DC Comics/Univers : Pendragon.
Chapitre 2 : L'héritier d'Excalibur. Première partie.
3669 mots, Catégorie: G
Dernière mise à jour 20/10/2026 12:55
Chapitre II : L'héritier d'Excalibur. Première partie.
Note Auteur : Inspiré des Légendes Arthuriennes, du jeux vidéo Tainted Grail avec un mélange de DC Comics/Univers et ma touche personnelle.
Cordialement Skymailleur et bonne lecture.
Dans la matinée. Sanctuaire sous Stonehenge.
Le silence régnait toujours dans le sanctuaire souterrain, mais quelque chose avait changé depuis que Caleb Whinterford avait aperçu l'épée. La lueur argentée qui courait le long de sa lame semblait désormais pulser à intervalles réguliers.
L’étudiant demeurait devant le socle, incapable de détourner les yeux. Une partie de son esprit lui ordonnait de reculer et de quitter cette salle au plus vite, tandis qu'une autre, plus puissante encore, le poussait à s'approcher. Il avait passé des années à étudier les vestiges du passé, à examiner des objets façonnés par des civilisations disparues et à tenter de reconstituer des histoires que le temps avait fragmentées. Pourtant, jamais il n'avait éprouvé une fascination aussi intense devant un objet ancien.
Cette épée ne ressemblait à aucune autre.
Il avança lentement et tendit la main vers la garde, avant de s'interrompre à quelques centimètres du métal.
Caleb Wintherford : D'accord, Caleb. « Reprit-il à voix basse. » Tu es seul dans une grotte dont l'existence n'apparaît sur aucune carte n’y sur des livres, face à une épée qui semble avoir été entretenue hier alors qu'elle pourrait avoir plusieurs siècles. Il ne te reste plus qu'à espérer qu'elle ne soit pas empoisonnée.
Il esquissa un sourire nerveux, mais son amusement ne dura pas. Les inscriptions gravées autour du socle recommencèrent à luire, et une vibration sourde traversa le sol. Caleb sentit une pression inhabituelle au niveau de la poitrine, comme si quelque chose l'appelait sans employer de mots.
Il posa finalement ses doigts sur la garde.
Une chaleur douce se répandit dans sa paume.
L’élève retira brusquement sa main, surpris par cette sensation. Le métal n'était pourtant ni chaud ni froid au toucher. Il observa ses doigts, s'attendant presque à y découvrir une brûlure, mais sa peau ne présentait aucune marque.
Caleb Whinterford : Qu'est-ce que tu me fais ?
L'épée ne répondit évidemment pas.
Il aurait pu s'arrêter là. Un archéologue digne de ce nom aurait dû documenter l'objet, étudier son environnement et attendre l'arrivée de spécialistes avant d'entreprendre la moindre manipulation.
Caleb connaissait parfaitement ces principes. Il savait également qu'il n'avait aucun moyen de prévenir les secours depuis cette cavité et que son téléphone ne lui serait d'aucune utilité.
Mais ce n'était pas seulement la curiosité qui le retenait.
Il avait la certitude inexplicable que cette épée l'attendait.
Après une dernière hésitation, Caleb referma sa main autour de la garde et tira.
Au premier instant, rien ne se produisit. La lame demeura immobile, solidement ancrée dans la pierre, et il crut avoir commis une erreur en prenant son impression pour une invitation.
Il resserra sa prise, posa un pied contre le socle et exerça une traction plus ferme.
Un grondement profond retentit sous ses pieds.
Les symboles qui entouraient la base s'illuminèrent tous en même temps. Des lignes argentées jaillirent des gravures et remontèrent le long de la pierre, dessinant des motifs complexes qui s'étendirent sur les dalles du sanctuaire.
Caleb sentit la garde vibrer dans sa main, mais il ne lâcha pas prise. Une seconde plus tard, la lame se libéra dans un bruit cristallin, semblable à une cloche dont le son aurait traversé les Excalibur était libre.
Caleb n'eut pas le temps de réagir. Le sol disparut sous ses pieds, les colonnes se dissolurent et la roche se transforma en un ciel noir. Il voulut lâcher l'épée, mais ses doigts refusèrent de s'ouvrir. Une force invisible l'enveloppait, l'entraînant loin du sanctuaire et de tout ce qu'il connaissait.
Puis le monde changea.
Il se tenait au sommet d'une colline, sous un ciel rougi par les flammes.
Caleb n'avait aucun souvenir d'y être arrivé. Quelques secondes auparavant, il se trouvait dans une grotte, et voilà qu'il dominait désormais une vallée ravagée par la guerre. Le vent charriait de la fumée et des cendres, tandis que des cris s'élevaient des champs en contrebas. Des hommes en armure s'affrontaient au milieu de bannières déchirées, et des chevaux affolés galopaient entre les cadavres.
