Beauxbâtons - La dernière chance

Chapitre 25 : Sortilège 25 : Halloween

7009 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 10/10/2026 12:35

Entre la vampire des Caraïbes et le sorcier du plat pays, l’heure du transfert de liquide vital approchait. Les enfants avaient convenu de procéder au nourrissage à un horaire variable d’une fois à l’autre, tous les quinze jours, afin de brouiller les pistes des éventuels espions qui se faisaient soit rares, soit plus efficaces. Les tâches d’agrandissement de la ménagerie et de la serre avaient débuté par l’édification, en extérieur, d’un chalet Delacour, loué le temps des travaux. Ce matin, dès 8h00, une petite armée de volontaires entamait le déplacement des plantes et des créatures magiques. L’ensemble des enseignants, assisté par Gervais et Jonas, procéderait aussitôt à l’arrachement de la toiture préalablement sectionnée, en parfaite synchronisation, en vue de l’élévation. Tous les élèves excellant dans la manipulation du métal étaient mobilisés pour insérer et fusionner des poutrelles d’acier. Jacques et Hercule avaient la délicate mission d’assurer les soins quotidiens dans le bazar géant annoncé.

Le Belge anticipa le don sanguin. Dès 6h00, dissimulé dans l’infirmerie secrète, il préleva 35 centilitres. À 6h15, Barthélémine surgit, alléchée par l’odeur de sang frais. Elle engloutit sa ration tandis que le garçon se restaurait avec des biscuits secs glanés par Eugénie pour l’ordre – mademoiselle Greengrass avait toujours les poches remplies de douceurs chipées quand il ne s’agissait pas de macarons envoyés par Augustin. –.

Une fois rassasiée, l’Antillaise lui fit part d’une nouvelle qui la réjouissait.

— Madame de Bazincourt m’a dit, hier, qu’elle arrêtait les leçons particulières. Je suis soulagée.

— Avec le réaménagement du royaume d’Ursula Waldmeister, elle sera occupée pour quelques samedis à venir.

— Cela ne reprendra pas après. C’est définitif. Elle a dû se rendre compte que j’étais une élève quelconque.

— Quoi ? !

Il avait presque hurlé.

— Elle a osé vous dire ça ?

— Non. C’est moi qui le pense.

— Je ne suis pas d’accord ! Vous êtes l’une des sorcières les plus courageuses et extraordinaires, Barthélémine ! Vous êtes remarquable ! Vous pourriez battre dix sorciers comme moi. D’un claquement de doigts. Vous possédez un talent unique : une volonté de fer. Vous avancez coûte que coûte. Vous me faites confiance, voyez-vous et ça, tout le monde ne peut pas en dire autant.

— Hercule… Parfois, quand l’heure de boire sonne, l’envie de mordre se fait très violente.

— Vous luttez et vous l’emportez à chaque fois. Moi, je ne suis pas certain de résister lorsque je serai confronté à un adversaire déterminé à me détruire. Elle me ronge…

Il désigna la baguette de camphre, prête à jaillir et à se déchaîner.

— Vous possédez un don particulier. Vous vous méfiez de certaines baguettes et vous n’hésitez pas à en manipuler d’autres qui vous donnent du plaisir, de la joie. Qu’est-ce qui se passe si…

Il chercha sa compagne de cèdre et lui tendit. Elle s’en empara avec un grand sourire.

— Que ressentez-vous ?

— Un petit garçon. Il ne vous ressemble pas.

— Qui est-ce ?

— C’est l’enfant qui a donné naissance à la baguette. Il possède de grands yeux bleus et une incroyable chevelure blonde.

— Stupéfiant…

— Avant d’arriver à l’Académie, j’ai reçu la visite du professeur Perlenjoie. Il était accompagné par Elvira.

— Laissez-moi deviner : vous avez subi un test avec la baguette d’Edmond. Mais vous avez fui celle d’Elvira.

— J’ai vu l’enfance très heureuse du professeur. À partir de l’instant où il a reçu sa baguette. Mais quand Elvira s’est approchée, j’ai senti… la mort.

— C’est un talent fabuleux. Connaître les intentions maléfiques d’un sorcier, savoir à quel point son passé est sombre et choisir avec discernement une baguette bénéfique.

— Quand je suis allée chez Cosme Acajor, c’est la baguette qui s’est manifestée.

— Après de multiples essais ?

— Il n’y en a eu aucun. La boîte a sauté de l’étagère.

— Que dites-vous là ? C’est ahurissant ! De quoi se compose-t-elle ?

— Bois de vigne, cheveu de Vélane.

— J’en parlerai à Garrick.

— L’enfant créateur de baguettes ?

— Oui. Son père sera intéressé par le comportement singulier de votre compagne. Un cheveu de Vélane. Une créature au caractère versatile. Il correspond à votre tempérament. Mais le bois de vigne est inédit, chez les élèves, tout comme chez les professeurs. Êtes-vous capable de déterminer de quelle essence est faite une baguette en l’effleurant ?

