Vétérans

Chapitre 8 : Petits cochons, petits cochons.

3563 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 22/08/2026 18:17

Lorsque Catherine et Jérémy arrivèrent enfin à l'entrée de la forêt de Saint Germain-en-Laye, ils furent immédiatement saisis par la quantité de morts qui déferlaient des bois. 

—  Merde... y'en a partout. 

—  Le camp doit attirer du monde... dépêchons-nous... 

Ils s'enfoncèrent un peu plus dans les bois, évitant les morts avec une certaine agilité développée récemment au cœur du bois de Boulogne. 

Après de longues minutes, ils aperçurent un épais nuage de fumée qui s'élevait au loin. 

Catherine se tourna vers Jérémy, horrifiée. 

—  Non... 

Marmonna-t-elle avant de partir à toute vitesse en direction du nuage blanc. 

—  CATHERINE... 

S'époumona Jérémy derrière elle, tandis qu'elle parcourait la distance qui la séparait encore de la Fête des Loges. 

Lorsqu'elle fut suffisamment proche pour voir l'entrée de la fête foraine, ses jambes cédèrent subitement. 

Devant elle, les attractions pliaient, les cris s'étaient tus depuis longtemps et déjà les hordes quittaient la place, ne laissant derrière eux qu'un cimetière de manèges en proie aux flammes. 

Tout son corps se mit à trembler. 

L'espoir qui l'avait portée jusqu'ici venait de mourir lui aussi dans l'incendie. 

—  Lève-toi putain ! 

Jérémy l'agrippa par l'arrière de son pull et l'obligea à se remettre debout. 

—  Tu veux retrouver ton gosse ou tu préfères crever ici ? 

Catherine releva doucement la tête, son regard triste glissa dans le sien mais avant qu'elle n'ait le temps de répondre, un monstre surgit derrière lui. 

Elle n'eut pas le temps de le prévenir. 

Pas même de crier. 

Les dents s'enfoncèrent subitement dans sa gorge, tandis que des bras morts l'enserraient. 

Le corps de Jérémy se tendit d'un seul coup alors que la femme en arrachait déjà un lambeau. 

Catherine fit un pas en arrière, elle brandit son couteau et, sans réfléchir, elle le planta fermement dans le crâne de la femme toujours agrippée à Jérémy. 

Elle lâcha prise instantanément, puis elle s'écroula. 

Jérémy tomba à son tour. 

Catherine se précipita près de lui. 

—  Merde... putain... 

Un jet de sang vif s'échappait de sa gorge au rythme des battements de son cœur, Catherine tenta de contenir l'hémorragie à l'aide de ses mains. 

—  Je t'en supplie... me laisse pas. 

Le regard paniqué de Jérémy dériva nerveusement sur les arbres, l'air lui manquait et il toussait régulièrement d'autres relents de sang. 

—  Je suis désolée... c'est toi qui avais raison... Je n'aurais jamais dû te faire sortir des catacombes... pardon... 

Catherine fondit en larmes sous le poids de la culpabilité. 

Ce faux-pas venait de coûter la vie de son camarade d'infortune et même si au cœur de ce nouveau monde, cela ne paraissait plus anormal, dans son esprit elle ne pouvait s'empêcher d'en porter une part de responsabilité. 

Jérémy était mort par sa faute et à présent elle allait devoir continuer sa route seule. 

Il s'immobilisa brusquement alors elle s'enfuit rapidement, refusant de le voir se relever. 

 

Le décor n'avait plus changé depuis des heures. 

Si bien que Richard et les autres en venaient presque à regretter la ville et ses hordes de cadavres affamés. 

Partout autour d'eux des champs à perte de vue. 

Ils avaient beau avancer, le paysage restait figé, comme brusquement interminable. 

—  J'en peux plus de la cambrousse putain... Comment on se barre d'ici ? 

—  Te plains pas, on n'a pas croisé un seul macchabée. 

Stellina brailla d'un rire exagéré.  

—  Pas un seul macchabée ? Ma pauvre... t'as pas vu ta gueule depuis longtemps non ? Et tes cheveux je ne t'en parle même pas... Ça fait deux jours qu'on ne dort pas... allô, les cadavres c'est nous chérie. 

