Kaʻohana koko a me kaʻohana o ka naʻau
Danny rattrapa Steve alors qu’il démarrait la voiture. Il ouvrit la portière et s’engouffra dans l’habitacle, puis il jeta un coup d’œil à son ami qui regardait une page du dossier.
_ Tu veux faire quoi ? lui demanda simplement Danny.
Steve fit glisser son regard vers lui, et sa mâchoire se crispa.
_ Tu ne devrais pas venir, répondit-il. Je vais aller voir une planque de la CIA, et je ne vais pas prendre de gants.
Danny hocha la tête, en faisant une moue.
_ Ok, répondit simplement le lieutenant en attrapant la ceinture pour s’attacher.
Les deux amis échangèrent un regard. Cela n’étonnait pas Steve que Danny l’accompagne malgré les risques, il en aurait fait de même si les circonstances avaient été inversées. Malgré son inquiétude, un profond sentiment de reconnaissance et de confiance traversa Steve. Le simple fait d’avoir Danny à ses côtés suffit à lui faire reprendre un peu d’espoir.
Il posa la main sur le levier de vitesse, quand son téléphone sonna. Danny et lui se regardèrent avant de décrocher pour répondre à Elena.
_ Tu as du nouveau ? demanda Steve.
_ Oui ! Descendez voir Jerry, répondit-elle.
_ On… on arrive.
Steve coupa le contact, et alors qu’il sortait de la voiture, Danny soupira, soulagé, et espéra qu’Elena ait vraiment du lourd.
Les deux hommes rentrèrent dans l’antre de Jerry, et virent ce dernier taper frénétiquement sur son clavier, alors qu’Elena était encore sur un autre.
_ Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Steve.
Elena leva la tête vers lui et lui fit un sourire fugace, l’espoir était permis, mais rien n’était gagné.
_ On a une partie des dossiers, lui annonça-t-elle. Nous n’avons pas les coordonnées d’emprisonnement des personnes, mais nous avons leurs noms, la date et le lieu des opérations. Jerry est en train de rajouter ces données à notre base de recherche, et ensuite je pourrai regarder si d’autres Services ou Agences ont des infos. Je te les transmets.
_ Comment vous avez réussi à y avoir accès ? Avec ton amie du FBI ? demanda Steve.
Elena secoua la tête.
_ Non, Pénélope n’a pas pu avoir plus d’accès que ce qu’elle m’a déjà donné. C’est… c’est maman.
Steve regarda sa sœur avec de grands yeux interrogatifs et surpris.
_ Je l’ai appelée. Je ne sais pas comment elle a fait mais elle a réussi à me faire passer une partie des dossiers. Et elle continue à chercher si elle peut en apprendre plus.
_ Doris… murmura Steve, avant de reporter son regard sur sa sœur. Merci !
Elena hocha la tête et reprit son travail.
_ Je t’ai transféré les dossiers, lui dit-elle.
Kelley n’avait pas reçu d’autres visites de ses ravisseurs depuis qu’ils lui avaient fait enregistrer un message vocal pour son père. Ils étaient loin d’être bêtes car en faisant cela, ils avaient limité le temps d’appel, et elle n’avait pas pu aiguiller son père sur l’endroit où elle se trouvait.
Petit à petit, Kelley s’était rapprochée de la petite caisse sur laquelle étaient posés la carafe d’eau et le verre. La soif la tenaillait, elle avait la bouche sèche et pâteuse, et les lèvres gercées. Elle était à moins d’un mètre de la caisse. Rapprocher la chaise sur laquelle elle était attachée n’avait pas été sans mal. À chaque fois qu’elle se tortillait pour faire bouger la chaise, la douleur était de plus en plus vive dans ses côtes.
Reprenant son souffle, Kelley regarda avec abnégation le verre. Elle n’aurait pas de deuxième chance : si elle se ratait, elle ne pourrait sans doute pas relever la chaise seule.
Après avoir pris deux grandes inspirations, Kelley sauta sur ses pieds attachés et pivota d’un coup pour taper avec les pieds de la chaise le verre et la carafe. Elle perdit l’équilibre et chuta lourdement au sol, tandis que le bruit du verre brisé lui parvenait aux oreilles.
Les secondes passèrent et Kelley put respirer à nouveau en n’entendant personne arriver. En tombant au sol, elle avait cassé l’un des pieds de la chaise, lui permettant de libérer sa jambe droite. Toujours à coups de poussées de bassin, malgré la douleur presque insoutenable, et grâce à sa jambe libre, Kelley parvint aux morceaux de verre au sol. Elle attrapa un morceau du bout des doigts et réussit à le tirer jusque dans sa main. Au prix de quelques coupures, elle parvint à faire céder la corde.
Kelley lâcha un sourire de soulagement et put attraper à pleine main le morceau de verre pour couper les deux autres cordes qui la maintenaient encore.
Elle se releva doucement, une décharge de douleur la traversant à chaque geste. Kelley déchira un pan de sa veste et s’en servit pour se protéger du morceau de verre qu’elle garda comme arme. Elle ouvrit lentement la porte, qui grinça malgré les précautions qu’elle prit. Elle la referma le plus discrètement possible, et attendit, cachée derrière un tuyau en acier, de voir si quelqu’un allait venir. Visiblement, personne n’était dans les environs et elle décida de poursuivre son chemin. Le couloir était faiblement éclairé et, au bout, un escalier devait donner sur le pont. Il fallait qu’elle trouve une radio ou un moyen de communication. Fuir en pleine mer, si c’était le cas du bateau, ne serait pas du tout envisageable.