— Non. Je ne fais que ressentir la vie de son propriétaire. De tous ceux qui l’ont utilisée.

— C’est fabuleux. Il ne s’agit pas d’un pouvoir prédictif mais si le département des Aurors vous comptait dans ses rangs, vous mettriez n’importe quel suspect à nu. Vous pourriez innocenter un sorcier en déterminant s’il a lancé ou non, un sortilège précis.

— Oui.

— Par Flamel… Waldo…

La gorge nouée, il éclaira la patiente au sujet de son oncle et du drame qui l’avait frappé, le poussant au sacrifice. Barthélémine confirma qu’elle aurait pu innocenter Waldo si l’occasion lui en avait été donnée. Le garçon ne souhaita pas en savoir davantage, pour ne pas remuer le couteau dans la plaie. Il mit de l’ordre dans le local, rangea les seringues dans les boîtes de stérilisation et proposa à la jeune fille de sortir. Ils le firent en un éclair, juste au cas où un espion serait debout dès 6h30 et de faction dans la grotte. Hercule verrouilla la porte :

— Sanguis Vestigia.

L’inclusion d’acacia activa toutes les protections de l’infirmerie, peu ou prou la même série de mesures répulsives tenant les curieux à l’écart de l’abri du Baku. Le duo quitta la grotte, se glissa entre les racines du Picea Abies Inversa et traversa les branches tombantes du sapin pleureur. Hercule interposa sa main et retint la jeune fille. À plusieurs mètres de leur position, une silhouette allongée, émaciée, se déplaçait sur le sentier majeur tracé dans la végétation. Le Gerbera et l’Urticante se glissèrent derrière elle et tentèrent de deviner qui était le promeneur nocturne – le lever du soleil n’aurait lieu que dans une heure et demie –.

— C’est Rosier, chuchota la demoiselle.

— Comment pouvez-vous en être sûre ?

— Sa baguette empeste la magie malsaine. Je la renifle d’ici. Mes sens sont toujours très aiguisés lorsque je viens de me nourrir.

— Je comprends mieux.

— C’est grâce à Rosier que je trouve le courage de ne pas mordre.

— Vraiment ?

— Oui, j’imagine que c’est lui que je vide quand la faim me tenaille. Comme il est à vomir, cela me coupe l’envie.

Elle devina le sourire du garçon dans la nuit sans lune.

— Que fichait-il ici ? Dans cette direction, il n’y a que la falaise.

Une fois sortis du bois, les enfants se séparèrent pour se rendre au petit-déjeuner. Hercule avait besoin de reprendre des forces, la marche de dix minutes depuis le repaire ayant épuisé son énergie. Il observa une halte près de l’abri de Shinraï. Le Baku dormait sur le dos, les pattes en l’air, très à l’aise. La vision heureuse réconforta le Belge. Il repartit, zigzaguant par intermittence.

Depuis quelques jours, les élèves n’avaient plus qu’une date en tête : la soirée d’Halloween qui aurait lieu dans deux nuits. Chacun mettait la touche finale à sa tenue la plus horrifique possible. Hercule affirmait ne pas s’en être préoccupé, acceptant que Eugénie lui peigne le visage en blanc et qu’il endosse une tenue immaculée fantomatique ad-doc. Muni de sa valisette, d’un galurin et d’une gabardine, blanchis pour coller à sa nature spectrale, il entendait rendre un hommage à l’Oubliator Armand Fontebrune. Le prétexte lui servait surtout à chausser le chapeau fabriqué chez Delacour afin de s’en servir, en douce, lors de la soirée. La Legilimancie s’accomplissait de deux façons : soit le sorcier était un authentique Legilimens auquel cas il piochait dans les pensées de ses victimes sans qu’elles en soient conscientes, soit le sorcier exécutait le sortilège Legilimens auquel cas la cible se sentait attaquée, pillée. Les Moldus étaient inconscients du sort inquisiteur. Tout comme les Cracmols…

Hercule inaugura un accessoire en cours de médicomagie. Il débarqua avec une valisette estampillée HVB en lieu et place de sa besace habituelle. L’objet était muni de roulettes et se déplaçait seul lorsque le garçon le déposait au sol. Il était capable de suivre son propriétaire comme le ferait un Croup avec son maître. Plusieurs élèves l’entourèrent pour savoir s’il avait acquis cet artefact dans la boutique Gentil, Place Cachée. Il répondit qu’il avait conçu le bagage à sortilège d’extension. Face à l’incrédulité des suprémacistes, il opposa du mépris et du silence. Chacun regagna sa place lorsque Alfred fit son apparition.

