Livre 1 - Les secrets d'un Malfoy

Chapitre 4 : Chapitre 4 — Le poids d'un nom

3272 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 08/11/2026 13:07

Chapitre 4 — Le poids d'un nom

 

Le soleil était déjà haut lorsque Draco descendit prendre son petit-déjeuner. Il avait pris soin de choisir ses vêtements avec une attention inhabituelle. Une chemise blanche impeccablement repassée, un pantalon sombre et ses chaussures préférées. Ses cheveux blonds avaient été soigneusement coiffés, même s'il avait dû recommencer deux fois après avoir estimé que la première tentative ne leur donnait pas suffisamment de volume.

 

Il n'avait aucune intention de se présenter devant son père avec une apparence négligée.

La salle à manger était baignée d'une lumière douce. Les grandes fenêtres donnaient sur les jardins du manoir, où les haies parfaitement taillées dessinaient des formes géométriques autour des fontaines. Deux elfes de maison débarrassaient silencieusement la table tandis que Narcissa parcourait un courrier posé près de son assiette. Lucius n'était pas encore là. Draco prit place à sa chaise habituelle.

 

— Bonjour, maman.

 

Narcissa releva les yeux de sa lettre.

 

— Bonjour, mon cœur. Tu as bien dormi ?

 

— Oui.

 

Il attrapa un morceau de pain avant de jeter un regard vers la porte.

 

— Père est encore dans son bureau ?

 

— Il terminait quelques affaires. Il devrait nous rejoindre.

 

Draco étala un peu de confiture sur son pain.

Il essaya de ne pas avoir l'air impatient. Il avait pourtant passé une bonne partie de la matinée à se demander ce que son père voulait lui annoncer. Une lettre de Londres. Des dispositions pour Poudlard. Certaines choses dont ils devaient discuter.

 

Son père ne prenait jamais la peine de lui réserver un entretien particulier pour lui parler de banalités. La porte s'ouvrit finalement. Lucius entra, sa canne à pommeau d'argent à la main. Il portait une longue robe de chambre sombre par-dessus ses vêtements et ses cheveux blonds retombaient impeccablement dans son dos.

 

— Bonjour.

 

— Bonjour, père.

 

Lucius prit place à l'extrémité de la table. Un elfe s'approcha immédiatement pour lui servir son thé.

 

— Tu as bonne mine, Draco.

 

— Merci.

 

— Tu as l'air particulièrement soigné ce matin.

 

Draco redressa légèrement les épaules.

 

— Je savais que tu voulais me parler.

 

Un sourire presque imperceptible passa sur les lèvres de Lucius.

 

— Je vois que tu as compris l'importance de la ponctualité.

 

— Je suis toujours ponctuel.

 

— Naturellement.

 

Narcissa baissa les yeux sur sa tasse pour dissimuler son amusement. Lucius déplia sa serviette.

 

— J'ai reçu une lettre hier soir.

 

Draco posa immédiatement son pain.

 

— Celle de Londres ?

 

— En effet.

 

— Qu'est-ce qu'elle disait ?

 

Lucius prit le temps de boire une gorgée de thé avant de répondre.

 

— Elle concernait plusieurs dispositions relatives à ta rentrée. Rien qui ne puisse être réglé, mais je préfère m'assurer que tout soit parfaitement organisé avant notre départ.

 

— Notre départ ?

 

— Pour Londres. Nous irons acheter tes fournitures dans quelques jours.

 

Le visage de Draco s'éclaira. Il connaissait déjà les boutiques du Chemin de Traverse. Il y était allé plusieurs fois avec ses parents, mais jamais pour acheter ses propres affaires scolaires. Cette fois, il aurait une liste à lui, des livres qui lui appartiendraient et une baguette destinée à devenir véritablement la sienne.

 

— Est-ce qu'on ira chez Fleury et Bott ?

 

— C'est généralement là que l'on achète les livres, répondit Lucius.

 

— Et chez Ollivander ?

 

— À moins que tu ne souhaites apprendre la magie sans baguette, je suppose que cette visite sera indispensable.

 

Draco lui adressa un regard contrarié.