Richard sourit, depuis leur rencontre, il avait commencé à s'habituer à la répartie incisive de Stellina. 

—  Elle n'est jamais contente celle-là ! Et puis, faut qu'elle critique encore... Est-ce que je te parle, moi, de ton smoky eyes qui s'est étalé jusque sur tes joues ? Non mais regarde-toi, avec tes gros bras et tes gros yeux tous noirs... on dirait le Kungfu Panda ! 

Elles éclatèrent d'un rire franc. 

Mais plus loin, dans le paysage, de nouvelles formes plus géométriques apparurent. 

Un toit, des murs, des barrières... Une ferme. 

Ils échangèrent un regard. 

Devant eux, l'endroit semblait désert, pourtant, ils avancèrent prudemment et lorsqu'ils arrivèrent devant la bâtisse... une mélodie leur parvint. 

Un sifflement.  

Familier et impossible. 

La porte s'ouvrit. 

Les mâchoires leur tombèrent. 

L'homme avança dans la lumière du perron. 

Son regard pétillant, sa carrure robuste, ses cheveux noirs gominés parfaitement coiffés, les santiags à ses pieds, la veste en cuir, le foulard rouge qu'il portait... jusqu'à son sourire presque charmeur et cette batte de base-ball légendaire couverte de barbelés sur laquelle il prenait doucement appui. 

Tout chez lui rappelait l'inoubliable Jeffrey Dean Morgan. 

De son allure, à son physique, rien ne semblait avoir été laissé au hasard, comme si l'homme lui-même avait voulu pousser la ressemblance à son maximum. 

—  Lucile... je crois qu'on a de la visite... Petits cochons... Petits cochons... on dirait que c'est vous qui voulez entrer maintenant ! 

Sa voix s'abattit sur eux pour les achever avec une sonorité identique à celle de Jérémy Covillault. 

Ils se tenaient devant eux, le visage et la voix française du célèbre Negan. 

Le comble de l'improbable se jouait sous leurs yeux. 

—  La veuve... On a de la visite. Amène-toi ! 

Ils échangèrent un regard troublé. 

Personne ne vint. 

—  Magy ? MAGY ?? 

Un bruit retentit derrière lui, comme le léger cliquetis des griffes d'un animal sur le plancher.  

Un vieux chien de chasse arriva doucement. 

L'homme lui caressa affectueusement la tête.  

—  Vous pouvez approcher... Elle ne mord pas. Venez, entrez. 

Ils s'avancèrent presque hésitants. 

Ils entrèrent et l'homme referma rapidement la porte derrière eux. 

Peut-être un peu trop rapidement. 

 

André avait fini par quitter sa place. 

Non pas pour rendre visite à Laura, mais pour ramener chez elle Madame Julienne Valmont, que son fils semblait brusquement avoir abandonnée. 

La pauvre femme atteinte de la maladie d'Alzheimer se perdait presque quotidiennement, elle allait et venait prenant place dans les commerces comme si elle y travaillait encore. 

Dans Le Bec-Hellouin, tous la connaissaient comme la grand-mère excentrique du village.  

—  Monsieur Chauveau ! Bonjour... nous sommes lundi et c'est notre jour de fermeture... mais je me ferai un plaisir de vous recevoir dès mardi matin... sans faute ! 

—  Oui madame Valmont... c'est noté. Laissez-moi vous raccompagner jusqu'à chez madame Saint-Clair... de drôles de numéros risquent de nous rendre visite... vous serez mieux chez elle que toute seule chez vous. Suivez-moi. 

—  Ne m'en dites pas plus... et comptez sur moi. Je la protègerai coûte que coûte, au péril de ma vie. 

Il fit mine d'acquiescer pour ne pas agiter la petite dame davantage.  

Il la raccompagna et sur le chemin il croisa monsieur Desforges l'ancien garde champêtre. 

—  Sylvestre... 

—  Bonjour André... si on peut encore se le dire... tu as pu avoir tes filles ? 

—  Non... pas depuis le début de ce merdier. 

—  Les miens auraient dû arriver ce matin... j'espère que... 