Kelley continua sa route, tous ses sens en éveil, avec une vigilance extrême. Elle passa sous les escaliers et écouta ce qu’il se passait dehors. Seulement quelques bruits lui parvenaient, mais des hommes étaient visiblement sur le pont. Elle poursuivit sa route dans les couloirs sombres et prit un escalier qui descendait en salle des machines.
Steve conduisait sur la route du quartier général du 5.0, quand son téléphone sonna. Il souffla et Danny lui jeta un coup d’œil intrigué, sachant pertinemment qu’il n’avait pas reparlé avec son mentor en direct depuis qu’il lui avait crié dessus.
_ Jo ? répondit Steve. Tu es sur haut-parleur, nous sommes en voiture avec Danny.
Danny leva les yeux au ciel et se mordit les lèvres pour ne pas rire. C’était sans doute une technique pour éviter une conversation compliquée avec Jo.
_ Oui, comme d’habitude il conduit ma voiture ! marmonna Danny avec humour pour détendre un peu les deux Seals.
_ Ils m’ont recontacté, Steve. Ils veulent les dossiers sur un compte en ligne. L’appel n’a pas pu être tracé, c’était à nouveau trop court.
La mâchoire de Steve se crispa et ses sourcils se froncèrent à l’annonce de son mentor.
_ Tu as donné le lien du compte à Jerry ? demanda Danny.
_ Oui, ils sont en train de travailler dessus, mais je pense que s’ils le donnent, c’est ultra-protégé. Elena a demandé à son amie du FBI de se pencher dessus, apparemment elle est vraiment très forte, elle en tirera peut-être quelque chose.
_ On a combien de temps ? demanda Steve.
Un silence envahit l’habitacle de la voiture. Danny eut presque l’impression que ni lui ni Steve n’osaient plus respirer en attendant la réponse de Jo White.
_ Il est 15 h… Ils demandent au moins un dossier avant 20 h ce soir, comme preuve de ma bonne volonté… finit par dire Jo.
_ On a 4 h… murmura Steve en hochant la tête, le regard braqué sur la route.
Danny savait que son ami faisait son maximum pour ne rien laisser paraître, mais pour l’instant ils en avaient trop peu pour satisfaire les exigences des mercenaires.
Elena entra en trombe dans les bureaux du 5.0, un tas de feuilles dans une main, et son téléphone dans l’autre.
_ Steve ! On a une piste !
Steve leva les yeux de ses dossiers, il venait de revenir, avec toute l’équipe, d’avoir interrogé des groupes de malfrats en lien avec de potentielles cellules terroristes. Ils étaient en train de faire la liste de toutes les planques du groupe pour aller les visiter.
Elena envoya les informations de son téléphone sur la table interactive du 5.0, et Kono les fit glisser sur l’écran suspendu pour que tout le monde puisse y voir.
_ Avec les informations que nous avons réunies grâce à maman, j’ai pu contacter des collègues de la Sécurité intérieure et de l’Anti-terrorisme. Ils m’ont donné un groupe de paramilitaires radicalisés, qui sont utilisés par différents mouvements terroristes. Ils récupèrent des informations, des secrets militaires, ou encore des prisonniers, pour le compte d’autres personnes. C’est pour cela qu’ils ont des demandes un peu… larges, expliqua Elena en faisant défiler les informations sur le groupe qu’ils poursuivaient.
_ Comment on les trouve ? demanda Steve, impatient.
_ Les Services de Renseignement sont dessus depuis un moment, mais ils n’ont pas de preuves assez solides. Apparemment, c’est l’entreprise 180IPacifik qui sert pour leur trafic en ce moment. Ils n’utilisent jamais longtemps le même nom, ce sont des entreprises fantômes. Actuellement, leurs porte-conteneurs et leurs autres cargos accostent toujours ici, lui indiqua-t-elle en passant à la localisation d’un port de l’archipel.
_ On y va ! lança Steve en se redressant.
_ Attends, on a un problème ! C’est une fausse-vraie entreprise !
Elena hocha la tête et écarta ses mains, paumes vers le ciel, devant le regard interrogateur des autres.
_ Ils ont vraiment des chargements, des conteneurs… ils ont une quarantaine de bateaux… et pas tous à quai. Et il nous reste moins de 4 h avant leur ultimatum pour une partie des dossiers.
_ On va aller sur place et prévenir les garde-côtes, dit Steve. Et s’il faut, on va explorer chaque bateau ! Mais sans éveiller les soupçons.
Steve marqua une pause et regarda le reste de l’équipe, avant de reporter son attention sur sa sœur.
_ Est-ce que Jack pourrait nous faire un dossier et mettre les informations que nous avons sur LiOne ?
Elena hocha la tête.
_ S’ils n’ont eu que le nom du dossier, ça pourrait marcher. Mais s’ils ont eu le numéro… ça, Jack ne pourra pas le falsifier.
_ Essayons ! Tu appelleras Jack sur la route ! Tu nous rejoins avec Jerry et son matériel ! Nous, on y va !