux. Mais les hommes ont des besoins primaires. Prendre une gamine naïve qui ne connaît rien de la vie, c’est bien plus simple à manipuler.

- Tu as gâché ma vie !

- Elle était déjà nulle, ta vie ! »


C'en est trop. Steve pénètre dans la pièce comme une furie. Ce qu’il vient d’entendre l'a mis totalement hors de lui. En une fraction de seconde, Danny extirpe l'adolescente de la salle et referme aussitôt la porte derrière lui.

Un vacarme assourdissant retentit dans la pièce d'interrogatoire.


Quelques instants plus tard, Steve quitte la pièce, la respiration lourde, la main droite complètement ensanglantée. Le sergent Duke Lukela, présent dans le couloir, le regarde, puis jette un œil vers la porte d'où s'élèvent les gémissements de Bryan.


« Sa chaise s’est cassée toute seule, lâche froidement Steve en reprenant sa marche sous les regards de Danny et d'Arielle. »


Ils se rendent au QG. Steve et Arielle s'isolent dans son bureau. Elle le regarde essayer de se soigner la main, franchement amusée par la situation.


« Tu sais que Danny t'a proposé de t'aider, lâche-t-elle.

- Je sais me débrouiller tout seul.

- Pff... Laisse, je vais le faire. »


Depuis la pièce centrale, rassemblée autour de la nouvelle tablette en verre, toute l'équipe les observe. Steve ne cesse de râler sous les gestes de la gamine.


« Arrête ! Tu appuies trop fort !

- Tais-toi.

- Oh ! Tu en as trop mis. Ça pique !

- Tant que ça pique, c’est que ce n’est pas désinfecté, grand-père.

- Je ne suis pas un grand-père. Je marche très bien, maintenant !

- Arrête de bouger ! Je ne peux pas poser la bande !

- Tu serres trop fort !

- Tu m’énerves... Chut !

- On ne me dit pas chut.

- Chut, chut, chut et chut ! réplique-t-elle en fixant le pansement et en tapotant gentiment sur sa main blessée. »


Il la fixe avec un regard noir, mais au fond totalement amusé. Arielle se laisse ensuite tomber confortablement sur le canapé de son bureau.


En jetant un œil à travers la vitre, Steve voit ses collègues morts de rire, les larmes aux yeux face à cette scène hilarante. Il va s'asseoir sur sa chaise de bureau et ouvre son ordinateur portable en les fusillant du regard, pas franchement ravi qu'ils se foutent de lui.


Quelques heures plus tard, une personne pénètre dans le QG : c’est Patrick. La ressemblance avec sa sœur est flagrante, surtout au niveau du regard. Chin l’accueille chaleureusement et l’invite à le suivre jusqu'au bureau de Steve.

Ils se présentent, puis Steve lui tend une main ferme. Patrick jette immédiatement un œil vers sa petite sœur, ému et heureux de la trouver enfin. D’un simple regard, Steve encourage la gamine à sauter le pas. Patrick s'approche et la serre fort dans ses bras. Avec un temps d'hésitation, elle entoure à son tour son buste de ses bras.


« Tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureux d’enfin te trouver..., souffle-t-il, la voix nouée. Je te cherche depuis si longtemps. »


Steve s’éclipse discrètement pour leur laisser un peu d’intimité. Ils s’assoient ensemble sur le canapé. Arielle a du mal à le fixer du regard. Son frère est beau, bien habillé, sans la moindre cicatrice sur le corps : tout le contraire d’elle.


« Veronica et Jason vont être tellement heureux de te rencontrer !

- Ils sont où ?

- Sur le continent, à Los Angeles. Tu verras, ta chambre est magnifique, elle est grande ! Les établissements scolaires, là-bas, sont superbes, et si plus tard, tu veux travailler comme moi auprès des enfants, je pourrai te donner un coup de main.

- Je ne veux pas vivre avec toi, Patrick. »


Patrick se fige, pris au dépourvu.


