Roi des dragons

Chapitre 12 : Parents

8359 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 27/05/2026 17:27

Chapitre 12 :

Parents






La naissance de Skarniss marqua le début d’une nouvelle ère pour le peuple des dragons. Seulement, c’était autre chose qui captait l’attention de Smaug et Nefrea. Le couple était entièrement concentré sur leurs deux œufs, Nefrea enroulé autour d’eux, le duo attendant avec excitation leur éclosion. Et puis, finalement, l’heure arriva. Cela faisait alors deux jours pleins que Nefrea fixait ses œufs du regard sans bouger. Il sentait, tout en lui, sa magie, son instinct, ses sens, son esprit, ses dons d’enfants de la Mort… tout lui disait que ses petits arrivaient, qu’ils étaient prêt. Alors il les regardait, attendant qu’ils se décident à se montrer. Smaug était comme toujours près de lui, l’entourant de son corps et, lui aussi, il les regardait avec intérêt. L’impatience s’était envolée, faisant place à un calme et une concentration parfaite, à un silence agréable, les parents surveillant la naissance de leurs dragonneaux.



Ce matin là, les deux œufs s’étaient mis à remuer dans une synchronisation parfaite. Installés l’un contre l’autre, ils se percutèrent doucement, la solidité du mithril de leur coquille les protégeant d’une casse involontaire. Ils s’immobilisèrent après le premier choc avant de recommencer. Il y eut un deuxième petit choc et ils stoppèrent une fois de plus. Des couinements un peu étouffés s’élevèrent, les deux bébés semblant presque discuter entre eux, amusant leurs parents. Smaug avait expliqué cela. Il avait dit que lorsqu’ils commençaient à éclore, les dragonneaux se mettaient à faire du bruit comme pour inciter le reste de la fratrie à bouger aussi. C’était un moyen de synchroniser les éclosions pour que les petits naissent en même temps. Cela devait permettre aux parents de s’occuper d’eux pleinement sans avoir à continuer à couver un retardataire.



Nefrea approcha son nez de ses œufs, grondant bas et profondément, le son vibrant atteignant sans mal ses petits qui couinèrent un peu plus pour répondre, le touchant profondément. Smaug vint en faire de même, obtenant lui aussi quelques couinement étouffés. Les deux dragonneaux semblèrent alors vraiment se mettre au travail pour sortir de là, gigotant par intermittence. Si avoir vu leurs œufs être couverts de mithril avait rassuré le couple sur leur solidité et le risque amoindri qu’il leur arrive quelque chose par accident, ils espéraient aussi que cela ne leur compliquerait pas les choses pour éclore. Ils furent rassurés lorsque qu’un premier fragment de coquille sauta, éjecté par une dent de diamant irradiant de magie. La petite dent présente sur le nez des dragonneaux, spécialement faîte pour percer la coquille, était normalement de la même matière que leurs dents et griffes. Mais là, elle semblait réellement être de diamant, ou peut-être de mithril. Cela aurait été logique. Celle du second se montra quelques secondes plus tard, expulsant un petit bout de coquille.



- Ils ont de la magie comme moi aussi, se réjouit Nefrea en le sentant nettement.



- Oui, approuva Smaug.



Tout deux s’étaient posés la question des dons qu’auraient leurs petits puisque que tout deux avaient des différences. Ils étaient tout deux dragnir avec deux apparences très distinctes et leurs pouvoirs différaient. Smaug avaient ceux des dragons de feu d’origine et Nefrea avait sa magie propre. Il savait que ses dons d’enfant de la Mort ne seraient pas transmis mais il espérait que le reste de sa magie le serait. Il avait essayé de le savoir pendant la couvaison, scannant ses œufs de sa magie. Il avait perçu le feu, la liaison à la terre, les pouvoirs des dragons… Il avait aussi perçu une petite étincelle de magie semblable à la sienne mais c’était si peu qu’il n’avait pas été certain que cela serait significatif. Seulement, il savait aussi qu’une magie comme la sienne naissait doucement et grandissait, se développait avec la croissance. Ils avaient donc attendu de voir mais c’était certain maintenant et il semblait que leur magie était aussi faîte pour les aider à naître.



Grondant et parlant à leurs petits, les encourageant, Smaug et Nefrea suivirent leurs efforts avec attention. Soudain, il n’y avait plus aucun empressement, le couple savourant cet instant unique, émerveillé, blottit l’un contre l’autre et concentrés sur leur couvée. Petit à petit, des morceaux de coquilles scintillants tombèrent et les voix de leurs bébés se firent plus claires, les museaux faisant leur apparition. Nefrea se resserra autour d’eux, roucoulant pour les encourager, Smaug surveillant avec attention. Petit à petit, leurs têtes firent leur apparition. Les deux petits étaient différents. L’un avait une tête un peu plus allongée à l’image de Smaug. Il avait des écailles semblant faîtes d’ambre, brillantes et teintées de toutes les nuances de la substance. Quelques unes étaient d’un noir profond, ici et là, semblant fait d’obsidienne. Les écailles d’obsidiennes étaient d’ailleurs ce que le second avait en grande majorité. Si l’ambre était assurément un dérivé de l’or de Smaug, cette teinte ébène venait certainement de Nefrea. Le dragonneau noir était parsemé d’écailles d’or clair, magnifique, sa tête un peu plus courte et douce à l’image du dragon de mithril.