 

— Je posais simplement la question.

 

— Et je me contentais de te répondre.

 

Narcissa eut un petit rire.

 

— Laissez-le donc poser ses questions, Lucius.

 

— Je ne l'en empêche nullement.

 

Lucius reporta son attention sur son fils.

 

— Il y a cependant quelques sujets dont je souhaite te parler avant que tu ne mettes les pieds à Poudlard.

 

Draco s'immobilisa. C'était donc cela.

Il posa soigneusement ses couverts.

 

— Je vous écoute.

 

Lucius sembla apprécier la réponse.

 

— Poudlard est une école ancienne. Elle possède ses traditions, ses règles et ses usages. Tu connais déjà une partie de son histoire, mais il y a une différence entre connaître une institution et comprendre la place que tu y occuperas.

 

— Je serai un élève comme les autres.

 

Lucius leva lentement les yeux vers lui.

 

— Non, Draco.

 

Le ton n'était pas sévère. Il était simplement catégorique.

 

— Tu seras un élève de Poudlard, certes. Mais tu seras également un Malfoy. Les deux ne sont pas incompatibles, à condition de savoir te comporter en conséquence.

 

Draco acquiesça. Il avait entendu ces mots bien des fois. Son père lui avait toujours appris que leur nom représentait davantage qu'une simple succession de lettres. Il était accompagné d'une histoire, d'un patrimoine et d'une réputation que plusieurs générations avaient contribué à construire. Il en était fier. Il ne voyait d'ailleurs aucune raison de ne pas l'être.

 

— Tu rencontreras des enfants issus de familles très différentes, poursuivit Lucius. Certains auront reçu une éducation semblable à la tienne. D'autres auront grandi dans des foyers où l'on ne comprend pas toujours les responsabilités qui accompagnent notre monde.

 

— Les nés-Moldus ?

 

Narcissa releva légèrement la tête. Lucius posa sa tasse.

 

— Entre autres.

 

Draco attendit la suite.

 

— Tu dois apprendre à reconnaître ceux qui méritent ton attention et ceux qui n'en valent pas la peine. Mais ne confonds jamais arrogance et intelligence. Un garçon qui parle le plus fort n'est pas nécessairement celui qui comprend le mieux ce qui l'entoure.

 

— Je sais.

 

— Tu crois savoir.

 

Draco fronça les sourcils.

 

— Je ne suis pas stupide, père.

 

— Je n'ai jamais prétendu le contraire.

 

Lucius se pencha légèrement vers lui.

 

— Tu es intelligent, Draco. Tu as une bonne mémoire et tu apprends vite. Mais cela ne signifie pas que tu sauras immédiatement comment te comporter dans toutes les situations. Il y aura des enfants plus doués que toi dans certaines matières. D'autres auront des connaissances que tu ne possèdes pas encore. Tu devras l'accepter.

 

Draco n'appréciait pas particulièrement cette perspective.

 

— Je peux apprendre plus vite qu'eux.

 

— C'est possible.

 

— Alors je serai meilleur.

 

— Peut-être.

 

Draco plissa les yeux.

 

— Tu pourrais au moins faire semblant d'en être certain.

 

Cette fois, Narcissa ne put retenir son rire.

Lucius contempla son fils quelques secondes avant qu'un sourire discret ne vienne adoucir ses traits.

 

— Je préfère que tu sois meilleur que tu ne l'imagines plutôt que de te laisser croire que tu n'as plus rien à apprendre.

 

Draco baissa les yeux vers son assiette.

Il n'était pas entièrement satisfait de cette réponse, mais il comprenait ce que son père voulait dire. Du moins, il le pensait.

 

— Et tes amis ? demanda Narcissa.

 

Draco releva la tête.

 

— Quoi, mes amis ?

 

— Tu vas rencontrer beaucoup de nouveaux élèves. As-tu déjà réfléchi aux personnes avec lesquelles tu aimerais passer ton temps ?

 

— Pansy sera sûrement là. Et Blaise aussi, je crois.

 

— Tu les connais déjà, fit remarquer Lucius.

 

— Justement.

