Kaʻohana koko a me kaʻohana o ka naʻau

Chapitre 2 : kūʻai meaʻai

3473 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 09/01/2025 02:20

Elena se passa de l’eau fraiche sur le visage. Bien que ce ne soit pas du tout désagréable, elle n’était pas habituée à la chaleur d’Hawaï. Elle s’essuya les mains et allait sortir des toilettes pour commencer ses courses quand des bruits d’armes à feu se firent entendre.

Son premier réflexe fut de porter sa main vers sa ceinture, mais elle pensa soudainement qu’elle n’était pas armée. Elle n’avait aucun moyen de se défendre.

Il fallait qu’elle ait une vision plus précise de ce qui était en train de se passer. Elle jeta un coup d’œil à l’extérieur des toilettes, où les gens couraient en tous sens.

Dans l’agitation elle aperçut des hommes habillés en noir, tels des mercenaires ou des soldats, lourdement armés. Heureusement, au vu de l’heure la galerie marchande du centre commercial n’était pas beaucoup remplie.

Elle vit que les preneurs d’otages semblaient vérifier tous les magasins, portes et cagibis, pour ratisser tout le monde.

La jeune femme retourna à l’intérieur et rentra dans une cabine et en poussant la porte elle monta sur le cabinet. Ils allaient rentrés et, s’ils faisaient correctement leur travail devraient vérifier chacune des cabines ; il fallait qu’elle se cache mieux que ça !

Elena regarda le plafond et constata que les plaques pouvaient être soulevées. Après quelques acrobaties sur les cloisons des cabinets, elle s’engouffra dans un trou créé en repoussant la plaque, se glissa avec difficultés sous le plafond très bas, et remis la plaque.

Quelques minutes à peine, un homme rentra dans les toilettes. Un second l’attendait à l’entrée, arme au poing, tandis que le premier ouvrait toutes les portes, une par une.

Après un signe à son collègue, les deux hommes ressortir.

Un soupir de soulagement échappa à Elena.

Elle prit le temps de réfléchir et sortit un papier de sa poche. Malgré la situation elle sourit en posant ses yeux sur la carte de visite qu’elle tenait entre ses doigts. Elle avait déjà l’intention de se servir de ce numéro, mais elle ne pensait pas que ce serait dans ces conditions là ! Elle avait plutôt imaginé appeler pour prendre un verre en bonne compagnie !

Elle composa le numéro et attendit.


           Danny descendait en trombe les marches du QG quand son téléphone sonna. Tout en continuant sa route en direction de sa voiture, suivit par le reste de l’équipe, il répondit.

_Williams ! Il répondit, un peu distrait.

_Lieutenant ! Fit une voix féminine. Elena James, vous vous souvenez on s’est croisé à l’aéroport ?

           Danny faillit tomber à la renverse, bien sûr qu’il se souvenait ! Ce n’était pas tous les jours que la victime d’une prise d’otages maîtrisait son adversaire, encore moins en faisant preuve d’un tel sang froid en tenant une grenade à pleine main !

Danny laissa échapper un sourire : il n’aurait pas non plus décrit ce qui s’était passé avec l’expression : croisé !

_Vous êtes sans doute au courant de ce qui se passe au centre commercial Ala Moana Center ?

           Danny venait à l’instant d’être informé des coups de feu et s’apprêtait à s’y rendre, tandis que Jerry essayait de prendre le contrôle des camera. C’était notamment pour cette raison qu’il conduisait sa Chevrolet d’une façon plus proche de la conduite habituelle de Steve que de la sienne !

_Oui. Répondit Danny, en fronçant les sourcils. La question c’est comment vous vous le savez ?

_Je faisais des courses ! répondit simplement son interlocutrice.

           Danny ne put s’empêcher de trouver sa louche. Ou cette femme n’était pas toute blanche dans cette histoire, ou elle était aussi douée que Steve pour s’attirer des ennuis, ou être attirée par eux … Danny n’avait pas encore découvert comment cela marchait pour Steve !

_Je suis à l’intérieur ; j’ai vu une bonne dizaine d’hommes, lourdement armés ! Ce ne sont pas des amateurs ! Ils ont pris toutes les personnes présentes en otages ; cela fait au moins une bonne centaine de personnes. Vu comme ils ont fait le tour du propriétaire, ils doivent garder les diverses issues possibles.

           Le détachement de la voix et la précision des informations étonnèrent encore Danny.

