The Darkside

Chapitre 2 : The Darkside, par delà le miroir

1978 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 27/04/2026 08:58

Une fois arrivés à la maison, un plein pied plutôt comfortable situé en périphérie de la ville de Bruxelles, Ulysse et Ariane se firent strictement réprimander par leur tante.

- Mais que c est il encore passé ? Je viens de recevoir un appel de l école stipulant que vous êtes tout les deux renvoyés. Vous croyez que c est simple pour moi de vous trouver un nouveau lycée tout les 6 mois ?

- On est désolés, maugréèrent les jumeaux.

Tante Isabelle resemblait très peu à leur mère. Seuls ses yeux, bleus et légèrement en amande, étaient identiques à ceux de sa soeur. Sinon, les similarités s arrêtaient là. Isabelle fixait le frère et la soeur d un regard torve, ses cheveux blond clair et décolorés collant à son large front. La tante avait toujours été stricte et sévère avec les jumeaux, mais elle l était encore plus depuis le meurtre de sa soeur, la mère d Ulysse et Ariane. Cela faisait déjà 10 ans qu Anna Thiel avait été assassinée, dans des circonstances mystérieuses. On racontait que son meurtrier, un individu drapé de noir qui n avait jamais été retrouvé, lui en voulait à elle et à ses enfants. C est d ailleurs cet homme qui avait défiguré Ulysse, manquant sa gorge de peu, tant d années auparavant. Et puisque leur père les avait abandonné à la naissance, c était Tante Isabelle qui les avait recueillis, de mauvaise grâce cependant.

- Maintenant filez dans vos chambres, je vous appelerai pour le diner, conclut la soeur d Anna, irritée.

Les adolescents obtempérèrent. Ils savaient qu il valait mieux ne pas désobéir à leur tante, de peur de s attirer ses foudres.

- J en ai marre qu on se fasse toujours réprimander comme si nous étions encore des enfants, marmonna Ulysse, une fois qu ils furent tout deux sur le palier, loin d Isabelle. On a 16 ans quand même.

Il prit sa guitare et commença à jouer quelques notes de" come as you are " de Nirvana, son groupe de rock préféré. Faire ainsi glisser ses doigts sur son instrument fétiche le calmait toujours. De son côté, Ariane était en train de dévorer le nouveau tome de sa saga de romance favorite.

- Nous ne pouvons pas lui en vouloir, Tante Isabelle est comme une seconde mère pour nous, dit elle entre deux pages, qui d après l expression qu elle arborait, semblaient assez intenses.

Nous avons de la chance qu elle nous ait recueillis après que Maman...

Ariane n eut pas le courage de finir sa phrase, les mots restant coincés au travers de sa gorge.

- Oui, je sais, elle fait ce qu elle peut, conclut Ulysse à la place de sa soeur, bien qu il n en croyait lui même pas un mot.

- ...

Mais Ariane ne l écoutait déjà plus, retournant à sa lecture, ses joues prenant subitement une adorable teinte rosée. Ulysse soupira, reprenant ses accords.

- Cela te dirait qu on aille faire un petit tour au grenier histoire de se changer les idées ? Proposa soudain la jeune fille, en replaçant son marque page dans l épais volume.

Visiblement, c était surtout à elle de se changer les idées. Ulysse avait toujours eut des soupçons sur les livres choisis par sa soeur, se doutant pertinnement que ceux ci n étaient pas adaptés à son âge. Le garçon acquiesça, convaincu que faire plaisir à sa jumelle ne pourrait pas lui causer du tort, malgré sa propre douleur qu il tentait tant bien que mal de refouler.


***


Le grenier de Tante Isabelle avait toujours été leur jardin secret, leur petit coin de paradis. C était en effet là qu étaient entreposés tout les objets de leur défunte mère, rapportés de ses voyages aux quatre coins du monde. La plupart venaient de Grèce, le pays préféré de Maman. La culture antique, l architecture et les mythes en général l avaient toujours passionnée, émerveillée. C était d ailleurs de la culture grecque qu étaient issus les prénoms de ses enfants, inspirés de héros de mêmes noms, dont elle adorait conter les mythes à Ulysse et Ariane avant d aller au lit. Les jumeaux entreprirent alors de grimper les quelques marches menant à leur cachette, refermant ensuite la trappe en bois avec fort peu de délicatesse. A peine eut elle fait quelques pas sur le plancher ternis qu Ariane se dirigea vers une vieille caisse poussiéreuse.

- Regarde Ulysse !

Ariane avait ouvert la boite et arborait à présent un collier en or massif qui semblait dater d un siècle ou deux.

- Mouais, se contenta de maugréer le garçon, indifférent.

Le jeune homme avait encore le coeur brisé depuis sa mésaventure de tout à l heure et il s en voulait également d avoir ainsi mis sa soeur en danger avec ses bêtises. Ariane était la seule personne qu il lui restait, la seule qui ne le considérait pas comme une anomalie, une erreur. Si par malheur il venait à lui arriver quelque chose, jamais Ulysse ne se le pardonnerait. Jamais.

Ariane regarda son frère dans les yeux, une lueur malicieuse brillant dans ses prunelles.

- Oh allez, souris un peu quoi. Cette fille n était pas assez bien pour toi de toute façon. Si elle et les autres ne savent juger une personne qu en prenant en compte leur apparence physique, c est qu ils n en valent pas la peine, crois moi.

Les paroles de sa soeur mirent du baume au coeur du garçon, lui donnant pendant un instant un élan de confiance en lui.

- Merci Ar...

