La prophétie des deux coeurs atlantes

Chapitre 2 : L'écho d'un cri

Chapitre final

3093 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 27/03/2026 21:54

CHAPITRE 2 


L’écho d’un cri



La tour de Gryffondor se situe au septième étage du château. Pour y accéder, les élèves doivent passer le portrait d’une Grosse Dame en robe de soie rose et au caractère fort capricieux. Eliza éclate de rire en entendant sa voix de soprano discordante.

— J’en peux plus! Elle va finir par me rendre sourd, se plaint Ron en se bouchant les oreilles.


— Rassure-toi. Elle me semble pas mal plus douce que le général qui gardait notre maison, à Ilvermony, affirme Eliza. Il nous criait dessus sans arrêt et, parait-il, que de son vivant, il a tué des gens dans des conditions atroces.


En franchissant le portrait de la Grosse Dame, Eliza découvre une salle commune chaleureuse, décorée dans les tons rouge et or. La pièce est meublée de tables et de fauteuils moelleux confortables. Un feu pétillant brûle dans la grande cheminée en pierre. Enfin, Eliza remarque des panneaux d’affichage annonçant la direction des dortoirs. À gauche, ceux des garçons. À droite, ceux des filles. Eliza salue Ron et Ginny, puis suit Lavande et Parvati qui la guident jusqu’à leur chambre.


— Oh wow! s’exclame Eliza en entrant dans la pièce.


Toujours dans les tons de rouge et or, le dortoir est meublé de lits à baldaquin drapés de velours. Deux hautes fenêtres étroites offrent une vue magnifique sur le lac, brillant comme un miroir avec le reflet de la lune.


— C’est splendide! affirme Eliza, émerveillée. 


Elle se tourne vers ses amies qui la regardent fièrement. 


— Heureuse que ça te plaise, énonce Parvati. 


— Poudlard est comme une seconde maison. On s’y sent vraiment bien, renchérit Lavande.


Soudain, un miaulement aigu et expressif attire l’attention des trois adolescentes. Roxy saute sur le lit à côté duquel les bagages de sa maîtresse ont été déposés. 


— Quel beau chat! complimente Parvati.


— Elle s’appelle Roxy, précise Eliza, en s’approchant pour la caresser. 


La chatte, visiblement heureuse d’avoir enfin une présence humaine, se met à ronronner très fort.


— Elle n’est pas seulement belle, elle est adorable, affirme Lavande d’une voix douce. 


Elle présente sa main et Roxy baisse la tête pour réclamer une caresse.


— Hermione a aussi un chat, informe Parvati. Mais il n’est pas dans la pièce.


Au même moment, la concernée entre. Hermione se dirige vers son lit, qui se trouve en face de celui d’Eliza. Elle soupire de découragement.


— Il y a deux garçons Gryffondor de première année assez malcommodes. Je sens qu’ils vont m’en faire voir de toutes les couleurs, confie-t-elle.


— Ils ne sont pas méchants, j’espère, s’inquiète Eliza.


— Je ne sais pas. Ils passaient leur temps à rire, quand je parlais, précise Hermione en haussant les épaules.


Elle regarde ses amies sérieusement, puis ajoute :


— Il se fait tard. Vous devriez vous mettre au lit.


— Bonne idée. J’ai sommeil, énonce Lavande en bâillant.


Comme Hermione, Lavande et Parvati, Eliza enfile sa tenue de nuit, puis se glisse sous la couette. Roxy se couche en boule près de ses pieds. Elle s’endort immédiatement en ronronnant de plaisir. 


De son côté, Eliza ferme les yeux. Elle se visualise assise sur un gros rocher, au bord d’une falaise qu’elle connaît bien. Elle regarde vers l’horizon à droite. Le lac Peyto, avec son eau turquoise, brille sous le soleil. Tout autour, les Rocheuses se dressent vers le ciel, offrant un spectacle d’une beauté à couper le souffle. Les oiseaux chantent doucement. La chaleur des rayons du soleil et le calme de la nature emportent Eliza dans un sommeil profond et paisible.


Soudain, le noir absolu tombe autour d’Eliza, l’empêchant de savoir si elle est enfermée à l’intérieur de quelque chose ou si elle est dans le vide. Une terreur insurmontable l’assaille, puis elle entend une jeune voix masculine crier.


L’adolescente se redresse dans son lit, désorientée et affolée. Elle prend une profonde respiration pour se calmer. Elle tente de chasser cette voix en détresse qui résonne encore clairement dans son esprit. 


— Qu’est-ce qui se passe? demande Hermione, inquiète. 


