XOXO Hermione

Chapitre 1 : La trahison

1314 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour il y a 2 mois

Hermione Granger était au sommet de sa gloire. Écrivaine à succès, elle résidait dans un somptueux penthouse de l'Upper East Side, une ascension spectaculaire pour la fille modeste de Brooklyn qu’elle avait été. La vie d’Hermione était désormais un tourbillon de fêtes mondaines, où elle avait rencontré Ronald, son petit ami actuel. Ronald, riche héritier et enfant gâté, traînait une réputation de séducteur invétéré, mais il offrait à Hermione une distraction suffisante pour qu’elle ferme les yeux sur ses défauts. La plupart du temps, il se montrait attentionné, du moins en apparence.

Mais ce soir-là, tout bascula.

C’était la Saint-Valentin, et Hermione avait rêvé d’une soirée idyllique avec Ronald : un dîner raffiné, suivi d’une nuit de passion. Elle avait élaboré un plan parfait, prévoyant de le surprendre en se rendant chez lui à l’improviste.

Elle s’approcha de la porte du duplex, son cœur battant légèrement plus vite à l'idée de voir son visage surpris et ravi. Elle inséra la clé et poussa doucement la porte.

"Ron ? Tu es là ?" appela-t-elle en entrant, un sourire aux lèvres.

Aucune réponse. Un silence inquiétant régnait dans l’appartement, interrompu seulement par un murmure étouffé venant de la chambre. Son sourire se figea.

"Ronald ?"

D’un pas hésitant, elle s’approcha de la chambre. En ouvrant la porte, la scène qui se dévoila devant elle lui coupa le souffle. Ronald était allongé dans le lit, enlacé avec Lavande, l'une de leurs amies communes.

"Hermione !" s'exclama Ronald, se redressant brusquement, pris de panique.

"Je peux tout expliquer..." tenta-t-il, les yeux écarquillés, mais Hermione n'entendait déjà plus rien. Son esprit s'était brouillé, ses oreilles bourdonnaient.

Sans un mot, elle tourna les talons et quitta la pièce. Ronald l’appela, sa voix désespérée se répercutant dans le couloir, mais elle ne se retourna pas. De retour chez elle, elle se laissa tomber sur le canapé, fixant le vide. Le choc se transformait peu à peu en une détermination froide. New York n'était plus son refuge ; Brooklyn était trop chargé de souvenirs douloureux, et l'Upper East Side lui apparaissait soudainement comme un monde étranger et vide de sens. Elle devait fuir, trouver une nouvelle perspective, une nouvelle inspiration pour son prochain livre.

Elle saisit une valise et y jeta quelques vêtements à la hâte. Alors qu’elle bouclait sa valise, son téléphone vibra sur la table. Ronald.

"Réponds, Hermione... je t'en prie," supplia la voix de Ronald dans le message vocal qu’elle n’avait pas eu la force d’écouter jusqu’au bout.

"Pourquoi je le ferais, Ronald ?" murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour lui.

Elle effaça le message et se dirigea vers la porte. Quelques minutes plus tard, elle était dans un taxi en direction de l’aéroport JFK.

À l’aéroport, elle leva les yeux vers le tableau des départs et choisit le premier vol disponible, peu importe la destination. Loin, voilà tout ce qu’elle désirait.

"Un billet pour le prochain vol, s’il vous plaît," demanda-t-elle au comptoir, la voix posée mais glaciale.

"Destination ?" demanda l'agent.

"Peu importe," répondit-elle avec un sourire triste. "Juste loin."

Sans un regard en arrière, elle monta à bord de l’avion. Son téléphone continua de vibrer, les messages et les appels de Ronald s’accumulaient, mais elle n’y prêta aucune attention. Une fois installée, elle éteignit l’appareil, coupant définitivement le lien avec tout ce qu’elle laissait derrière.