Il baissa les yeux vers lui-même.
Ses vêtements avaient disparu. Il portait une armure ancienne, cabossée par les combats, et une cape sombre dont les pans claquaient dans le vent.
Dans sa main droite reposait une épée qu'il reconnut immédiatement, bien qu'elle semblât plus lumineuse encore que celle qu'il venait de retirer du socle.
Excalibur.
Caleb Whinterford : Qu'est-ce que c'est que cet endroit ?
Sa voix lui parut étrangère, plus grave qu'à l'accoutumée. Avant qu'il puisse chercher une explication, un cri retentit derrière lui.
??? : Sire ! Nous ne pouvons plus tenir la ligne !
Caleb se retourna.
Un chevalier en armure ensanglantée se tenait à quelques pas, une main pressée contre son flanc. Son visage était pâle, et son regard exprimait une inquiétude qui dépassait la simple peur de mourir.
siècles.
Chevalier : Les hommes de Mordred ont franchi le passage, «Poursuivit-il.» Nos archers sont dispersés et les renforts ne viendront pas. Nous devons vous conduire en lieu sûr.
Whinterford voulut répondre qu'il n'était pas celui qu'il croyait, qu'il ne savait même pas où il se trouvait, mais aucun son ne franchit ses lèvres.
Il connaissait cet homme sans l'avoir jamais rencontré. Il savait son nom, sa loyauté, les batailles auxquelles il avait participé et la promesse qu'il avait faite des années auparavant.
Ces souvenirs ne lui appartenaient pas.
Ils s'imposaient à lui avec une netteté terrifiante, comme s'il avait vécu chaque instant à la place d'un autre.
Un mouvement attira son attention au-delà de la colline. Au milieu de la fumée avançait une armée dont les rangs semblaient interminables. Des chevaliers portant des armures noires progressaient sous des étendards déchirés, tandis que des créatures difformes se faufilaient entre eux. Certaines avaient des membres trop longs, d'autres des visages dissimulés derrière des masques d'os.
Au-dessus de cette multitude, des silhouettes ailées tournoyaient dans les nuages.
Ce n'était pas une bataille ordinaire.
C'était la fin d'un royaume.
??? : Arthur ! Cria la voix. »
Le nom traversa le tumulte et frappa Caleb de plein fouet.
Arthur.
Il comprit alors qu'il ne contemplait pas une simple reconstitution historique. Il voyait les derniers instants d'un homme dont le nom avait traversé les siècles, un roi dont les exploits avaient inspiré d'innombrables récits.
Le roi Arthur Pendragon.
Il voulut détourner les yeux, mais la vision l'entraînait déjà vers un autre lieu.
Le champ de bataille s'effaça et laissa place à une grande salle dont les fenêtres étaient brisées. Des flammes dévoraient les tentures, et des éclats de verre jonchaient le sol de marbre. Au centre de la pièce, une table ronde avait été renversée. Plusieurs sièges étaient vides, tandis que d'autres portaient encore les traces d'un combat acharné.
Des chevaliers gisaient au pied des colonnes.
Arthur se tenait au milieu d'eux, blessé, son armure fendue et son visage couvert de sang. Devant lui, un jeune guerrier vêtu de noir levait son épée. Sa ressemblance avec le roi était frappante, mais ses traits étaient déformés par une haine qui semblait avoir consumé jusqu'à son âme.
??? : Tu aurais pu me donner une place à tes côtés ! « Déclara le jeune homme. » Tu aurais pu me reconnaître au lieu de me condamner à vivre dans ton ombre.
Arthur Pendragon : « Resserra sa prise sur Excalibur. » Je t'ai offert la possibilité de choisir ce que tu deviendrais.
??? : Tu m'as offert les miettes d'un royaume qui aurait dû m'appartenir !
Le jeune guerrier se jeta sur lui.
Les deux lames s'entrechoquèrent, projetant des étincelles dans la salle. Arthur para le premier coup, pivota et repoussa son adversaire contre une colonne. Mais la fatigue pesait sur ses mouvements, et chacune de ses respirations semblait lui arracher un effort immense.
Caleb ressentit cette douleur comme si elle traversait son propre corps. Il éprouva la fatigue du roi, le poids de ses blessures et cette terrible certitude que certaines erreurs ne pouvaient plus être réparées.
Le jeune guerrier attaqua de nouveau.
