Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé

Chapitre 107 : L’emprise scellée

1679 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 05/05/2026 19:25

Lavinia Malefoy était maintenant à Poudlard depuis plusieurs semaines et elle sentait déjà qu’elle n’était plus la même, qu’elle commençait à changer petit à petit, comme si une partie d’elle se dissolvait jour après jour sans qu’elle puisse l’empêcher. Était-ce dû au serment inviolable qu’elle avait fait avec Sébastien ? Peut-être, et c’était même fort probable. Depuis ce jour, elle avait l’impression d’être observée en permanence, comme si une présence invisible suivait chacun de ses gestes, chacune de ses pensées, prête à resserrer son emprise dès qu’elle faiblissait. Elle n’était plus la femme qu’elle avait été : elle avait l’impression de sombrer un peu plus chaque jour, comme si quelqu’un, dans l’ombre, la poussait à devenir celle qu’elle n’aurait jamais imaginé devenir, une femme servant les ténèbres, une femme qui manipule, qui ment, qui détruit pour obtenir ce qu’on attend d’elle.


Elle se surprenait parfois à se regarder dans le miroir, à observer son propre reflet avec une forme de distance, comme si elle ne se reconnaissait plus. Ses yeux semblaient plus sombres, ses traits plus tendus, et elle avait perdu cette douceur qu’elle avait autrefois, cette chaleur qu’elle réservait à son fils. Maintenant, elle n’était plus que l’ombre d’elle-même, une marionnette dont les fils étaient tirés par une main qu’elle ne voyait jamais mais qu’elle sentait partout.


Et elle avait déjà prouvé à plusieurs reprises qu’elle n’était plus maîtresse de ses actes, notamment lorsqu’il avait fallu manipuler Sophia. La pauvre… elle ne savait pas dans quoi elle s’embarquait. À cause d’elle, Sophia avait dû se séparer de Lily, l’une de ses meilleures enseignantes, une femme qui avait donné corps et âme à son métier au détriment de sa vie de famille, et Lavinia l’avait brisée sans le moindre état d’âme, parce qu’elle le faisait pour son fils, pour qu’il puisse éviter d’être plongé dans les ténèbres.


Elle repensa malgré elle à ce qu’elle avait déjà fait subir à Sophia quelques semaines plus tôt, lorsqu’elle avait glissé dans son thé cette potion subtile, presque indétectable, qui avait commencé à affaiblir sa volonté sans que la directrice ne s’en rende compte. Ce jour‑là, elle avait senti quelque chose se briser en elle, une limite qu’elle n’aurait jamais imaginé franchir, et pourtant elle l’avait fait, poussée par la peur, par le serment, par cette présence invisible qui la guidait. Depuis, Sophia n’était plus tout à fait la même, un peu plus docile, un peu plus influençable, et Lavinia savait que ce n’était que le début. Le collier… les boucles d’oreilles… ce serait l’étape finale. L’asservissement total.


Pourtant, elle ne savait toujours pas ce que la Rose Noire attendait réellement de son fils, ni ce qu’il devait accomplir, et cette ignorance la rongeait. En tant que mère, cela la terrifiait. Elle avait l’impression d’être prise dans un piège qui se refermait lentement sur elle, un piège dont elle ne pourrait jamais sortir.


Alors qu’elle était plongée dans ses pensées, un bruit sec contre la vitre la fit sursauter. Un hibou, aux plumes sombres et aux yeux d’un jaune inquiétant, se tenait sur le rebord de la fenêtre. Il semblait nerveux, presque agressif, comme s’il n’était pas venu de son plein gré. Lavinia sentit son cœur se serrer. Elle ouvrit la fenêtre, récupéra le colis attaché à sa patte et lui donna un peu d’eau, mais l’oiseau ne resta pas une seconde de plus : il s’envola aussitôt, comme s’il fuyait quelque chose.


Elle défit la lettre d’une main tremblante. Quelques mots seulement, écrits d’une écriture qu’elle reconnut immédiatement, une écriture qu’elle aurait préféré ne jamais revoir.


Donne ceci à la Directrice Sophia.

Elle doit absolument le porter.

Ce sont des boucles d’oreilles et un collier.

Dis‑lui que cela vient de toi, en gage de remerciement.


Lavinia se figea. Elle sentit une sueur froide glisser le long de sa colonne vertébrale. C’était la première fois qu’elle recevait un hibou directement d’elle… mais au fond, cela ne l’étonnait plus. Elle savait que refuser n’était pas une option. Elle savait aussi que ce colis n’avait rien d’innocent. Elle n’avait pas besoin de l’ouvrir pour comprendre que ce qu’il contenait était dangereux, peut-être même irréversible.


Elle resta un long moment immobile, le parchemin entre les doigts, le regard perdu dans le vide. Une partie d’elle voulait tout envoyer valser, brûler le colis, fuir, disparaître. Mais elle savait que le serment inviolable l’en empêcherait. Elle savait que la Rose Noire la retrouverait, où qu’elle aille. Elle savait que son fils paierait le prix de sa désobéissance.