Tranquillement, ils apparurent à leurs yeux. Le petit d’ambre ressemblait à Smaug, bipède avec de grandes ailes puissantes. Quand au second, il était comme Nefrea avec ses ailes tout aussi formidables et ses quatre pattes. S’il fallut des heures pour qu’ils sortent complètement, le couple ne se lassant pas de regarder, de les encourager, de les câliner lorsqu’ils faisaient des pauses. L’éclosion était épuisante pour les petits. Mais finalement, ils furent libres de leurs coquilles, couinant et roucoulant vers leurs parents. Craignant d’être maladroit alors qu’il n’avait jamais assisté à ça, Nefrea laissa Smaug venir les sécher d’un souffle chaud et délicat, les deux dragonneaux s’ébrouant un peu sous ce traitement. Nefrea vint balayer le plus gros des débris de coquilles de ses serres avant de se resserrer autour de ses petits, venant les effleurer du bout du nez avec tendresse. Tout deux lui rendirent, venant se blottir avec joie contre son ventre, dodelinant de la tête. Leurs grands yeux lumineux pétillaient de vie, reflétant pourtant aussi leur épuisement. Le nouveau né d’ambre avait des yeux noirs comme la nuit et le second d’un or clair comme le soleil de midi.



- Bonjour Pyress, salua doucement Nefrea pour le premier. Bonjour Amlake, dit-il pour le second. Dormez mes amours, nous veillons sur vous.



Smaug vint les effleurer du bout du nez, les poussant délicatement contre le ventre de son compagnon. Les deux bébés s’y logèrent avec plaisir, s’enroulant l’un sur l’autre pour finalement s’endormir, couvés du regard par leurs parents.



- Ils sont tellement parfaits, remarqua doucement Nefrea profondément ému.



Il était certain qu’il aurait pleuré s’il avait été dans sa forme primordiale. Ses petits étaient magnifiques, leurs âmes étaient magnifiques comme leur magie. Ils étaient assurément le plus grand des miracles qu’il ait jamais vu. Lui qui avait renoncé à avoir une famille depuis très longtemps avait finalement un compagnon extraordinaire et deux enfants parfaits. Il avait une maison paradisiaque pour lui, un peuple, des amis, la paix et la possibilité de faire tout ce qui lui chantait. Il avait tout, tout ce qu’il avait cru ne jamais avoir et dont-il avait pourtant tant rêvé. Ses bébés étaient si petits et délicats, plus petits que leurs propres têtes draconiennes. Ils étaient incroyables, si mignons. Et Nefrea savait déjà que ces deux petits trésors valaient plus pour lui que sa propre vie ou tout ce qu’il pouvait posséder.



- Oui, ils sont parfaits, approuva Smaug en venant cajoler son compagnon. Dormons avec eux drakian, nous aurons bien plus à faire lorsqu’ils se réveilleront, s’amusa-t-il.



Nefrea ricana et approuva, venant déposer sa tête près de ses petits. Smaug en fit de même et les couvrit de son aile. Ils s’endormirent paisiblement, comblés. Ce fut pourtant très vite que Nefrea se réveilla à nouveau, prit d’un stress qu’il connaissait depuis l’instant où il avait vu ses œufs. Un stress bien particulier qui prenait la forme d’une peur pour la sécurité et le bien-être de ses enfants. Une peur qui semblait décuplée maintenant qu’ils étaient bien là. Ce fut sur une bouffée d’angoisse qu’il se réveilla, relevant instinctivement la tête pour aller voir ses deux petits. Ce faisant, il força Smaug à bouger aussi, son compagnon ouvrant les yeux lorsqu’il sentit son aile qui couvrait sa famille être poussée. Il la recula gentiment en voyant que son compagnon cherchait à voir leurs petits, relevant la tête à son tour en percevant son inquiétude intense. Il regarda Nefrea venir effleurer Piress et Amlake du bout du nez, les scrutant un instant dans tout ses sens. Les deux dragonneaux dormaient comme des bien heureux contre son ventre, soupirant d’aise sous la légère caresse du dragon de mithril.



- Que se passe-t-il drakian ? demanda doucement le roi en constatant qu’il n’y avait rien de si alarmant.



- Rien, tout va bien, ils vont bien, répondit-il en s’enroulant un peu plus sur lui même pour poser sa tête plus près de ses bébés.



- Tu es inquiet, constata son compagnon en venant frotter son nez à sa joue.



- J’ai peur pour eux. J’ai tellement peur pour eux, confia-t-il tout bas.



- Il n’y a pas de raison. Ils sont en sécurité et ils ne manqueront de rien.



- Je sais mais… Je ne veux pas qu’il leur arrive quoi que ce soit.



- Tout ira bien. Nous sommes là pour les protéger et tout notre peuple est là pour les protéger.



- Je sais. Je suis désolé. Je ne peux pas m’en empêcher. Je veux qu’ils soient heureux.



- Ils le seront. Tu n’as aucune raison de t’inquiéter ainsi.



- Et si j’étais un mauvais parent ? Et s’ils ne m’aimaient pas ? Si je n’arrivais pas à les protéger ? Si…



- Drakian, coupa Smaug. Je comprend que tu sois inquiet, c’est normal mais tu n’as aucune raison de te poser de telles questions. Tu seras un très bon parent, il n’y a aucun doute. Rien que ton angoisse et tes questions prouvent que tu te soucies profondément d’eux. Ils t’aimeront. Comment pourraient-ils ne pas t’aimer ? demanda-t-il légèrement. Quand à les protéger, à nous deux, rien ne pourra les atteindre. Tu peux te détendre. Tout ira bien, je ferai tout ce qu’il faut pour cela et je vous protégerai tout les trois, jura-t-il. Ne te tracasse pas avec de telles choses et profite simplement de ce qu’il se passe. Tu seras parfait j’en suis certain.



- Je ne me suis jamais occupé de petits.



- Cela viendra instinctivement ne t’en fait pas. Les parents de toutes espèces élèvent leurs petits avec succès depuis le début du monde et la majeure partie n’ont pas eu à apprendre.



- Tu as raison, remarqua-t-il en scrutant ses bébés. Ils sont tellement petits et fragiles. Tellement précieux.



- Je ne vais pas te contredire sur ce point, s’amusa le roi. Tranquillise toi. Ton inquiétude est normale et légitime mais nous ferons tout ce qu’il faudra pour qu’ils soient heureux et en sécurité. Nous sommes ce qu’il y a de plus puissant en Terre du Milieu. Nous y arriverons sans aucun doute, assura-t-il avec confiance.