_Mais … Comment …

_Vous ne pourrez pas envoyer le SWAT comme ça. Continua simplement la jeune femme. Il y a vraiment trop de risques. Il faut savoir s’ils ont des explosifs et trouver un point d’entrée pour vos hommes.

           Danny crispa les doigts sur le volant. Il ne savait pas d’où sortait cette femme, et s’il pouvait lui faire confiance, mais elle avait en tout cas l’air de savoir de quoi elle parlait.

_Lieutenant Williams. Je suis dans l’armée, je peux vous aider.

_Vous êtes armée ? demanda Danny, décidant de lui faire provisoirement confiance en attendant de vérifier ce qu’elle venait de lui dire.

_Non. Mais ils ont emmené beaucoup d'armes ; je vais leur en emprunter ! répondit-elle.

           Danny sourit, malgré tout : encore une fois la réponse aurait pu être celle de Steve dans la même situation.

_Tant que nous n’en savons pas plus, ne faîtes rien ! Mais restez en contact pour que l’on puisse avoir un regard de l’intérieur !

           Elena se souvint qu’elle se trouvait juste à côté d’un magasin d’électronique ; elle ne pourrait pas avancer en tenant son téléphone en main pour discuter avec le lieutenant.

_Attendez je vous rappelle dès que j’ai de quoi communiquer plus aisément !

           Danny voulut répliquer mais elle avait déjà raccroché. Il appela Jerry pour lui demander de faire des recherches sur cette fameuse Elena James, savoir si elle était vraiment de son côté était très important.


           Après de nouvelles acrobaties pour redescendre en silence dans les toilettes, Elena sortit avec prudence. La zone semblait déserte ; ils avaient dû réunir tous les otages ailleurs, sûrement dans le hall pour faire tenir tout le monde et contrôler les principales issues. Elle se rendit dans le magasin d’électronique. Elle se baissa pour passer dans les rayons. Alors qu’elle tournait à un angle, elle tomba nez à nez avec une jeune fille, sans doute une lycéenne, qui était cachée, apparemment apeurée. Elena lui fit signe de garder le silence et de rester cachée. Elle aperçut les oreillettes, dont une trônait comme démo, déjà branchée. Elle s’avança encore dans le rayon et se redressa juste pour le saisir, et s’assit à côté de la jeune fille qui lui lançait un regard interrogateur.

Soudain, un bruit les fit sursauter. Elena rangea son oreillette volée dans une poche. Elle saisit la main de la jeune fille, alors qu’un homme armé était rentré dans le magasin.

Elena avait beau regarder, elles n’avaient pas assez de temps pour changer de cachette.

L’homme arriva et pointa son arme vers elles. Elena se pencha vers la lycéenne et leva les mains.

_Pitié ! Implora-t-elle.

           A ce moment-là, comme à l’aéroport, si elle simulait parfaitement sa terreur avec ses plaintes, son cœur battait à cent à l’heure. Elle avait peur ! Peur que l’homme ouvre le feu, peur qu’il prévienne ses coéquipiers, peur que la situation ne lui échappe.

Mais dans son ventre, une douleur de rage contenue lui dévorait les entrailles. Son cerveau analysait, étudiait la situation, plus vite qu’elle n’aurait même pu le dire.

L’homme ne fit que leur ordonner de se lever. Après tout, deux jeunes femmes, inoffensives, qui s’étaient cachées, ce n'était pas la peine d’en faire une montagne. Il suffisait de les emmener avec les autres otages.

Elena se leva, suivit par la lycéenne, inquiète, mais d’un sang-froid admirable au vu de la situation.

L’homme ne recula pas tout de suite, les laissant passer devant lui. Soudain, un bruit attira son attention : un jeune homme s’était levé dans une des autres allées.

Une seconde d’inattention, plus que suffisante. Elena expédia un coup dans l’arme, la lui faisant lâcher. Elle frappa un coup sec dans la gorge de l’homme, lui coupant la respiration. Un magistral coup de pied le plia en deux et elle le neutralisa.

Dès que l’homme fut à terre, elle intima aux deux autres de se baisser.

_Comment ? demanda la jeune fille. Qui êtes-vous ?

_Si je vous dis 5.0 ça vous parle ? demanda Elena.

_Ben … Oui … Mais …

_C’est fou, il y a vraiment eu un mémo sur cette île ? Je m’appelle Elena.

_Vous saviez qu’il allait y avoir une attaque ? demanda le garçon.