 

— Ce n'est pas une mauvaise chose de conserver des amitiés anciennes. Mais ne choisis pas tes fréquentations uniquement parce que leurs parents portent un nom que tu connais.

 

Draco eut l'air surpris.

 

— Pourtant, tu dis toujours qu'il faut faire attention aux familles avec lesquelles nous nous associons.

 

— C'est exact. Mais cela ne signifie pas que tu dois laisser les autres penser à ta place.

 

Cette fois, Draco ne répondit pas immédiatement. Lucius reprit son thé.

 

— Tu comprendras avec le temps.

 

Le garçon n'était pas certain d'aimer cette expression. Depuis quelques jours, tout le monde semblait lui répéter qu'il comprendrait plus tard, qu'il devait attendre ou qu'il finirait par découvrir certaines choses. Même ce fichu journal. Il sentit une légère tension lui traverser la poitrine. Il repoussa cette pensée. Le journal était caché dans sa chambre. Personne ne l'avait découvert. Il n'avait aucune raison de s'en inquiéter maintenant.

 

— Et si quelqu'un m'embête ? demanda-t-il.

 

Lucius reposa sa tasse.

 

— Que veux-tu dire ?

 

— Si un élève se moque de moi ou de notre famille.

 

— Alors tu devras savoir lui répondre.

 

— Et si ça ne suffit pas ?

 

Un silence amusé passa entre ses parents.

Lucius observa son fils avec attention.

 

— Tu ne seras pas obligé de gagner chaque dispute, Draco. Il y a des affrontements qui ne méritent pas que l'on s'y attarde.

 

— Même si l'autre a tort ?

 

— Surtout s'il a tort.

 

Draco réfléchit.

 

— Je ne suis pas sûr de comprendre.

 

— Tu comprendras lorsque tu auras rencontré des personnes qui cherchent uniquement à te faire perdre ton calme.

 

Narcissa intervint doucement :

 

— Et tu n'es pas obligé de régler tous les problèmes seul. Tu peux toujours demander de l'aide à tes professeurs.

 

Draco grimaça.

 

— Je n'aurai pas besoin d'aide.

 

— Je n'en doute pas, mon cœur.

 

Le sourire de sa mère lui fit comprendre qu'elle ne le croyait pas tout à fait. Le petit-déjeuner terminé, Lucius lui demanda de le suivre.

Ils quittèrent la salle à manger et traversèrent le grand hall. Draco marcha à côté de son père, ses petites chaussures produisant un léger bruit sur le marbre. Il connaissait chaque couloir du manoir, chaque tableau, chaque statue. Pourtant, il aimait toujours accompagner Lucius dans ses déplacements. Son père marchait avec cette assurance particulière des personnes qui n'avaient jamais eu besoin de demander la permission pour entrer quelque part.

Ils finirent par atteindre son bureau.

Lucius ouvrit la porte et laissa passer Draco avant de refermer derrière eux.

 

La pièce était vaste, dominée par une bibliothèque qui occupait presque tout un mur. Des ouvrages reliés de cuir sombre s'alignaient sur les étagères. Sur le bureau, plusieurs parchemins étaient disposés avec une précision presque maniaque. Draco aimait cet endroit.

Il lui donnait l'impression d'entrer dans une partie du monde des adultes à laquelle il n'avait pas encore entièrement accès.

 

— Assieds-toi.

 

Draco prit place dans le fauteuil face au bureau.

Lucius contourna celui-ci, posa sa canne contre le meuble et s'installa à son tour. Il ouvrit un tiroir et en sortit une enveloppe.

 

— Voici la lettre dont je te parlais.

 

Draco se redressa. L'enveloppe était épaisse, de couleur crème, et portait une adresse écrite d'une élégante écriture noire. Le sceau avait été brisé.

 

— Qui l'a envoyée ?

 

— Une personne avec laquelle je suis en contact depuis de nombreuses années.

 

— Elle travaille à Poudlard ?

 

— Non.

 

Draco observa la lettre.

 

— Alors pourquoi t'écrit-elle au sujet de l'école ?

 

Lucius eut un petit sourire.

