Vétérans
Il était presque cinq heures du matin, le jour lui-même n'était pas encore levé, pourtant, Richard et son groupe n'avaient pas dormi de la nuit.
À l'extérieur, les bruits s'étaient doucement effacés, jusqu'à complètement disparaître.
Depuis de longues heures déjà.
Aucun d'eux n'avait bougé, aucun d'eux n'avait osé faire moindre bruit, bien trop conscients du danger qui rôdait dehors.
Ils échangèrent un regard incertain et finalement Richard fut le premier à se redresser.
Les autres suivirent.
Il ouvrit doucement la porte afin de s'assurer que la horde avait disparu.
Autour du local l'espace semblait dégagé.
Sans un mot, d'un simple signe de la main Richard sonna l'heure du départ.
Le petit groupe glissa doucement hors de l'abri de fortune et reprit sa route.
La ville défoncée céda doucement la place aux grandes étendues verdoyantes, par endroits des talus touffus jaillissaient du sol et des champs bien entretenus bordaient cette nature encore intacte.
Ici la mort n'avait rien détruit et le chemin qui s'ouvrait à présent devant eux semblait déjà leur murmurer une promesse de tranquillité.
Ils échangèrent un de ces regards qui n'avait besoin d'aucun mot.
Et c'est presque rassuré qu'ils entamèrent cette nouvelle journée de marche.
L'aube se levait tout juste quand Dorian trouva finalement le courage de se relever.
Il avait passé la nuit entière, recroquevillé au fond de ce buisson à trembler, ces images insoutenables comme imprimées derrière ses paupières.
La Fête des Loges avait fini par tomber elle aussi sous le poids des corps qui s'étaient agglutinés contre ses grilles.
Après ça, comme beaucoup d'autres il avait trouvé refuge au cœur de la forêt.
Il n'avait pas fermé l'œil de la nuit, les morts déambulant dans les chemins tout autour.
Il était resté là, immobile et silencieux et quand il fut sûr de pouvoir sortir, il tira son corps endolori par les courbatures de sa cachette et s'éloigna rapidement.
Les alentours grouillaient de cadavres.
Dorian ralentit pour ne pas se faire remarquer et s'assura tout de même de rester à bonne distance.
Sa marche était ralentie mais les morts plus loin ne semblaient pourtant pas l'avoir repéré.
Lorsqu'il aperçut la première sortie, il reprit la course et s'enfuit à toute vitesse tentant d'établir une distance entre lui et les bois.
Il arriva à l'entrée d'une ville, Fourqueux.
Dorian se figea, ici tout était tranquille, les rues semblaient calmes et désertes quand partout ailleurs les villes s'écroulaient les unes après les autres.
Il avança, sur ses gardes.
Rien.
Il continua encore sur quelques mètres.
Personne.
Il avait soif et plus loin, il aperçut un petit troquet, il marcha jusqu'à l'entrée.
Le bar était vide.
Ni serveurs, ni clients.
Il entra et balaya rapidement le commerce du regard.
C'était un vieux bistrot encore dans son jus, un comptoir en formica gris moucheté, de petites tables en bois carrées et leurs chaises tristes assorties.
Rien de mirobolant, rien de moderne.
Juste un vieux bar usé au-dessus duquel traînaient quelques portraits encadrés, une petite bonne femme aux cheveux courts posait sur plusieurs d'entre eux.
Sûrement la Patronne, songea-t-il avant de passer de l'autre côté du bar.
Il ouvrit une première porte réfrigérée mais ne trouva que de la bière, lorsqu'il ouvrit la seconde, même contenu.
La troisième était partiellement remplie d'alcool beaucoup plus fort, mais tout en bas des étagères il trouva une dernière bouteille de soda en verre de 33 cl.
Pas d'eau.
Rien d'autre qu'une malheureuse bouteille de coca.