André posa sa main sur son épaule.  

L'homme baissa tristement la tête.  

—  Les autres sont partis... il ne reste plus que nous... la mère Valmont, madame Saint-Clair, Roger et sa fille, le père Villiers et madame Garcia... ah et la mère Mercier. 

Un bruit rauque l'interrompit.  

Ils tournèrent la tête au loin, un groupe approchait.  

Sylvestre s'avança avec l'ambition d'apercevoir un visage familier.  

Ses attentes furent comblées. 

Il reconnut brusquement trois familles parties plus tôt dans la matinée. 

Elles revenaient vers le village, lentement, en titubant.  

—  On doit prévenir les autres... tout le monde dans le monastère... dépêchons... 

 

La soirée débutait à peine, dans cette ambiance étrange presque pesante. 

Ni Richard, ni Jacquie, Ruby ou même Stellina n'avaient ouvert la bouche depuis leur arrivée. 

Tous contemplaient le décor décalé et presque irréel qui venait de s'ouvrir à eux. 

De toutes parts, à chaque recoin de la pièce et sans doute même de la maison tout entière, des visages familiers leur apparurent. 

Sur des posters et des tentures placardées un peu partout sur les murs, sur la vaisselle, les équipements ménagers, sur les tapis, jusqu'aux coussins du canapé... les visages des acteurs de l'incontournable série The Walking Dead s'enchaînaient. 

—  Vous avez faim ? 

Demanda leur hôte, aimablement une marmite entre les mains. 

Ils échangèrent un regard intrigué, ici, depuis leur arrivée, rien n'avait été normal et tous s'attendaient à présent au pire concernant le contenu de cette gamelle. 

L'homme releva doucement le couvercle de la marmite. 

Des nouilles instantanées. 

Il fit un signe de tête en direction de la cuisine, les autres regardèrent. 

—  J'adore ça... j'mange que ça... ma mère disait toujours que ça allait finir par me tuer... et finalement on dirait bien que ce sont les nouilles qui vont me maintenir en vie. 

Ils commencèrent à manger, toujours en silence. 

—  Je n'ai jamais été trop doué avec internet... tous ces trucs... juste avant que ça commence j'ai reçu ma dernière commande. Ma mère était folle... y'avait longtemps que je n'avais pas pris une soufflante pareille... 

Il rit presque un instant. 

—  Je ne sais pas ce que j'ai fait... j'ai dû me planter quelque part quand j'ai passé la commande... j'ai peut-être trop appuyé sur la touche... j'en sais rien. En tout cas avant-hier matin j'ai reçu ma commande... des nouilles en quantité industrielle... Tu parles d'une aubaine... maintenant j'ai de quoi tenir un siège... pour moi et ceux qui voudront rester vivre avec moi. Enfin... ceux ou celles... 

Son regard glissa sur Jacquie et doucement un sourire timide commença à étirer ses lèvres. 

—  Doux Jésus...  

—  Si t'aimes pas les nouilles... ce n'est pas bien grave. Vous savez, la maison est grande... Je vis seul ici depuis trop longtemps et je ne dirais pas non à un peu de compagnie. 

—  Euh trop longtemps ? L'apocalypse a commencé avant-hier... Elle est passée où depuis la dame qui s'est fâchée pour ces foutues nouilles ? 

Un bruit sourd retentit à la cave suivit d'un grattement lent contre la porte. 

—  Putain de merde ! 

S'écria Ruby en se redressant. 

—  Dis-nous que tu ne planques pas ta mère morte-vivante dans ta putain de cave ! 

L'homme paniqua. 

—  Je... Vous vouliez que je fasse quoi ? que je la tue... encore ? 

Tous l'observaient, horrifiés. 

—  Elle ne m'écoutait jamais... j'ai compris moi. Tout de suite... dès qu'ils en ont parlé à la télé. Je l'avais prévenue... mais elle m'a envoyé chier comme d'habitude. Elle disait que ce qu'il se passait était réel... que ce n'était pas un film ou une de mes séries à la con et elle est sortie... pour chercher de l'aide. Elle n'est pas restée longtemps dehors. Elle est rentrée en pleurant. Elle s'était fait mordre... sa main saignait. Les morts l'avaient suivie... 