Le Roi détourna sa lame, mais son adversaire profita de son mouvement pour le frapper au côté. Le roi vacilla, posa un genou au sol et leva les yeux vers celui qui venait de le blesser.
Arthur Pendragon : Mordred…
Le nom fut prononcé avec une tristesse qui surprit Caleb davantage que la violence du combat.
Mordred hésita un instant, mais sa colère reprit le dessus. Il leva son épée pour porter le coup final.
Arthur se redressa dans un ultime effort et frappa à son tour.
Les deux hommes s'effondrèrent presque simultanément.
La salle disparut dans une lumière blanche.
Caleb se retrouva au bord d'une étendue d'eau calme, sous un ciel gris. Arthur, désormais privé de son armure, reposait dans les bras d'un homme vêtu d'une longue robe sombre.
À proximité, une silhouette féminine se tenait sur la rive, son visage dissimulé sous un voile pâle.
Excalibur reposait entre les mains du roi mourant.
Arthur Pendragon : Le royaume ne peut pas mourir avec moi, « Murmura Arthur. »
L'homme qui le soutenait secoua la tête.
L’homme : Votre règne est terminé, sire. Vous avez donné tout ce que vous pouviez donner.
Arthur Pendragon : Pas tout.
Il leva lentement les yeux vers l'épée. Ses doigts tremblaient, mais sa main demeurait fermement refermée sur la garde.
Arthur Pendragon : Tant que cette lame existera, le serment devra être préservé. Un jour, lorsque les ténèbres reviendront, quelqu'un devra reprendre ce que j'ai laissé derrière moi.
L'homme : Et si personne n'est digne de vous succéder ?
Un sourire fatigué apparut sur les lèvres du roi.
Arthur Pendragon : Alors l'épée attendra.
La silhouette féminine s'avança. Lorsqu'elle tendit les mains, l'air autour d'elle se mit à onduler comme la surface d'un lac. Caleb ne distinguait pas ses traits, mais il sentit qu'elle possédait une puissance qui dépassait celle des mortels.
Arthur lui remit Excalibur.
Arthur Pendragon : Gardez-la loin des rois qui ne désirent que conquérir… « Dit-il. » Un jour, elle trouvera quelqu'un qui comprendra que le pouvoir n'est pas un droit, mais une responsabilité.
La femme inclina la tête.
Puis Arthur ferma les yeux.
Au moment où son dernier souffle quitta son corps, Caleb entendit une voix résonner dans sa tête.
Une voix ancienne, calme et solennelle.
Le royaume est tombé. Le serment demeure.
La lumière l'engloutit.
Caleb reprit connaissance en poussant un cri.
Il se trouvait de nouveau dans le sanctuaire souterrain, agenouillé devant le socle désormais vide. Sa respiration était rapide, et ses mains tremblaient si violemment qu'il dut s'appuyer contre la pierre pour ne pas basculer sur le côté.
Excalibur reposait toujours dans sa main droite.
Il la contempla avec effroi, puis essaya de la lâcher. Cette fois, ses doigts s'ouvrirent sans résistance, et l'épée se posa contre le sol dans un tintement clair.
Caleb Whinterford : Arthur…
Le nom lui échappa spontanément.
Le jeune archéologue passa une main sur son visage et ferma les yeux quelques secondes. Les images de la vision continuaient de défiler dans son esprit. La salle en flammes, le visage de Mordred, la tristesse du roi et les derniers mots prononcés au bord de l'eau demeuraient aussi nets que s'il avait assisté à ces événements quelques instants auparavant.
Il n'avait pourtant jamais vécu cela.
Il n'avait jamais connu Arthur, jamais posé les pieds à Camelot et jamais tenu une épée avant cette journée.
Alors pourquoi éprouvait-il la douleur du roi comme si elle lui appartenait ?
Caleb se releva péniblement et récupéra son sac. Lorsqu'il se retourna vers le socle, il constata que les symboles avaient disparu. Les dalles ne portaient plus aucune trace de lumière, et la salle était redevenue aussi silencieuse qu'à son arrivée.
Il ramassa Excalibur avec précaution.
Au contact de sa main, une lueur argentée glissa le long de la lame avant de s'évanouir. Caleb fronça les sourcils, puis remarqua que l'épée semblait étrangement légère. Il pouvait la tenir d'une seule main sans ressentir la moindre gêne, malgré sa longueur.
Il n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire maintenant, mais une chose était certaine : il ne pouvait pas abandonner cette arme au fond d'une grotte dont il ignorait l'existence.