Dorian se mit à la recherche d'un décapsuleur et tandis qu'il fouillait les tiroirs du comptoir, un bruit lui parvint depuis une pièce adjacente.
Dorian se figea, le cœur battant.
Il ne fit plus un bruit.
Alors, des pas traînants retentirent dans la pièce, son regard glissa jusqu'à la porte tandis qu'il repassait de l'autre côté du comptoir presque sur la pointe des pieds.
La porte vacilla légèrement avant de s'ouvrir lentement et Dorian découvrit la petite bonne femme, morte.
Malgré son âge et son état, Dorian n'eut pas de mal à reconnaitre la femme des photographies.
Son premier réflexe fut de reculer, alors, une pensée lui vint.
Il allait falloir y venir.
Tôt ou tard, il allait devoir tuer un de ces monstres.
C'était peut-être le plus facile de tous.
Il recula encore d'un pas, il hésita sans doute trop longtemps mais la petite bonne femme en face de lui continuait d'avancer et bientôt elle lui barrait la route qui donnait sur la porte.
Il avait besoin d'une arme.
Il scruta le comptoir mais ne vit rien.
Son regard se posa brusquement sur la machine à café, il en avait déjà utilisé des semblables lors de petits boulots d'été.
Il saisit l'un des percolateurs par la poignée et le décrocha d'un mouvement rapide puis il se retourna à nouveau sur la femme.
Il n'avait plus le choix.
Il frappa.
Fort.
Le perco s'abattit sur son crâne, une première fois et la petite bonne femme s'écroula.
Elle tenta immédiatement de se relever avec cette même lenteur, alors il frappa à nouveau, et puis, une autre fois.
Elle s'immobilisa.
Dorian vomit ses tripes.
Subitement, un groupe franchit la porte.
Un groupe de Punks, reconnaissables à leurs crêtes, leurs piercings et leurs épais blousons de cuir.
— Putain il a buté Mémé !
S'écria-t-il horrifié, tandis que les autres se précipitaient derrière lui.
Tous s'exclamèrent.
Dorian demeura immobile.
— Nan mais putain... on s'est fait chier à buter tous ceux qui traînaient sauf Mémé... Et lui il arrive et il lui défonce le crâne avec son propre matos... Je crois qu'on a un problème les mecs...
Dorian recula, pétrifié.
— Ça va... Tranquille...
Lança faussement l'homme en s'approchant de lui et tandis qu'il arriva à sa hauteur il tenta de lui envoyer un violent coup de poing.
Dorian l'esquiva de justesse et pour la première fois de sa vie, il frappa à son tour.
L'homme s'écroula sur les fesses, son nez se mit à saigner abondamment.
Il était sonné.
Les autres se précipitèrent vers lui, Dorian saisit l'occasion et sauta par-dessus le comptoir pour rejoindre la porte.
Les autres relevèrent l'homme à terre et tous se lancèrent à sa poursuite.
Dorian s'élança le plus vite qu'il le put, mais rapidement du coin de l'œil il les vit gagner du terrain.
Ils allaient le rattraper.
Dans une tentative désespérée de s'en sortir, il sauta une petite palissade et reprit sa course à travers un jardin.
Ensuite, il passa un muret, les autres toujours derrière ses talons.
Et finalement, il atterrit dans une cour.
Au centre, se tenait une vieille mobylette.
Une Peugeot 103 étincelante et en prime, les clés sur le contact.
Il fonça et d'un seul coup de pédale il la démarra alors, il finit par distancer ses poursuivants, filant sous leurs insultes enragées.
Catherine ouvrit doucement les yeux après une nuit bien meilleure que la veille, passée au fin fond du bois de Boulogne avec Théodora, une prostituée rencontrée la veille alors qu'ils pensaient voir venir leur fin.
La douce odeur du café lui parvint, elle écarquilla brusquement les yeux et se redressa, impressionnée.
— Café ?
Demanda Théodora, un léger sourire sur les lèvres.
