Le Maître des Éléments - Tome I : La malédiction de l'Atlantide
Vana n'était pas morte. Elle avait été jetée sur la rive par les flots.
Elle se trouvait, à présent, en plein désert égyptien, sans vivres, ni chameau.
Le voile nocturne s'était abattu sur l’Égypte. Il faisait moins chaud, c'était au moins ça !
Vana était restée évanouie plusieurs heures. Par chance, elle n'avait pas été volée, ou pire.
Elle avait terriblement soif et faim et était totalement perdue sans carte pour la guider cette fois.
Elle marcha des heures. Épuisée, elle finit par tomber dans le sable.
Elle releva la tête et vit une oasis, avec de nombreux arbres fruitiers. Elle s'y précipita et plongea la tête la première… Contre un panneau en bois, sur lequel était inscrit « Thèbes ».
La cité des rois ! Elle y trouverait nourriture, repos et le Pharaon !
Elle était vraiment chanceuse. Deux fois, l'eau l'avait repoussée dans un endroit inconnu et, deux fois, elle avait retrouvé son chemin et atteint la bonne cité, par hasard, chance ou volonté des dieux.
Mais elle était sauvée ! Sa joie fut telle qu’elle en oublia la douleur et la bosse sur son crâne.
On disait que la cité des rois était magnifique et immense, mais Vana ne put partager cet avis, sur le moment, car la cité était, en réalité, protégée et cachée par un très haut mur d’enceinte blanc.
Toujours est-il que Vana se dirigea vers les gardes de l’une des entrées, espérant pouvoir passer.
Il s’agissait de la garde de nuit. Malgré cela, ils étaient visiblement très fatigués et dormaient. L'un d’eux avait une forte odeur d'alcool.
Vana passa en silence et réussit à entrer dans la cité.
Soudain, elle frémit, car l'un des gardes sembla se réveiller et dire « Waouh, ça c'est quelque chose ! -HIC !—
L'autre garde se réveilla en sursautant.
Vana alla se cacher en courant derrière une maison.
— Qu'est-ce que tu racontes, Sala ?
— J'ai vu un ange ! -HIC !— Il était beau ! -HIC !—
— Je vois.
Ils se rendormirent aussitôt.
Vana respira fort et s'enfonça dans la cité, vers le palais royal.
Un palais très facile à trouver.
C'était la plus grande construction, la plus belle et la seule qui était encore allumée d’une multitude de torches.
Deux gardes abordèrent Vana.
Elle eut une impression de déjà-vu relative à son aventure à Athènes.
— Mademoiselle Vana Zalys ?
— Je sais : « Veuillez nous accompagner sans faire de résistance, nous vous emmenons au palais », n'est-ce pas ?
— Euh... Oui... Venez je vous prie.
Vana réprima un sourire et, pour une fois, fut enchanté d'être arrêtée.
Elle fut donc amenée devant le pharaon. Le premier des pharaons. Il était grand, avec un visage carré et portait la coiffe royale. Il avait de grands yeux bleus et un air involontairement comique, avec ses deux dents de lapin qui dépassaient de sa bouche.
— Vana Zalys, vous n'êtes pas la bienvenue, dit-il d'une voix grave. Vous êtes annonciatrice de malheurs. Le Nil s'est révolté. Nous allons désormais subir la malédiction des dieux. Nous allons...
— Du calme, grand Pharaon, je ne fais que passer dans votre royaume. Je vous promets que vous serez vite débarrassé de moi si vous acceptez de m'aider, comme l'ont fait les autres rois que j’ai rencontrés avant vous.
— Eh bien, les autres rois ont eu tort ! Je refuse d'aider quelqu'un qui nous mènera à notre perte !
— Mais je n'en ai nullement l'attention ! Savez-vous au moins quelle est ma mission ?
— Oui, tu es une folle qui prétend avoir été envoyée par les dieux. Tu ne m'auras pas !
— Non ! Je suis Vana Zalys ! Fille de Nebura et Tezu. Je suis Atlante et j'ai été choisie par Dieu et mon peuple pour amener la pierre de pouvoir dans ma cité afin de la détruire et éviter la destruction du monde. Mais j'ai besoin des quatre pierres de cristal pour ouvrir le sanctuaire sacré. Et vous possédez la dernière qu'il me faut.
— Nous n'avons pas cette pierre et je refuse de t'aider, même si Osiris lui-même me suppliait de t'envoyer quérir cet objet ! Va-t'en et ne reviens jamais !
— Réfléchissez, je vous en conjure ! Si le monde périt, ce sera à cause de vous !
— Il n’en sera rien, car tout ce que tu dis n’est que mensonges ! Emmenez-là hors d’ici !
Elle fut jetée devant le palais. Tout était perdu alors ? Il n’y avait donc aucun moyen de raisonner ce Pharaon ?
Un homme l’aborda.
— Je te connais, Vana Zalys, je suis un serviteur du roi. Il a été prévenu de ton arrivée, il y a quelques jours. On lui a demandé de ne pas te croire, que tu n’étais qu’une pauvre folle. Et c’est ce que le Pharaon a choisi de croire.
— Qui lui a dit ça ?
— Un messager venu de terres lointaines qui disait être un religieux. Un Père... Je ne saurais me rappeler. Mais il a été très persuasif. La preuve.
— Et pourtant, tu me crois.
— Oui. J’ai l’intuition que tu dis la vérité et que ta quête nous sauvera tous. Alors je veux t'aider.
— Et si ton Pharaon apprends que tu m’as aidé ?
— Je crains moins sa fureur que celle des dieux si tu échouais. Mon choix est fait.
— Alors parle.
— La pierre blanche se trouve dans une pyramide, au nord. Cette pyramide est maudite, gardée par Seth, l'ennemi et frère d'Osiris.
— Merci pour ton aide précieuse.
— Que les dieux vous accompagnent dans votre quête.
L’homme prit congé et s’en retourna, anonymement, dans les rues désertes de la cité.
Sans attendre, Vana partit, à son tour, par un autre chemin, pour aller chercher la dernière pierre.