— Bonjour tout le monde. Asseyez-vous ! J’espère que vous avez bien révisé. Ce matin, vous allez devoir remplir un questionnaire que j’ai bâti avec le professeur Laflèche. Nous vous avons concocté un examen sur les différentes blessures survenant au Quidditch. C’est le moment de vérifier si votre connaissance des os et des muscles humains est solide. Avant de vous distribuer les parchemins, j’ai une annonce à faire. Comme vous le savez, chaque année, j’organise deux sorties pour les CHASSE-Médico à l’hôpital Bonpied. Comme les effectifs ont chuté en première année de CHASSE et que le perfectionnement a été délaissé par nombre d’entre vous, les élèves du troisième niveau qui ont choisi ma spécialité seront invités à nous accompagner. La sortie aura lieu dans un mois, soit le vendredi 28 novembre. Nous nous rendrons à l’hôpital en carrosse. À l’issue de la visite, une collation aura lieu. Elle sera couplée avec un test sur ce que vous aurez vu lors de cet après-midi. J’attire votre attention sur une occasion fantastique : le professeur Dégivré, directeur de l’étage de la Folie, proposera d’accueillir, à Pâques, les deux élèves ayant obtenu les meilleurs résultats.

Aldo Ricci, un étudiant d’Aloysia, inscrit au perfectionnement, leva le doigt.

— Oui ?

— Combien de temps durera le stage ?

— Une semaine. Les absences des élèves aux contrôles ne seront pas comptabilisées.

— Et dans quel service aura lieu cette expérience ?

— À l’étage de la Folie.

La nouvelle en refroidit plus d’un. La réputation du service était telle que les médicomages n’y faisaient presque jamais carrière tout comme le reste du personnel hospitalier.

Katarina adressa un pouce en l’air à Hercule, signifiant son intérêt pour la visite et son intention de décrocher un des deux passeports pour Bonpied. Le garçon imagina que cela lui serait très profitable pour distinguer un authentique fou, nécessitant des soins adaptés, d’un simulateur désireux d’échapper à la prison de Fengsel. Dans l’ensemble, les élèves ayant fait le choix de se perfectionner, accueillirent la nouvelle avec un certain enthousiasme. Tous sauf Amélie Rostang de Hautefeuille, placée dans ce cours pour surveiller et non pour réussir. L’idée de mettre un orteil de sa splendide personne dans cet établissement regorgeant de fous, de vieux sorciers miteux, de marmots infectés de virus plus abominables et plus contagieux les uns que les autres, la révulsait.

— À présent, passons aux choses sérieuses.

Il distribua les sujets du jour et prévint que rendre un parchemin vierge coûterait une FONTE-, n’étant pas disposé à accorder une majoration pour l’encre et la plume usées à inscrire l’identité, la classe et l’intitulé de l’examen. En revanche, un OR+ serait attribué au sans-faute doublé d’une réponse à la question numéro 10 : inscrire le record de durée d’hospitalisation pour un joueur de Quidditch. Une fois le document en main, Hercule nota aussitôt sa réponse à la dernière question.

« Le joueur de Quidditch ayant passé le plus de temps dans un hôpital se nomme Henri Laflèche. Né le 14 avril 1784, il a officié comme gardien des Dragons de Toulouse. Lors de la rencontre contre les Marteaux de Poitiers, le 8 mai 1809, en demi-finale de la coupe de France, il fut victime d’un coup nommé « l’étau infernal ». Réalisé par le duo de batteurs poitevins, cette figure consistait à envoyer les deux Cognards en même temps dans le visage d’un adversaire. Son crâne fut ratatiné de part et d’autre. Le sportif, toujours en vie à ce jour, a donc passé 40 346 journées à Bonpied, soit 110 ans, 5 mois et 16 jours si l’on considère que nous sommes le matin et que les matchs ont en général lieu l’après-midi ou le soir. Pour la petite histoire, il s’agit de l’arrière-arrière-grand-père du professeur Laflèche. »

Le reste de l’examen fut une formalité, à condition de connaître la liste des 206 os et des 639 muscles du corps humain, ainsi que leurs emplacements.

Lorsque les deux heures de perfectionnement débutèrent, Alfred mit la barre bien plus haut que dans l’enseignement général. Avant d’entamer les hostilités, il livra des consignes précises, après avoir déposé un paquet sur chaque table :

— Vous enfilez tous des paires de gants en caoutchouc. Celles qui se trouvent dans l’emballage distribué. Une fois qu’ils sont en place, vous prenez votre baguette et vous exécutez un Têtenbulle. J’espère qu’on vous l’a enseigné et que vous le maîtrisez. Lorsque vous travaillerez à Bonpied ou en cabinet privé, vous serez confrontés à des maladies contagieuses face auxquelles vous devrez vous protéger. Je vous conseille donc de vous conformer aux règles d’hygiène et de sécurité sans quoi, votre carrière risque d’être écourtée. Qui a des difficultés avec le Têtenbulle ? Vous êtes supposés le réaliser depuis le début de l’année. Alors ?