Alors elle se força à respirer, à calmer les tremblements de ses mains, et se dirigea vers son bureau. Elle sortit un parchemin, une plume, et écrivit une lettre d’une écriture appliquée, presque trop parfaite, comme si elle cherchait à masquer le mensonge sous une couche de politesse.


Lorsqu’elle écrivit les mots « Mon amie », sa main se figea un instant. Elle sentit une vague de dégoût lui remonter dans la gorge, non pas envers Sophia, mais envers elle-même. Appeler « amie » une femme qu’elle était en train de livrer à l’emprise de la Rose Noire lui donnait envie de vomir. Elle resta immobile quelques secondes, la plume suspendue au-dessus du parchemin, se demandant comment elle avait pu en arriver là, comment elle pouvait encore se regarder dans un miroir après ça. Mais le serment brûla légèrement sous sa peau, comme un rappel silencieux, et elle força sa main à continuer d’écrire, chaque lettre lui donnant l’impression de trahir un peu plus ce qu’il lui restait d’humanité.


Mon amie,

J’ai commandé ceci pour toi car je t’apprécie vraiment beaucoup.

C’est pour te remercier de tout ce que tu as fait pour moi depuis mon arrivée, alors je tenais à t’offrir ceci.

Amicalement,

ton amie, Lavinia


Elle relut la lettre plusieurs fois, cherchant la moindre trace de culpabilité dans les mots, mais tout semblait parfaitement innocent. C’était peut‑être cela, le pire : la facilité avec laquelle elle parvenait à mentir désormais. Elle attacha la lettre au colis, appela un hibou de l’école et l’envoya, le cœur lourd, priant intérieurement pour que Sophia ne l’ouvre jamais… tout en sachant que c’était impossible.

Sophia était à son bureau lorsqu’elle entendit frapper à sa fenêtre. Elle leva les yeux, surprise, puis se leva pour laisser entrer le hibou. Elle récupéra le colis, caressa distraitement l’oiseau avant de détacher la lettre. Lorsqu’elle lut les mots de Lavinia, un sourire sincère étira ses lèvres. Elle ne s’attendait pas à un tel geste, et cela la toucha profondément. Depuis l’arrivée de Lavinia, elle avait trouvé en elle une collègue agréable, polie, attentive, et elle appréciait cette relation naissante.


Elle ouvrit la boîte et resta un instant émerveillée. Un magnifique collier vert et argent, accompagné de boucles d’oreilles assorties, délicates, discrètes, élégantes. Les couleurs étaient sobres, raffinées, parfaitement adaptées à son style. Elle ne se posa pas une seule seconde la question de leur origine. Pourquoi l’aurait‑elle fait ? Lavinia n’avait jamais donné la moindre raison de se méfier.


— Oh, Lavinia… murmura‑t‑elle, sincèrement touchée.


Elle prit les boucles d’oreilles, les observa sous la lumière, puis les enfila. Elles étaient légères, presque imperceptibles. Puis elle prit le collier, le posa autour de son cou, referma le fermoir. Et ce fut à cet instant précis que tout bascula. Une sensation étrange, froide, glissa le long de sa nuque, comme une main invisible qui refermait ses doigts autour d’elle. Son souffle se coupa un instant. Son regard se vida légèrement, imperceptiblement. Son esprit se brouilla, comme si une brume épaisse venait d’envahir ses pensées, puis se stabilisa… mais différemment. Quelque chose venait de s’installer en elle, quelque chose de silencieux, de permanent, de profondément anormal.


Elle ne le savait pas encore, mais son libre arbitre venait de disparaître. Elle était désormais sous le contrôle total de la Rose Noire, sans jamais pouvoir s’en rendre compte. Le collier et les boucles d’oreilles ne pourraient jamais être retirés : pour cela, il faudrait qu’elle en ait envie. Sophia avait déjà subi l’Impérium par Sébastien Blackwell mais aussi l’asservissement lorsqu’elle avait bu le thé mais cette couche en plus rendait impossible sa libération.

Elle resta immobile quelques secondes, comme figée, puis cligna des yeux. Un sourire lent, étrange, étire ses lèvres.


Puis une voix, douce et glaciale, vint murmurer dans son esprit.


Maintenant tu es mien… à jamais. 


Sophia ne réagit pas. Elle sourit simplement, comme si tout allait bien.


Au même moment, dans sa chambre, Lavinia sentit une vague glacée lui traverser le corps. Elle posa une main sur son cœur, haletante, comme si elle venait de perdre quelque chose d’essentiel. Elle comprit. Le collier avait été mis. L’emprise était scellée.


Elle s’assit sur son lit, les mains tremblantes, les yeux embués. Elle venait de condamner Sophia. Et elle ne pouvait plus faire marche arrière.


Quelque part, dans l’ombre, la Rose Noire souriait.


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