 

— Parce que toutes les personnes qui peuvent nous être utiles ne travaillent pas nécessairement dans l'établissement auquel nous nous intéressons.

 

Draco fronça légèrement les sourcils.

Il n'était pas certain de comprendre, mais son père ne semblait pas décidé à lui en dire davantage.

 

— Cette personne connaît-elle le directeur ?

 

— Elle connaît suffisamment de monde pour que ses informations soient intéressantes

 

Lucius déplia le parchemin et parcourut quelques lignes.

 

— Quoi qu'il en soit, je ne souhaite pas que tu te préoccupes de ces détails pour le moment.

Draco se renfrogna.

 

— Mais tu viens de me dire que tu voulais me parler de Poudlard.

 

— Et c'est précisément ce que je fais.

 

— Tu ne me dis rien.

 

Lucius releva les yeux. Pendant un instant, Draco crut avoir dépassé une limite. Mais son père se contenta de le regarder avec une expression indéchiffrable.

 

— Tu veux toujours tout savoir immédiatement.

 

— Parce que je suis concerné !

 

— C'est justement pour cette raison que certaines informations doivent être données au bon moment.

 

Draco croisa les bras.

 

— Je ne suis plus un bébé.

 

Lucius resta silencieux quelques secondes.

Puis il se leva. Il contourna son bureau et s'arrêta devant le fauteuil de son fils.

 

— Non. Tu ne l'es plus.

 

Sa main vint remettre en place une mèche blonde qui s'était échappée de la coiffure de Draco. Le geste était bref, presque distrait, mais il avait quelque chose d'étonnamment tendre.

 

— Et tu ne le seras bientôt plus du tout, ajouta-t-il.

 

Draco leva les yeux vers lui.

 

— Tu seras fier de moi ?

 

La question était sortie plus rapidement qu'il ne l'aurait voulu. Lucius sembla surpris.

Il observa son fils, puis posa une main sur son épaule.

 

— Draco, je suis déjà fier de toi.

 

Le garçon baissa légèrement les yeux.

 

— Même si je ne suis pas le meilleur élève ?

 

— Je ne t'ai jamais demandé d'être parfait.

 

— Tu dis pourtant toujours qu'un Malfoy doit être irréprochable.

 

Lucius eut un souffle amusé.

 

— C'est une exigence que je m'impose à moi-même. Elle ne signifie pas que tu n'as pas le droit de faire des erreurs. Il marqua une pause.

 

— Mais je te demanderai toujours d'assumer celles que tu commettras.

 

Draco acquiesça lentement.

 

— D'accord.

 

Lucius retira sa main et retourna derrière son bureau.

 

— Bien. Maintenant, puisque nous avons terminé cette conversation, j'aimerais voir où tu en es avec tes exercices de calligraphie.

 

Le visage de Draco se décomposa.

 

— Maintenant ?

 

— À moins que tu n'aies prévu de les terminer à la veille de notre départ.

 

— Je pourrais les faire cet après-midi.

 

— Tu pourrais également les faire maintenant.

 

Draco poussa un soupir théâtral.

 

— Je déteste la calligraphie.

 

— Tu apprendras à l'apprécier.

 

— J'en doute.

 

— Je n'en doute pas, moi.

 

Lorsqu'il quitta enfin le bureau de son père, une bonne demi-heure plus tard, Draco avait les doigts légèrement crispés et une envie irrépressible de ne plus jamais tenir une plume de sa vie.

 

Il avait pourtant réussi à terminer ses exercices.

Lucius avait examiné chaque ligne avec attention, corrigé deux lettres trop inclinées et lui avait finalement accordé un signe d'approbation. Ce n'était pas un compliment particulièrement enthousiaste. Mais venant de son père, c'était déjà beaucoup.

Il remonta l'escalier en direction de sa chambre.

En passant devant une grande fenêtre donnant sur les jardins, il aperçut Narcissa qui discutait avec un elfe près de la terrasse. Il hésita, puis continua son chemin. Une fois dans sa chambre, il referma la porte et s'assura que personne ne se trouvait dans le couloir. Son regard se posa immédiatement sur le coffre à jouets.