Catherine acquiesça vivement de la tête, trop heureuse de pouvoir en savourer un.
— Je vais vous accompagner jusqu'à l'entrée du bois.
— C'est gentil... Tu devrais préparer quelques affaires et venir avec nous. Tu ne tiendras pas longtemps ici dans les bois Théodora.
— Les amis m'appellent Théo... Merci pour l'invit mais tu sais... cette camionnette qui ne roule plus, c'est chez moi depuis un petit bout de temps maintenant... c'est ma maison et mon boulot depuis plus de dix ans parce que... Parce que pour moi le monde ça fait déjà bien longtemps qu'il s'est arrêté... je suis habituée... l'apocalypse tout ça... c'est dur pour les autres.
Après le petit déjeuner ils se préparèrent rapidement, Théodora scruta les alentours et lorsqu'elle fut certaine de ne voir personne, ils sortirent.
La prostituée les guida jusqu'à la sortie du bois et quand ils y arrivèrent elle leur donna quelques informations.
— Longez la scène... Jusqu'à Rueil-Malmaison...contournez la ville et tentez de rejoindre le pont de Chatou... Ensuite longez à nouveau les berges en direction du Pecq. Vous devriez voir la forêt... traversez-la, la Fête des Loges est à l'intérieur.
— Théo vient avec nous... t'es une femme incroyable... tu ne mérites pas de mourir ici, dans les bois, au fond de ta camionnette qui ne roule pas. Théo vient avec nous.
— Je ne peux pas...
Catherine fronça les sourcils.
— Arrête Théodora... qu'est-ce qui t'en empêche ? Le monde est en train de s'écrouler... viens avec nous essaie de sauver ta peau.
Théodora baissa les yeux, elle remonta doucement sa manche.
— Ce matin je suis sortie vite fait... pour aller pisser. Je suis tombée sur la grande Lulu... on s'est un peu frittées...
Elle tendit son avant-bras et leur fit découvrir la marque de la morsure sur son poignet.
— Elle a la dent dure cette conne...
Elle esquissa un sourire plein d'émotions.
Catherine la regarda, sans dire un mot, sous le choc.
— Je vais rentrer me foutre dans ma camionnette... Je laisserai un petit mot sur la carrosserie, pour que personne n'ait la bonne idée d'ouvrir. J'espère que tu retrouveras ton fils. Fais gaffe à elle.
Dit-elle en se tournant vers Jérémy.
Il ne répondit pas.
Théodora s'enfonça à nouveau dans le bois, tandis qu'ils s'éloignaient rapidement pour tenter de rejoindre les rives de la Seine.
Au Bec-Hellouin, le soleil brillait baignant le village dans une clarté douce.
Les rues comme à leur habitude, étaient calmes et tranquilles, pourtant, comme partout en France les habitants avaient dû se résoudre à quitter leurs foyers.
Ils s'étaient réfugiés dans le vieux monastère.
Un endroit fortifié, conçu pour accueillir une communauté, qui avait déjà affronté les guerres et les années sans jamais plier.
Comme les autres, André avait élu domicile dans l'une des chambres de la bâtisse, aujourd'hui transformée en chambre d'hôtel.
Depuis celle-ci, il pouvait encore apercevoir la porte de sa grange et garder malgré tout un œil sur la pauvre Laura toujours enfermée à l'arrière de son C15.
Des coups retentirent sur la porte.
— Entrez.
— Bonjour André... j'ai terminé l'inventaire des rations sèches. Je venais m'entretenir avec toi au sujet des futures cultures et du poulailler... Lorsque ça a été évoqué hier, tu...
— Oui, Sylvestre ! Tu l'auras ton poulailler... J'ai d'autres choses à faire là, tout de suite...
— Excuse-moi... Je ne veux pas avoir l'air insistant ou... autoritaire mais... on aura besoin de protéines... et la viande va finir par manquer. Tu le sais aussi bien que moi. On est en sécurité ici, mais si on n'a rien à manger... la belle affaire !
