Défilé de défis

Chapitre 16 : Quelques miettes

505 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 24/04/2026 10:48

Défi d'origine : "Si les animaux pouvaient parler"





– Oh ! Maman, regarde ! Le gros monsieur vient de nous lancer notre déjeuner !

– Ce n’est pas notre déjeuner, Ploumi. C’est un gros morceau de pain. Du pain blanc, qui plus est. Mauvais, ça, très mauvais. Si encore il était fait à base de céréales complètes...

– Mais…

– Je t’ai déjà expliqué que le pain gonfle dans notre estomac, répliqua sévèrement la mère. Après, on a l’impression de n’avoir plus faim alors que ce n’est absolument pas nourrissant.

– Mais, maman…

Pendant que la mère et la fille s’affrontaient sur le régime alimentaire qu’il convenait d’adopter, le petit frère s’approcha du morceau de pain tentateur et l’avala tout rond.

– Nébulo ! Recrache ça tout de suite !

Mais le petit, le plus désobéissant de la fratrie, s’enfuyait déjà dans de grands cris.

– Tu vas devenir obèse !

Il ne s’en souciait guère.

– Tu auras des problèmes hépatiques ! Digestifs ! Que sais-je encore ?

Pendant qu’elle s’égosillait, le jeune Toufrel, le cerveau de la famille, se rapprocha d’elle et s’enquit :

– Mais alors, maman, quels sont les aliments qu’il nous faut privilégier ? (oui car tout jeune qu’il fût, Toufrel était déjà passionné de sciences et de littérature, et s’exprimait comme un livre).

– Les légumes, fiston, les légumes. Salade, épinards, concombre, carottes, petits pois…

Entendant les mots magiques, la petite Kwaky s’écria :

– Des petits pois ? Où ça, maman, où ça ? J’adore les petits pois ! J’en veux !

La maman lui adressa un regard bienveillant :

– Oh je sais bien, jeune gourmande ! Et tu as bien raison ! C’est ce qu’il y a de meilleur !

Alors, à défaut de petits pois, ils plongèrent tous ensemble la tête sous l’eau, à la recherche d’algues ou de lentilles d’eau.


Ils s’ébrouaient après être remontés à la surface, quand Kwaky s’écria à brûle-pourpoint :

– Le pain, c’est dégueulasse !

Et tous en chœur de reprendre, hilares :

– C’est dégueulasse ! C’est dégueulasse !

Affolée, la maman tenta de calmer sa marmaille :

– Chut, voyons ! Les autres canards pourraient vous entendre !

– Mais maman, on n’a pas d’oreille ! intervint Toufrel.

– Détrompe-toi, petit ignorant ! Tu as encore beaucoup à apprendre, mon mignon ! Les canards ont des oreilles, même si elle ne ressemblent pas à celles du gros monsieur lanceur de pain, là-bas sur son banc, l’ambassadeur d’Azerbaïdjan.


🦆 🦆 🦆


Ainsi devisaient les canards de St James’s Park, par un beau matin de printemps, devant l’endroit où se rencontraient d’habitude, incognito, les ambassadeurs à Londres de tous les coin(coin)s du monde.



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