Plusieurs doigts se levèrent dont celui de Hautefeuille qui ne voyait aucun intérêt à emprisonner sa somptueuse cascade de boucles blondes. Le professeur remédia aux problèmes en un tournemain. Hercule nota la prouesse :

« Un Têtenbulle collectif en un seul geste ! Impressionnant et utile en cas d’un gazage soudain avec un agent infectieux. »

Une fois que l’auditoire fut prêt, le docteur apporta une planche avec des grenouilles mortes épinglées. Il réitérait le coup de l’autopsie des souris mais avec des batraciens. Alfred autorisa les étudiants à s’approcher et à se livrer aux examens, puis à reporter leurs observations et conclusions dans un parchemin où figureraient nom, prénom, date et intitulé du test noté.

Le tri entre les dégoûtés qui seraient incapables d’autopsier un sorcier et les audacieux aptes à se servir d’un scalpel moldu ou d’une baguette pointue dans l’exécution des sortilèges, fut vite opéré. Ysandre de la Fare, élève Urtica et amie de Laurine, faisait partie des étudiants appliqués les plus à l’écoute des consignes du médicomage. Elle se lança, munie d’un instrument tranchant, à l’assaut d’une pauvre bestiole dont le corps était couvert de pustules, de lésions et dont la couleur verte d’origine n’était plus qu’un souvenir. L’incision fut précise et suscita une mimique de satisfaction chez Alfred. À l’intérieur, c’était un carnage. Le foie avait changé de teinte, l’estomac s’était dilaté et les vaisseaux avaient presque tous connu une hémorragie démente. Les poumons étaient remplis de sang et d’eau mélangés.

La demoiselle ne fut guère avancée par ses découvertes. Les autres batraciens semblaient plus faciles à diagnostiquer. L’un d’eux, ouvert par Katarina, présentait une cirrhose consécutive à l’ingestion répétée et abondante de Pucestis. L’une des bestioles avait le crâne dilaté, victime de la Fontanite, dont le nom provenait du Moldu Lafontaine et de sa fable sur une grenouille voulant se faire plus grosse qu’un bœuf. Une grenouille mâle de la race Manta avait péri après s’être montrée trop collante, entreprenante avec une femelle de son espèce. Au bout d’une demi-heure, l’assistance, dubitative à propos du numéro 7 ouvert par Ysandre, parut s’en remettre au détective en herbe de la classe. Le garçon prit sa valisette et l’ouvrit à même le sol. Le bagage révéla une foule de tiroirs, d’étagères remplies de poudres et de liquides en bocaux. Il disposait aussi d’un nécessaire au prélèvement sanguin, tissulaire et son microscope. L’élève s’empara de l’optique, de plaques de verre, de lamelles et commença par prélever l’échantillon sanguin. Puis, il répartit quelques gouttes sur plusieurs plaques. À l’examen, le Belge était certain que pléthore de signes externes et internes ne pouvait signifier qu’une chose : un cocktail de bactéries, microbes et virus avait été injecté à la pauvre créature.

Il avait bien quelques idées, mais il devait se fier à tout ce qu’il avait lu sur les systèmes de coloration pour mettre dans le mille. Souci : quelle maladie suspecter lorsque ses symptômes étaient noyés dans la masse de signes ? Il ajouta de la poudre d’hydroxyde de potassium sur une plaque. Il se souvint que le support devait être chauffé dans une flamme. Il s’empara de sa baguette de cèdre, la modératrice-traductrice et commanda un minuscule Incendio sous la plaque de verre maintenue avec une pince. Puis, il la plaça sous le microscope. La lumière ambiante, traversant les fenêtres, suffit à alimenter le miroir. Il observa le résultat et découvrit une foule de bactéries. Il versa un peu de brun de Bismarck, un contre-colorant qui n’affectait pas un bacille précis. Des bâtonnets enchevêtrés apparurent en rose violacé. Il nota :

« Bacille de Koch mis en évidence. Tuberculose moldue confirmée. Grave atteinte aux poumons. Cependant, ce n’est pas ce qui l’a tuée. »

Lors des colorations et des observations suivantes, il fut en mesure de reconnaître la varicelle, inoculée de force. À l’aide de la coloration mise au point par le Moldu Gustave Giemsa – éosine et azur de méthylène – et celle développée par May-Grunwald – éosine et bleu de méthylène –, l’enquêteur découvrit un virus composé d’un long filament dont l’une des extrémités formait des boucles, comme un nœud de technique marine. Il était certain de ne pas avoir vu de représentation de cette chose dans toutes les publications mises à disposition par Johannes.

Sous l’œil écœuré de son détracteur favori, Rostang de Hautefeuille, Hercule préleva du tissu dans les reins, l’intestin, le foie et le cœur de la grenouille récalcitrante. Au bout d’une demi-heure de recherches fructueuses dans le sens où il repéra le virus dans tous les échantillons, il écrivit :

« Virus inconnu 1 de type hémorragique, n’épargnant aucun organe. Un tel virus provoquerait une mortalité avoisinant 100 % chez l’homme. »

Le garçon supposa que l’infection aurait été accompagnée d’une fièvre supérieure à 40 degrés si la créature contaminée avait été à sang chaud. Sur le batracien, à sang froid, c’était l’inconnu. Dans la nature, il aurait peut-être cherché à se réfugier sous une tôle exposée en plein sud, pour provoquer une fièvre – comportementale – capable de répondre au virus..

