Le Maître des Éléments - Tome I : La malédiction de l'Atlantide
L'aube pointa. Le ciel était rose et le soleil apparut rapidement, bien qu’il se fit discret en restant dissimulé derrière quelques nuages gris renégats.
Sur une plage déserte, on pouvait apercevoir une épave de bateau, que l'on aurait pu confondre facilement avec un tas de bois ordinaire, s'il n'y avait pas eu un gouvernail et deux personnes inanimées à côté.
Vana et Hati.
Vana respira lentement une bonne bouffée d'air pur avant d'ouvrir les yeux.
Elle se demanda où elle était.
A son tour, Hati ouvrit les yeux et vit Vana en vie, il en fut immédiatement heureux.
— Tu es en vie ! Dirent en chœur les deux survivants.
— Oh Vana, je suis si soulagé !
— Moi aussi ! Mais où sommes-nous ?
— Je n'en ai aucune idée !
— Nous n’avons plus qu’à le découvrir alors !
Et après s’être relevé, ils se mirent en marche, à la recherche de la civilisation.
Bien que le soleil était caché partiellement, l'air était chaud.
Après quelques heures de marche, Vana et Hati arrivèrent devant un grand temple, renfermant une immense statue d’un dieu : Zeus.
Au-delà du temple s'étendait l'immense cité d'Athènes et le mont Olympe.
La vue était magnifique.
— Bien, nous sommes arrivés là où il fallait, finalement. Allons-y alors ! Dit Vana, soulagée.
— Non.
— Quoi ?
— Je ne peux pas venir. Le bateau a besoin de réparations. Je dois absolument m’en occuper, sans quoi nous ne pourrons aller nulle part ensuite.
— Je comprends.
— Je suis désolé, je n’ai pas le choix.
— Ce n'est pas grave. Va et attends-moi. Je reviendrai.
Elle l’embrassa.
— Je sais, répondit-il simplement.
Pour la seconde fois, Vana le vit partir, et, pour la seconde fois, elle en eut un pincement au cœur.
Elle poursuivit son propre chemin.
Plus elle avançait, plus la cité se rapprochait et devenait immense. Et, même si Atlantis était une cité encore plus grande et belle, Vana fut époustouflée de ce qu’elle voyait.
Elle entra dans la cité en parfaite étrangère. Elle devrait se faire aussi discrète que lorsqu’elle avait quitté le premier cercle d’Atlantis.
Réfléchissant à une solution, elle fut soudainement abordée par quatre hommes.
— Salut ma chérie !
— Partez tout de suite ! Lança Vana, voyant bien qu’ils ne lui voulaient rien de bien.
— Oh, elle a du caractère ! Allez les gars, on l'emmène !
— Non, lâchez-moi !
Elle fut emmenée dans une ruelle déserte.
Les hommes commençaient à lui enlever sa toge.
Mais Vana savait se défendre. Elle avait affronté un dieu serpent après tout ! Quatre hommes ne seraient rien à côté !
Elle bondit en arrière et donna un coup de poing à son assaillant le plus proche qui tomba et percuta un deuxième individu qui s'écroula à son tour.
Vana termina les deux derniers agresseurs avec des coups de pied.
Des bruits d'os brisés se firent clairement entendre et ils tombèrent endoloris.
Vana avait gagné. Elle déshabilla l'un des hommes en guise de trophée.
Dans son nouvel accoutrement, personne ne la reconnaîtrait.
Elle avançait dans la rue quand elle fut interpellée par un autre homme.
« Hé, Pakos ! Comment ça va ? Hé, mais... Tu n'es pas Pakos !
Une fois de plus, Vana démontra ses talents de guerrière, mais des gardes l'aperçurent et l'arrêtèrent.
Ainsi, sans motif, elle fut enfermée.
Un geôlier vint à la cellule.
« Le roi Mykos veut te voir. Viens avec moi, femme.
Elle n'eut pas le choix. Elle suivit le garde en espérant que le roi serait clément.
Le palais d'Athènes était au sommet de la cité, tout comme celui d'Atlantis.
En revanche, il était beaucoup moins beau et luxueux.
Il était petit et gris terne, visiblement ravagé par le temps.
L'intérieur était semblable et le trône était typiquement Grec.
Le roi Mykos, lui, était plus vieux que celui d'Atlantis, arborant une barbe blanche et sale, mal entretenue. Il n'avait plus beaucoup de cheveux. Il portait une robe d'apparat pourpre et paraissait extrêmement fatigué.
— Qui es-tu donc, étrangère ? Pour t’en prendre ainsi aux citoyens en pleine rue ?
— Comment savez-vous que je suis une étrangère, votre Majesté ?
— Tu peux te vêtir comme nous, mais les traits de ton visage ne mentent pas...
Vana soupira.
— En effet. Je ne suis pas des vôtres. Je viens d’Atlantis et je me nomme Vana Zalys.
— Par tous les dieux ! C'est toi ? Oh, mon enfant ! Pardonne-moi, je ne savais pas...
— Vous êtes pardonné.
— Merci. Je suis Mykos, roi de Grèce. Le roi Kanzar d'Atlantis m'a averti de ton arrivée et je serai ravi de t'aider à accomplir ta mission.
— Merci. Votre aide m’est précieuse. Pouvez-vous me dire où se trouve la pierre rouge ?
— Dans le royaume des dieux, au sommet du Mont Olympe, bien sûr !
— Bien sûr… Et comment s’y rend-t-on ?
— En grimpant, évidemment. Et, si les dieux le veulent, ils te laisseront atteindre le sommet.
— J’espère être dans leurs bonnes grâces alors, sinon tout est perdu.
— Je l’espère aussi. Nous comptons tous sur toi.
— Roi Mykos, j'aurais une faveur à vous demander.
— Parle.
— Mon navigateur se trouve sur la plage et tente de réparer notre bateau qui a subi une lourde tempête. Pourriez-vous quérir quelques hommes pour l'aider dans sa tâche ?
— Bien sûr ! Ce vieux Poséidon s'est encore énervé. Cela lui arrive parfois. Je m’en charge. Et toi ? Désires-tu une escorte pour t’accompagner jusqu'au sommet de la montagne ?
— Merci mais ce ne sera pas nécessaire. Ma foi me guide.
— A ta guise, Vana Zalys. Il ne me reste donc qu'à te souhaiter bonne chance dans ta quête. Nous attendrons ton retour avec impatience.
— Au revoir, Majesté, et merci.
Vana avait eue de la chance d'être tombée sur un roi aussi sage et gentil.
Avec un autre, sa vie aurait pu finir précipitamment dans les cachots d'Athènes.
Elle essayait de ne pas y penser.
Elle quitta Athènes.
Quand la cité ne fut plus qu'un minuscule point gris à l’horizon, Vana détourna le regard vers le mont Olympe, où se trouvait la pierre rouge.