Après avoir rangé ses affaires, il reprit le chemin de la galerie. Il s'attendait à retrouver les mêmes passages obscurs et les mêmes parois couvertes d'inscriptions, mais une lumière pâle apparut bientôt devant lui. Elle provenait d'une ouverture qu'il ne se souvenait pas avoir aperçue à l'aller.
Il accéléra le pas.
La galerie débouchait sur une pente rocheuse dont l'extrémité semblait mener à la surface. Caleb grimpa avec précaution, s'aidant des aspérités de la pierre, puis se glissa dans une ouverture étroite.
Une bouffée d'air frais lui fouetta le visage.
Il venait de retrouver le jour.
Lorsqu'il émergea du sol, Caleb dut plisser les yeux pour s'habituer à la lumière. Le ciel avait changé de couleur, et les nuages qui couvraient les plaines le matin s'étaient dispersés. Il se trouvait à quelques dizaines de mètres de la zone qu'il avait quittée, près d'un amas de pierres qui ne semblait pourtant pas présenter la moindre ouverture.
Il se retourna immédiatement.
La fissure par laquelle il était sorti se referma dans un grondement sourd. Les fragments de roche glissèrent les uns contre les autres, puis la terre se stabilisa. En quelques secondes, le terrain retrouva son apparence initiale, comme si rien ne s'était produit.
Caleb Whinterford : « Recula, stupéfait. » Non… Ce n'est pas possible…
Il s'approcha de l'endroit et passa les mains sur la terre. Il ne trouva aucune ouverture, aucune fissure et aucune trace de l'effondrement qui l'avait englouti quelques heures auparavant.
La surface était intacte.
Il resta immobile, le regard fixé sur le sol, avant de baisser les yeux vers Excalibur.
Caleb Whinterford : Je crois que je vais avoir besoin très sérieusement de vacances.
Une sonnerie retentit dans sa poche.
Le jeune homme sursauta, puis découvrit que son téléphone s'était rallumé. L'écran affichait plusieurs appels manqués et une série de messages envoyés par ses camarades. Il consulta l'heure et sentit son estomac se nouer.
Il avait disparu pendant plusieurs heures.
Le dernier message provenait du docteur Harrington.
Prof. Harrington SMS : Caleb, répondez immédiatement ! Nous avons contacté les responsables du site et nous nous préparons à prévenir les secours. Si vous recevez ce message, indiquez-nous votre position sans délai !
Il jura entre ses dents. Il ne pouvait évidemment pas raconter la vérité sans risquer de passer pour un homme qui avait perdu la raison. Il devait au moins rassurer son professeur et trouver une explication à son absence.
Il tapa rapidement un message, indiquant qu'il était sain et sauf, qu'il avait été désorienté après une chute et qu'il rejoignait le point de rassemblement. Puis il rangea son téléphone et observa de nouveau l'épée.
C'était là que les choses devenaient compliquées.
Excalibur mesurait près d'un mètre, et il ne possédait ni fourreau ni sac assez grand pour la dissimuler. Il essaya de la placer derrière son dos, puis sous sa veste, avant de se rendre compte que ces tentatives étaient aussi ridicules qu'inutiles.
Il devait trouver un moyen de la transporter sans attirer l'attention.
Pourtant, au moment où il se remit en marche, il remarqua quelque chose d'étrange.
Un couple de visiteurs avançait sur le sentier qui longeait les pierres. La femme lui adressa un bref sourire en passant, tandis que son compagnon poursuivait sa conversation sans même tourner la tête vers lui.
Aucun des deux ne semblait remarquer l'épée.
Caleb s'immobilisa et leva Excalibur devant lui.
La lame était toujours là. Il en distinguait chaque reflet, chaque inscription et le motif finement ouvragé de la garde. Il pouvait sentir son poids dans sa main et percevoir la fraîcheur du métal contre ses doigts.
Pourtant, les visiteurs ne lui accordaient pas le moindre regard.
Il se plaça légèrement sur le côté du chemin et tendit l'épée à hauteur de poitrine. Une jeune femme qui passait à proximité continua d'avancer sans ralentir, comme si Caleb ne tenait absolument rien.
Caleb Whniterford : « Tourna lentement la tête vers elle. » Excusez-moi, vous pouvez voir ce que je tiens ?
Elle s'arrêta, surprise par la question.
Jeune Femme : Pardon ?
Caleb Whinterford : « Désigna l'épée. » L'objet dans ma main. Vous le voyez ?
Elle regarda ses doigts, puis son visage, avant de lui adresser un sourire embarrassé.
Jeune Femme : Je… je ne comprends pas. Vous avez perdu quelque chose ?
Caleb Whinterford : « Baissa les yeux vers Excalibur. » Non… Rien. Désolé.