Dès que les manipulations et observations furent terminées, le médicomage fit léviter la planche pour qu’elle se retrouve à l’extérieur du bâtiment, à l’air libre et procéda à sa crémation. Les gants en caoutchouc des étudiants, retirés avec précaution, subirent la même incinération. Quant aux instruments, scalpels, lamelles de verre, ils eurent droit à être léchés par des flammes bleues sorties de la baguette du professeur, avant d’effectuer des séjours prolongés dans l’alcool à 90 degrés. Alfred ramassa les rouleaux de ses apprentis et jeta un œil rapide aux productions des uns et des autres. Dans l’ensemble, c’était catastrophique, hormis Bianca, Katarina et Aldo qui avaient été assez inspirés, tout comme Ysandre, en bonne voie pour poser des diagnostics méthodiques. Il poussa un long soupir en découvrant la production d’Hercule. Son cœur s’emballa et il s’appuya contre le plateau de son bureau. Le Belge éprouvait une telle passion pour les mystères que chaque test proposé, comme celui des souris ou des grenouilles, incarnait une enquête à mener. Saurait-il être aussi performant avec des êtres vivants ? Selon Ursula Waldmeister, il était efficace avec les créatures magiques. Mais les animaux ne mentaient jamais et simulaient rarement. Le Belge saurait-il filtrer le discours d’un patient ?

La détection du cocktail fatal sur la grenouille numéro 7 lui vaudrait, à elle seule, OR+. La description clinique du virus hémorragique, très contagieux et dévastateur, était stupéfiante. L’enseignant libéra les élèves deux ou trois minutes avant l’heure et souhaita que le Belge reste un moment. Le professeur demanda à pouvoir faire une observation. Le garçon proposa une goutte de sang et une coloration classique pour la ferritine.

— Beau microscope ! Pendant la guerre, il nous était impossible d’obtenir du Carl Zeiss allemand.

— C’est compréhensible.

— Il fallait se contenter de travailler avec du matériel douteux.

— Et sans Têtenbulle.

— Les masques étaient moins efficaces. J’ai réussi à contracter cette foutue grippe qui décimait les rangs des combattants.

— Elle était cependant plus innocente que le virus hémorragique que j’ai pu observer dans le spécimen numéro 7.

— Ah ah ! Oui, tu as mis en évidence cette saleté. Elle vient d’Afrique. L’homme n’est pas touché, mais on ne sait jamais.

— Je n’ai pas pu l’identifier. Seul l’Hyperloupe le pourrait.

— Ce n’est pas certain. Les sorciers, comme les médecins moldus, s’intéressent d’abord à ce qui les atteint. Les maladies animales passent après.

— N’y a-t-il pas moyen de mettre à jour l’Hyperloupe, avec les maladies, les virus, bactéries touchant les créatures magiques ou non ?

— Je ne sais pas trop comment ça fonctionne, cet engin. Son créateur a enchanté l’appareil avec une base de connaissances initiale. S’il y est parvenu, il doit exister un moyen de faire des ajouts ou un remplacement.

— Je serai heureux de rencontrer le sorcier qui l’a conçu. Il doit posséder une palette incroyable de talents.

— Si une opportunité d’apprentissage sur l’Hyperloupe se dessinait, tu serais intéressé, Van Betavende ?

— Totalement. Quel sujet passionnant !

— Sache que je soutiendrai toute démarche, initiative visant à étendre tes compétences en médicomagie humaine, animalière et surtout… en légicomagie.

Alfred avait insisté sur ce terme et le garçon lui demanda pourquoi.

— Selon toi, combien y a-t-il de légicomages à l’hôpital ?

— Je l’ignore, Monsieur.

— Un seul. Et au département des Aurors ?

— Un seul ?

— Exact ! Il se trouve qu’il s’agit de la même personne qui exerce de part et d’autre. Je suis sûr que tu connais son nom.

— Le docteur Raymond Dessuture ?

— Dont j’ai pu voir l’ouvrage majeur dans ta valise. C’est une création Delacour ?

— En quelque sorte.

— Très bien fournie. Tout ce qu’il faut pour analyser une scène de crime, n’est-ce pas ?

Hercule s’amusa de la réflexion.