Une confiance qui détendit Nefrea. Si jamais lui même se trouvait en défaillance, il savait qu’il pouvait compter sur son compagnon pour l’aider et cela était rassurant. Il se laissa cajoler un moment, se détendant avant de se rendormir en regardant ses petits plongés dans un sommeil profond contre lui. Smaug les couvrit à nouveau de son aile et le silence retomba dans leur nid. Cela n’empêcha guère Nefrea de se réveiller plusieurs fois, prit d’une peur incontrôlable qu’il arrive quelque chose à ses bébés. Mais ce n’était pas le cas bien évidement. Il avait déjà eu cette manie pendant la couvaison et cela se retrouva amplifié par l’éclosion. Smaug comprenait et ne s’énervait jamais, faisant tout pour tranquilliser son compagnon.



Lorsque Nefrea se réveilla pour la énième fois, ce fut pour une raison différente. On remuait doucement contre lui, de petits couinement s’élevant. Comprenant que ses bébés se réveillaient, Nefrea bougea, sortant Smaug de son sommeil par la même occasion. Tout deux relevèrent leurs ailes et approchèrent leurs têtes de leurs petits. Piress et Amlake se réveillaient bel et bien, remuant, baillant à s’en décrocher la mâchoire, attendrissant totalement Nefrea. Il savait bien que tout les parents disaient probablement cela mais ses bébés étaient assurément les plus beaux et les plus mignons, sans aucun doute. Il fondit totalement en les regardant se réveiller, clignant lourdement de leurs grands yeux. Des merveilles, ils étaient les plus belles merveilles de l’univers à ses yeux et les regarder ainsi l’emplissait d’une joie sans commune mesure. Délicatement, il vint les effleurer du bout du nez, s’attendrissant plus encore lorsqu’ils lui rendirent, roucoulant contre lui. Cela eut le don de le détendre totalement et il continua à les câliner.



Voulant se rapprocher de sa tête, ses petits tentaient de se mettre debout et de marcher un peu, terminant en roulé boulet dans l’or du nid, amusant leurs parents. Avec d’infinies précautions, Nefrea vint les aider à tenir debout du bout de son nez, les soutenant le temps qu’ils trouvent leur équilibre. Il ne leur fallut que quelques minutes pour comprendre comment tenir debout et faire quelques pas. Pyress, qui comme Smang était bipède, saisit rapidement comment s’appuyer sur ses ailes, et Amlake, quadrupède comme Nefrea, commença par s’emmêler un peu les pinceaux avant de trouver un minimum de coordination pour parvenir à avancer. Si tôt fait, les deux petits se précipitèrent vers la grande tête de Nefrea, roucoulant joyeusement en se frottant contre sa joue. Le cœur gonflé d’un amour et d’une tendresse gigantesque, le dragon de mithril gronda profondément, produisant un son grave et vibrant, apaisant, typique des dragons. Ses bébés se blottirent contre lui couinant gaiement.



- Tu vois que tu sais faire, remarqua doucement Smaug.



Nefrea ne répondit pas, relevant la tête pour laisser la place à son compagnon venant cajoler leurs petits à son tour. Oui, il n’avait pas réfléchi pour aider ses dragonneaux à se mettre debout mais c’était une petite chose et il n’était pas convaincu. Il n’y pensa pourtant pas très longtemps, attendris de voir Pyress et Amlake se blottir contre Smaug avec plaisir. Un moment de câlins plus tard, les deux petits commencèrent à s’agiter un peu plus, testant leur démarche, se promenant en restant près de Nefrea. Dans l’instabilité des montagnes de pièces d’or, il fut difficile pour eux de trouver leur équilibre. Les chutes se multiplièrent, l’or volant dans tout les sens, amusant les adultes. Un amusement qui prit rapidement Pyress et Amlake se jetant bien volontiers dans l’or comme dans une piscine, tentant de se courir après en couinant dans tous les sens. L’avantage de naître dragon de cette façon était assurément leur mobilité très rapide.



Ce fut en jouant l’un avec l’autre qu’ils commencèrent à prendre conscience de leurs corps sous les regards protecteurs de leurs parents, restant dans le périmètre des pattes de Nefrea. C’était ainsi tout naturellement que les nouveaux nés réveillaient et dépliaient leurs corps restés dans leurs coquilles des mois durant. Cela rendait les choses très approximatives, les roulés boulés et autres chutes rocambolesques et si Nefrea s’en inquiéta, craignant qu’ils se blessent, Smaug assura qu’ils ne risquaient rien, leur corps, leurs articulations, particulièrement souples juste après l’éclosion. Cela permettaient aux petits de quitter la positions fœtal dans laquelle ils avaient grandis jusque là et de se mettre à bouger facilement, l’élasticité les protégeant aussi de blessures dans les chutes inévitables de ce début de vie. Il ne fallut pourtant que peu de temps avant que les petits ne montrent des signes de faiblesses, rapidement fatigués. Le voyant, Nefrea les ramena délicatement contre lui, les poussant de son nez pour les ramener près de sa poitrine entre ses pattes antérieures. Ainsi, ils pouvaient se caler confortablement et lui même pourrait complètement les entourer de ses pattes et de son cou, ainsi certain qu’ils étaient en sécurité et qu’il les sentirait se réveiller s’il s’endormait lui même. Ce fut avec un soupir d’aise que les deux petits s’immobilisèrent contre lui, enroulés l’un autour de l’autre.



- Ils sont parfaits, remarqua doucement Nefrea ne pouvant s’empêcher de les regarder.



- Bien sûr qu’ils le sont, ce sont nos petits, répondit Smaug en l’amusant.



- Tu es sûr qu’ils vont bien ? Qu’ils n’auront pas faim tout de suite ? s’inquiéta le dragon de mithril.