 

Installée en classe affaires, Hermione sortit son inséparable bloc-notes, espérant y trouver un semblant d'inspiration. Mais, après plusieurs tentatives infructueuses, elle ne parvint qu’à noircir les pages de gribouillis désordonnés, sans véritable sens. Épuisée par les événements de la journée, elle finit par sombrer dans un sommeil agité alors que l’avion poursuivait son long voyage.

Elle se réveilla au petit matin, à Berlin, délicatement secouée par une hôtesse de l’air souriante.

"Madame, nous avons atterri."

Hermione cligna des yeux, encore désorientée, avant de réaliser où elle était. Berlin. Une ville qu'elle n'avait jamais visitée et dont elle ne parlait pas un mot de la langue. La réalité de sa situation s’imposa à elle : que faire maintenant ? Où aller ?

Après avoir franchi les portes de l’aéroport, elle réactiva son téléphone, mais évita soigneusement de lire les innombrables messages de Ronald, d'Harry et de Ginny, ses meilleurs amis. Elle n’était pas prête à affronter leurs questions, ni à revivre la douleur des heures précédentes.

Hermione fit défiler ses contacts jusqu'à tomber sur le nom de son agent et attachée de presse, Luna Lovegood. Luna, la directrice de la maison d'édition indépendante "Le Chicaneur", était bien plus qu'une simple collègue ; elle était une amie d'enfance, celle qui avait vu en Hermione un potentiel que personne d'autre n'avait perçu.

C’était Luna qui avait encouragé Hermione à poursuivre des études en littérature, voyant en elle une future grande écrivaine alors que d’autres ne voyaient qu'une jeune fille studieuse. Grâce à l'insistance et au soutien de Luna, Hermione avait lutté pour obtenir une bourse complète à la prestigieuse université de Columbia. Cette opportunité avait permis à la fille de Brooklyn de suivre ses rêves sans devoir quitter sa ville natale.

Hermione sourit légèrement en pensant à Luna. C'était une amie précieuse, toujours là pour elle, même dans les moments les plus sombres. Elle hésita un instant avant de composer le numéro de Luna, mais finalement, la voix rassurante de son amie l’emporta sur ses doutes.

"Luna ?" demanda-t-elle d'une voix encore incertaine.

"Hermione ! Enfin, j’étais inquiète ! Où es-tu ?" répondit Luna, la voix douce mais teintée d’inquiétude.

"Berlin. Je... je suis à Berlin," avoua Hermione, réalisant la bizarrerie de la situation en prononçant ces mots.

"Berlin ? Bon, ça c'est inattendu," dit Luna, un léger rire dans la voix. "Mais peut-être que c’est exactement ce dont tu as besoin. Ne t’inquiète pas, je vais m’occuper de tout."

Hermione se sentit immédiatement plus légère. Luna avait ce don de rendre les situations les plus compliquées plus simples, presque faciles.

"Merci, Luna. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi," murmura-t-elle, la voix tremblante d’émotion.

"Je suis là, Hermione. Toujours."

Hermione prit une profonde inspiration, le poids des événements de la veille s’atténuant un peu. Peut-être que ce voyage inattendu à Berlin pourrait être le début d'un nouveau chapitre, un chapitre dont elle avait désespérément besoin.

Quelques minutes plus tard, Hermione reçut un message de Luna avec une adresse : un palace en plein cœur de Berlin.

"InterContinental: Berlin, Budapester Strasse 2. Je t’ai réservé une semaine. Profite de tes vacances."

Hermione esquissa un sourire en lisant le message. Luna savait toujours quoi dire pour alléger l’atmosphère. Le mot "vacances" lui semblait presque ironique, compte tenu des circonstances, mais c'était exactement ce dont elle avait besoin : un endroit où se poser, loin de tout.

Elle appela un taxi et donna l’adresse au chauffeur, se laissant porter par le mouvement de la ville, les pensées encore en désordre. Berlin s’étendait devant elle, inconnue et mystérieuse, mais étrangement réconfortante. C’était un nouveau départ, une page blanche, et peut-être l’endroit où elle retrouverait l'inspiration qui lui faisait défaut.

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