Eliza la regarde et voit qu’elle est également assise dans son lit. De leur côté, Lavande et Parvati, sont encore enroulées dans leurs couvertures. Mais elles écoutent attentivement.


— J’ai entendu un garçon crier « Au secours! », répond Eliza, la voix tremblante. C’était si réel… mais j’ignore d’où ça venait. Tout était noir autour de moi.

Lavande hausse les sourcils, intriguée. 


— C’est bizarre, non? lâche-t-elle. Tu es sûre que c’était juste un rêve?

 

Eliza hésite, puis révèle avoir déjà vécu des expériences étranges, lorsqu’elle était à Ilvermony. Elle explique qu’elle voyait des choses et entendait des paroles accompagnées de sensations qui semblaient dépasser le simple rêve.

 

— C’est comme si j’apprenais des choses que je ne devais pas savoir, ou que je pouvais sentir les émotions des gens, conclut Eliza, mal à l’aise. 

Hermione fronce les sourcils. 


— Tu es peut-être legilimens, suggère-t-elle.


— Moi, avoir cette capacité! s’étonne Eliza. Comment pourrais-je faire ça sans le vouloir, surtout en dormant? 


— Tu as sûrement ce don, rassure Hermione. Tu devrais en parler au professeure McGonagall. Je suis certaine qu’elle t’aidera.


Eliza acquiesce, bien que l’idée d’avoir ce genre de capacité l’effraie. Elle se lève et se prépare pour sa première journée de cours. Avant de descendre déjeuner dans la grande salle, elle se rend au bureau de McGonagall, en suivant les indications d’Hermione. 


L’adolescente frappe timidement à la porte du bureau. La voix autoritaire de McGonagall l’invite à entrer.


— Bon matin, mademoiselle Miller, l’accueille l’enseignante de métamorphose. Que puis-je faire pour vous?


— Bonjour, professeure. J’aurais besoin de vos conseils, répond Eliza.


L’élève commence par raconter son rêve, puis relate ses autres expériences antérieures. La professeure McGonagall, avec ses lunettes perchées sur le nez, l’écoute sérieusement. Enfin, elle acquiesce. 


— Il est fort possible, en effet, que vous ayez un don latent, affirme McGonagall. Et nous devrons l’explorer davantage. 

L’enseignante se lève pour prendre un document dans l’armoire se trouvant derrière sa table de travail. Elle le remet à Eliza.


— Ceci vous aidera à comprendre votre capacité, mais vous apprendrez également à la contrôler, explique McGonagall. 


— Merci beaucoup, professeure, énonce Eliza, soulagée.


— Quant à la voix que vous avez entendue, reprend McGonagall sérieusement. Si vous remarquez qu’un élève est en danger, prévenez immédiatement un professeur ou le directeur.


Quelques minutes plus tard, dans la grande salle, Lavande et Parvati imaginent un scénario incroyable dans lequel Eliza sauve la vie d’un beau jeune homme, âgé peut-être de seize ou dix-sept ans. À la fin, l’héroïne et le prince tombent amoureux.


— Je ne crois pas trop à ce genre d’histoire romantique, répond Eliza en soupirant.


Ne voulant pas se confier sur ses dernières mésaventures, elle baisse les yeux sur son déjeuner.


— On sait jamais! Tu es très jolie, tu sais, réplique Lavande, amusée.


— C’est vrai! Ma sœur Padma m’a dit, avant que tu arrives, que beaucoup de garçons parlent de toi, ajoute de même Parvati.


— Laissez-la tranquille, intervient Hermione sur un ton de reproche. Eliza doit d’abord se concentrer sur ses études et écouter la professeure McGonagall.


***


Le local de potions, une vaste pièce sombre logée dans les cachots, se situe non loin de la salle commune des Serpentard. Une odeur singulière, tissée d’ingrédients divers, imprègne l’air ambiant. Quatre grandes tables de huit places, attribuées aux élèves, encadrent le bureau surélevé du professeur. Des chaudrons et de l’équipement servant à la fabrication des mixtures reposent également sur ces tables.

Eliza pénètre dans la salle en compagnie d’Hermione, de Lavande et de Parvati. Les quatre adolescentes discutent joyeusement de leurs attentes pour ce nouveau cours de potions. Hermione, qui a déjà lu l’intégralité du manuel de sixième année, affirme que les défis à venir seront bien plus ardus que ceux rencontrés lors des cinq années précédentes.

