D-Day
- Vous faites quoi par ici ?
- On surveille le secteur pour empêcher toute intrusion ennemie. et vous qu’est ce qui vous amène dans ce trou perdu ?
- Vous.
- Nous ?
- Oui, nous avons besoin de vous, des panzers sont en route vers les plages de l’est et nous n’avons pas l’équipement nécessaire pour les détruire.
- Et vous avez fait tout ce chemin depuis les plages pour nous trouver ?
- C’est exact.
- Eh bien vous êtes chanceux Capitaine, si vous étiez arrivé un peu plus tard, nous serions déjà sur la route de Saint Sauveur.
- La chance n’a rien à voir là-dedans.
- Quel est votre plan ?
- Les panzers vont passer par ici, nous avons juste à les attendre et ensuite vous pourrez faire votre boulot.
- Dîtes moi, au cours de votre chemin, avez-vous subi des pertes ?
- Oui, 4 hommes.
- Seigneur ! Pourquoi avez-vous accepté cette mission ?
- Parce que l’issue de la guerre dépend de nous !
- Ouvrez les yeux Sawyer ! Cette guerre ne peut être gagnée, elle est comme toutes les autres. La guerre a toujours fait parti de notre histoire, elle est là depuis l’aube des temps et elle ne mourra jamais, même si des centaines d’hommes tombent chaque jour pour tenter de l’éteindre. Je regrette de le dire, mais sans guerre, notre civilisation actuelle n’existerait pas. La guerre donne la paix, la paix donne la guerre, c’est ainsi malheureusement et ça le restera toujours.
Un soldat arriva.
- Capitaines, les éclaireurs indiquent que les panzers ont trouvé un moyen de contourner Valognes, ils sont passé par la route de Carentan au sud.
- Bon Dieu ! Ces enfoirés sont plus malin que je ne pensais !
- On peut les avoir à Carentan, ce n’est qu’à une heure de marche.
- Vous oubliez qu’ils ont un avantage : ils roulent.
- Il y a des véhicules dans le village, nous trouverons ce qu’il nous faudra, soldat, occupez-vous en.
- Oui Capitaine.
- Dites-moi Sawyer, vous croyez en Dieu ?
- Non.
- Vous devriez.
- Qu’est ce que ça vous apporte ?
- La liberté James…la liberté.
Quelques instants plus tard, le soldat revint au volant d’une camionnette bleue, les soldats entassèrent leurs armes et munitions à l’arrière avant de monter dans le véhicule, il fallait se serrer un peu, la place était juste suffisante pour 11 hommes.
Sur la route il n’y avait rien d’autre à faire que parler.
- Capitaine, vous faisiez quoi à Montgomery ?
- J’étais professeur, professeur de lettres.
- Non…vous rigolez ? J’ai toujours cru que vous étiez dans l’armée depuis votre naissance ! Que votre père était sergent ou un truc comme ça.
- Non mon gars, désolé de te décevoir.
- Mais comment vous êtes vous retrouvé ici ?
- On m’a choisi, j’ai accepté, pour « l’honneur de la patrie ».
- Et votre famille ?
- Elle me manque affreusement, pas une seconde ne passe sans que je ne pense à eux.
- Vous ne vous inquiétez pas trop pour eux au moins ?
- Non, pas tant que les petits Merryl et Robby Sawyer vont à l’école.
Il rirent brièvement. Un rire qui détendit bien l’atmosphère.
La camionnette avança à travers les plaines verdoyantes, lorsqu’elle arriva à un passage à niveau, James ordonna l’arrêt du véhicule.
- Pourquoi nous arrêtons nous Capitaine ?
- Nous devons détruire cette voie ferrée.
- Nous n’avons pas le temps et puis…ce n’est pas à nous de le faire.
- Un train passant par là atteindrait facilement les plages, la surprise serait parfaite.
- Vous avez trop d’imagination Capitaine. On ne sait même pas par où elle passe réellement cette voie.
- Par Bayeux, et Bayeux est proche des plages.
- Vous en êtes sûr ?
- Ma carte ne ment pas.
- Ce n’est pas à nous de faire ça. Où devons mettre les explosifs ?
- Placez une charge tous les 10 mètres, 3 charges, ça devrait suffire. Et planquez bien les raccords surtout.
- Je la sens pas bien cette idée Capitaine.
- C’est quand la dernière fois que tu a senti quelque chose ?
- Vous êtes vraiment bizarre comme gars.
- Au moins je suis quelque chose, Wesler, planque mieux ce détonateur, voilà celui-là. Où est Bradley ?
- Il est aller guetter l’arrivée éventuelle de votre train fantôme.
- Je te sens sceptique Sheppard.
- Il y a de quoi, cette voie est totalement déserte.
- Alors pourquoi est elle encore en si bon état ? Hein ? Tu crois vraiment qu’une voie en si bon état peut être déserte ?
- Non Capitaine.
- Bon, alors, le train ne sera pas fantôme.
- C’est quoi votre plan ?
- Faites tout péter quand la moitié du train sera passé, pas avant, pas après.
Bradley arriva en courant.
- Capitaine ! Il arrive !!
- Tu doute toujours Sheppard ?
- Non ça va.
- Combien de wagons ?
- 24.
- 24. C’est beaucoup n’est ce pas, et que contiennent ils ? Pas du bétail en tous cas ! Tu doute toujours Sheppard ?
- Non ça va.
- Bon, allez on se planque et on attend.
Le train apparut au loin, sa locomotive à vapeur crachait dans le ciel bleu des volutes de fumée, il passa à vive allure devant James et les autres, bien cachés dans les buissons bordant la voie.
- 10, 11...FEU !!
Il y eut 3 explosions simultanées, 3 explosions chaotiques, les wagons situés au milieu du train éclatèrent, projetant des débris de bois et d’acier sur toute la voie et au-delà, l’arrière du train se renversa en arrière tandis que la locomotive dérailla, entraînant avec elle dans la plaine un détachement de 7 wagons.
- On y va ! Bradley, Wesler, occupez vous de la locomotive, on se charge du reste.
Les deux soldats disparurent dans les buissons tandis que James et Sheppard s’avancèrent vers les wagons de queue.
La poussière était si dense que James ne pû s’empêcher de tousser.
- Votre plan a foutu une sacrée merde Capitaine ! Dit Sheppard joyeusement.
Les débris bougèrent, James et Sheppard brandirent leurs pistolets.
Une main émergea du tas de bois, puis un corps avec un visage en sang, le visage d’un Allemand.
- Ne tire pas Sheppard, je veux l’interroger. Où allais-tu ? Réponds !
L’Allemand cracha du sang et répondit :
- Omaha Beach.
- Pourquoi ?
- Renforts.
-Tu voulais nous bousiller moi et mes copains c’est ça ! Connard !!
- Non Sheppard attends !!
Sheppard n’écouta pas, il se contenta de tirer sans même chercher à réfléchir.
- Je ne t’ai pas donné l’ordre d’abattre cet homme !!
- Je m’en fous c’est la guerre !
- C’est de l’insubordination soldat !
Des tirs de mitraillettes éclatèrent.
- Merde !
Ils coururent jusqu’à la carcasse de la locomotive, Bradley et Wesler gisaient par terre, agonisant.
- Non ! Non !!
Sheppard s’agenouilla près de Wesler, l’homme dit simplement :
- Adrian…gagne cette guerre pour nous.
Sheppard le fixa dans les yeux, et il pleura, il pleura la mort d’un frêre d’armes, et d’un ami.