Le journal. Il traversa la pièce et s'accroupit devant le coffre. Après avoir déplacé quelques objets, il retrouva la couverture vert sombre.

Il le sortit avec précaution. La petite plume d'argent représentée sur la couverture semblait accrocher la lumière. Draco s'installa sur son lit.

Il resta quelques secondes à contempler l'objet.

Puis il l'ouvrit. Les pages étaient toujours aussi blanches. Il prit sa plume sur la table de chevet et écrivit : "Mon père m'a parlé de Poudlard."

 

Il attendit mais Rien ne se passa.

Il ajouta : "Il dit que je ne dois pas chercher à être parfait."

 

Quelques secondes s'écoulèrent. Puis les lettres apparurent. "Il t'a dit cela ?"

 

Draco fronça les sourcils.

 

— Oui.

 

Il se rappela aussitôt que le journal ne pouvait pas l'entendre. Il reprit sa plume. "Oui. Il m'a dit qu'il était déjà fier de moi." L'encre sembla hésiter avant de former une réponse.

 

"Alors écoute-le."

 

Draco observa les mots.

 

"Je l'écoute toujours."

 

La réponse ne tarda pas.

 

"Non."

 

Le garçon se redressa.

 

"Qu'est-ce que tu veux dire ?"

 

Cette fois, le journal mit davantage de temps à répondre.

 

"Tu as toujours voulu qu'il soit fier de toi. Tu as parfois confondu cela avec le fait de ne jamais le décevoir."

 

Draco sentit son expression se durcir.

 

"Je ne déçois pas mon père."

 

"Pas encore."

 

Il serra un peu plus fort sa plume.

 

"Tu dis toujours ça. Tu pourrais au moins m'expliquer ce que j'ai fait de mal."

 

Les lettres apparurent lentement.

 

"Je ne suis pas ici pour te punir."

 

"Alors pourquoi es-tu là ?"

 

Une nouvelle pause.

 

"Parce que j'ai oublié à quel point il était facile de croire que tout pouvait encore être réparé."

 

Draco relut la phrase.

 

Il n'aimait pas cette réponse. Elle lui donnait l'impression que quelque chose de terrible attendait quelque part, au bout d'un chemin qu'il ne pouvait pas encore voir. Il reprit sa plume.

 

"Est-ce que père va mourir ?"

 

Les mots lui avaient échappé presque malgré lui.

Il resta immobile. Le journal ne répondit pas immédiatement. Une seconde. Puis deux. Puis davantage. Finalement, une phrase se dessina.

 

"Je ne peux pas répondre à toutes tes questions."

 

Draco sentit son ventre se nouer. Ce n'est pas une réponse.

 

"Je sais."

 

Il fixa la page.

 

"Est-ce que tu refuses de me répondre parce que tu ne veux pas me faire peur ?"

 

L'encre se répandit doucement.

 

"Parce que certaines réponses changeraient ta manière de regarder les personnes que tu aimes.

 

Draco déglutit. Il referma brusquement le journal.

Pendant quelques secondes, il resta assis au milieu de son lit, les yeux rivés sur la couverture.

Il pensa à son père dans son bureau. À sa main sur son épaule. À cette phrase qu'il avait prononcée sans hésiter. Je suis déjà fier de toi.

Draco n'avait aucune raison de douter de lui.

Aucune. Il glissa finalement le journal sous son oreiller, puis se leva pour rejoindre sa table de travail. Il avait des exercices à terminer et une rentrée à préparer. Et il refusait de laisser un livre prétendument écrit par son futur lui gâcher sa journée.

 

Pourtant, au moment de quitter sa chambre, il se retourna une dernière fois vers le lit.

Le journal était invisible sous l'oreiller.

Mais Draco avait désormais une nouvelle question. Pas une question sur Poudlard. Pas une question sur ses futurs amis. Une question qu'il n'avait jamais imaginé avoir besoin de poser.

Qu'est-ce qui pouvait bien arriver à un Malfoy pour qu'il ait si peur de perdre son père ?

 

Fin du chapitre 4

 

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