— Je sais Sylvestre... Y'a pas grand monde dehors par chez nous. Je pourrais sortir chercher un peu de poisson mais pas tout de suite... le C15 fait des siennes.
— Le père Langouche a dit que tu pouvais prendre le sien... Et, je veux bien sortir aussi... si t'as besoin de quelque chose pour le potager, du matériel... quoi que ce soit. Demande-le-moi, je m'en charge.
Sylvestre Desforges avait toujours pris très à cœur ses fonctions de garde champêtre, et une fois l'heure de la retraite venue, il s'était retiré à contrecœur.
À présent, il semblait très investi dans l'organisation du monastère, qu'il tentait de diriger avec la poigne d'un général, sous le regard estomaqué des autres habitants du village.
André avait choisi de l'ignorer.
Acquiesçant docilement pour plus de tranquillité.
Après, ce bref entretien, il avait rejoint la cour et avait finalement commencé à retourner l'herbe, là où bientôt s'aligneraient des rangées de légumes.
Lucien Villiers s'était joint à lui dans cette corvée.
André appréciait davantage sa compagnie à celle de n'importe qu'elle autre de ses voisins.
Lucien ne parlait pas.
Jamais.
Et c'était pour André, de loin, sa plus grande qualité.
Au loin, Roger Langouche arriva quelques briques dans les bras.
Il les déposa sur le sol, sous les yeux médusés des trois vieilles femmes.
L'une lui cria.
— Le seigneur vous voit monsieur Langouche... Et il ne doit sûrement pas apprécier ce qu'il voit à cet instant.
— Ne vous en faites pas madame Garcia... vu le bordel que c'est dehors il ne voit plus rien ! Je n'ai plus rien à craindre ! Terminées les bondieuseries !
Elle s'offusqua.
— Je plaisante... Calmez-vous ! On a plus de bénitier mais... on aura peut-être du pain ce soir ! J'ai préparé ma pâte à l'aube... Je peux plus dormir après quatre heures... Je pensais aller le faire cuire dans l'après-midi mais avec la coupure électrique... mon four est inutilisable... alors je construis un four ! Et, quand on aura un four, on aura du pain !
— Le boulanger a du pain sur la bric !
Lança gaiement Marcel, comme s'il tentait de faire rire l'assistance.
Les regards glissèrent sur lui, dubitatifs.
Personne ne répondit.
L'après-midi était chaud.
Ruby transpirait abondamment.
Elle attrapa sa gourde et la porta à sa bouche desséchée.
Jacquie et Stellina lui lancèrent un regard noir.
— Quoi ? Nan mais regardez-moi... j'ai besoin de rester hydratée... sans ma SPF50... avec ce temps... je vais finir complètement ratatinée avant le coucher du soleil... c'est une urgence vitale les filles.
— Oui enfin pour l'instant... tu picoles, tu goûtes et tu pisses tous les cinq cents mètres... à ce rythme-là... t'auras plus rien à boire d'ici une heure... On survit ma grande... on ne cherche pas à garder son teint de pêche.
Ruby resta silencieuse un instant, son visage laissa transparaître une intense réflexion.
— Tu le penses vraiment ? ...pour le teint de pêche ?
Jacquie roula des yeux.
— Avance, boule puante...
Richard pouffa.
— Les filles... je sens son pouls !
Rétorqua sèchement Red Jacquie en lui lançant un regard meurtrier.
— On ne t'entend pas beaucoup, Richard...
— Je... je suis désolé. Je ne voulais pas vous offenser... faut dire que... à vous trois... vous parlez... comment dire...
— Il veut dire que tu la ramènes tellement qu'il ne peut même pas en placer une ! Nan mais franchement... je le comprends le pauvre.
Jacquie s'offusqua mais déjà Stellina reprit d'une voix forte et masculine.