Déjà installé à une table avec Dean et Neville, Seamus fait un signe de la main aux filles de les rejoindre. Eliza s’avance en souriant. Être entourée d’amis pour assister à ses premiers cours la met immédiatement à l’aise. Au moment de s’assoir, elle regarde à droite. Malefoy, installé à la table voisine, feuillette distraitement son manuel de potions. 

Eliza note avec inquiétude qu’il parait encore plus pâle que la veille. Ses traits tirés trahissent une fatigue intense, comme lorsqu’on ne dort pas de la nuit. « Qu’est-ce qui peut bien le préoccuper? » pense-t-elle.

Malefoy, se sentant observé, jette un regard furtif à Eliza, puis se replonge dans son livre. Ses amis, Crabbe, Goyle et Parkinson l’entourent, accompagnés de trois autres garçons et d’une fille Serpentard. Ces derniers discutent et rient bruyamment de blagues qu’ils semblent les seuls à comprendre.

Le professeur Horace Slughorn entre dans le local en poussant un chariot noir rempli de potions. Il est petit et de corpulence massive. À droite, Eliza entend même Parkinson ricaner de sa voix suraigüe, le traitant de « grosse baleine dégoûtante ». L’enseignant a le crâne chauve et luisant, des yeux pâles, ronds et proéminents, ainsi qu’une imposante moustache grise en forme de morse. Enfin, il arbore des vêtements somptueux, noirs, décorés de boutons dorés.

— Bonjour, mes très chers élèves! lance Slughorn joyeusement.

Les étudiants se taisent pour l’écouter. Soudain, Ron et Harry font irruption dans la pièce, essoufflés. Harry vient s’assoir à la droite d’Eliza. Quant à Ron, il prend la place de Neville, à la gauche de Lavande, tandis que ce dernier rejoint à une autre table occupée par des camarades Gryffondor. 

– Bien, bien. Vous êtes au complet, reprend Slughorn en se frottant les mains. J’imagine que le professeur Rogue vous a dit que j’étais impatient de faire votre connaissance?

Un murmure moqueur provenant toujours de la table de Malefoy affirme que Rogue n’a jamais dit une chose pareille. Slughorn regarde dans cette direction, mais poursuit comme si rien n’était.

— Peu importe! lance le professeur. Je vous observe depuis des années. Je décèle des talents prometteurs chez certains d’entre vous.

Il se tourne vers son chariot et dépose sur sa table cinq flacons remplis de potions. 

— Maintenant, venez tous près de moi, je vous prie, énonce Slughorn, accompagnant ses mots de gestes amples des mains.

Tandis que les trente-deux étudiants se précipitent vers lui avec excitation, Eliza et Hermione se glissent au premier rang. Slughorn marque une pause avant de reprendre la parole. Eliza en profite alors pour jeter un coup d’œil par-dessus son épaule. Elle aperçoit Malefoy sur sa droite. Ce dernier se tient en retrait, juste derrière le groupe, visiblement peu attentif à la présentation du professeur.

Slughorn commence d’abord par parler de la Potion de Mémoire Éphémère, en montrant aux élèves une petite bouteille contenant un liquide mauve gélatineux. Il explique que cette potion permet d’effacer temporairement des souvenirs spécifiques. Plus précisément, elle fait vivre des expériences sans être influencé par des souvenirs indésirables. Bien que non dangereuse, elle nécessite un savoir-faire et une précision minutieuse dans sa préparation.

Le Polynectar, pour la transformation humaine, est déjà bien connu des élèves de sixième année. De même que le Véritaserum qui fait dire la vérité à la personne qui le boit. 

Slughorn enchaîne ensuite avec l’Amortentia, considéré comme le philtre d’amour le plus puissant du monde. Cependant, il met immédiatement en garde certaines filles de la classe sur la dangerosité de ce mélange, soulignant qu’il provoque une obsession puissante plutôt que l’amour véritable. 

Enfin, l’enseignant prend délicatement la cinquième fiole. À l’intérieur, un liquide de couleur or fondu semble danser. 

— Voici le Felix Felicis, énonce Slughorn. Cette mixture donne douze heures de chance ininterrompue à la personne qui la consomme. 

Il marque une pause pour observer l’effet de ses mots. Les yeux de plusieurs élèves fixent la bouteille avec des étincelles de convoitise. Ravi de leur réaction, Slughorn annonce :

— Je décernerai ce prix à celui ou celle d’entre vous qui préparera la meilleure potion de Mémoire Éphémère. 

Les mots de Slughorn agissent comme un coup de fouet. Excités, les élèves regagnent leurs tables de travail, faisant bruire les pages de leurs manuels de potions jusqu’à la recette du défi demandé. 