- Ils vont bien drakian, rassura-t-il. Ils ont bougés tout à fait normalement, tout fonctionne et tout s’est passé comme cela doit. C’est aussi normal qu’ils se soient vite fatigués. Dans les prochaines semaines, ils ne vont faire que ça : dormir, jouer comme de petites furies et dormir encore. Ils vont doucement éveiller leurs sens, leurs corps. Pour le moment, ils absorbent la magie naturelle. Nous avons une bonne semaine avant qu’ils ne commencent à avoir faim. J’irai chasser dans quelques jours et après un bon repas, comme nous, ils n’auront plus besoin de manger avant un moment. Ils mangeront plus que les adultes pendant leur croissance mais la différence n’est pas énorme. Il faudra juste qu’on voit si, comme toi, ils ont besoin de plus. Ils sauront vite nous le faire savoir s’ils ont faim ne t’en fait pas. Tout va bien pour le moment.



Rassuré, Nefrea passa un long moment à admirer ses deux petits miracles dormant paisiblement contre lui. Il ne parvint à s’en détacher que lorsque Smaug vint le cajoler, se mettant à mordre ses cornes comme il le faisait souvent. Il se détendit alors, recentrant un peu son attention sur son compagnon, passant un moment de tendresse avec lui. Puis ils se réinstallèrent pour dormir, Nefrea posant sa tête près de ses petits. Comme prédit par Smaug, ce fut assez rapidement que Pyress et Amlake se réveillèrent à nouveau, se mettant très vite à gesticuler dans tout les sens. Ce fut avec un plaisir gigantesque que Nefrea les regarda jouer près de lui, se courant l’un après l’autre, se mettant à lui sauter dessus, tentant d’escalader son dos en tout sens. Bien souvent cela se terminait en plongeons dans les pièces d’or, les dragonneaux creusant dans les monts de pièces pour s’y enfoncer. Tout deux se mirent à explorer peu à peu, restant pourtant tout près de leurs parents, revenant vers eux lorsqu’ils s’apercevaient qu’ils étaient allés un peu loin. Ils venaient alors immanquablement chercher un câlin, un peu tendus. Smaug avaient expliqué que les petits étaient naturellement programmés pour rester près d’eux, et surtout près du médian de leur couple, pour rester en sécurité, inquiets lorsqu’ils étaient un peu trop éloignés. Leur instinct les poussaient à revenir et le petit accès de stress provoqué par ce mécanisme de protection nécessitait un petit câlin rassurant. Nefrea leur donna avec joie autant que nécessaire, veillant alors qu’ils jouaient, venant parfois les taquiner un peu, surveillant leurs progrès dans le contrôle de leur corps à chaque nouveau réveil.



Regarder ses enfants fut une chose absolument incroyable pour lui alors qu’il peinait à réaliser qu’il avait cette chance. Il ne se lassa pas une seconde de les observer, même lorsqu’ils dormaient, ne les lâchant pas des yeux, profondément ému. Il ne pouvait s’empêcher de penser à sa première vie, à toutes les épreuves qu’il avait vécu, ressentant encore cette douleur qui l’avait étreint lorsqu’il avait renoncé à avoir sa propre famille un jour. Elle était là maintenant. Elle était là. Il avait un compagnon incroyable et il avait désormais ses deux adorables petits. Souvent par le passé, il s’était demandé si ça en valait vraiment la peine de souffrir ainsi, de lutter ainsi. Désormais, il savait que oui, ça en valait la peine. Il gronda de plaisir lorsque Smaug vint frotter sa tête à la sienne avec tendresse. Il se sentait ampli de force et de bonheur comme jamais et c’était une sensation formidable.



Plusieurs jours durant, Pyress et Amlake alternèrent entre de courts moments de jeux effrénés près de leurs parents et longs moments de sommeil entre les pattes de Nefrea. Un Nefrea qui se détendait doucement sur sa capacité à s’occuper de ses petits. Très vite, il avait pu se rendre compte que, comme Smaug l’avait expliqué, il sentait parfaitement comment ils allaient, ce dont ils avaient besoin. Il percevait leur excitation, leur énergie, leur joie pure lorsqu’ils jouaient. Il ressentait leur amour éclatant à son égard et envers Smaug. Lorsqu’ils fatiguaient, il le voyait sur le champs et jusque là, il n’avait pas eu de difficulté à trouver les bons gestes pour les aider.



Ce fut donc avec un peu plus de calme qu’il aborda ses premières heures seuls avec eux. Alors que leurs dragonneaux dormaient, Smaug s’était levé, jugeant qu’il était temps d’aller chercher le premier repas de leurs petits. Il s’en alla donc, assurant une dernière fois à son compagnon stressé qu’il s’en sortirait très bien et qu’il ne serait pas long. Le silence retomba dans leur nid une fois la porte magique refermée derrière le roi et Nefrea retourna son attention sur Pyress et Amlake dormant entre ses pattes. Il craignait tellement de ne pas être à la hauteur, de ne pas être un bon parent. Heureusement, pour le moment, tout se passait bien et son instinct, qu’il avait cru défaillant sur le sujet, s’avérait finalement bien éveillé. Il se détendit peu à peu dans le calme de sa maison, suivant les respirations longues et profondes de ses bébés. Et il ne put que s’attendrir une nouvelle fois profondément, plongeant dans ce bonheur cotonneux incroyablement bienfaiteur qu’il ressentait à leur contact.



Il resta là à les contempler longuement, profitant simplement. Lorsqu’ils se mirent à remuer à nouveau, se réveillant doucement, il approcha son nez, les câlinant avec douceur, recevant quelques roucoulement bienheureux en réponse. Tranquillement, les deux petits sortirent du sommeil, Amlake bondissant joyeusement pour entreprendre d’escalader son dos. Pyress avait décidé de rester tranquille, se prélassant contre lui. Il se mit alors à le câliner, ne pouvant s’en empêcher, fondant totalement en le voyant rouler sur le dos pour profiter du câlin en ronronnant presque. Tout en même temps, il gardait un œil sur Amlake qui continuait son escalade, dépliant un peu ses ailes pour le rattraper s’il glissait. Et il ne put s’empêcher de rire lorsque son petit parvint à gagner le haut de son dos, poussant un couinement qui se voulait rugissement, fier de lui. Nefrea imaginait tout à fait Smaug en faire de même ou se gonfler d’orgueil face à la réussite de leur petit. Il tourna la tête vers lui, lui donnant un petit câlin de félicitation.