« Qu’est-ce que tu dis ?! Tu es ma sœur, il faut que tu viennes avec moi !

- Non... J’ai grandi dans la rue. Je parle très mal, j’ai besoin d’un cadre rigide. Steve et son équipe se sont proposés pour m’aider.

- Mais moi aussi, je peux faire ce qu’eux font pour toi !

- Non. Tu as une famille. Je ne veux pas risquer de détruire ton couple à cause de mon langage ou de mes sautes d’humeur, ni de mettre Jason sur un mauvais chemin.

- Et... est-ce qu’après tout ça, tu voudras venir me rejoindre à Los Angeles ? C’est une ville tellement merveilleuse...

- On se verra, mais je vais rester ici. Chez moi. »


Patrick la serre de nouveau contre lui. Il lui raconte ensuite son passé. Leurs parents se droguaient déjà à l’époque, une spirale dans laquelle ils avaient plongé après la perte d'emploi de leur père, tandis que leur mère, femme au foyer, n'avait aucune ressource.


« Maman est tombée enceinte de toi pendant que les services sociaux me prenaient en charge. À ta naissance, ils devaient venir te récupérer, mais ils ont fui pour ne pas perdre leur deuxième enfant. Je t’ai tellement cherchée... Mais sur cette île, je n’y ai jamais pensé. Je n’imaginais pas qu’ils s'étaient sauvés si loin.

- Je m’en suis sortie... murmure-t-elle doucement. »


Ils quittent le bureau. En croisant le regard de Steve, Arielle lui fait un léger signe de la tête : elle reste. Steve promet alors solennellement à Patrick de surveiller sa sœur comme si c’était la sienne.


Durant une semaine, Patrick reste sur place et passe du temps avec elle. Il comprend rapidement qu’Arielle a réellement besoin d’un soutien professionnel pour retravailler son langage et son comportement. Peu à peu, il réalise pourquoi elle a préféré garder cette distance salvatrice.


Le jour du départ, Patrick et Steve l’accompagnent devant le foyer spécialisé.


« On restera en contact, d’accord ? dit Arielle.

- Tu vas dormir ici ?

- Oui, c’est un foyer spécialisé pour un suivi psychologique. Le week-end, Steve m’a proposé de venir chez lui. Mais si tu veux bien, je pourrai aussi venir te voir de temps en temps à Los Angeles. »


Frère et sœur se disent au revoir dans une étreinte émouvante.


Durant près de quatre ans, Arielle est prise en charge par le foyer d'Honolulu, tout en suivant un suivi psychologique intensif. Mais Steve, Danny et le reste de l'équipe ne sont jamais très loin. Entre les cours de soutien scolaire dispensés par Chin, les leçons de savoir-vivre (et les engueulades) avec Danny, et les séances de sport intensives de Steve pour canaliser son énergie, la gamine se transforme totalement.


Ensuite, elle franchit le pas : elle entre à l'école de police et décroche haut la main son badge d'officier.

Le jour de la remise des diplômes, toute l'équipe est rassemblée, rayonnante de fierté. Apercevant au loin son frère qui arrive un peu en retard avec sa famille, Arielle sourit. Ils ont désormais une petite fille de deux ans, Gabrielle.


« Félicitations, frangine ! lance Patrick en la serrant dans ses bras.

- J’ai quelque chose pour toi, intervient Steve en s'approchant. »


Il ouvre un petit boîtier en cuir. À l'intérieur, brille un insigne d'officier de police.


« C’est le badge de mon père.

- Non... Je ne peux pas, Steve, souffle-t-elle, émue.

- Si, tu le peux. Parce que tout comme moi, il serait extrêmement fier de toi aujourd’hui.

- Merci, grand-père, dit-elle dans un sourire éclatant en le serrant fort dans ses bras.

- Je ne suis pas un grand-père ! réplique Steve.

- Oh non, c’est reparti... » rouspète Danny en riant, entraînant le reste de l'équipe pour laisser le duo se chamailler.


Laisser un commentaire ?