À côté d’Eliza, Harry tourne les pages avec une fébrilité déconcertante, sans même consulter la table des matières. Eliza le regarde alors et s’aperçoit que son livre est bien différent des manuels de la classe.

— C’est quoi ce livre? interroge-t-elle en fronçant les sourcils.

Harry lui montre la couverture usée, sur laquelle il est inscrit d’une fine écriture : « Prince de Sang-Mêlé ». Il explique, à voix basse, que c’était le dernier manuel usagé de potions de sixième année qu’il avait trouvé dans une armoire poussiéreuse du bureau de Dumbledore.

Intriguée et méfiante, Eliza lui demande si elle peut y jeter un œil. Harry le lui tend. En examinant attentivement le contenu, le doute la saisit. Ses sourcils se froncent davantage.

— Ce n’est pas un manuel scolaire, énonce Eliza sérieusement, mais un carnet de notes qui a appartenu à un élève.

Elle montre, sur une page, une incantation étrange griffonnée à la main : le « Septusempra ». Son doigt glisse ensuite sous la mention glaçante : « Pour mes ennemis ». Elle referme le livre d’un coup sec, puis pose sur Harry un regard chargé d’inquiétude.

— Je n’aime pas du tout ce Prince de Sang-Mêlé, déclara Eliza. Je crains qu’il ait pratiqué la magie noire et que Dumbledore ait dû lui confisquer son carnet.

— Oui, mais je pourrais au moins m’en servir pour faire la Potion de Mémoire Éphémère, répond Harry, son hésitation étant palpable. 

— Je te conseille fortement de ramener ce carnet à Dumbledore, aujourd’hui, et de te procurer un manuel de potions réglementaire, réplique-t-elle d’une voix tranchante.

Tandis que Harry hoche la tête, Eliza balaie du regard ses autres camarades de table. Elle s’aperçoit que Hermione avait manifestement écouté leur conversation. Son visage affiche une expression d’inquiétude manifeste. L’atmosphère, tantôt euphorique, venait de prendre une tournure plus sombre.

Le professeur Slughorn, avec son air jovial, circule autour des tables, en offrant ses conseils et ses encouragements. Eliza apprécie beaucoup son style d’approche positive. Cela l’encourage à se donner à fond dans son travail. Alors que plusieurs de ses camarades de table soupirent de découragement, après avoir commis une erreur, Eliza voit avec fierté sa potion prendre forme à la perfection. Mais soudain, son chaudron se fissure dans un bruit sec et intense, répandant son contenu visqueux sur la table. 

— Oh non! Mais que se passe-t-il? s’écrit Eliza, paniquée.

Ses camarades de table regardent la scène, horrifiés, se demandant ce qui venait de se passer. Alerté par le tumulte, Slughorn accourt auprès d’Eliza.

— Ne vous inquiétez pas, mademoiselle Miller. Je vais vous arranger ça en deux coups de baguette, affirme le professeur d’un ton calme. 

Au grand soulagement d’Eliza, son chaudron est restauré, ainsi que sa potion.

— Merci beaucoup, professeur! lâche-t-elle dans un soupir. Je ne comprends vraiment pas ce qui a fait craquer mon chaudron. C’est bizarre.

Slughorn se tient le menton, visiblement saisi par le doute. Alors qu’il ouvre la bouche pour répondre, Malefoy s’écrit avec indignation :

— C’est toi qui as fait ça, n’est-ce pas?

Tout le monde tourne les yeux vers lui. Malefoy fixe Parkinson furieusement. Cette dernière feint l’innocence, puis éclate de rire. 

— Oh, Drago, tu es si naïf! se moque Parkinson. Tu devrais vraiment apprendre à ne pas te mêler des affaires des autres. 

Crabbe et Goyle, ainsi que les autres Serpentard de la classe, se mettent également à rire. Ils en rajoutent même une couche en traitant Malefoy de lâche et de raté. L’humiliation est profonde pour Malefoy qui se lève brusquement. Son tabouret tombe à la renverse. Il quitte la salle en laissant derrière lui un silence perplexe.

Pendant que Slughorn tente de rétablir l’ordre et interroge les Serpentard à la table que Malefoy occupait, Eliza est encore sous le choc. Elle se penche vers Harry.

— La façon dont les Serpentard ont traité Malefoy, ça en dit long sur leur amitié, non? murmure Eliza.

Harry hausse les épaules.

— Je ne suis pas étonné que cela arrive, déclare-t-il. Malefoy a lui-même l’habitude de rabaisser tout le monde avec ses airs d’arrogance et de supériorité.


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