Profitant de sa réussite, Amlake se promena sur son dos, se roulant dans sa crinière de mithril. Se faisant, il se retrouva à chuter le long de son flanc. L’ayant vu venir, Nefrea avait placé son aile pour le rattraper et ce fut en glissant sur elle comme sur un toboggan qu’il glissa dans l’or, secouant la tête pour reprendre ses esprits. Si tôt fait, il bondit sur ses pattes pour revenir en courant vers son frère, lui sautant dessus pour l’embarquer dans un jeu. Ce fut bien volontiers que Pyress se laissa tenter, sautant comme un ressort pour bondir sur frère et partir en roulade dans le trésor sous l’œil tendre de Nefrea. Il les regarda jouer un moment, tout deux regardant régulièrement vers lui pour s’assurer de ne pas être trop loin. Aucun des deux ne sembla perturbé par l’absence de Smaug et cela rassura l’istar. Là encore, Smaug avait expliqué qu’ils seraient bien plus inquiétés par son absence, celle du médian dont le rôle était de rester veiller sur eux, que par la sienne.



Ce fut peu après que Nefrea sentit que Smaug revenait, passant la grande porte enchantée de la Montagne. Il se leva alors tranquillement, appelant ses petits qui rappliquèrent sur le champs, l’amusant un peu. Il se mit doucement en route vers l’espace qu’il avait prévu pour les repas des petits. Il était hors de question de faire sortir Amlake et Pyress du nid mais ils n’avaient pas envie non plus d’avoir du sang partout et l’odeur de décomposition que cela amènerait. Contrairement à ce que beaucoup pensaient en Terre du Milieu, les dragons aimaient que leur nid soit propre. En prévision de cela, Nefrea avait donc libéré une large plateforme de pierre non loin de l’entrée. Ils pourraient y manger comme ils voulaient et il suffirait d’une pensée de Nefrea ou de Smaug lorsqu’ils auraient terminé pour que la magie nettoie l’endroit. Il conduisit donc ses bébés vers la plateforme, s’amusant de les voir se jeter dans les monts d’or pour en descendre, y nageant presque pour s’y déplacer et semblant très heureux de faire ainsi. Et lorsqu’ils se retrouvaient coincés, un peu trop enfoncés dans l’or ou ne parvenant pas à grimper un mont glissant sous leurs pas mal assurés, Nefrea venait les aider avec patience, les dragonneaux couinant de joie lorsqu’il les sortait de là. Une bouffée de joie pure, ses petits étaient une bouffée de joie pure pour l’istar qui ne cessait de ressentir des éclats de bonheur et d’amusement, de tendresse et d’amour, en regardant ses enfants.



Il leur fallut un moment pour atteindre la plateforme près de l’entrée du nid et quand la grande porte s’ouvrit, Pyress et Amlake se précipitèrent pour se cacher derrière les pattes de Nefrea, regardant avec hésitation en couinant d’inquiétude. Une inquiétude qui s’envola immédiatement lorsque Smaug apparut et que son odeur parvint à leur nez. Dés qu’ils le reconnurent, ils bondirent à nouveau vers lui joyeusement, sautillant entre eux. Smaug ramenait un sacrée butin avec lui, sa grande gueule pleine de plusieurs proies bien en chair. Il y en avait bien trop pour les petits mais cela ne surpris pas Nefrea. La porte enchantée se referma derrière le roi qui vint déposer son butin sur la plateforme de pierre. Ce fut avec curiosité que les deux petits vinrent renifler les gros cervidés, regardant Smaug venir les entailler de ses griffes, perçant la peau dure pour eux avant de les pousser d’un petit coup de nez. Il n’en fallut pas plus pour qu’ils comprennent ce qu’ils devaient faire, l’instinct aidant et ce fut à pleines dents qu’ils commencèrent leur premier repas.



Smaug rejoignit son compagnon, s’installant auprès de lui pour regarder leurs petits manger avec appétit. Smaug lui demanda comment cela s’était passé en son absence et ce fut avec tendresse et fierté que Nefrea raconta les petits exploits de leur deux petites terreurs. Lorsqu’ils eurent terminés, revenant vers eux en baillant, Smaug poussa l’istar à manger à son tour expliquant qu’il avait lui même mangé et qu’il avait ramené tout ce qu’il pouvait en plus pour lui. Le remerciant d’un effleurement de museau, Nefrea ne se fit pas pier pour manger, la magie se chargeant d’effacer les dernières traces du repas lorsqu’il eut terminé. Repus, Pyress et Amlake semblaient maintenant partis pour dormir à nouveau, se laissant conduire par leurs parents dans un endroit plus confortable, s’endormant comme des masses une fois blottis contre la poitrine de Nefrea, entre ses pattes. Smaug s’enroula autour de lui comme à l’habitude et ils passèrent un moment de tendresse à discuter doucement de leurs petits, le roi assurant qu’ils n’auraient plus besoin de manger avant un moment, se nourrissant également de magie naturelle en bien plus grande quantité que les adultes à cet âge, la Terre elle même concourant à leur croissance.



Dans les jours suivant, ce train train entre sommeil et séances de jeux s’installa, les deux parents les regardant évoluer très vite dans la maîtrise de leurs corps. La seule chose qui prendrait un peu de temps serait leurs ailes qui devaient terminer de se développer, de se solidifier et de se déplier avant de permettre de débuter l’apprentissage du vol. Et ces jours permirent à Nefrea de se tranquilliser sur ses capacités parentales. Les choses se passaient naturellement, tout en douceur, instinctivement et il s’apaisait, rassuré. Smaug le laissait faire lorsqu’il ne lui demandait pas son aide et au final, il put se rendre compte par lui même que les choses lui venaient instinctivement.