Il enfouit son visage dans ses mains comme pour chasser les images qui s'imposaient à lui de son esprit avant de reprendre. 

—  J'ai réussi à tout fermer avant qu'ils arrivent... J'ai enfermé ma mère à la cave... Et je me suis enfermé dans sa chambre... comme quand j'avais peur et que j'étais encore gamin... Je me suis assis sur son lit... et j'ai attendu. 

Il inspira profondément. 

—  Elle m'a supplié de lui venir en aide... mais grâce à mes séries à la con... je savais que c'était déjà trop tard. Je suis resté là à attendre... pendant qu'elle m'appelait à l'aide. Pendant les longues heures où elle agonisait et puis... elle a arrêté de m'appeler. Dehors les autres s'étaient éloignés... Je l'ai appelée à travers la porte mais elle n'a plus jamais répondu... et les grattements ont commencé. 

Plus personne ne parlait à présent et le seul bruit qui troublait encore ce silence trop lourd restait inlassablement celui des ongles de la vieille femme morte, de l'autre côté de la porte de la cave. 

Stellina recula d'un pas et vint se rapprocher de ses amies. 

— Vous savez tout... mais ça va aller. Maintenant que vous êtes là... vous allez m'aider... hein ? On va faire quelque chose pour maman... pas vrai ? Vous avez besoin d'un endroit où vivre... et cette ferme est à moi... S'il vous plaît... je ne veux plus rester seul. 

—  Calmez-vous... 

Richard s'avança vers l'homme. 

—  Nous pouvons vous aider... mais nous n'allons pas rester... on essaie de retrouver mon fils, qui est quelque part dans ce merdier. Rester n'a jamais été dans nos plans... comprenez-nous. 

—  Votre fils est mort. Un gamin ne peut pas survivre seul dans un monde pareil. Regardez... ma mère. Croyez-moi... l'opportunité ne se représentera peut-être pas de sitôt. 

—  Je suis désolé. 

Répondit doucement Richard en agitant la tête en signe de refus, son regard glissa sur la clé de la porte d'entrée qu'il portait autour du cou. 

Le faux Negan le remarqua, brusquement il sortit un vieux fusil, dissimulé derrière une porte et les mit en joue. 

—  Vous n'irez nulle part... vous allez rester ici, avec moi. Et bientôt... vous me remercierez de vous avoir sauvé la vie en vous empêchant de retourner dans ce bordel.  

Il leur fit signe d'avancer vers la cave à l'aide du canon de son fusil. 

Ils s'exécutèrent. 

—  Maintenant... vous allez ouvrir cette porte... et... Et vous allez libérer maman. Quand vous aurez fait ça... on l'enterrera derrière dans le jardin... ensuite... vous pourrez choisir vos chambres... et tous ensemble... on pourra décider de ce qu'on fera pour commencer cette nouvelle vie... c'est bien clair ?  

Ordonna-t-il nerveusement, avant de poser le canon de son fusil à l'arrière du crâne de Richard. 

—  Tenez-vous prêts... Et toi, ouvre la porte. 

Du coin de l'œil Richard tenta d'adresser un regard à Jacquie, comme pour tenter de lui transmettre un message. 

Elle comprit. 

Richard saisit la poignée de la porte et l'ouvrit d'un seul coup avant de bondir sur le côté. 

Le coup partit. 

La détonation assourdissante leur foudroya les tympans.  

Face à eux, le corps à présent sans tête de la vieille femme s'écroula et dévala l'escalier, son fils n'eut pas le temps de réagir. 

Le poing de Jacquie s'abattait déjà sur sa figure stupéfaite, lourd et impitoyable. 

Le choc fut brutal, l'homme s'écroula à son tour assommé. 

Ils le ficelèrent solidement avec du scotch et vinrent l'enfermer dans sa chambre, au milieu du décor qu'il affectionnait tant, puis, ils retournèrent s'installer dans le salon. 

Ruby avait refermé la porte de la cave à clé. 

Et malgré la tranquillité retrouvée, les lieux gardaient cette empreinte malaisante qu'ils avaient déjà hâte de quitter. 