La femme s'éloigna en lui jetant un dernier regard inquiet.
Caleb demeura immobile, abasourdi. Il agita légèrement la lame, puis observa les personnes qui passaient sur le sentier. Aucune ne réagit.
L'épée était invisible pour eux.
Ou, plus précisément, quelque chose les empêchait de la percevoir.
Cette constatation lui inspira un mélange de soulagement et d'inquiétude. Il pourrait la transporter sans attirer l'attention, mais il ignorait pourquoi cette propriété existait et jusqu'où elle s'étendait.
Était-ce un enchantement destiné à protéger Excalibur ? Une conséquence de la vision ? Ou bien l'épée avait-elle déjà commencé à modifier sa perception du monde ?
Il n'avait aucune réponse.
Caleb enveloppa la garde dans sa veste, non pour cacher l'arme aux autres, mais pour éviter que ses propres gestes n'attirent trop l'attention. Il se dirigea ensuite vers le point de rassemblement, en essayant de marcher d'un pas aussi naturel que possible.
Il aperçut bientôt le docteur Harrington, accompagné de plusieurs étudiants et d'un responsable du site. Le professeur faisait les cent pas, son téléphone à la main, tandis que deux de ses camarades semblaient particulièrement préoccupés.
Lorsqu'il remarqua Caleb, il se précipita vers lui.
Prof. Harrington : Whinterford ! Où étiez-vous passé ?!
Caleb Whinterford : Je suis désolé, professeur. J'ai fait une chute en examinant le terrain et je me suis retrouvé dans une zone difficile d'accès.
Harrington le saisit par les épaules et l'examina rapidement.
Prof. Harrington : Vous êtes blessé ?
Caleb Whinterford : Rien de grave, je crois. J'ai quelques contusions, mais je peux marcher.
Prof. Harrington : Vous avez disparu pendant des heures ! Nous avons fouillé les alentours, contacté les responsables du site et envisagé de prévenir les secours. Vous rendez-vous compte de ce qui aurait pu arriver ?
Caleb Whinterford : « Baissa les yeux. » Oui, professeur. Je suis désolé. J'aurais dû rester dans la zone indiquée.
Le professeur expira longuement, visiblement partagé entre la colère et le soulagement.
Prof. Harrington : Nous parlerons de votre imprudence plus tard. Pour l'instant, je veux que vous vous fassiez examiner. Ensuite, vous nous expliquerez précisément où vous êtes tombé et comment vous êtes revenu.
Le jeune homme acquiesça, puis remarqua que le professeur regardait par-dessus son épaule.
Prof. Harrington : Vous avez trouvé quelque chose ?
La question le prit au dépourvu.
Caleb Whinterford : Pardon ?
Prof. Harrington : Pendant votre absence. Vous étiez chargé d'examiner une formation rocheuse, n'est-ce pas ? Avez-vous remarqué quelque chose d'intéressant ?
Caleb hésita.
Il aurait pu parler des gravures, des inscriptions latines et de la gigantesque salle souterraine. Mais comment expliquer qu'il avait découvert un sanctuaire impossible, assisté à la chute de Camelot et rapporté une épée légendaire que personne d'autre ne pouvait voir ?
Caleb Whinterford : Rien que je puisse confirmer pour le moment. Le terrain était instable, et je n'ai pas pu examiner correctement les formations.
Harrington fronça les sourcils, manifestement déçu.
Prof. Harrington : Nous reviendrons sur place lorsque les responsables auront vérifié la sécurité du secteur. En attendant, vous ne vous éloignez plus du groupe sans m'en informer.
Caleb Whinterford : Compris.
Le professeur lui donna une légère tape sur l'épaule avant de retourner auprès des autres étudiants. Caleb sentit plusieurs regards se poser sur lui, mêlant inquiétude et curiosité. L'un de ses camarades lui demanda s'il avait vraiment chuté dans un trou, tandis qu'un autre plaisanta sur sa capacité à transformer une simple sortie universitaire en opération de sauvetage.
Caleb répondit du mieux qu'il put, mais son attention restait fixée sur Excalibur.
Personne ne la voyait.
Pas même Harrington, qui se tenait à moins d'un mètre de lui.
Il comprit alors qu'il venait de franchir une frontière dont il ne connaissait ni les règles ni les conséquences. Quelques heures auparavant, il n'était qu'un étudiant en archéologie passionné par les mystères du passé. Désormais, il transportait une arme légendaire qui semblait échapper aux regards du monde entier.
Et quelque part dans sa mémoire, une voix très ancienne continuait de murmurer.
Le serment demeure.
Fin du chapitre II : L'héritier d'Excalibur. Première partie.