C’était avec une très grande attention que le couple suivait l’évolution de ses petits, prêtant attention au moindre détail pour repérer d’éventuelles différences. S’ils avaient tout de dragonneaux ordinaires, Pyress et Amlake, comme leurs parents, étaient des dragnir et il y avait certainement des différences qu’ils n’avaient pas encore découvert. Leur plus grande question était de savoir si leur transformation en humanoïde se ferait ? Quand ? Comment ? Ils se demandaient s’il faudrait leur apprendre, si cela serait spontané. C’était une chose qu’ils avaient décidé de commencer à tester ce jour là. Ils s’étaient demandés comment essayer de savoir et ils avaient décidé de commencer par le plus simple et par le plus évident : leur montrer. Les petits apprenaient énormément par imitation et il n’était pas exclu que cela fonctionne pour cette transformation, les deux dragnirs déjà existants très sensibles à la magie. Leurs enfants le seraient certainement aussi et pourraient peut-être percevoir comment faire tout simplement.



Nefrea fut le premier à se transformer devant ses petits qui sursautèrent, surpris. Soudain, l’istar se retrouvait bien plus petit, les nouveaux nés plus grands que lui dans cette forme. Il sourit largement à ce constat, amusé. Pyress et Amlake s’approchèrent bien vite et semblèrent comprendre immédiatement qui il était. La surprise passée, ils gardaient exactement le même comportement avec Nefrea, venant près de lui chercher des câlins, couinant un peu l’air désappointés par les cajoleries bien plus légères qu’il leur donnait dans cette apparence. Rapidement, ils semblèrent un peu mal à l’aise, voulant s’installer contre lui sans pouvoir le faire avec la différence de taille, émettant de petits geignements plaintifs en tournant autour de lui. Smaug attira leur attention sur lui d’un grondement, se transformant à son tour lorsqu’il capta leurs regards, venant se planter près de son compagnon. Une fois encore, tout deux comprirent qu’ils avaient bien leur second parent devant eux, plus mal à l’aise encore de ne pas pouvoir faire comme à leur habitude pour jouer avec eux et s’installer contre eux. Nefrea et Smaug restèrent pourtant dans cette apparence, l’istar ne résistant que peu de temps, s’agitant à son tour sous l’impression de malaise de ses petits, sous leurs geignements perdus et plaintifs.



- Laisse leur encore un peu de temps drakian, tempéra Smaug en l’entourant d’un bras et en déposant un baiser sur sa tempe. Comme pour tenir debout, il faut leur laisser le temps de comprendre.



- Mais ils ne sont pas bien, se plaignit-il le cœur en miette face à la difficulté de ses bébés.



- Encore un peu. Il faudra bien qu’ils apprennent à affronter quelques difficultés et ils sont juste mécontent pour l’instant. Il faudra tenir face à ce genre de petits caprices ou ils t’en feront voir de toutes les couleurs plus tard, s’amusa-t-il.



Nefrea approuva, trépignant pourtant. Pyress et Amlake leur tournèrent autour, venant les renifler et les effleurer, gémissant plaintivement. Nefrea allait craquer et se retransformer quand Amlake vint se coller contre sa poitrine, changeant soudain, rapetissant. Un instant plus tard, Nefrea avait un petit bébé humanoïde dans les bras, émerveillé. Comme lui, et comme ses écailles le suggéraient, Amlake avait la peau noire d’encre, saupoudrée d’or clair comme l’étaient ses cheveux et ses yeux grands ouverts. Pyress parût avoir un éclair de génie après avoir vu son frère faire et il se jeta presque sur Smaug, changeant à son tour pour laisser place à un petit aux cheveux et à la peau d’ambre couverte d’une poudre noire scintillante comme l’étaient ses yeux et ses cheveux. Nefrea sourit très largement, les trouvant absolument magnifiques, venant faire face à Smaug pour les enfermer entre eux. Sans hésiter, il plongea sur eux pour les couvrir de baisers et de cajoleries, extrêmement fier d’eux. Tout deux firent connaître leur plaisir par de petits gazouillement heureux, irradiant de plaisir de pouvoir enfin avoir leur câlin.



Après un moment à les féliciter de multiples façons, Smaug et Nefrea s’assirent l’un contre l’autre, l’istar faisant apparaître deux chaudes étoffes pour les enrouler dedans, tout deux nus comme des vers pour l’instant. Plus libre d’utiliser sa magie dans cette forme, l’istar se mit à les scruter soigneusement de son pouvoir, tentant de trouver les différences s’il y en avait. La première était que, comme Smaug, l’hermaphrodisme des dragons s’étaient ajoutés cette apparence humanoïde, leur donnant les deux sexes avec tout les organes reproducteurs internes à leur corps. Il fut émerveillé de leur trouver une magie vive et pétillante bien que jeune. Il était d’ailleurs évident qu’ils la sentaient, gazouillant et s’exclamant plus fort avec joie en sentant la magie de Nefrea sur eux. Comme leurs parents, ils avaient les oreilles pointues et mobiles, les crocs. Leurs dents et leurs ongles prenaient les mêmes couleurs que leurs yeux, comme les incrustations sur leurs fronts et entre leurs clavicules. Il semblait d’ailleurs que ces incrustations allaient être distinctives. Celle de Smaug avaient déjà été différentes en forme de celle de Nefrea et Pyress et Amlake avaient également leurs différences sur ce point. Sinon, ils étaient tout à fait comme leurs parents et Nefrea fut très heureux de les sentir en pleine santé.



Ils les gardèrent un peu ainsi, les cajolant, les deux parents ne pouvant s’empêcher de sentir les cheveux de leurs bébés, se gorgeant de leur odeur avec plaisir. Ils jouèrent avec eux, les choses beaucoup plus limités dans cette apparence. Ce fut pour cela que Nefrea commença par penser qu’ils étaient frustrés lorsqu’ils se mirent à râler un peu. Pourtant, ce fut bel et bien une sensation de faim naissante qui chatouilla leurs instincts.