—  Putain ce que c'est glauque ici... 

—  J'te le fais pas dire... j'angoisse à mort... avec ce gamin borgne qui n'arrête pas de me fixer... 

Stellina eut un rictus. 

—  Moi c'est l'autre blondasse... Andréa... j'peux pas me la voir celle-là ! Elle finit par pécho un borgne elle aussi... et j'peux te dire qu'il est nettement moins mignon que le môme ! Un vrai salopard ! 

—  Nan mais vous déconnez ? Karl est un vrai petit con... pendant tout le début de la série... 

Des sons furieux s'échappèrent de la chambre. 

La conversation n'avait pas échappé à leur hôte. 

Ils se mirent à rire d'une même voix. 

 

Lorsqu'elle parvint enfin à quitter la forêt de Saint Germain-en-Laye, Catherine était physiquement et mentalement dans un état second. 

Les images de la mort de Jérémy l'avaient suivie tout au long de sa course et demeuraient gravées dans sa mémoire malgré l'épuisement. 

Son visage avait gardé les marques rougeâtres des piqûres d'orties, ses cheveux étaient sales, gras et collés par la sueur et la terre. 

Ses vêtements préalablement souillés par la boue et les eaux usées venaient d'être aspergés par le sang de Jérémy, lui donnant une allure plus qu'incertaine. 

Devant elle, un gigantesque terrain en friche s'étendait et au centre, un peu plus loin, des camping-cars. 

Une bonne vingtaine, tous flambant neufs, d'un blanc immaculé et étrangement stationnés. 

Catherine resta immobile un instant, admirative. 

Puis, elle fit un premier pas et subitement, un tir la manqua de peu.  

Elle bondit sur le sol à plat ventre. 

—  Ne tirez pas... 

Cria-t-elle. 

—  Oh le père... viens voir ça. 

Cria l'homme sur le toit du camping-car face à elle.  

Un homme plus âgé prit place derrière lui, il saisit une paire de jumelles et l'observa a travers elles depuis sa place. 

—  C'en est pas une...  

Dit-il en lui faisant signe d'avancer. 

Catherine avança vers le convoi, les mains bien en évidence et lorsqu'elle fut assez près l'homme lui fit signe d'approcher du fourgon Iveco qui fermait l'entrée au camp. 

Les véhicules étaient stationnés en escargot, de manière que le camp se replie sur lui-même, l'Iveco venait condamner le seul accès tandis que des hommes montaient la garde à toute heure du jour et de la nuit sur les toits des habitations roulantes. 

Tout autour des camping-cars, des grilles avaient été travaillées, ancrées dans le sol pour empêcher quiconque de ramper sous les véhicules. 

La porte latérale s'ouvrit d'un seul coup et Catherine découvrit un jeune homme à la carrure robuste et aux yeux d'un bleu profond. 

Elle pénétra à l'intérieur tandis qu'il refermait derrière elle et ensemble ils quittèrent le fourgon par les portes arrière. 

Une fois à l'intérieur, Catherine suivit le jeune homme sur le chemin en escargot et lorsqu'ils arrivèrent au véhicule central, l'homme qu'elle avait aperçu sur le toit apparut, mais alors qu'il s'apprêtait à parler, une jeune femme s'exclama. 

—  Mama... dans quel état qu'elle est, celle-là... J'en veux pas chez moi... je vous le dis tout de suite elle met pas un pied chez moi. 

—  Je viens de la forêt... ils avaient dit qu'il y avait un camp à la fête des Loges... ils se sont tous fait dévorer...comme Jérémy. 

Son visage prit une expression triste. 

—  Sandra, va voir vers chez ton oncle... demande à ton cousin s'ils voient quelque chose. 

La jeune fille se retourna rapidement, mais avant qu'elle ait eu le temps de faire le moindre pas, un jeune homme arriva vers eux. 

—  Mon oncle... y'a du monde là-bas... plein de monde. 

—  On natchave... Sandra tu la prends avec toi...  

La jeune femme souffla exaspérée et tous remontèrent dans leurs véhicules. 

Laisser un commentaire ?