— En Italie, il y a un sorcier, passé par l’Académie, qui s’appelle Mauricio Colangelo. Avec Dessuture, ce sont les deux seuls légicomages de l’Europe de l’Ouest. Oui, oui, tu as bien entendu ! Même à Sainte-Mangouste, en Angleterre, ils n’en ont pas. C’est un métier d’avenir, crois-moi ! Les Moldus ne s’y sont pas trompés. Ils ont commencé à bâtir un institut médico-légal à Paris, dès 1913. Il n’est pas encore achevé, à cause du retard engendré par la guerre. Mais sois certain qu’ils seront à la pointe de la médecine légale sous peu. Le crime se développe, chez les Moldus comme chez les sorciers. L’inventivité des criminels ne cesse de s’accroître. Il faut s’adapter, innover, constamment. Dans quelques années, il y aura davantage d’Hyperloupes, avec des sorciers voués à une discipline pour gérer la connaissance. Des sorciers spécialisés dans l’analyse de sang ou de tissus. L’Hyperloupe sera plus puissante avec des optiques grossissant toujours plus. Qui sait si nous n’ouvrirons pas une CHASSE dédiée à la chirurgie ou une CHASSE-Technico pour les inventeurs d’instruments médicaux enchantés ?

— J’espère que nous aurons la chance de rencontrer l’enchanteur de l’Hyperloupe lors de notre sortie, fin novembre.

— Tu le rencontreras peut-être lors du stage à Pâques ?

— Il faudrait que je termine à l’une des deux premières places, Monsieur.

— Allons, pas de fausse modestie, Van Betavende ! La question n’est pas de savoir si tu figureras dans le classement mais plutôt de connaître l’identité de l’étudiant qui t’accompagnera à la seconde place. Continue comme ça ! Très bonne initiative, l’étude des colorations et de la sérologie… Pas besoin de baguette pour trouver des réponses.

— Merci, Monsieur.

— Allez, file ! Et n’oublie pas : je suis ouvert à toute suggestion pour loger encore plus dans tes petites cellules grises !

Le Belge le remercia une fois de plus et s’activa pour ranger chaque matériel à sa place. Il referma la valisette, la tapota et elle le suivit hors de la classe.

Le soir venu, Eugénie et Hercule mirent à exécution leur plan pour capter le mot de passe utilisé par Alfred lorsqu’il voulait déverrouiller le tableau menant à son appartement. Peu avant de manger le fromage, Noël, assis à leur table, poussa sa besace aux pieds de mademoiselle Greengrass. Elle récupéra la couverture de dissimulation. Puis, une fois le dessert arrivé sur les tables, le duo l’engloutit à vive allure, se leva et fila hors du restaurant, sous l’œil intrigué d’un grand nombre d’élèves. Une fois dissimulés sous l’escalier principal, les enfants jetèrent la couverture sur leurs épaules et devinrent invisibles. Ils allèrent déposer le phonographe derrière des livres de la bibliothèque d’Alfred et l’activèrent sans émettre une parole. Juste à côté, dans le dortoir, il n’y avait pas moins de cinq admirateurs autour de Rosier dont le faciès aux cheveux gras paraissait à jamais dévié à droite. Selon une rumeur, il aurait besoin d’une semaine complète de soins dont au moins quatre séances de planche à vis sans fin pour lui redresser le portrait. Le duo d’espions se retira sur la pointe des pieds et réitéra son manège sous l’escalier comme s’il n’avait jamais quitté ce lieu de rencontre secrète entre élèves ou entre professeurs. Leur entrée dans le restaurant engendra quelques sifflets moqueurs en provenance des suprémacistes. Une réflexion de la part de d’Arcy mit le feu aux poudres :

— Il est rapide, le Belge ! Il n’a pas dû avoir beaucoup de temps pour te bécoter, Greengrass ! Tu lui as retourné une baffe, j’espère ? Ah ah !

Hercule dévia de l’objectif et fondit sur le blondinet redoublant. Sans un mot, il éjecta sa baguette de camphre. Les Feux Éternels du restaurant s’éteignirent ; la salle fut plongée dans l’obscurité, à peine amoindrie par l’éclairage venu du hall.

Les professeurs se levèrent, prêts à intervenir. La baguette du Belge crépitait comme si elle se chargeait d’électricité avant de lancer un éclair de Fulguracrucio. Hercule commit de légers mouvements du poignet, comme s’il hésitait sur le sort à employer. Son silence était terrifiant. D’Arcy aurait préféré n’importe quelle réplique à l’emporte-pièce plutôt que cette terreur instillée par le regard de son adversaire, sous l’emprise de sa création. Une main amicale se saisit de son épaule et une voix apaisante fit retomber la colère dévastatrice.

— Sans maturité,

L’ennemi en souffrance

Ne pas fracasser.

Haine ravalée,

Démontre ta puissance

Digne de respect.

Le haïku de Katarina agit comme un interrupteur. Hercule déglutit à plusieurs reprises tout en clignant des yeux. Il eut pour d’Arcy le regard indulgent jeté à l’adversaire héritant de tares familiales, renforcées par l’ignorance crasse. Il rengaina son arme. Les Feux Éternels se rallumèrent. La réaction du Belge lui valut une convocation immédiate par la directrice, accompagnée de Dune. Les femmes ne tentèrent pas de déterminer comment la baguette du garçon était parvenue à éteindre des Feux Éternels mais plutôt l’état d’esprit qui était le sien au moment où il avait tenu d’Arcy en joue. Il évoqua une haine viscérale pour ces engeances innommables. Il confia qu’après mûre réflexion, s’il avait pu éliminer Rosier de façon radicale, il n’aurait pas été mécontent. Sa référente lui demanda de déposer sa baguette, d’inspirer et d’expirer à plusieurs reprises, avant de répéter ce qu’il venait de dire. Il se rendit compte de la portée de ses paroles et se morigéna de les avoir prononcées. Dune réclama la composition de sa création. Elle pâlit lorsqu’elle sut quelle était l’inclusion.