- Que mangent les bébés humanoïdes à cet âge ? demanda Smaug. Le lait des femelles non ?



- Oui mais ni toi ni moi ne pouvons leur donner cela, s’amusa l’istar. La faim est venue avec la transformation, remarqua-t-il sérieusement. Soit elle leur demande plus d’énergie qu’on ne le pense, soit, comme moi, ils vont avoir besoin de plus. Ce serait logique puisqu’ils ont aussi la même magie que moi et que c’est elle qui me donne ce besoin.



- Que pourrait-on leur donner ? Je crois savoir que les petits d’humains ou d’elfe ne peuvent pas manger grand chose à cet âge.



- Oui. Je vais regarder avec ma magie.



Concentré, il se remit à utiliser son pouvoir pour tenter de déterminer les besoins alimentaires de leurs bébés, peu sûr de lui dans cet exercice qu’il n’avait jamais fait.



- Si je ne me trompe pas, ils sont comme des bébés humains. Je sais ce qu’on va faire.



D’un geste de la main, il fit apparaître quelques verres présents sans la Montagne, les métamorphosant en biberons dotés de tétines.



- Que sont ces choses ? demanda Smaug.



- Des biberons. Cette partie imite une tétine naturelle pour nous permettre de les nourrir, dit-il en le faisant approuver.



Se concentrant, Nefrea les emplie d’eau claire avant d’y infiltrer son pouvoir avec puissance. Il ne savait pas trop ce qui conviendrait. Aussi, il s’en remit à sa magie en laquelle il avait toute confiance, se focalisant sur son envie de créer ce dont ses bébés avaient besoin pour se nourrir. Un instant plus tard, l’eau virait à un blanc opaque, nacré et brillant, ne ressemblant à rien qu’ils connaissaient. Nefrea analysa le liquide obtenu, voulant être sûr et il s’avéra qu’il avait là une sorte de lait très nutritif et riche en magie qui correspondait à ce qu’il avait déduis des besoins de ses enfants. Ils commencèrent donc à leur donner, tâtonnant un peu pour trouver la bonne manière de faire. Immédiatement, Pyress et Amlake avaient cessé de râler, le réflexe de téter naturel se mettant en place et cela sembla leur plaire puisqu’ils se mirent à téter gaiement, s’apaisant totalement. Encore un peu inquiet, Nefrea s’assura de sa magie que tout allait bien. Ce fut le cas, leurs instincts aussi approbateurs.



- Finalement, tu peux quand même leur donner ce qu’il leur faut, sourit Smaug. Et j’imagine que plus tard, avec leur magie, ils pourront faire de même pour leurs propres dragonneaux.



- Certainement. J’imagine que la magie va combler les petits manques physiques que notre nature double provoque. Au moins nous pouvons leur donner ce dont-ils ont besoin.



Heureux, Nefrea se cala contre son compagnon, posant sa tête sur son épaule, savourant ce moment. Lorsqu’ils eurent terminés et après des rots retentissant qui amusèrent Nefrea, les deux frères dérivèrent vers le sommeil, blottit dans leurs bras. Smaug poussa son compagnon à manger et à boire à son tour, sachant qu’il en avait besoin et l’istar s’exécuta. Cela fait, ils se relevèrent pour rejoindre doucement l’espace de leur nid qu’ils avaient aménagé pour être bien dans cette forme. Cela se matérialisait surtout sous la forme d’une sorte de vaste lit au sol. Moelleux, pleins de coussins et d’étoffes douces et chaudes, il leur permettait d’être bien et ils s’y allongèrent, leurs bébés entre eux. Ce fut avec joie que Nefrea accueillit les baisers de son compagnon, comme ses caresses, passant un énième moment de bonheur pur, la chose semblant se faire constante depuis la naissance de ses merveilles. Et il était loin de s’en plaindre, bien au contraire.



Au final, Pyress et Amlake assimilèrent leur transformation en humanoïde comme ils avaient appris à marcher. Sachant que les deux apparences faisaient parties d’eux et qu’ils devraient passer du temps dans les deux, Smaug et Nefrea avaient pris la décision de les inciter à passer de l’un à l’autre régulièrement, voulant qu’ils puissent se sentir bien dans les deux corps, apprendre à maîtriser les deux corps et leurs particularités. Très rapidement, ils passaient facilement de l’un à l’autre suivant leurs parents lorsqu’ils se transformaient eux même. Pour l’instant, ils n’en prenaient pas l’initiative eux même, prenant simplement la forme que le couple avait, changeant avec eux.



Dans les temps qui suivirent, leur vie tourna uniquement autour de leur petite famille. La Montagne était bouclée, personne n’entrant chez eux. Dehors, les autres dragons avaient deviné par eux même ce qu’il se passait, sachant quand Nefrea s’était rendu compte qu’ils allaient avoir des petits et connaissant le temps jusqu’à la naissance, ils savaient que leur couple royal était assurément occupé par ses enfants. Aussi, aucun d’eux n’approchait leur demeure, sachant que des parents de nouveaux nés détestaient qu’on s’approche de leur nid en de telles circonstances. La seule partie de la Montagne qu’ils continuaient à occuper étaient les vastes salles profondément enterrées sous elles, le Berceau, la couveuse, et la nursery. Ils s’occupaient des dragonneaux que leur Mère la Terre leur offrait, ravis. Mais aucun n’approchait les portes enchantées donnant sur la demeure du roi et de sa famille. Ils avaient prouvé qu’ils avaient deviné en félicitant le roi lorsqu’il était sorti chasser. La seule chose qui attirait l’attention du couple en dehors de leurs bébés, étaient Skarniss et les nouveaux œufs, Nefrea projetant de temps en temps sa magie vers eux pour s’assurer qu’ils allaient bien.