_Non. Je faisais des courses, je viens d’arriver sur l’île ! Je suis en vacances ! Pas vraiment reposantes pour l’instant je dois dire. Répondit-elle avec un soupir.

Les deux jeunes gens se regardèrent interloqués.

_Ne vous inquiétez pas, je suis dans l’armée, et j’ai eu la police ; on va gérer ça ! Vous avez bien réagi tout à l’heure !

_Je m’appelle Grace et lui c’est Will.

Elena venait de connecter l’oreillette à son téléphone.

_Grace, Will, on va travailler ensemble ! Contente de vous connaître !

Elle rappela Danny.


_Elena ? demanda Danny, inquiet de ce long silence.

_Hé ! Lieutenant ! J’ai une arme ! annonça-t-elle.

           Danny ne savait pas s’il devait se sentir soulagée par cette information.

_J’ai dû neutraliser son propriétaire pour lui emprunter, en toute discrétion.

           Soudainement, Danny avait encore une fois l’impression de parler à Steve.

_Ecoutez, ce sont des mercenaires, ils veulent de l’argent. Ils ont fait une demande au groupe qui gère le centre commercial.

_Ca nous laisse un peu de temps.

_Oui, mais apparemment sur des affaires similaires, ils avaient installé des explosifs.

           Danny marqua une pause.

_Si on entre, ils feront tout exploser.

           Le cerveau d’Elena marchait toujours à une vitesse folle. Elle venait d’attacher l’homme avec ses propres liens. Danny venait d’avoir trois informations importantes. Ce groupe terroriste n’en était pas à son coup d’essai, et le plus souvent cela c’était plutôt mal terminé pour les otages. Jerry venait aussi de lui trouver le dossier militaire de cette femme Elena : elle avait effectivement suivi une formation militaire, notamment sur une base en Californie. Il pensait pouvoir lui faire confiance, et pour l’instant il n’avait pas l’air d’avoir le choix.

Enfin, il venait d’apprendre de Rachel, que sa fille, ainsi que Will, le fils de Lou, était dans le centre commercial !

_Les charges doivent être placées de manière à écrouler le plus de la structure possible.

La voix de la jeune femme le fit sortir de ses réflexions.

_On doit pouvoir déterminer où ils les ont posées.

_Oui. Danny fit signe à Lou qui confia immédiatement à Jerry la tâche de rechercher les plans du bâtiment.

_Les démineurs arrivent.


           Le plan indiquait que la base des pylônes porteurs, et leur accès le plus facile, se trouvaient au sous-sol. Elena s’y rendit accompagnée de Grace et Will. Sur la route, elle dû maîtriser un autre des mercenaires, mais elle ne chercha pas à l’épargner. Elle arriva par-derrière, et lui assena un coup de poignard prit sur le premier homme qu’elle avait éliminé.

Mais au moment de descendre, le réseau faibli.

_Capitaine Hukuola. Je vais vous perdre quand je vais descendre.

_Allez voir l’explosif et remontez me le décrire. Répondit le démineur.

_Ne vous inquiétez pas, j’ai quelques notions de déminage. Ca devrait aller.

_Ca devrait aller ? gémit Danny alors que le réseau était perdu. Des notions de déminage !

           Lou sourit, ainsi que Kono qui était à ses côtés.

_Vous trouvez ça drôle ? demanda Danny.

_Tu ne trouves pas que ça ressemble à du McGarrett ? demanda Lou.

_C’est ce qui me fait peur ! Des notions de déminage… J’espère qu’elle sait ce qu’elle fait.

_Elle a l’air ! tenta de le rassurer Kono.


           C’est Grace qui trouva l’explosif ; il était posé sur un pylône porteur, un engin relié à un détonateur, ainsi qu’assez d’explosif pour écrouler toute une partie du bâtiment.

_Ok. Regardons ça ! dit Elena en soulevant le cache sur l’explosif.

           Les fils étaient maintenant bien visibles, et la jeune femme examinait avec attention le dispositif.

_Heu … On va remonter demander de l’aide ? demanda Will.

           Elena secoua la tête très faiblement, toujours les yeux rivés sur l’engin.

_Il y a plusieurs explosifs. On va devoir les désarmer rapidement car ils ont dû donner un ultimatum aux autorités. Mais je vais m’en sortir ! Ne vous inquiétez pas.

           Elena adressa un sourire rassurant et assuré aux deux jeunes, avant de reporter son attention sur son travail.

Grace se recula un peu et se serra instinctivement contre Will.