— Le venin de Marsouin des sables n’était pas une bonne idée. À ta place, je me débarrasserais de cet objet. J’en produirais un plus classique. Tu as besoin d’une baguette réactive, obéissante mais pas d’une monstruosité capable d’attirer la magie noire.

— Oui… Je…

Il tendit la main vers le morceau de camphre. Il le sentit se cabrer. La chose refusait de mourir.

— Je ne peux pas.

— Incendio !

La flamme, éructée par la baguette Agathe, consuma l’objet du délit. Hercule se sentit aussitôt libéré.

— Tu n’es pas fait pour ça, Hercule, affirma la directrice. Tu le sais, au fond de toi. La haine et la violence sont de mauvaises conseillères.

— Oui…

— Je suis certaine que tu vas trouver une composition harmonieuse, ajouta Dune.

— Mon garçon, nous savons tous les deux ce que tu fais. Tu mènes de front de nombreuses croisades, avec l’épée de Damoclès au-dessus de ta tête. Je pense qu’il serait bon de ralentir, voire de ne garder que trois spécialités. Tu ne transgresserais aucun règlement.

— C’est hors de question, Madame. Tous ces enseignements me seront utiles. Tôt ou tard.

— Comme tu veux mais prends garde à toi. Je ne suis pas habituée à tes joues creuses, ni à te voir ajuster tes bretelles pour tenir ton pantalon. Tu as considérablement maigri. C’est inquiétant.

— Je vais pour le mieux, affirma-t-il, droit comme un i.

La séance s’acheva sur une posture raide et inchangée du Belge. Après que le garçon ait quitté le bureau, Dune ne put s’empêcher d’avouer :

— J’ai encore rêvé de lui. Cela fait trois fois, en tout.

Quelques minutes plus tard, l’élève rejoignait le pavillon blanc. Eugénie s’était chargée de récupérer le phonographe après que son père eut terminé son dessert et qu’il se soit rendu dans son appartement. Le duo russo-nippon avait raccompagné Noël qui s’était « évaporé » dans le gymnase.

Eugénie entra dans la chambre d’Hercule, morte d’inquiétude :

— Ça va ?

— Oui, marmonna-t-il. Je vais devoir fabriquer une nouvelle baguette.

— Pourquoi ? Agathe te l’a confisquée ?

— Elle l’a détruite.

— Quoi ?

— À ma demande. Cela valait mieux.

— J’ai cru que tu allais pulvériser cet imbécile de d’Arcy.

— J’allais le faire. Je voulais l’anéantir.

— Oh…

— Et le mot de passe ?

— Je l’ai ! Il a changé ses habitudes. Ça n’a plus rien à voir avec le corps humain.

— Vraiment ? De quoi s’agit-il ?

— Un mot savant qui ne veut rien dire. Tiens ! Écoute !

Elle enfonça le bouton pour lire le cylindre et la voix d’Alfred se répandit dans la chambre. Hercule se mit à ricaner et Eugénie s’offusqua :

— Quoi ? Tu comprends son charabia ?

— Oui.

— Et ça veut dire quoi ?

— Que vous avez bien fait d’abandonner la médicomagie.

Le sésame était « sterno-cléido-mastoïdien ».

La sacro-sainte soirée d’Halloween fut l’occasion d’observer une pause détente, doublée d’un gavage en règle aux sucreries. Séraphin avait participé à la décoration et montré ses talents pour le travail du sucre cuit, filé, étiré. Doué pour le dessin, la sculpture, sans usage de la magie, il avait réalisé et exposé une citrouille en sucre orange, caramélisé. La construction, vouée à finir dans les gosiers des étudiants, était remplie de friandises en forme d’insectes. L’une de ses plus belles réalisations était une reproduction de lustre en verre de Murano, avec une partie centrale à facettes où tout un chacun discernait des ombres inquiétantes de vampires, de loups-garous et autres géants effroyables.

Comme la coutume l’exigeait, les élèves rivalisaient d’ingéniosité pour se confectionner des tenues uniques. Certains enseignants jouaient le jeu, à l’instar de Wilfried Laflèche, croque-mort plus nature que les parents d’Edmond Perlenjoie. Max de Franjac avait bâti un cadre en bois autour de lui, un châssis supportant une plaque de verre enchantée. L’astuce consistait à apposer un filtre lui donnant un aspect vieillissant au fur et à mesure de l’écoulement de la soirée. Agathe l’avait félicité pour cet enchantement très sophistiqué et n’avait pas manqué de souligner la référence littéraire au roman « Le portrait de Dorian Gray », écrit par le Moldu Oscar Wilde.