Malgré tout, seul Smaug sortait du nid, Nefrea n’envisageant pas un instant de le faire et de faire sortir Pyress et Amlake. Seulement, l’istar fut finalement forcé de mettre le nez dehors, ayant besoin de lumière astrale. Il tergiversa sur la question plusieurs nuits, ne parvenant pas à se décider à quitter ses trésors. Mais il finit par céder, convaincu par son compagnon et son besoin de plus en plus intense de cette énergie. Toute l’activité qu’ils avaient depuis l’éclosion n’y était pas pour rien. Ce fut un véritable crève cœur terrifiant pour lui de les laisser, même en sachant que Smaug ne les quitterait pas des yeux. Il profita de leur sommeil pour y aller, agité, tendu, et très anxieux. Il n’était pas du tout naturel pour un médian de quitter ses nouveaux nés ainsi même pour quelques heures. Ajouté à cela ses angoisses pour eux, son instinct protecteur et sa sortie à la pleine lune fut loin d’être aussi plaisante qu’à l’habitude. Cela semblant durer des siècles à ses yeux alors qu’il tournait en rond sur le promontoire de la lune. Il s’efforça de faire au plus vite pour absorber rapidement un maximum de magie astrale.



Ce temps il le passa à s’inquiéter pour ses petits qui lui manquaient atrocement. C’était comme si on lui avait arraché une part de lui et ce n’était clairement pas une sensation enviable. Aussi, dés que le soleil pointa et qu’il termina, il se précipita littéralement vers son nid, y transplanant directement avant de reprendre sa forme dragon. Et il bondit plus vivement en entendant ses petits pleurer et gémir de détresse. Soudain affolé à l’idée qu’il ait pu leur arriver quelque chose, il fusa, déboulant dans une gerbe d’or. Il retrouva rapidement Smaug contre qui Pyress et Amlake s’étaient collés, geignant sans arrêt. Dés qu’ils le virent, ils fusèrent vers lui et il les rejoignit d’un dernier bond, s’enroulant autour d’eux, les ramenant contre lui, venant coller sa tête contre eux. Il se mit à leur parler doucement sans discontinuer, les cajolant, tentant de les apaiser autant qu’il tentait de se calmer lui même. Il leur fallut à tous un moment pour se tranquilliser, Nefrea remarquant après coup que Smaug était venu s’enrouler autour de lui à son tour, émettant un bas grondement vibrant.



- Que s’est-il passé ? fini par demander l’istar sans lâcher des yeux ses petits bouleversés.



- Il n’est pas normal pour eux à cet âge de ne pas te trouver près d’eux, répondit doucement le roi. Instinctivement, cela les inquiète beaucoup. Ils ont dormis la moitié de la nuit et ont réussi à s’occuper et à jouer un peu en se réveillant mais en réalisant que tu n’étais pas là, ils ont commencé à s’agiter. Cela ne fait que quelques minutes qu’ils en sont vraiment mal à l’aise.



Immédiatement, Nefrea se sentit coupable de les avoir mis dans cet état, les câlinant. Smaug tenta de le rassurer, faisant remarquer qu’il devait aussi prendre soin de lui et que cela n’était pas si dramatique, que cela ne serait pas nécessaire trop souvent et que cela aiderait à leur indépendance. S’il savait que son compagnon avait raison, il ne put s’empêcher de s’en vouloir, gardant ses amours serrés contre lui un long moment, même lorsqu’ils s’endormirent. Il eut lui même besoin des cajoleries de Smaug pour vraiment se calmer et trouver son sommeil.



Pyress et Amlake oublièrent bien vite cet épisode, de nouveau plein d’énergie et de joie en se réveillant. Leur vie de jeux, de câlins, et de sommeil les accapara totalement pour leur plus grand plaisir, Smaug et Nefrea ne se lassant pas de s’occuper de leur deux terreurs réclamant constamment leur attention. Rapidement Nefrea avait fait apparaître des vif d’or lumineux pour eux, les dragonneaux passant des heures à leur courir après pour les attraper, donnant lieu aux cascades les plus improbables dans les montagnes d’or. L’istar usait souvent de sa magie autour d’eux, voulant les familiariser avec elle et il fut outrageusement fier, ravi et émerveillé lorsqu’il y eut les premiers accidents de magie infantile autour d’eux. Cela se produisait lorsqu’ils étaient dans leur forme humanoïde, créant des jeux de lumières, faisant léviter des pièces et des joyaux… Smaug aussi en fut particulièrement fier mais il le fut encore plus quand tout deux crachèrent leur premières flammes volontaires. Il y en avait déjà eu entre éternuement et hoquet mais leur première fois volontaire avait pris un peu plus de temps. Comme Nefrea avait une flamme de mithril, Pyress en avait une noire et Amlake une couleur d’or clair. À dire vrai, ce ne furent que de toutes petites flammèches mais cela ne les empêcha pas de fêter cela dignement, tout deux ne tarissant pas d’éloges sur leurs petits, convaincus qu’ils étaient les meilleurs même si Nefrea s’avouait parfois qu’ils exagéraient certainement. Mais il s’en fichait, ses deux petites merveilles le méritant parfaitement à ses yeux.



Ne manquant pas d’imagination pour eux, Nefrea avait créé des jouets, aussi bien pour leur forme humanoïde que pour celle de dragon. Pyress et Amlake accueillaient très positivement tout ce qu’il leur proposait. Il y eut des jeux mais aussi des histoires, de la musique… l’istar tentant tout ce qui avait l’air amusant et éducatif pour eux, voulant les éveiller et les amuser, les voir heureux à chaque instant. Smaug s’en amusait, remarquant qu’aucun dragonneau avant eux n’avait était choyé de la sorte. Mais cela lui plaisait et il avait commencé à avoir ses propres idées, suggérant des jeux inspirés de la chasse et d’autres choses qu’il leur faudrait apprendre. Autant dire qu’ils ne manquaient pas d’occupations, tout cela baignant la montagne d’une aura joyeuse et heureuse qu’ils savouraient.



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