_J’aimerais que Steve soit là. Murmura-t-elle.


_ Monsieur McGarrett, je vous rappelle à tous les deux que même si vous acceptez de prendre en charge l’enfant, il faut encore que nos services valident votre demande. Et pour cela vous devrez répondre à de nombreux critères nécessaires au bien-être de l’enfant.

            L’assistante sociale tapota sur son épais dossier avec un air sévère.

_Nos services sont là pour veiller à ce que l’enfant ait les meilleures conditions de vie possible, et si nous jugeons que vous ne correspondez pas …

           Steve et Kelley s'étaient assis au bureau de l’avocat des Bretton, et ils avaient été rejoints par cette grande dame, au tailleur impeccable et au regard sévère.

_Je dois vous dire que j’ai été d’ailleurs assez surprise à la lecture de vos dossiers.

           Les deux amis échangèrent un regard.

_Mais ils sont … intéressants je dois dire …

           La femme posa son dossier et vint remonter ses lunettes sur le haut de son nez. Quand elle reprit la parole, sa voix sembla plus douce.

_Je vais être honnête avec vous. Je préfère toujours placer un enfant chez un responsable légal désigné par les parents : ils ont souvent un très bon jugement pour leur enfant. Mais !

           Steve déglutit lentement tellement la femme lui semblait impressionnante ; un regard de côté sur Kelley lui assura que cette dernière ne semblait pas non plus à l’aise.

_Il est évidement difficile pour les parents d’envisager toutes les répercussions que cela pourraient avoir sur la vie des personnes concernées.

           La femme posa ses mains sur le bureau et se pencha légèrement vers eux.

_Prenez le temps de réfléchir, ensemble et individuellement, à ce que vous voulez. Et à ce que vous pouvez offrir à cet enfant. Personne ne vous oblige à prendre cette responsabilité, c’est un changement drastique et permanent ! Si vous décidez de ne pas prendre cette responsabilité personne ne vous en voudra et je ferais de mon mieux pour trouver un foyer à Keynan.

           Steve ouvrit la bouche mais la femme lui intima d’un regard de ne pas parler.

_Par contre si l’un d’entre vous décide de prendre cette responsabilité, ou tous les deux, même si cela me semble compliqué d'avoir deux tuteurs légaux, cela signifie le plus souvent un couple marié …

L’assistante sociale marqua une pause et fit glisser son regard sur le couple qui se tenait devant elle, avec un air entendu.

_Quoi qu’il en soit, vous serez en période d’essai ! Tout ce que vous devez savoir se trouve dans le dossier. Je vérifierai que vous apportiez tout ce qu’il faut à cet enfant : de la nourriture, un toit digne de ce nom, une éducation, la sécurité, et cela passe par un foyer stable … autrement dit une famille.

           Un grand silence envahit la pièce alors que la femme se redressait, se tenant droite comme un militaire au garde à vous. L’avocat, qui avait gardé le silence durant tout le discours de l’assistante sociale, s’éclaircit la gorge.

_Eh bien … je pense que cela fait beaucoup de choses à réfléchir et à lire pour aujourd’hui. Je vous propose de nous revoir la semaine prochaine, pour en reparler l’esprit plus clair.

           La voix, grave et chaleureuse, atténua quelque peu l’ambiance oppressante qu’avait installée la femme.

_Oui bien sûr, cela peut me convenir. Répondit cette dernière.

_En attendant, que devient Keynan ? demanda Kelley.

_Comme la nourrice habituelle a proposé son aide, et que cela pourrait sans doute vous aider à prendre une décision, je veux bien vous laisser tuteurs provisoires pour Keynan.

           Steve hocha la tête.

_Oui, c’est ce que l’on veut ! dit-il avec force, Kelley acquiesça. 

           La grande dame pinça les lèvres, une expression dont Steve ne parvenait pas à déterminer si elle était positive pour eux ou non.

_J’aime voir autant de conviction pour un enfant, et c’est très bien si vous êtes tous les deux sur la même longueur d’onde.

           L’avocat se leva et Steve et Kelley firent de même. L’assistante sociale reprit sa serviette et leur laissa leur dossier.

_Regardez bien toutes les options qui s’offrent à vous. Conclut-elle avant de partir.

           Steve prit une grande respiration.

_Ce n’est jamais facile quand il y a un enfant en jeu. Observa l’avocat. Rentrez vous reposer et réfléchir à tout cela plus sereinement. 

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