— Peut-être que tu te sentirais plus à l'aise si on avait choisi... disons, la part de masculinité qui est en nous.
Richard se figea surpris, son regard glissa doucement loin de celui de Stellina.
— Après ce qui s'est passé... avec les kaïras du neuf-cinq... on ne pouvait plus abandonner nos personnages... revenir sous une apparence masculine c'était comme les trahir et donner raison à leurs idées reçues...
Stellina baissa doucement la tête.
— Je m'appelle Mathias, avant tout ça... j'avais une copine... Seb aussi... il avait quelqu'un... On n'est pas des bêtes de foire... Le transformisme est un art. On est des artistes, des performers... Quand tout ce bordel a commencé on sortait du Red & White... putain tu nous aurais vus sur scène... Je te jure... je ne me suis jamais senti aussi vivant. Le public...les décors et... les costumes. J'ai trouvé ces deux-là, là-bas... et toute une famille. Le cabaret a changé ma vie et c'est devenu une véritable passion... une seconde nature et je ne vois vraiment pas pourquoi je devrais avoir honte de quelque chose qui me rend aussi heureux.
Sa voix se brisa sous le poids de l'émotion, Stellina essuya rapidement une larme au coin de son œil gauche.
— C'est vrai, putain... Je ne supporte pas qu'on s'en prenne aux animaux... est-ce que je vais défoncer du chasseur ? J'adore la nature... mais je ne vais pas éclater les connards qui font de la bécane de cross dans les bois... Alors pourquoi... Pourquoi est-ce qu'on devrait avoir honte ? Si être un homme c'est pouvoir choisir pourquoi est-ce que choisir cet art c'est s'exposer à la violence des autres ?
— Ce qu'elle essaie de te dire... c'est qu'on connaît toutes au moins une fille qui s'est faite tabassée... à cause de sa tenue... Personne ne casse la gueule de quelqu'un parce qu'il porte ses vêtements de sport... ou son costume je ne sais pas... Pour nous... c'est notre quotidien... y'a toujours un connard pour venir exposer son tout petit point de vue.
Richard resta silencieux.
Cette fois encore, il aurait souhaité pouvoir répondre mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge.
Il tenta quelque chose, mal à l'aise mais tandis qu'il peinait à s'exprimer, une image familière lui apparut au loin.
Un vieux moulin à vent.
— Regardez...
Cracha-t-il finalement.
Les autres se tournèrent doucement vers la structure au loin et rapidement ils se dirigèrent vers lui sans rien ajouter.
Lorsqu'ils arrivèrent au moulin, les filles restèrent à l'extérieur, silencieuses.
Richard, lui, s'empressa de monter en haut du moulin afin de pouvoir observer l'horizon.
Au loin il aperçut une ville qui semblait commencer quelques kilomètres au nord.
Moyenne.
Ils devaient s'en approcher.
Tenter de trouver des provisions supplémentaires, juste de quoi tenir un ou deux jours de plus avant la prochaine ville.
— Je vois une ville.
Toutes levèrent les yeux vers lui, leurs regards étaient à présent froids, elles ne répondirent pas.
Richard descendit les rejoindre et sans un mot il ouvrit la marche, de nouveaux regrets en tête.
Ils arrivèrent finalement aux abords de la ville.
Ils entrèrent dans la première maison et en fouillèrent la cuisine.
Lorsqu'ils eurent trouvé ce dont ils avaient besoin, ils suivirent la route bétonnée qui s'enfonçait elle aussi à travers champs.
Et quelques kilomètres plus loin encore, ils trouvèrent au beau milieu de cette même route, la vieille 103 SP abandonnée par Dorian.
— Incroyable... mon frère avait la même... Quel bijou !
Dit-il presque émerveillé, sans savoir que c'était son propre fils qui avait été contraint de laisser la mobylette légendaire au milieu de la chaussée.
Ils avancèrent, toujours par la route, là où Dorian, lui, avait pris par les champs.