Un oreiller poussiéreux frappa soudain l adolescent de plein fouet, l empêchant de conclure sa phrase. La jeune fille rit quant à elle à gorge déployée, face à l air ahuri qu arborair son jumeau.

- Si tu verrais ta tête ! Lança t elle, morte de rire.

- Tu ne perds rien pour attendre ! Lui promit Ulysse, d un air revenchard.

Une bataille de coussins éclata alors, jonchant le sol de mousse et de morceaux de tissu.

- JE T AURAIS ULYSSE, TU VAS VOIR CE QUE TU VAS VOIR !

Ariane lança son dernier coussin, qui rata son frère d un cheveu.

- Loupé, lâcha Ulysse, en souriant.

Le garçon tira la langue à sa soeur et s enfonça un peu plus dans la pièce à la lumière tamisée. Soudain, un éclat vif et bref capta l attention d Ulysse. Curieux, le jeune homme s avança, remarquant que l étrange lueur provenait d une surface lisse, reflétant les rayons du soleil venant de l extérieur. Un miroir. Un poids tomba au fond de l estomac du garçon. L adolescent avait toujours détesté les miroirs, et ce pour une seule raison. Ulysse ne parvenait pas à se regarder en face, son apparence et son reflet lui faisaient bien trop honte. Mais malgré cela, la glace titillait sa curiosité, comme une flamme attirait un papillon de nuit. Un étrange sentiment prit d assaut le coeur d Ulysse lorsqu il se retrouva à seulement quelques pas de la glace. Cet artefact... le garçon ne trouvait aucun souvenirs de sa présence dans le grenier. Mais bon, son esprit devait être un peu embrumé, voilà tout...

- Et Ariane, vient voir un peu ça, dit il finalement.

- Je sais que tu fais semblant d avoir quelque chose à me montrer juste pour que je sorte à découvert ! Rétorqua t elle, cachée derrière un gros carton.

- Mais non c est sérieux, viens voir. En plus, je n ai plus un seul projectile à lancer, insista le jeune homme.

En attendant que sa soeur se décide à sortir de sa cachette, Ulysse observa le mystérieux miroir sous toutes les coutures. A première vue, il semblait tout à fait normal, un cadre en bois fumé ( de l ébène peut être ?) Et une surface réfléchissante en verre poli. Tout ce qu il y avait de plus normal pour un miroir quoi. Mais en regardant avec attention et beaucoup de minutie, Ulysse put remarquer certains détails assez étranges, l intriguant profondément. En effet, des objets ressemblant vaguement à des crânes humains semblaient incrustés dans le bois, moulus avec un savoir faire d orfèvre. Mais le plus troublant, cela restait qu au lieu de refléter le garçon, le miroir affichait un paysage irréel, parsemmé de fleurs argentées. Comme si il s agissait d une peinture, réalisée pourtant avec un réalisme étonnant. L adolescent se demandait comment une telle chose pouvait être possible quand tout à coup, il sentit un poids peser sur ses épaules.

- ARIANE LÂCHE MOI ! Le souffle coupé sous l effet de la surprise.

- JAMAIS ! Hurla la jeune fille euphorique, en raffermissant sa prise sur les épaules déjà à mal de son frère.

Sa soeur étant trop lourde pour lui, Ulysse trébucha vers l avant. Vers le miroir. Le garçon n avait aucun moyen d empêcher sa chute, la collision était inévitable. Il s attendit à se heurter à une surface dure et froide, gagnant au passage plusieurs points de suture provoqués par les éclats de verre brisés. Mais au grand étonnement des jumeaux, ils passèrent au travers de la glace sans rencontrer le moindre obstacle. L atterrisage ne fut pas long, mais douloureux.

-Aie, fit Ariane en se massant la cuisse.

Ulysse compatit avec sa soeur, se massant lui même le bras droit en jurant. Il prit alors seulement conscience de ce qu il venait de se produire, chose qui semblait de prime abord tout bonnement impossible. Les méninges du garçon tournaient à plein régime, cherchant une explication scientifique à cela. Mais malheureusement, rien ne lui vint.

- Ulysse que c est il passé ? Où sommes nous ?

La voix d Ariane était brusquement montée dans les aigus, ce qui se justifiait par son incompréhension et son inquiétude, quasiment palpables.

Le jeune homme regarda autour de lui, contemplant le paysage en laissant échapper un hoquet de stupeur. Il comprit avec effroi où ils se trouvaient. Ils se trouvaient dans le champ de fleurs argentées, celui qu Ulysse avait aperçu à travers le... Le...

- Nous sommes... Nous sommes de l autre côté... Articula lentement Ulysse.

- Tu veux dire que... Ajouta Ariane.

- Oui Ariane, nous venons de faire quelque chose de complètement invraisemblable. Nous avons traversé le miroir.

- D accord, c est tout à fait normal. Donc, tu es en train de me dire que nous venons de passer à travers une surface solide, qui serait en fait un portail interdimensionnel digne de Stranger Things...

Le rapport entre leur situation et leur série préférée fit pouffer de rire le jeune homme, à moins que cela ne soit simplement dû à la nervosité.

- En gros, c est ça l idée, oui. Nous avons changé de dimension, grâce à un vieil artefact situé dans notre grenier.

A ces mots, les jumeaux se retournèrent brusquement, cherchant la surface réfléchisssante du regard et avec elle, leur porte de sortie. Mais ils prirent alord peur. Ulysse retint même un petit cri étranglé, refusant d accepter la réalité. Mais pourtant, c était bien le cas. Le miroir, qui se trouvait encore derrière eux quelques instants plus tôt, avait tout simplement disparu.

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