Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé

Chapitre 108 : La Maison d’Aldercrest

1128 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 05/05/2026 19:35

Sébastien avait toujours été loyal envers la Rose Noire, une loyauté qui n’était pas née d’une admiration naïve ou d’un endoctrinement progressif mais d’une conviction profonde, presque instinctive, qu’elle représentait la seule force digne d’être servie, la seule capable de remodeler le monde selon une vision qu’il jugeait supérieure, et il savait depuis longtemps que sa place n’était pas dans la lumière mais dans l’ombre, là où les décisions se prennent, là où les vérités se tordent, là où les destins se brisent. Il n’était pas venu à Poudlard par plaisir, ni par ambition personnelle, ni pour se rapprocher de qui que ce soit : il était là parce que c’était l’ordre qu’il avait reçu, un ordre qu’il avait accepté sans discuter, comme il avait toujours accepté tout ce que la Rose Noire exigeait de lui, car il n’était pas comme son cousin ou comme la femme de celui‑ci, tous deux rongés par la peur, paralysés à l’idée de perdre leur vie ou celle de leurs enfants, eux tremblaient à l’idée d’être découverts, eux vivaient dans l’angoisse permanente, mais lui n’avait jamais craint la mort, et s’il devait mourir, alors il mourrait en ayant accompli son devoir, en tant que légion de la Rose Noire, et cela lui suffisait.


Il se trouvait dans ses appartements, plongé dans un silence presque religieux, lorsque soudain il sentit l’appel mental de sa maîtresse, une présence glaciale, familière, qui s’insinua dans son esprit comme une brume noire glisse sous une porte, et sa voix se fit entendre, douce et tranchante à la fois, un murmure qui caressait et lacérait en même temps, lui parlant de Sophia, de son état, de l’emprise désormais totale qu’ils avaient sur elle grâce aux boucles d’oreilles et au collier que Lavinia avait fait parvenir, lui rappelant que la potion du thé avait ouvert la voie, affaibli sa volonté, brouillé ses instincts, et que les bijoux avaient achevé le travail, transformant la directrice en pantin docile, en instrument parfait, en relais idéal pour leurs desseins, et très bientôt, lui dit-elle, Sophia l’appellerait, très bientôt elle lui demanderait quelque chose, et il devrait tout accepter, sans hésiter, sans questionner, car cela faisait partie du plan, un plan bien plus vaste encore, un plan qu’il n’avait pas besoin de comprendre pour l’exécuter.

Sébastien écouta sans dire un mot, car il n’avait pas besoin de répondre, elle savait déjà qu’il obéirait, elle savait qu’il ferait absolument tout pour que son projet aboutisse, tout, sans exception, sans état d’âme, sans détour, et c’est à ce moment-là qu’un patronus traversa la pièce, lumineux, silencieux, prononçant d’une voix douce mais ferme :


— Sébastien, rejoignez-moi immédiatement à la Maison d’Aldercrest.


Il ne perdit pas une seconde, rangea calmement ses affaires, ajusta sa cape, puis emprunta un passage secret pour sortir discrètement du château, transplana dans une clairière isolée où l’odeur de terre humide et de mousse envahissait l’air, la lune voilée par des nuages épais éclairant à peine le chemin, et il marcha à travers les bois, ses pas étouffés par les feuilles mortes, jusqu’à apercevoir, au bout de longues minutes, la silhouette massive de la Maison d’Aldercrest, une bâtisse ancienne, imposante, couverte de mousse et de lierre, avec des fenêtres opaques qui ne reflétaient rien, une demeure oubliée du monde, parfaite pour ce qui devait s’y dérouler, et lorsqu’il entra, il remarqua immédiatement la chaleur étrange qui régnait dans la pièce, le feu allumé dans la cheminée, les ombres qui semblaient s’attarder un peu trop longtemps sur les murs, et cette atmosphère presque hypnotique qui enveloppait tout, une maison qui respirait la magie ancienne, lourde, dangereuse.


Et surtout… Sophia, debout près de la cheminée, immobile, souriante, et il comprit immédiatement que quelque chose avait changé, qu’elle n’était plus la directrice posée, professionnelle, mesurée qu’il connaissait, non, dans son attitude, dans sa façon de le regarder avec une intensité nouvelle, dans la manière dont elle se tenait, il y avait quelque chose de différent, quelque chose de fabriqué, quelque chose de sculpté par une volonté qui n’était pas la sienne, et lorsqu’elle s’approcha de lui, lentement, trop lentement, comme si chaque pas était calculé pour le troubler, ses yeux brillaient d’une lueur étrange, presque irréelle, et sa voix, lorsqu’elle parla, n’était plus la sienne, elle était plus douce, plus sensuelle, presque caressante, comme si chaque mot avait été soigneusement façonné pour atteindre une cible précise.


— Sébastien… je refoule tellement de choses depuis longtemps envers toi, je ressens un amour tellement puissant, je trouve que nous serions tellement bien assortis tous les deux, je crois que nous sommes faits pour être ensemble… jusqu’à avoir un enfant, un héritier digne de nous deux.


Sébastien ne dit rien, car il savait, il savait qu’elle croyait chaque mot qu’elle prononçait, il savait qu’elle ne voyait pas qu’elle n’était plus elle-même, qu’elle était manipulée, façonnée, remodelée par la Rose Noire, il savait qu’elle n’avait plus aucun recul, plus aucune lucidité, plus aucune liberté, et lorsqu’elle posa une main sur son torse, levant les yeux vers lui, totalement offerte, totalement soumise à une volonté qui n’était pas la sienne, son sourire était doux, presque tendre, mais derrière ce sourire il n’y avait plus rien, plus de libre arbitre, plus de conscience, plus de Sophia.


Alors seulement il répondit, d’une voix douce, presque tendre, en lui caressant le visage comme un amant l’aurait fait :


— Si tu savais depuis combien de temps j’attends ce moment, Sophia… moi aussi je ressens de forts sentiments pour toi, j’accepte que nous soyons ensemble, et je te donnerai l’enfant que tu désires, un enfant qui nous ressemblera.


Elle sourit, émue, convaincue, incapable de voir le vide dans ses yeux, incapable de voir l’absence totale d’émotion dans son regard, incapable de comprendre qu’il ne ressentait rien pour elle, rien, pas même de la pitié, car Sébastien accomplissait simplement ce que la Rose Noire exigeait, et Sophia… Sophia ne saurait jamais que tout cela ne signifiait rien.


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