Reprenant une idée lancée par Eugénie l’année précédente, Ursula s’était changée en un bonbon humain, avec plus de réussite que son élève. Du côté enseignant, il ne manquait que le professeur Racine pour qui, l’année passée, Halloween s’était traduit par catastrophe, suivie de retenue sur salaire.

Parmi les élèves, il y eut beaucoup de fautes de goût, mais il s’agissait du thème de la soirée. Néanmoins, l’une d’entre elles passa inaperçue sauf aux yeux du Belge. Barthélémine apparut déguisée en vampire. Le garçon faillit se décomposer lorsqu’il constata que ses fausses dents pointues avaient l’air authentiques. Et pour cause ! Hercule n’aurait pas pu pâlir davantage puisqu’il était déguisé en fantôme, Eugénie s’étant chargée de lui jeter un sort pour lui donner une face de Carême. Un Gamatergeo avait blanchi le chapeau fabriqué avec le concours de Claudia Delacour ainsi que une gabardine fripée, enfilée par-dessus un drap jauni par le temps. C’est déguisé en fantôme d’Oubliator, la baguette à la main, que le Belge proposa un jeu d’enquête pour découvrir l’identité d’un criminel au sein du Gerbera, responsable d’avoir planté une hache dans la poitrine de Jacques Boulanger. Le Cracmol, allongé sur le gravier de l’entrée du château, joua la victime, à grand renfort de colorants rouges. Peu à peu, des curieux vinrent tenter leur chance en posant des questions. Les protagonistes du crime, installés en demi-cercle autour de Jacques, ne cessaient pas de lui raconter des histoires drôles pour le faire rire et gâcher son rôle de victime silencieuse.

Tandis qu’il répondait aux élèves intrigués et pris au jeu du faux meurtre, le Belge, profitant de courts répits, plongeait dans l’esprit de son ami à terre. Il détestait avoir recours à ce subterfuge mais si Jacques parlait de ses vacances en Afrique avec sincérité, les termes illustrant les événements où Émilie était en cause, ne variaient jamais d’une narration à l’autre.

« J’y suis. La famille Boulanger a pris plusieurs moyens de transport pour se rendre au Kenya. »

— Est-ce que le criminel est une fille ?

La question venait d’un CHASSE-Magus. Pas très dégourdi, car il n’avait pas pigé le principe consistant à découvrir des indices. Le Belge leva les yeux au ciel et poursuivit son investigation mentale. Il fut bientôt en mesure de recouper toutes les déclarations de Jacques : la visite de l’école de magie Uagadou, la soirée de Noël dansante, tribale, le safari pour apercevoir le Nundu, l’initiation au désenvoûtement. Rien ne manquait.

« Mais… Pourquoi Émilie apparaît-elle avec des teintes bleutées dans les souvenirs de Jacques alors que ses parents sont nets, colorés comme il le faut ? C’est incongru. »

Émilie étant muette, la vérification d’une altération des paroles fut impossible. Hercule devrait fouiller dans les livres abordant la Legilimancie pour éclaircir ce mystère. Après moult échecs, ce fut Louis Delplanque, élève en CHASSE-Médico qui dama le pion aux CHASSE-Magus. Le garçon examina le « corps » de près et renifla un parfum de rose. Après avoir palpé Jacques qui se gondola, trop chatouilleux, Louis découvrit une mèche de cheveux noirs et lisses au creux de la paume de sa main droite. La victime l’avait arraché à son agresseur. Muni de l’échantillon, il écarta Sigrid, Eugénie, Andrea et Séraphin dont la texture, la nature et la couleur capillaires ne correspondaient pas. Il examina les protagonistes jusqu’à ce qu’il sente le parfum de rose sur Laurine, aspergée en abondance par Eugénie. Il la désigna comme coupable et reçut les félicitations du détective Oubliator belge.

La soirée bon enfant se poursuivit jusqu’à 23h30, heure du couvre-feu décrété par Agathe. Il ne se passa rien d’extraordinaire, de fou comme l’année passée. C’est surtout le talent avéré de Jo pour la couture magique qui marqua les esprits, grâce à la robe aux couleurs changeantes portée par Umbelina, petit vampire fascinant. Hercule conseilla au Portugais de déposer des brevets d’utilisation sorcière pour l’encre changeante et la robe ondoyante, avant de commercialiser ces splendeurs. Il était disposé à offrir ses lumières sur le sujet de la légalité et de la protection.

Dans l’esprit des participants, la soirée d’Halloween 1919 serait incontestablement l’une des plus réussies et des plus agréables. Le destin en décida autrement.



1 Ebola, car il s’agit de lui, causera sa première épidémie en 1976. La transmission à l’homme viendra probablement d’une chauve-souris.

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