Les Chroniques de Dracaena et Harry - I. La chute des Gémaux

Chapitre 6 : Lyra

1280 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 20/10/2026 14:48

Madame Pomfresh s’était avérée optimiste : deux semaines de repos s’étaient transformées en deux mois, alternant interventions à Sainte-Mangouste, repos et cures de concoctions désagréables.

Les frères étaient désormais de part et d’autre de l’infirmerie, autant pour éviter tout contact entre eux que pour accueillir leurs nombreux visiteurs réguliers. Le plâtre de Castor ressemblait désormais à une œuvre d’art contemporain, couvert de messages de soutien, de dessins, de traces de rouge à lèvres d’Améthyste et d’autres marques variées. Cette dernière avait été très présente durant ces mois, assommant le pauvre blessé de ragots dont il ne comprenait pas la moitié, et dont l’autre moitié lui était indifférente. Mais elle repartait toujours en lui laissant un baiser, alors il s’en accommodait.

Il fut également surpris de découvrir la popularité de son frère. Bien qu’aucun des deux ne puisse voir de l’infirmerie autre chose que le plafond au-dessus d’eux, Castor aurait juré avoir entendu au moins une douzaine de voix différentes prononcer une variation de « Oh, mon pauvre Pollux » au fil des semaines.

Ses admiratrices n’étaient pas les seules visites du jumeau : il était préfet, capitaine de l’équipe de Quidditch, mentor des premières années, et tant d’autres choses. Il était extrêmement actif dans la vie de sa maison, et se retrouvait à devoir assumer plus de responsabilités que son immobilisation ne le permettait.

Mais tout cela allait bientôt finir. Ils éprouvèrent un soulagement commun lorsque le médecin de liaison avec Sainte-Mangouste et Madame Pomfresh décidèrent enfin qu’ils étaient prêts à sortir de leur lit.

Fini les potions à n’en plus finir, les repas pris à la paille ; fini de se demander si le chandelier au-dessus de leur tête allait enfin lâcher ; et surtout, ils allaient enfin pouvoir bouger autre chose que les muscles de leur visage.

Tous deux ignoraient encore qu’une visiteuse surprise allait assister à la découpe de leurs plâtres.

Elle était arrivée en transplanant dans le bureau de la directrice, sur dérogation spéciale du Bureau des Aurors. C’était une jeune femme blonde à la beauté presque surréelle, aux yeux sauge dans un perpétuel regard de dédain et d’ennui, aux cheveux platine, et vêtue d’un ensemble de créateur de haute couture. La redoutable Lyra Potter, la fille aînée de Dracaena et Harry, était de retour à Poudlard.

Elle avait dix-neuf ans, et presque tout le monde se souvenait encore d’elle. Les talons de ses hautes bottes marquaient ses pas réguliers, faisant résonner tout le château et annonçant aux hordes d’étudiants boutonneux qu’« elle » était de retour.

D’un pas assuré, sans s’arrêter pour personne, pas même pour ses anciens camarades, elle se dirigea vers l’infirmerie, traversant sans peine ces couloirs qu’elle connaissait encore par cœur. Regardant droit devant elle, elle ne remarquait pas que même les tableaux s’étaient figés pour l’observer.

Mais si son retour était une agréable surprise pour l’ensemble des résidents du château, deux piètres blessés, en entendant le bruit de pas qu’ils ne connaissaient que trop bien, se figèrent.

— Je vous laisse deux ans tout seuls et voilà ce que vous devenez ! entendit-on depuis le couloir.

Seuls les plâtres encore en place empêchaient les deux frères de disparaître complètement en entendant la voix de leur sœur aînée.

Elle leur lança un sort de silence d’un coup de baguette.

— Je ne veux pas entendre vos excuses. Dépêchez-vous, on n’a pas que ça à faire.

Elle salua ensuite chaleureusement Madame Pomfresh, ainsi que le médecin, bouche bée.

— Qu’est-ce qu’on attend ? demanda-t-elle.

— La scie, répondit Madame Pomfresh. Quelqu’un a oublié de prendre la sienne avec lui.

Le médecin détourna le regard.

— Heureusement, une elfe de maison est partie la chercher, elle devrait arriver dans…

Madame Pomfresh tendit la main, et ce qui semblait être une scie à bois ordinaire lui arriva dans les mains. À peine eut-elle agrippé l’outil que celui-ci se mit à vibrer d’un ton menaçant.

— Allons-y ! dit Lyra.

— Attendez, interrompit Madame Pomfresh, tenant la scie à bout de bras, vous pourriez peut-être rendre leur voix à vos frères.

Puis, plus doucement, sur un ton espiègle :

— Vous ne voudriez pas les priver de réagir à ça, dit-elle en secouant légèrement la scie.

La grande sœur sourit puis, d’un coup de baguette discret, mit fin au mutisme des jumeaux. Aucun des deux ne voulait parler, mais leurs yeux paniqués à l’approche de la scie en disaient plus que n’importe quel mot. Le médecin s’approcha de Castor, Madame Pomfresh de Pollux ; les deux garçons lévitaient à quelques centimètres du sol, en position debout.

Lyra eut un mouvement de recul à l’ouverture des plâtres : des semaines de repos avaient rendu les corps des jumeaux plus minces, et plus malodorants qu’on ne pouvait le supporter.

Madame Pomfresh s’était tournée pour déposer l’outil. Le médecin avertit :

— Voilà. Attendez un peu avant d’essayer de marcher, vos corps ne sont pas encore…

Les deux frères étaient déjà au sol, ayant avancé le pied devant eux bien avant que le médecin n’ait ouvert la bouche.

Les deux adolescents gémirent de douleur, les muscles ankylosés. Vêtus de leur seul caleçon, ils ressemblaient à des nouveau-nés apprenant à ramper.

Une baignoire en bois apparut autour d’eux, et un bain chaud et mousseux remplit la cuve. Des elfes de maison armés de brosses et d’éponges commencèrent à laver les jumeaux, tandis que Madame Pomfresh lançait un sortilège parfumant l’air autour des deux adolescents.

Le médecin leur administra ensuite une dernière potion, une concoction de récupération musculaire. Ils se séchèrent, s’habillèrent de robes propres et s’apprêtèrent à retourner en classe.

— Eh oh ! lança Lyra. Où est-ce que vous croyez aller comme ça ?

— Ben, en classe, dit Castor. On a déjà pas mal de boulot à rattraper.

Lyra soupira et les prit tous deux par le coude.

— Changement de programme. Vous venez avec moi. Les parents veulent vous voir.

— Et nos valises ?

— Là où vous irez, vous n’aurez pas besoin de vos valises. Bon, Hugo doit être en route pour me dire bonjour, c’est le moment de partir.

— Attends, tu es sortie avec… ? commença Castor, qui avait aussitôt reconnu le nom.

— Madame Pomfresh, monsieur, merci pour tout ce que vous avez fait pour mes frères, interrompit la sœur.

Elle lança un clin d’œil complice à l’infirmière et, tandis qu’une crinière rousse ouvrait la porte de l’infirmerie, Lyra et ses deux frères transplanèrent loin de Poudlard.

Le médecin, tout comme le fils Granger-Weasley qui venait d’apparaître, restait immobile.

Madame Pomfresh donna une tape sur l’épaule du médecin.

— Vous allez avaler des mouches si vous continuez ainsi. Et vous, Granger, être préfet-en-chef ne vous donne pas le droit d’entrer ici comme dans un moulin. Fuyez.

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